Soleil, baignade … la bonne humeur est au rendez-vous à Marseille
Je suis dans une deuxième famille où je fais du bois. Je fais des choses avec le bois que je ne savais pas faire mais j’apprends. J’ai fait un truc facile comme une fronde et après j’ai commencé plus dure. Je voulais faire une tête mais je l´ai raté alors j’ai fait un poisson et celui la je l’ai réussi.
8h30, Rendez vous chez Baptiste. Nous montons dans le Renault Master direction les falaises. Nous allons à Bobo chercher les tissus et de là on part chercher Madou. Puis on s’arrête à Péni. C’est une petite ville. On y a vue le maire pour parler d’une fôret qu’il faut protéger. Ensuite On a traversé des villages et enfin on a emprunté un chemin de terre. On est descendu du camion, on est monté dans les falaises, on a regarder et on à vue des gravures rupestres.
Des gravures rupestres, c’est comme des dessins creusés dans la pierre par exemple des fleures ou des papillons… Il y en a de toutes les tailles. C’était jolie, c’est peut être les gaulois qui les ont faits. On essaiera de trouver avec Baptiste.
pourquoi donc le dessein est apparût?…je ne sais pas Baptiste ne veut pas me le dire, il veut que je trouve tout seul.
Il faisait très très chaud, on avait plus d’eau et on avait faim. Alors nous avons descendu les falaises et nous sommes remonté dans le master pour repartir. Nous nous sommes arrêtés au premier forage et on a remplie les bouteilles d’ eau et on a bue. Ensuite nous sommes retourné à Péni pour manger.
Bakary nous a expliqué qu’il y a longtemps, les anciens hommes utilisaient des outils en pierre. C´est outils n’étaient pas fabriqués par des hommes. Ils tombaient du ciel pendant les orages. ces cailloux sont comme les balles d´un gros fusil dans le ciel. J ai du mal à y croire, mais on verra bien dans nos recherche.
Une fois bien repus, nous sommes repartie pour ramener Manu chez Baba. Un ami à lui l’y attendait pour partir chez son Papa. Il est partie avec le sourire et moi je suis rentrer a Borodougou. Je suis partie direction chez Bakary le sculpteurs pour faire du bois, de la culture…
«De la quoi?»
«De la Sculpture»
« Orphelins » à la salle Georges Brassens à 20h30
spectacle pour les éducateurs
Compte-rendu de la réunion du conseil scientifique de l’association
« Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Boulogne-sur-mer
24 janvier 2014
Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique
Présents :
Joseph Bako, chef de service de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Claire Beugnet, directrice adjointe de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Yannick Coppin, chef de service de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Emmanuelle Dehée, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Jean-Paul Demoule, professeur des universités en archéologie Université Paris 1
Fleur Guy, doctorante en géographie Université Lyon 2
Philippe Hazelart, membre du conseil d’administration, vice-président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », président du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Julien Kleszczowski, doctorant en gestion Ecole Polytechnique
Eric Legros, directeur de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », secrétaire du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Danielle Maerten, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie Université Paris Descartes
Patrick Miquel, directeur du service « Enfance famille », Conseil général du Pas-de-Calais
Claire Oger, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13
Emmanuel Paris, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13, coordinateur du Conseil scientifique « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, coordinateur France Fondation SEED
Noël Quéré, président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Francis Rembotte, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Annick Traguardi, éducatrice de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Excusés :
Christophe de Ceunynck, directeur du Musée Schlumberger, château de Crèvecoeur-en-Auge
Arnaud Le Marchand, maître de conférences en sciences économiques Université du Havre
Pièce jointe :
Document « Chemin de fer de la 1ère formation V Laborey E Paris 2014 »
Ouverture de la troisième séance du conseil scientifique par son président.
Conception d’un dispositif de recueil d’informations permettant le suivi longitudinal des enfants et des jeunes de l’association après leur départ :
M. Eric Legros, directeur de l’association, présente aux membres du conseil scientifique les termes du raisonnement amenant à proposer à l’instance de réfléchir au développement d’un nouveau service, dédié au maintien d’un lien avec l’enfant, le jeune une fois sorti de l’association et sur la durée longue de son existence.
Quatre éléments sont à prendre en considération :
Eric Legros constate un manque de diagnostics suffisants sur les effets des pratiques éducatives et culturelles de l’association sur les devenirs de ces futurs adultes ;
Ceux-ci, devenus adultes, peuvent par ailleurs prendre contact avec des alter ego pour donner de leurs nouvelles. Cette même démarche informative a parfois lieu auprès d’éducateurs de l’association, avec lesquels ils ont vécu autrefois le temps de leur placement ;
Le moment de l’accession à la parentalité peut être crucial pour certains, certaines de ces personnes ; Eric Legros mentionne le souvenir douloureux du suicide d’anciens jeunes de l’association alors qu’ils devenaient père ;
Des enfants, jeunes, actuellement vivant au sein de l’association, peuvent être enfants de parents eux-mêmes ayant été placés autrefois dans le cadre d’une mesure d’aide sociale à l’enfance.
Quelle réponse institutionnelle l’association peut-elle proposer pour tenir compte de la récurrence des ces phénomènes ? Ce dispositif ne viserait pas un travail évaluatif (l’association n’en a pas les moyens), mais l’établissement d’un lien associatif de long terme, sur le même modèle systématisé que celui initié par le rendez-vous permanent adressé aux anciennes et anciens des associations fondatrices « Les enfants de la Marine » et le « Foyer Educatif de la Côte d’Opale » chaque 2 juillet, sur l’un des sites de l’association
Quels problèmes juridiques pourraient éventuellement se déclarer dans l’hypothèse d’une nouvelle prestation de service développée par l’association, visant à la mise en place d’une ressource systématique d’écoute, d’aide et de soutien aux adultes qui y furent anciennement placés, et au-delà à leur famille ?
Francis Rembotte ne voit pas de problèmes juridiques possibles à l’établissement d’un tel service, dans la mesure où celui-ci s’adresse à des personnes devenues majeures. Par contre, observe Francis Remotte, la nature de ce service prête en l’état à confusion. Vise-t-il – comme le point I à l’ordre du jour de cette réunion l’indique – la mise en place d’un « dispositif de recueil d’informations permettant le suivi longitudinal des enfants et des jeunes de l’association après leur départ » ? Ou s’agit-il de réfléchir – après la présentation proposée par Eric Legros en introduction de cette discussion – au développement d’un nouveau service visant à l’établissement d’un lien institutionnalisé d’aide, d’écoute et de soutien aux enfants et aux jeunes une fois sortis de l’association ? Ces deux options, dit Francis Rembotte, ne se recouvrent pas nécessairement, notamment dans la façon dont les outils et les savoir faire mis en œuvre par l’association sont pensés et formalisés.
Emmanuel Paris restitue le périmètre de cette discussion, et explique qu’entre le moment de l’envoi de l’ordre du jour de cette réunion du conseil scientifique et la tenue de celle-ci, la direction de l’association en a reprécisé les termes. La précédente réunion du conseil scientifique datée du 11 octobre 2013 avait notamment débattu du lancement de l’enquête « ELAP » (enquête longitudinale menée dans plusieurs départements français au sujet des parcours de vie des personnes une fois sorties des établissements de protection de l’enfance), pour laquelle Claire Beugnet, directrice adjointe de l’association avait été contactée. Eric Legros, tout comme Julien Kleszczowski et Olivier Martin avaient, lors de cette réunion, insisté sur la nécessité pour l’association de pouvoir faire entendre sa voix propre à l’occasion de cette enquête (cf. compte-rendu de la réunion du conseil scientifique du 11 octobre 2013, page 7). L’intitulé de l’ordre du jour envoyé aux membres du conseil scientifique pour informer des contenus de la réunion du 24 janvier 2014 est imprégné de cette discussion originelle à propos d’ELAP, mais dans l’idée d’y affirmer l’approche particulière que l’association désire initier, il s’agit bien de réfléchir à la conception et à la réalisation d’un nouveau service, dédié à la mise en place d’une ressource permanente pour prendre des nouvelles et accompagner les futurs adultes et leur famille dans leur vie, une fois sortis de l’association.
M. Noël Quéré souligne l’intérêt de la création d’un tel service : il explicite à l’enfant, le jeune en placement le lien indéfectible qu’éprouve l’association à son endroit.
Annick Traguardi constate que des enfants, des jeunes ayant effectué le programme « Itinérances » proposé par l’association ne donnent pas de nouvelles, alors que c’est un dispositif qui, précisément, concentre tous ses efforts sur le thème du changement de vie.
