Tous les articles par Quentin

La Maison des