Olivier Martin souligne que ces enfants, ces jeunes, entretiendront à l’âge adulte avec l’association un lien électif et non pas une relation d’obligation. Il faut, autrement dit, concevoir ce nouveau service comme apte à intégrer le droit fondamental du futur adulte à être libre de son choix de revenir éventuellement vers l’association, une fois devenu adulte. Il faut aussi, et cela ne peut être dissocié de cette première caractéristique, que ce nouveau service soit organisé de telle sorte qu’il puisse permettre à la personne de choisir dans l’association le correspondant avec qui il désire reprendre contact pour donner de ses nouvelles.
Cela amène à réfléchir en des termes éminemment singularisants, puisque ce sera toujours l’histoire de duos particuliers (l’identité du correspondant de l’association est à la discrétion de l’adulte, anciennement enfant ou jeune de l’association), et cette spécificité est particulièrement difficile à régler d’un point de vue institutionnel.
Yannick Coppin remarque que des outils tels le réseau social numérisé « Facebook » sont utilisés par des anciens à partir de leur page personnelle pour retrouver d’autres anciens et rester en lien ; ces outils ne passent donc pas nécessairement par l’association. L’institutionnalisation du lien après la sortie de l’association peut éventuellement rebuter les personnes à reprendre contact avec elle.
Eric Legros observe que l’ambiance festive et conviviale, mode d’organisation choisi par l’association pour penser la date calendaire dédiée aux retrouvailles ; chaque 2 juillet, sur le site du « Petit déjeuner sous l’herbe » (dans les jardins de la Ferme de Bertinghen), contourne efficacement le problème du lien institutionnalisé qui dissuaderait les anciens de donner de leurs nouvelles.
Julien Kleszczowski pense que les deux options (établissement d’un lien d’individu à individu : entre l’ancien et le référent élu par lui et qui agit dans l’association / établissement d’un lien d’individu à institution) sont articulables et compatibles. L’important, dit Julien Kleszczowski, est que la personne qui agit dans et pour l’association et qui se retrouve, par choix de l’ancien, référente dans le cadre d’un échange informatif, ne soit pas démunie face à la sollicitation spontanée de renouer, ou de demande d’aide. L’institution doit, dans ce cadre, développer des supports, des ressources permanentes, permettant à la personne agissant dans et pour l’association, de répondre dans les meilleures conditions à la reprise de contact initiée par l’ancien.
Francis Rembotte ajoute qu’un second élément peut concourir à la mise en compatibilité de ces liens entre individus et d’individu à institution ; ces retrouvailles, ces nouvelles données des années après la sortie de l’association permettent à celle-ci de bénéficier d’un éclairage rétrospectif sur l’action menée à mesure que le temps passe. Ces retours des anciens permettent, autrement dit, d’offrir d’intéressants points d’appui pour améliorer les pratiques du quotidien de l’association.
Frédérique Déhée demande ce qui, actuellement, est dit ou proposé à celui, celle qui sort de l’association. Une plaquette lui est-elle remise, document détaillant des modalités précises pour donner régulièrement de ses nouvelles ?
Annick Traguardi, Yannick Coppin et Joseph Bako répondent que les approches sont différenciées selon chaque personne agissant au sein de l’association. Annick Traguardi choisit, par exemple, de parler systématiquement des perspectives initiées par la sortie à un enfant ou un jeune qui vient depuis peu d’intégrer l’association au sein de la Maison dans laquelle elle travaille.
Eric Legros insiste sur un phénomène qui modifie désormais la relation à l’association pour ceux et celles qui y vivent et qui la font vivre ; « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale » deviennent identifiées comme acteur culturel du territoire. Cette nouvelle qualité – complémentaire à son identité profonde : la protection de l’enfance –, travaille notamment au sentiment de fierté que peut retirer l’ancien à avoir fait un parcours au sein de l’association, et par conséquent à la facilitation de la démarche de se retrouver des années plus tard.
Patrick Miquel observe que longtemps les institutions de l’Aide Sociale à l’Enfance ne se sont pas vraiment souciées de la question de la place dans la société de leurs anciens et anciennes. Ce regard a changé ; ainsi la « Fédération Nationale des Associations Départementales d’Entraide entre les Pupilles et Anciens Pupilles de l’Etat » (FNADEPAPE : http://www.fnadepape.org/) institutionnalise ce lien de durée longue. Cependant la difficulté persiste de donner consistances à cette mission ; dans ces nouvelles structures institutionnelles, la discussion reste ouverte sur le cap à suivre pour mettre concrètement en pratique la volonté de garder contact tout au long de la vie.
Tout l’effort consiste à savoir inverser la perception des anciens, des anciennes, d’évoluer d’une honte d’avoir subi une mesure de placement, vers la fierté entretenue par le sentiment d’appartenance à un groupe exemplaire. Patrick Miquel observe qu’en France, parmi l’existant en la matière, « SOS villages d’enfants » et « Apprentis d’Auteuil » travaillent conjointement pour développer le principe du « reviens quand tu veux ».
Claire Oger demande s’il serait possible de systématiser l’invitation, adressée aux enfants qui quittent l’association, de donner de leurs nouvelles régulièrement (par exemple lors de leurs anniversaire) et non de les inciter à le faire « en cas de problème ».
Claire Oger décrit le système mis en place à l’Université pour s’enquérir de l’insertion professionnelle des étudiantes et étudiants après l’obtention du diplôme. Ce dispositif repose sur des enquêtes menées chaque année par un service de l’Université (« L’observatoire de la vie étudiante »), mais elles recueillent souvent un nombre peu significatif de réponses de la part des anciennes et anciens. Une autre source d’information relève des relations d’individu à individu, à la discrétion des anciens et anciennes : ils peuvent écrire de leur propre initiative au formateur pour lui donner des nouvelles sur son parcours depuis l’obtention du diplôme.
Eric Legros recommande de travailler plus régulièrement à la mutualisation des informations données aux personnels de l’association par des anciens, des anciennes. Ces informations doivent systématiquement remonter jusqu’à la direction de l’association.
Yannick Coppin remarque que dans les années 1980, quatre, six enfants, jeunes de l’association « Les Enfants de la Marine » participaient systématiquement et par ailleurs à la vie d’associations locales ; il était dès lors facile de retrouver ces personnes, une fois sorties de l’association, pour s’enquérir de leur devenir. La spécialisation du travail d’éducateur semble, depuis, avoir quelque peu affaibli ce lien avec le territoire associatif ; les pratiques amateurs entretenues par les enfants, les jeunes dans des clubs, des associations culturelles du territoire parallèlement à leur vie en placement, sont peu considérées comme point d’appui intéressant dans un parcours de vie sur la durée longue des existences.
Claire Beugnet nuance cette observation : cette considération pour les pratiques culturelles des enfants, des jeunes en parallèle de leur vie au sein de l’association existe bel et bien et de manière institutionnalisée aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale. Claire Beugnet cite par exemple le lien fort qui existe entre la « Maison des découvreurs » et le « Boulogne Canoë Kayak » ; les activités de l’association sont précisément pensées pour s’articuler avec des pratiques culturelles développées par les associations du territoire.
Fleur Guy propose qu’un travail d’enquête soit mené auprès des personnels de l’association, afin d’avoir une vue d’ensemble de l’existant en matière de préparation à la vie d’après celle vécue au sein de l’association par les enfants, les jeunes. A ce jour, il serait question de savoir précisément :
Quelle ancienne, quel ancien a contacté quelle personne de l’association ;
Comment ce contact a eu lieu (par quels moyens) ;
Quelle est la forme de cette reprise de contact (quelles informations ont été échangées).
Danielle Maerten demande s’il est possible d’établir une proportion précise de la part d’anciennes qui donnent de leurs nouvelles par rapport aux anciens.
Annick Traguardi observe que cette question ne peut pas encore être étudiée tant, pour les éducateurs de l’association issue de l’association « Les Enfants de la Marine », la présence de filles est nouvelle, tant il en est de même pour les éducateurs du « Foyer Educatif de la Côte d’Opale » à propos des garçons.
Julien Kleszczowski cite l’article 1 de la charte des « Apprentis d’Auteuil » : « Maintenir avec les anciens un lien de confiante amitié » (http://www.apprentis-auteuil.org/nos-actions/anciens/le-reseau-des-anciens.html). La Fondation organise un système combinant l’institutionnalisation du lien et un travail d’enquête menée tous les ans auprès des « sortants », et ce pendant trois ans sur la même cohorte. Cette enquête est menée par téléphone.
Noël Quéré propose en conséquence que plusieurs axes soient travaillés : le protocole d’enquête, le développement d’un nouveau service au sein de l’association, la culture du sentiment de fierté d’avoir fait les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale. Sur ce dernier point, le message doit porté jusqu’aux familles des enfants et des jeunes de l’association, et au-delà, à la Cité.
Philippe Hazelart dit qu’un travail est enclenché depuis la fondation des Maisons des Enfants de la Côte d’Opale, visant à la reconnaissance de l’association comme actrice culturelle du territoire.
Eric Legros propose que d’ici le 11 avril 2014, date de la prochaine réunion du conseil scientifique, une réunion de travail soit organisée sur Paris avec un groupe composé de membres du conseil scientifique et d’éducateurs de l’association, pour développer trois axes :
un service d’accompagnement de la sortie (« le jour de ton anniversaire, donne nous de tes nouvelles »). Ce service serait mis en place pendant un, deux ans au sein de l’association et serait évalué au terme de cette période test ;
un dispositif visant au recueil d’informations sur le devenir des anciennes et des anciens des associations fondatrices et de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale » depuis sa création ;
un dispositif permettant d’établir un suivi longitudinal des enfants et des jeunes qui sortiront de l’association.
Point sur la collecte d’informations portant sur les parcours scolaires des enfants et des jeunes de l’association :
Eric Legros pointe la difficulté de recueillir les bulletins scolaires des enfants, des jeunes de l’association malgré les courriers envoyés aux Etablissements scolaires depuis 3 ans pour faciliter cette collecte, ainsi que les lettres de service régulièrement adressées aux personnels de l’association pour alerter sur la très importante nécessité de cette mutualisation des informations par la direction.
Dans les faits, soit les établissements scolaires donnent le bulletin scolaire directement à l’enfant, au jeune, ou à sa famille, et ce document ne parvient pas à l’association, soit le bulletin est envoyé à l’éducateur référent ou à l’adresse de la maison de l’association concernée, mais le document ne remonte pas jusqu’au service central dédié à la mutualisation de ces ressources.
Il existe par conséquent une grande difficulté à organiser la traçabilité du bulletin, malgré la volonté de le faire.
Claire Beugnet annonce qu’un travail va commencer par consultation systématique des dossiers papiers existants au sein de l’association, pour repérer les modalités d’amélioration du système de recueil et de traitement centralisé des résultats scolaires des enfants et des jeunes de l’association. Tous les établissements scolaires de l’agglomération boulonnaise accueille au moins un enfant, un jeune de l’association, c’est-à-dire huit à dix établissements, mais qui n’ont pas les mêmes pratiques de circulation des informations à l’externe.
Philippe Hazelart recommande de travailler en priorité avec les Conseillers Principaux d’Education pour fluidifier ces échanges administratifs.
Noël Quéré recommande qu’une fois par an, chaque fin d’année scolaire, soient demandés à chaque établissement les bulletins des enfants et des jeunes de l’association.
Eric Legros annonce qu’une présentation d’un premier tableau sur les parcours scolaires des enfants et des jeunes de l’association aura lieu lors de la prochaine réunion du conseil scientifique, le 11 avril 2014.
Philippe Hazelart dit tout l’intérêt des chefs des établissements scolaires pour un dialogue systématisé avec l’association au sujet du travail éducatif et culturel qu’elle mène auprès des enfants et des jeunes.
Eric Legros constate en effet que les relations sont de bonne qualité, notamment grâce à l’existence du service « Centre de jour », qui depuis plusieurs années intègre au sein de l’association l’activité en détachement de Nicolas Courquin, détaché de l’Education Nationale pour enseigner aux enfants et aux jeunes momentanément déscolarisés.
Point sur la programmation pluriannuelle de formations organisées en interne :
Eric Legros propose de faire un point sur l’état d’avancement des formations proposées aux personnels et aux enfants et aux jeunes en cette saison culturelle 2013-2014 thématisant au sein de l’association : « La valeur ».
Philippe Richard, François Roy et Gérard Tonnelet, présents lors de la précédente réunion du conseil scientifique pour présenter les cadres de leur intervention auprès des chefs de service (cf. compte-rendu de la réunion du conseil scientifique du 11 octobre 2013, p. 8), ont commencé les séances. L’insistance est mise sur l’établissement d’un compagnonnage au long cours ; un dialogue sur les pratiques de travail, les situations de dialogue, de partage ou de conflit. Il s’agit d’explorer les potentialités offertes par la relation dite de « co-construction », expérimentée lors de la saison culturelle 2012-2013 de l’association à l’occasion de la formation proposée à l’époque par Vincent Laborey et Emmanuel Paris (cf. pièce jointe du compte-rendu de la réunion du conseil scientifique du 11 octobre 2013, document intitulé « Formation « Tous transmetteurs » »).
Emmanuel Paris propose au conseil scientifique quelques considérations sur les articulations travaillées en formation avec les adultes et les futurs adultes de l’association. La co-construction est une façon d’être les uns aux autres dans une relation d’apprentissage des savoirs, savoir faire et savoir être. Elle peut être aussi appelée relation de « coopération ».
Au côté de l’approche éducative traditionnelle, basée sur la notion de « transmission » (scénario de l’échange d’une personne qui sait à une personne qui ne sait pas), s’agrège la relation coopérative, de co-construction : le scénario cette fois-ci considère deux personnes qui savent quelque chose d’eux-mêmes et qui trouvent les moyens de se les partager pour développer un projet commun.
Cette double approche transmission / co-construction est déclinée en différents ateliers lors de la formation « Connais ta valeur… pour la faire grandir et reconnaître » proposée en janvier et février 2014 par Vincent Laborey et Emmanuel Paris.
Emmanuel Paris présente les contenus de la première partie de cette formation : « Connais ta valeur humaine » (cf. document joint à ce compte-rendu intitulé « Chemin de fer de la 1ère formation V Laborey E Paris 2014»). La seconde partie intitulée « Faire grandir et reconnaître » travaille notamment avec les adultes et les futurs adultes de l’association des développements de projets MECOP qu’il est possible de commercialiser pour dire la richesse du programme éducatif et culturel de l’association.
Annick Traguardi observe que les futurs adultes ayant suivi la première partie de cette formation, en janvier 2014, demandent aux adultes de pouvoir la refaire avec eux, le soir venu ou les jours après la fin de ces ateliers organisés au Café-théâtre Michel Laffont de l’association.
Des futurs adultes ont accroché dans leur chambre l’un des objets totem développés durant cette première partie. Il s’agit de « l’avion qui sait atterrir », maquette réalisée en hommage de Louis Blériot, aviateur des temps jadis qui a su traverser la Manche à bord d’un des premiers avions de l’Histoire de l’aéronautique. C’est aussi une maquette insistant sur la capacité à savoir se poser dans la vie, pour mieux ensuite re-décoller, autrement dit une problématique forte du placement vécu par ces enfants et ces jeunes.
Fleur Guy, qui a visité la « Maison du sport et du bien être » à Wimille avec Claire Beugnet la veille de cette réunion, dit aussi avoir remarqué ces contenus de la formation ornés des chambres d’enfants et de jeunes.
Joseph Bako observe que cette année les futurs adultes sont, forts de l’expérience vécue l’année dernière lors de la formation « Tous transmetteurs », très en attente des ateliers proposés par les intervenants.
Point sur le projet de création d’un « Fab Lab MECOP » et l’organisation des « Conférences du jeudi » :
Eric Parot présente le projet en cours d’élaboration dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation SEED, l’entreprise Schlumberger Ltd et l’association. Il s’agit de développer autour de l’existant – les ateliers techniques qui sont d’ores et déjà sur les sites d’Outreau (atelier menuiserie) et de Saint-Martin les Boulogne (atelier vélos) – un nouvel outil de valorisation et d’appropriation de la culture technique pour les enfants et les jeunes de l’association.
Ce nouvel outil s’appelle le « Fab Lab », c’est un ensemble d’espaces de vie : l’unité de production, où sont les machines outils, co-existent avec des espaces adjacents. Cette pluralité d’espaces, de lieux bâtis, est consubstantielle du principe de création manufacturée. Un espace permettant la consultation d’ouvrages, de connexion à l’Internet, un espace de rencontre et de dialogue avec des personnes qui, dans le territoire, peuvent échanger des savoirs, des savoir faire et des savoir être reliés au projet que le futur adulte ou l’adulte désire développer, un espace détente, propice aux rêveries, aux médiations sont quelques exemples de salles entourant celle de l’unité de production.
Le budget demandé pour cette subvention Schlumberger dans sa première phase de développement, d’après Eric Parot, doit être dans une fourchette de 13 000 à 15 000 euros, somme correspondant à l’achat de machines essentielles au fonctionnement de l’unité de production : imprimante 3 D, découpe laser, etc. Un exemple de machines utilisées dans un Fab Lab à Lannion, en Bretagne, est consultable ici : http://fablab-lannion.org/le-projet/un-atelier-proposant-des-outils-incroyables/
Dans le document demandant cette subvention à l’entreprise Schlumberger pour la création d’un Fab Lab à Outreau, il faudra associer un projet spécifique à l’usage de ces machines outils.
Il y a deux grandes familles de machines outils composant un Fab Lab : les machines outils qui créent des objets en trois dimensions, en volume, en relief (ex : « imprimante 3D ») et les machines outils qui créent des objets en deux dimensions, à plat (ex : « plotter de découpe »).
Quel projet spécifique associer à ces deux catégories de machines ?
Eric Parot propose que, pour la famille « trois dimensions », l’association propose par exemple qu’un robot biomécanique, un « robot cafard » soit développé sur trois années. Les intérêts pour les enfants et les jeunes de l’association seraient :
d’acquérir des savoir faire d’un bon niveau de qualification et ainsi de travailler à leur insertion professionnelle ;
de pouvoir cultiver l’art d’observer la nature (possibilité d’organiser des séances d’observation et de dessin d’insectes avec un chercheur du Muséum National d’Histoire Naturelle) et ainsi de mieux se penser dans le temps et dans l’espace ;
de pouvoir décliner en sous-parties le programme global (par exemple l’enfant en placement ne serait-ce que 6 semaines au sein de l’association pourrait néanmoins développer une des pattes du robot) ;
de participer à un projet les valorisant et valorisant l’association : ce robot pourrait servir par exemple aux sauveteurs qui interviennent sur les décombres d’un tremblement de terre pour retrouver des survivants.
Pour la famille « deux dimensions », il serait par exemple intéressant de faire réfléchir les futurs adultes et adultes à un revêtement de la roulotte, qui scande graphiquement les valeurs de l’association, et améliore son impact promotionnel lors de ses déplacements dans le territoire en quête des objets mémoriels personnels des habitants thématisant l’enfance (programme « Nous sommes les gardiens de votre enfance »). De manière plus générale, les objets créés par les outils « deux dimensions » du Fab Lab (toiles plastiques personnalisées, stickers personnalisés, vêtements personnalisés, sont parmi les vecteurs contemporains des « arts de la rue », la rue étant l’espace public premier de la vie de la Cité).
Dans le document demandant cette subvention à l’entreprise Schlumberger pour la création d’un Fab Lab à Outreau, il faudra signaler la coopération d’experts en informatique industrielle, pour aider les adultes et futurs adultes de l’association à développer les programmes permettant aux machines outils de matérialiser leur projet.
Sur le plan local (territoire physique immédiat de l’association), l’ULCO propose, parmi ses formations, un master qui pourrait être contacté par l’association pour participer au développement de ce Fab Lab :
Sur le plan international, Simone Amber, fondatrice et présidente de la Fondation SEED, vice-présidente de l’entreprise Schlumberger, est par ailleurs membre du conseil d’administration de la « Fabfoundation » :
http://www.fabfoundation.org/about-us/
Ce réseau hébergé par le MIT (Massassuchetts Institute of Technology, Université de Cambridge, Etats-Unis), facilite notamment la mise en relation et la coopération entre Fab Lab du monde entier :
http://fab.cba.mit.edu/about/labs/
Il serait possible à terme de demander auprès du MIT la reconnaissance et le parrainage du Fab Lab MECOP.
Emmanuel Paris fait un point sur l’organisation des « Conférences du jeudi », chaque premier jeudi du mois, conférences données devant les personnels de l’association au Café-théâtre Michel Laffont et ouvertes à la population du territoire. Depuis la précédente réunion du conseil scientifique, le 13 octobre 2013, les conférences du jeudi ont permis d’écouter et de dialoguer avec deux membres du conseil scientifique :
Claire Beugnet, qui est intervenue à propos du statut juridique des enfants ;
Arnaud Le Marchand, qui a présenté ses travaux sur les caractéristiques de l’économie des populations migrantes particulièrement présentes dans les territoires portuaires.
Julien Kleszczowski intervient le 6 février 2014 à propos des formes d’évaluation du travail d’éducateur intégrant une dimension plurielle (idée de la co-construction des indicateurs évaluant le travail mené par l’éducateur avec lui, et non pas en son absence).
Calendrier des prochaines échéances du conseil scientifique :
Les membres du conseil scientifique posent les dates des prochaines réunions :
Le 11 avril 2014, de 10h15 à 13h, à Boulogne-sur-mer ;
Le colloque organisé lors des « Journées d’Enfance 2014 » aura lieu le mardi 1er juillet 2014.
La réunion plénière du conseil scientifique, durant laquelle sera restitué le travail effectué par le conseil durant la saison culturelle écoulée, aura lieu le mercredi 2 juillet 2014 de 9h à midi.
A la demande de M. Noël Quéré, président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », une réunion du conseil d’administration est programmée le mardi 18 mars 2014 à 18h30. M. Quéré demande à Emmanuel Paris de présenter à cette occasion aux administrateurs de l’association l’activité menée au sein du conseil scientifique.
M. Philippe Hazelart, président du conseil scientifique, clôt cette deuxième réunion.
Compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique de l’association
« Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Boulogne-sur-mer
11 octobre 2013
Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique
Présents :
Claire Beugnet, directrice adjointe de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Jean-Paul Demoule, professeur des universités en archéologie Université Paris 1
Fleur Guy, doctorante en géographie Université Lyon 2
Philippe Hazelart, membre du conseil d’administration, vice-président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », président du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Julien Kleszczowski, doctorant en gestion Ecole Polytechnique
Eric Legros, directeur de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », secrétaire du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Claire Oger, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13
Emmanuel Paris, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13, coordinateur du Conseil scientifique « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, coordinateur France Fondation SEED
Noël Quéré, président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Francis Rembotte, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Philippe Richard, artiste amateur
François Roy, metteur en scène
Gérard Tonnelet, artiste amateur
Excusés :
Denis Adam, conseiller éducation populaire Région Rhône-Alpes
Christophe de Ceunynck, directeur du Musée Schlumberger, château de Crèvecoeur-en-Auge
Arnaud Le Marchand, maître de conférences en sciences économiques Université du Havre
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie Université Paris Descartes
Patrick Miquel, directeur du service « Enfance famille », Conseil général du Pas-de-Calais
Bernard Müller, anthropologue Université Paris VIII
Pièces jointes :
– bilan des activités scientifiques animées par Eric Parot années scolaires 2012-2013
– charte du Conseil scientifique
– convention d’atelier
– convention de résidence d’artiste
– enquête Citymix
– formation « Tous transmetteurs »
– bilan « Journées d’Enfance 2013 »
Ouverture de la deuxième séance du Conseil scientifique par son président.
Signature de la charte du Conseil scientifique par ses membres :
Denis Adam et Bernard Müller ont informé Emmanuel Paris de leur difficulté à concilier leurs obligations professionnelles respectives avec une présence active dans le cadre du Conseil scientifique. Avec l’accord d’Eric Legros, Emmanuel Paris a demandé à Denis Adam et Bernard Müller de présenter leur démission de l’instance. Ces démissions prendront effet au terme de l’année civile 2013, comme mentionné dans l’article 5 de la charte du Conseil scientifique.
Les membres du Conseil scientifique se présentent.
Emmanuel Paris demande aux membres présents de signer la charte du Conseil scientifique (cf. document joint).
Les absents excusés lors de cette réunion du 11 octobre 2013, signeront cette charte lors de la prochaine réunion du Conseil scientifique.
A la demande de Noël Quéré, la charte fait apparaître dès les premières lignes l’enfant comme au cœur des raisons d’être, d’agir et de penser du Conseil scientifique. Le Conseil scientifique doit notamment aider l’association à inscrire sa pensée de l’enfant, de l’enfant dans la société, dans une temporalité spécifique, que l’on pourrait formuler « pensée de long terme ».
M. Noël Quéré demande qu’un membre du personnel de l’association, exerçant le métier d’éducateur spécialisé, puisse être membre de droit du Conseil scientifique.
Informations sur la création du poste de directeur adjoint chargé des affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale :
Eric Legros informe le Conseil scientifique des termes présidant à la réflexion sur sa succession au poste de directeur de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale ». Parmi les éléments pris en considération, le programme éducatif et culturel et la politique de formation nécessitent qu’un nouveau poste soit créé.
Le programme mis en œuvre par l’association, par sa richesse (plus d’une quinzaine de pratiques culturelles proposées chaque année aux futurs adultes), sa diversité (culture artistique, culture patrimoniale, culture scientifique, culture sportive, culture technique, coexistent dans cette programmation), sa transversalité (le festival annuel « Journées d’Enfance » hybride les contenus culturels, par exemple lors du spectacle de fin d’année), sa volonté d’inscrire le futur adulte dans la vie de la Cité (le spectacle est par exemple organisé dans un établissement culturel hors-les-murs de l’association, et est ouvert à des publics toujours plus diversifiés), constitue aujourd’hui une activité qui définit en interne et en externe la qualité de l’association, son identité.
La politique de formation initiée durant la saison culturelle 2012-2013 (formation « tous transmetteurs » proposées par Vincent Laborey et Emmanuel Paris à l’ensemble des adultes et futurs adultes de la communauté éducative de novembre 2012 à mars 2013, cf. document joint), sera reconduite et amplifiée lors de cette saison culturelle 2013-2014 (cf. IV. Discussion sur la politique de formation organisée en interne). Cette politique de formation, qui explore avec les séminaristes les articulations possibles entre transmission et co-construction des savoirs, savoir faire et savoir être dans la relation éducative entre adultes et futurs adultes de l’association, qui expérimente avec les séminaristes aussi et par conséquent les effets positifs induits par la mise en synergie du soin, de l’éducation et de la pédagogie dans la relation éducative entre adultes et futurs adultes, se donne pour objectif de devenir une référence dans le champ professionnel de la protection de l’enfance.
Eric Legros informe les membres du Conseil scientifique sur le dépôt d’un document décrivant le programme éducatif et culturel de l’association, dans le cadre d’un appel à projets organisé cette année par la Fondation de France. Le programme de l’association est examiné, et le résultat de cette démarche pour obtenir une dotation permettant le développement des actions déjà en place, pourra être communiqué au Conseil scientifique lors de sa prochaine réunion, en janvier 2014.
Emmanuel Paris informe les membres du Conseil scientifique de trois créations permettant d’illustrer le développement des axes présentés par Eric Legros ; moments importants de la saison culturelle 2013-2014, tout comme le sont les Journées d’Enfance organisées depuis deux ans et qui seront à nouveau proposées début juillet 2014 (cf. V. Organisation d’un calendrier des travaux d’études et de recherches du Conseil scientifique pour la saison culturelle 2013-2014 de l’association).
Ces trois créations sont :
1. la production de documents contractuels formalisant la relation entre l’intervenant extérieur animant un atelier culturel et l’association. Le 5 septembre 2013, Claire Beugnet, directrice adjointe, Barbara Lefèvre, consultante en développement culturel territorial pour les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale, Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique et François Roy, metteur en scène, organisant notamment au sein de l’association la conception et la réalisation du spectacle de fin d’année programmé lors des « Journées d’Enfance », ont finalisé avec des intervenants extérieurs la rédaction d’une convention pour les intervenants organisant des ateliers, ainsi que d’une convention pour les artistes en résidence (cf. documents joints). Ces documents seront complétés par une charte en cours de rédaction de la part d’un membre du conseil d’administration de l’association ;
2. l’organisation depuis ce mois de septembre 2013 d’un cycle de conférences mensuel tout au long de la saison culturelle de l’association. « Les conférences du jeudi » sont organisées chaque premier jeudi du mois au Café Théâtre Michel Laffont, sur le site de la Ferme de Bertinghen, de 11h à 12h15. Les conférenciers s’expriment devant les salarié-e-s de l’association à l’aune du thème de la saison annuelle ; cette année « La valeur ». Ces conférences sont ouvertes aux intervenants culturels extérieurs, l’objectif étant de renforcer toujours plus les liens de la communauté éducative de l’association. Des membres du Conseil scientifique interviendront régulièrement dans le cadre de ce cycle de conférences :
– Christophe de Ceunynck, directeur du Musée Schlumberger le 7 novembre 2013 (conférence sur le thème du rôle joué par deux adolescents lors de l’expérience déterminante menée par Conrad Schlumberger en 1912 dans le parc de la résidence familiale) ;
– Arnaud Le Marchand, maître de conférences en sciences économiques à l’Université du Havre le 5 décembre 2013 (conférence sur le thème des populations « invisibles » dans les zones portuaires et les dispositifs mis en place à travers le monde pour en ternir compte) ;
– Julien Kleszczowski, doctorant en gestion à l’Ecole Polytechnique le 6 février 2014 (conférence sur le thème de la nécessaire co-construction avec les éducateurs spécialisés des outils évaluatifs de leur métier).
Denis Adam a par ailleurs accepté de donner une conférence le jeudi 5 juin 2014 sur le thème de l’état de l’art en matière de données à propos des effets d’une programmation culturelle d’établissement de l’Education nationale sur les parcours scolaires ;
3. Le bâtiment du Café Théâtre Michel Laffont, sur le site de la Ferme de Bertinghen, va être profondément remanié à partir du printemps 2014 pour améliorer ses capacités d’accueil, accroître ses performances techniques. Cette refonte architecturale donne lieu à un chantier participatif permanent le temps de la conception du bâtiment, de sa réalisation, et dès son inauguration, de sa valorisation. Sous la férule du cabinet d’architectes « Citymix », choisi pour ses compétences en matière de politiques participative et contributive (http://www.citymix.eu/), les adultes et les futurs adultes de la communauté éducative se sont exprimés et s’expriment encore à titre personnel sur les usages, le design, la place dans l’espace, les compétences techniques dans le cadre d’une enquête menée par entretiens et questionnaire (cf. document ci-joint). Seront notamment mises en contexte lors du chantier réalisant le bâtiment renouvelé, jour après jour et selon les tâches techniques à effectuer, l’articulation de la transmission et la co-construction expérimentée en formations depuis l’année dernière (cf. supra).
Claire Oger propose un axe supplémentaire permettant de préciser le périmètre d’activités de ce poste en création ; le développement d’un fonds permanent d’archives de l’association disponible en permanence et consultable sur place. L’axe 2 du Conseil scientifique nécessite par exemple qu’un outil soit développé pour étudier sur la durée longue les parcours de vie des futurs adultes ayant vécu au sein de l’association. François Roy abonde dans le sens de cette proposition, parlant de la nécessaire capitalisation de la mémoire de l’institution. L’expressivité des futurs adultes, stimulée par la grande intensité de la programmation éducative et culturelle au cœur de la politique d’établissement, génère nombre de traces (objets, images, textes, etc.) qui doivent être patrimonialisées pour témoigner en permanence en interne et en externe de la vitalité qui s’exprime en l’association année après année.
Réfléchissant à cet axe, les membres du Conseil scientifiques évaluent d’ores et déjà l’impératif de confidentialité qui devra ordonner la conception des outils permettant d’accéder au fonds d’archives. Cette remarque rejoint celle formulée par Olivier Martin, membre du Conseil scientifique absent lors de cette réunion mais venu dès la veille pour commencer à réfléchir avec l’association à son travail d’études et de recherches au sein du Conseil scientifique. La question de la confidentialité des informations à propos des parcours de vie des futurs adultes de l’association sera un problème méthodologique récurrent dans toute action d’études, de recherches menée par le Conseil scientifique, et plus généralement toute action de valorisation des acquis permis par la politique d’établissement de l’association.
Noël Quéré propose que les « conférences du jeudi » soient publiques, c’est-à-dire ouvertes aux habitants du boulonnais, et au-delà toutes personnes qui, dans l’espace public, est intéressé aux thèmes travaillés par l’association et discutés par les orateurs et la communauté éducative lors de ces conférences.
Emmanuel Paris informe les membres du Conseil scientifique du travail actuellement en cours de développement auprès des opérateurs scientifiques et techniques, partenaires officiels de l’association (Fondation Musée Schlumberger, Fondation SEED, INRAP). A terme, il s’agit d’harmoniser les relations contractuelles liant les intervenants extérieurs artistiques et sportifs (cf. supra), et les intervenants scientifiques et techniques, au-delà de la diversité des formes administratives étayant ces relations.
Un premier jalon de cette harmonisation a été posé ces dernières semaines ; un cadre évaluatif des ateliers, menés conjointement par l’équipe éducative concernée par l’atelier, et l’intervenant extérieur qui organise son contenu, est formalisé à la suite de la réunion du 5 septembre 2013. Le même cadre évaluatif est en gestation à propos des ateliers relevant du partenariat avec la Fondation SEED (document rédigé par Yannick Coppin, chef de service de l’unité de vie « Le Centre de jour », concernée par ces ateliers, et par Nicolas Courquin, professeur des écoles détaché de l’Education Nationale donnant les cours aux futurs adultes dans cette unité de vie, cf. document joint). Ce travail évaluatif sera mené de même au mois de décembre 2013 (terme de la convention partenariale annualisée avec l’INRAP) avec Fabrice Brutus, archéologue INRAP animant des ateliers avec les adultes et futurs adultes de l’association.
Evaluation des « Journées d’Enfance 2013 » :
Emmanuel Paris informe les membres du Conseil scientifique de la rédaction du document « Bilan des « Journées d’Enfance 2013 » », réalisée par Eric Legros, Sandra Jerusalmi, coordinatrice des activités culturelles de l’association entre février et juillet 2013, et Emmanuel Paris. Ce document a été mis en ligne sur le site Internet de l’association dès la fin du mois de juillet 2013, afin que les membres de la communauté éducative et toute personne intéressée à l’activité de l’association, puissent prendre connaissance d’une première réflexion sur les termes présidant à l’élaboration d’un tel festival, et sur les effets d’ores et déjà identifiables, générés par le protocole retenu.
Ce document est soumis à l’appréciation des membres du Conseil scientifique : le socle choisi pour synthétiser les critères évaluatifs de la relation éducative adulte / futur adulte au sein de l’association est-il satisfaisant et peut-il être reconduit dans des documents reliant les intervenants extérieurs à l’association, ou des production médiatiques valorisant l’activité éducative et culturelle de l’association ? Page 10 de ce bilan, ces critères sont spécifiés (cf. document joint : « Bilan des « Journées d’Enfance 2013 » ») :
« Par « éducation », nous entendons les phénomènes de transmission de savoirs, de savoir faire et de savoir être, phénomènes rendus possibles par la relation éducative au fondement des liens entre adultes et futurs adultes de l’association (ex : l’apprentissage des limites nécessaires au savoir-vivre en communauté au sein de l’association, l’apprentissage de la loi, nécessaire au savoir-vivre en société).
Par « soin », nous entendons les phénomènes qui permettent aux futurs adultes de retrouver l’estime de soi et la confiance en autrui, phénomènes rendus possibles par la vie en communauté éducative pensée par l’association comme politique d’établissement (ex : la relation instaurée avec les autres futurs adultes, avec les adultes, est fondée sur la reconnaissance de soi-même comme capable de dire, de penser, de faire par soi-même et avec les autres).
Par « acculturation », nous entendons les phénomènes d’échanges interculturels (niveau du groupe), de co-construction des expériences vécues (niveau de l’individu), phénomènes rendus possibles par le principe de rencontre placé au cœur du programme « L’aventure de la vie » (ex : l’échange et la co-construction des savoirs et connaissances rendue permise par la rencontre entre un futur adulte déscolarisé et un ancien directeur des expositions de la Cité des Sciences et de l’Industrie dans le cadre de la formation « Tous Transmetteurs » organisée cette année par l’association).
Par « apprésentation », nous entendons les phénomènes de conscientisation de soi comme autrui par le corps ; prise du conscience de son corps, prise de conscience de son corps comme porteur d’une conscience, prise de conscience du corps et de la conscience de l’autre comme semblables à soi-même phénomènes rendus possibles par le principe de rencontre placé au cœur du programme « L’aventure de la vie » (ex : les conscientisations par le corps de soi comme un autre rendus permises par les pratiques sportives (partenariat avec le BCK), par la vie quotidienne par plus de 40 degrés (séjours en itinérance au Burkina Faso et en Inde) ».
Pour étayer cette discussion, deux documents sur lesquels travaillent la direction et les éducateurs de l’association pour régulièrement évaluer l’efficacité des activités effectuées, sont distribués aux membres du Conseil scientifique. Ces documents sont intitulés « Le référentiel enfants + Le référentiel adolescents » et « L’évaluation interne». Le document « Le référentiel enfants + Le référentiel adolescents » a été rédigé voici 12, 13 ans sous l’égide du sociologue Bernard Dubreuil. Le document « L’évaluation interne» a été rédigé l’année dernière, et l’ensemble des éducateurs de l’association a contribué à sa formulation.
Les quatre critères proposés dans le document « Bilan des « Journées d’Enfance 2013 » » tentent de faire la synthèse de ces deux documents. L’objectif d’une telle synthétisation est, autrement dit, de permettre à la pluralité des acteurs de la communauté éducative de l’association – et au-delà, toute personne intéressée par la vie de l’association, de pouvoir s’approprier par ces quelques mots-clés les enjeux du travail éducatif réalisé avec le futur adulte.
Claire Oger signale le caractère problématique du terme « acculturation », dont l’acception première est la domination d’un groupe humain par un autre, au nom d’une prétendue supériorité de la culture d’appartenance du premier sur celle du second. Cette acception ne correspond pas à l’esprit du programme éducatif et culturel de l’association, notamment fondé sur les principes de rencontre, de partage, d’échange, de co-construction.
Fleur Guy observe que ces quatre critères, tels que présentés, ne mobilisent pas une évaluation du regard que la Cité peut exprimer à l’endroit de la communauté éducative de l’association quand celle-ci se donne pour objectif d’y reprendre toute sa place, notamment à l’occasion de son activité culturelle.
Jean-Paul Demoule demande quel critère permettrait d’évaluer les effets générés sur les parcours de vie des futurs adultes, examinés sur la durée longue des périodicités choisies pour organiser « Le petit déjeuner sous l’herbe ». Cette opération archéologique prend en effet toute sa place dans l’organisation des « Journées d’Enfance », correspondant à la date du 2 juillet, durant laquelle est recherché le retour des ancien-e-s sur le site physique de l’association pour pouvoir mieux s’enquérir de leur devenir, de leur vie vécue depuis la sortie de l’institution. Cette opération archéologique est par ailleurs organisée selon deux cycles temporels de 20 années (2 juillet 2010 : opération inaugurale / 2 juillet 2030, première phase – dés-ensevelissement d’une fraction des objets mémoriels personnels / 2 juillet 2050, seconde phase, dés-ensevelissement d’une autre fraction des objets mémoriels personnels). Comment formuler le critère permettant l’articulation de ces deux temporalités (le court terme du festival annuel / le long terme de l’opération archéologique) dans un même critère permettant le suivi longitudinal des parcours de vie ?
Francis Rembotte signale une confusion conceptuelle entre la rédaction d’un bilan (« bilan », mot utilisé pour titrer le document discuté) et l’activité évaluative. Cette dernière doit se fonder à partir d’objectifs définis au préalable de l’action : que veut-on faire ? Qu’est-ce qu’on cherche à créer ?, etc. L’évaluation a ensuite lieu, pour mesurer l’écart entre l’objectif, et le résultat constaté. Autrement dit, toute formulation d’objectif préalable doit intégrer un résultat qu’il sera possible d’objectiver ; s’il n’est pas possible de formuler ces formes objectives de résultats, alors les objectifs ne sont pas rationalisables, et l’évaluation ne peut par conséquent avoir lieu.
Si l’on devait penser l’articulation entre bilan et évaluation ; l’évaluation serait première, le bilan serait un exercice qui lui sera subordonné (le bilan inventorie des phénomènes observables, il constitue une liste de résultats potentiels qui sont jaugés selon les modalités choisies lors de la production du protocole évaluatif). A cette articulation évaluation-bilan doit s’ajouter un troisième exercice, lui aussi subordonné à l’activité évaluative. Il s’agit du suivi, autrement dit, des actions mises en œuvre pour faire réponse aux écarts mesurés entre objectifs et résultats codifiés par le protocole évaluatif.
Francis Rembotte conclue sur la nécessité vitale de la culture évaluative pour les institutions ; elle offre en effet un point d’appui permanent pour faire face au processus de dés-institutionnalisation qui caractère la société française (ex : la politique de soin envers les personnes âgées ; reflux du suivi en maison médicalisée, et montée en puissance des aides à domicile). Ce mouvement concerne aussi, bien évidemment, le champ de la protection de l’enfance, et il faut par conséquent s’équiper pour pouvoir argumenter systématiquement en faveur de la nécessité de la primauté institutionnelle dans la relation éducative avec le futur adulte. Francis Rembotte informe les membres du Conseil scientifique de l’organisation d’un colloque thématisant la désinstitutionnalisation à l’initiative de l’IFAR.
Pour contribuer à la réflexion lancée par Jean-Paul Demoule à propos d’un critère propre à l’association, permettant d’inscrire dans la durée longue l’évaluation du travail éducatif entre adulte et futur adulte, Claire Beugnet informe les membres du Conseil scientifique du lancement d’une enquête longitudinale menée prochainement dans plusieurs départements français au sujet des parcours de vie des personnes une fois sorties des établissements de protection de l’enfance. L’association a d’ores et déjà été contactée par les organisateurs de cette enquête, intitulée « ELAP » pour contribuer à son information. Plus d’informations sur cette enquête sont consultables sur le site Internet suivant : http://elap.site.ined.fr/
Julien Kleszczowski informe le Conseil scientifique qu’il a participé le jeudi 10 octobre 2013 à un colloque durant lequel cette enquête a été présentée par Isabelle Frechon (l’annonce de ce colloque est consultable à l’adresse suivante : http://www.afs-socio.fr/node/2492 ). L’enquête devrait démarrer dès les prochains jours. Julien Kleszczowski, tout comme Olivier Martin la veille de la réunion du Conseil scientifique, en réunion de travail avec Eric Legros, insistent sur la nécessité pour l’association de pouvoir faire entendre sa voix propre à l’occasion de cette enquête. Il s’agirait par exemple d’examiner les méthodologies choisies pour cette enquête, et proposer d’éventuelles adaptations ad hoc qui permettent de mieux tenir compte des parcours de vie des personnes ayant vécu ou vivant dans l’association et concernées par le thème de cette enquête. La temporalité choisie pour organiser « Le petit déjeuner sous l’herbe » excède par exemple celle choisie par cette enquête : une réflexion sur les effets induits par cet échelonnement temporel différencié pourrait instruire la communauté éducative de l’association, et toute personne intéressée à la question de savoir ce que deviennent les futurs adultes une fois sortis d’une institution de protection de l’enfance.
Discussion sur la politique de formations organisée en interne :
A l’invitation d’Eric Legros et d’Emmanuel Paris, Philippe Richard, François Roy et Gérard Tonnelet, participent à la deuxième réunion du Conseil scientifique pour échanger avec les membres du conseil sur les formations que l’association met en place depuis l’année dernière, et dans un cadre pluriannuel. Ce cycle de formation a été inauguré durant la saison culturelle 2012-2013 par la formation proposée par Vincent Laborey et Emmanuel Paris, intitulée « Tous transmetteurs ».
Eric Legros présente les enjeux d’un tel cycle de formation : destiné à l’ensemble de la communauté éducative, adultes et futurs adultes, éducateurs spécialisés, personnels de vie et enfants, adolescents et jeunes adultes de l’association pensent et agissent ensemble au fil d’ateliers proposés par les formateurs et spécifiant les fondations du processus d’humanisation. Adultes et futurs adultes sont certes et bien évidemment reliés par une relation de transmission de celui qui sait à celui qui ne sait pas et est en situation d’apprendre, mais adultes et futurs adultes sont aussi partenaires dans l’aventure de la vie, la découverte en commun de phénomènes qui disent la place dans le monde et dans le temps. La saison culturelle 2013-2014, dont le thème est « La valeur », donnera lieu à une nouvelle formation proposée par Vincent Laborey et Emmanuel Paris, formation dont le contenu est en cours de finalisation. Afin de perpétuer les situations de réflexivité initiées par cette formation auprès des éducateurs et personnels de vie de l’association qui aura lieu de janvier à mars 2014, des formations nouvelles seront inaugurées durant le printemps 2014, organisées par Philippe Richard, François Roy et Gérard Tonnelet.
Gérard Tonnelet propose aux membres du Conseil scientifique quelques axes à partir desquels Philippe Richard et François Roy travailleront avec lui et les éducateurs et personnels de vie de l’association. Il s’agira par exemple de personnifier régulièrement une relation de compagnonnage, permettant à Gérard Tonnelet et Philippe Richard de faire profiter les jeunes générations d’éducateurs de leur expérience dans le travail éducatif avec notamment les enfants autistes, les personnes en traitement pour se sevrer de pratiques addictives, les enfants placés dans des institutions de protection de l’enfance. Dans cette relation de compagnonnage, il s’agira par exemple de réfléchir ensemble, et à partir de cas concrets vécus par les éducateurs dans l’exercice de leur métier, sur la notion d’« erreur ». Par la discussion et l’échange, cette notion sera questionnée, renversée ; il est possible, sinon souhaitable, d’envisager les effets positifs du « faire erreur » – l’important étant d’abord de faire, de tenter, d’expérimenter au fil de la relation éducative avec le futur adulte.
François Roy propose aux membres du Conseil scientifique quelques axes à partir desquels il travaillera avec Gérard Tonnelet et Philippe Richard. Ce travail sur la relation de compagnonnage aura aussi pour objectif d’apprendre avec les éducateurs et personnels de vie à se défaire de l’image de soi, ou tout du moins apprendre à la mettre à distance, de sorte qu’il soit en permanence possible pour les adultes d’apprendre des futurs adultes accueillis par l’association lorsqu’ils sont en interaction ou en interlocution avec eux.
Francis Rembotte recommande, parmi les activités du Conseil scientifique, d’intégrer une réflexion sur les formations reçues par les étudiants de la filière menant aux métiers de la protection de l’enfance.
Eric Legros informe le Conseil scientifique qu’un partenariat est en gestation avec l’IRTS Site côte d’Opale (http://formations.action-sociale.org/?ecole=irts-site-cote-d-opale)
Organisation d’un calendrier des travaux d’études et de recherches du Conseil scientifique pour la saison culturelle 2013-2014 de l’association :
Emmanuel Paris rappelle les quatre axes de travail d’études et de recherches décidés par les membres du Conseil scientifique lors de sa première réunion, le 27 juin 2013 :
La mise en visibilité des effets du programme culturel de l’établissement sur le parcours scolaire des futurs adultes ;
Mise en place d’un protocole de suivi longitudinal des parcours de vie des futurs adultes, une fois sortis de l’institution ;
Etude sur la sociabilité des futurs adultes ; les formats du vivre-ensemble entre futurs adultes, dans la relation avec les éducateurs, dans la vie de la Cité ;
Activités de prospective et de conseil pour accompagner le développement de la politique d’établissement de l’association « Les Maisons des Enfants de la côte d’Opale » en matière de politique éducative et culturelle.
La réunion du 27 juin 2013 a aussi acté un calendrier de travail annuel, réparti en quatre réunions dont une, intitulée « réunion plénière », consacrée à la restitution des travaux réalisés par le conseil durant la saison culturelle écoulée à la communauté éducative de l’association.
Les conférences données par les membres du Conseil scientifique lors du cycle « Conférences du jeudi » sont une première matière nourrissant le travail effectué durant l’année (cf I. « Informations sur la création du poste de directeur adjoint chargé des affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »). D’autres travaux d’études et de recherches sont attendus, tenant compte des disponibilités respectives des membres en raison de leur emploi principal.
S’agissant de l’axe 1 : Philippe Hazelart et Emmanuel Paris proposent de travailler ensemble pour rencontrer les directeurs d’établissement de l’Education Nationale dans lesquels les futurs adultes de l’association suivent des enseignements. Ces rencontres pourraient avoir lieu au printemps 2014.
Emmanuel Paris propose de faire auprès des membres du Conseil scientifique, lors de la prochaine réunion, une lecture commentée du rapport « La mise en place des premiers internats d’excellence » de l’Inspection générale de l’éducation nationale et de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche datant de juin 2011.
S’agissant de l’axe 2 : Julien Kleszczowski et Olivier Martin proposent de travailler ensemble pour étudier l’enquête ELAP et penser le positionnement de l’association dans ce dispositif.
S’agissant de l’axe 3 : Fleur Guy et Emmanuel Paris proposent de travailler ensemble.
Fleur Guy, pour cette première année, envisage dans un premier temps de venir passer quelques jours aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale afin de mieux comprendre le projet d’établissement et sa mise en ouvre au quotidien. Des premiers entretiens avec les adolescents et/ou équipes pourraient être réalisés à cette occasion, ainsi qu’avec le cabinet d’architectes « Citymix », qui organise le processus de conception/réalisation/valorisation de la réactualisation du Café théâtre Michel Laffont sur le site de la Ferme de Bertinghen.
Fleur Guy pense ne pas pouvoir réaliser d’enquête approfondie cette année, mais pourra en revanche creuser les questions méthodologiques et présenter au Conseil scientifique des résultats et mises en perspective issus de son travail de thèse dans le département du Rhône.
S’agissant de l’axe 4 : Claire Oger propose d’étudier les programmes de formation de l’IRTS. Eric Parot propose de développer avec l’accord de la Fondation SEED l’étude de faisabilité pour la création d’un laboratoire permanent aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale. Ce laboratoire serait conçu sur le modèle du « Fab Lab », centré autour de la machine « imprimante 3 D ». Jean-Paul Demoule et Emmanuel Paris proposent de travailler ensemble à la réactualisation du partenariat avec l’INRAP, au terme de la convention annuelle signée (décembre 2013). Francis Rembotte et Emmanuel Paris proposent de travailler ensemble sur les protocoles évaluatifs du programme culturel de l’association.
Les membres du Conseil scientifique posent les dates des prochaines réunions :
Le 24 janvier 2014, de 10h15 à 13h, à Boulogne-sur-mer ;
M. Noël Quéré propose qu’à cette occasion, une visite des différentes maisons de culture soit organisée pour les membres du conseil d’administration et les membres du Conseil scientifique de l’association.
Le 11 avril 2014, de 10h15 à 13h, à Boulogne-sur-mer ;
La réunion plénière du Conseil scientifique, durant laquelle sera restitué le travail effectué par le conseil durant la saison culturelle écoulée, aura lieu lors des « Journées d’Enfance 2014 ». Les « Journées d’Enfance 2014 » auront lieu du 1 au 5 juillet 2014.
La date de cette réunion, ainsi que celle du colloque, sera communiquée prochainement.
M. Philippe Hazelart, président du Conseil scientifique, clôt cette deuxième réunion.
En nos maisons
« Paradis Sans Radis » de Jean Charles Maricot
Sans cesse sollicités par la misère aux carrefours, sur les places, dans les parcs et les rues, nous choisissons le plus souvent de ne pas regarder. On s’habitue à tout, et cela devient un petit exercice de survie collective : ne pas regarder pour ne pas avoir peur de ce qui pourrait nous arriver un jour. À force de s’exercer, on arrive même à ne plus voir les mendiants. Invisibles, mais gênants : il faut parfois aussi faire un détour, éviter, transiger, et donner un peu, pour retrouver le droit à la cécité …
Activités scientifiques avec la fondation SEED et Eric Parot.
Compte-rendu de la réunion du Conseil Scientifique de l’association
« Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Boulogne-sur-mer
27 juin 2013
Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil Scientifique
Présents :
Emmanuelle Dehée, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Jean-Paul Demoule, professeur des universités en archéologie Université Paris 1
Fleur Guy, doctorante en géographie Université Lyon 2
Philippe Hazelart, membre du conseil d’administration et vice-président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Legros, directeur de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », secrétaire du Conseil Scientifique
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie Université Paris Descartes
Danielle Maerten, membre du conseil d’administration et trésorière de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Claire Oger, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13
Emmanuel Paris, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication Université Paris 13, coordinateur du Conseil Scientifique
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, coordinateur France Fondation SEED
Patrick Miquel, directeur du service « Enfance famille », Conseil général du Pas-de-Calais
Francis Rembotte, membre du conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Excusés :
Christophe de Ceunynck, directeur du Musée Schlumberger, château de Crèvecoeur-en-Auge
Arnaud Le Marchand, maître de conférences en sciences économiques Université du Havre
Denis Adam, conseiller éducation populaire Région Rhône-Alpes
Julien Kleszczowski, doctorant en gestion Ecole Polytechnique
Bernard Müller, anthropologue Université Paris VIII
I. Installation du Conseil Scientifique :
• Discours du secrétaire (E. Legros) et du coordinateur (E. Paris) du Conseil Scientifique des Maisons des Enfants de la Côte d’Opale :
Le travail du Conseil Scientifique s’inscrit dans le programme éducatif et culturel de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale ». Ce programme a donné lieu à la rédaction d’un document intitulé « Projet éducatif de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », distribué pour information et réflexion aux membres du Conseil Scientifique.
• Election du président du Conseil Scientifique, sur proposition du président de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », M. Noel Quéré :
M. Philippe Hazelart, membre du Conseil d’Administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale », est élu président du Conseil Scientifique.
• Présentation de chaque membre du Conseil Scientifique ;
• Présentation de la charte du Conseil Scientifique des Maisons des Enfants de la côte d’Opale (document envoyé aux membres du Conseil Scientifique au printemps 2013).
II. Ordre du jour de la première réunion de travail :
• Validation du thème de la saison culturelle 2013-2014 : « La valeur » :
Le Conseil Scientifique propose quelques premières pistes de réflexion à propos de ce thème :
– Quels sont les invariants de cette notion, dans les sociétés humaines et à travers les siècles ? ;
– A quel point cette notion est-elle centrale dans la relation éducative aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale ? ;
– Une valeur / des valeurs : à quelles conditions la pluralité des valeurs que se donnent l’individu peut-elle s’articuler avec une valeur commune, celle au fondement d’un groupe humain donné ? ;
– Quel regard critique est-il possible de porter à l’endroit de cette notion ? De la valeur à l’évaluation des potentiels, de la valeur à la production d’une norme comportementale, de la valeur à la stigmatisation d’une déviance ;
– Quelles seraient les formes alternatives à cet usage dominant de la valeur comme point d’appui pour stigmatiser un individu ou un groupe humain ? Le programme éducatif et culturel de l’association peut-il expliciter cette année ces formes alternatives ?
• Présentation par le coordinateur du Conseil Scientifique des modalités de travail :
Emmanuel Paris facilite les relations entre le Conseil Scientifique, le Conseil d’Administration, la communauté éducative de l’association (futurs adultes, éducateurs, personnels de vie, intervenants extérieurs organisant des ateliers durant la saison culturelle dans chaque maison de culture de l’association).
• Périodicité des réunions :
Quatre réunions par an, dont une intitulée « réunion plénière du Conseil Scientifique » durant laquelle l’instance présente à la communauté éducative de l’association le travail réalisé durant l’année écoulée (programmation de cette réunion plénière durant les « Journées d’Enfance », chaque année autour du 2 juillet).
• Proposition de trois thèmes d’études et de recherches pour cette année 2013-2014 :
1. La mise en visibilité des effets du programme culturel de l’établissement sur le parcours scolaire des futurs adultes ;
2. Mise en place d’un protocole de suivi longitudinal des parcours de vie des futurs adultes, une fois sortis de l’institution ;
3. Etude sur la sociabilité des futurs adultes ; les formats du vivre-ensemble entre futurs adultes, dans la relation avec les éducateurs, dans la vie de la Cité.
Le Conseil Scientifique se prononce une première fois sur ces axes : la mise en visibilité des effets du programme culturel de l’établissement sur le parcours scolaire des futurs adultes présentera un certain nombre de difficultés méthodologiques, tout comme la mise en place d’un protocole de suivi longitudinal des parcours de vie des futurs adultes, une fois sortis de l’institution.
Ces dispositifs à développer nécessiteront par exemple une grande coordination avec différents acteurs du territoire éducatif et culturel de l’association (ex : direction des établissements scolaires au sein desquels étudient les futurs adultes de l’association ; direction des administrations, entreprises employant des futurs adultes après leur sortie de l’association) pour établir les outils permettant d’évaluer correctement les corrélations entre suivi des activités culturelles au sein de l’association, parcours scolaires, parcours d’insertion professionnelle.
Le Conseil Général du Pas-de-Calais, financeur de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale » et le Conseil Economique Social et Environnemental, partenaire du festival annuel de l’association : « Les Journées d’Enfance », étudient la faisabilité et l’efficacité de ces dispositifs, et sont intéressés au retour d’expériences que le Conseil Scientifique pourrait leur proposer sur ces thèmes.
A la demande des membres du Conseil Scientifique, un quatrième thème est aussi retenu, relevant des activités de prospective et de conseil pour accompagner le développement de la politique d’établissement de l’association « Les Maisons des Enfants de la côte d’Opale » en matière de politique éducative et culturelle.
• Proposition d’organisation de travail en équipes thématiques, réparties selon les quatre axes détaillés dans la sous-partie ci-dessus :
Ces équipes seront formalisées durant la prochaine réunion du Conseil Scientifique, fixée au 11 octobre 2013.
• Modalités de restitution du travail d’études et de recherche réalisé avec la communauté éducative de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale » :
Des propositions sont faites pour organiser des ateliers avec les éducateurs de l’association sur des sujets tels que l’étude compréhensive des lieux de sociabilisation du futur adulte dans le territoire, la réflexion sur l’écrit dans le champ de l’éducation spécialisée. D’autres propositions de la part de membres du Conseil Scientifique sont à venir.
• Proposition de la date de la prochaine réunion :
Le 11 octobre 2013, de 10h15 à 13h, à Boulogne-sur-mer.
• Clôture de la première séance du Conseil Scientifique par son président.
Ce petit galet comme il y en a des milliers dans le lit des rivière avait de singulier deux trous et un trait placé de sorte à évoquer un visage.
Un australopithèque venue sur les rives, s’arrêta un instant devant ce galet. Il y vit sûrement un visage Il le ramassa et l’emmena à plusieurs kilomètres de là, dans sa grotte.
3 millions d’ année plus tard dans la même grotte, des archéologues découvrent à côté des ossements du mammifère, le galet.
Par ce qu’en contemplant ce galet, l’australopithèque c’est détaché un instant de la réalité de subsistance (c´est un galet) pour appréhender la réalité subjective (on dirait une tête), les scientifique ont reconnu chez cet australopithèque, les premiers signes d’humanité.
La valeur Symbolique (par Emmanuel)
Sur le départ de France, nous avons ramassé un caillou. Il est formé de silex et d’une texture dessus un peu bizarre et dont je je connait pas le non. J’ai découvert une forme bizarre qui pour moi ressemble a une grenouille… mais ça c’est mon avis. J’ai découvresun récits scientifique où on parle d’un australopithèque. Il à découvert un petit caillou en forme de rond, sur une face il y à une forme de tête. L’australopithèque a été retrouvé mort avec le caillou dans sa main. Donc, moi j en déduis que ce caillou avait une valeur très symbolique pour lui. L’australopithèque avait 3 million d’année.
*un ancêtre très lointain de l’homme.
Les cailloux: (par Benjamin)
Nous avons ramassé des cailloux en Fance. Nous les déposerons au Burkina Faso pour voir la différence avec ce silex et d’autre cailloux. On va les mettres devant une statut. Les jeunes qui passeront après nous fairont la mêmes choses pour faire un mont. On essaiera de trouver un caillou avec une tête desus pour faire comme le singe qui en rapporta un dans sa maison il y à vraiment tres tres tres longtemps.
Benjamin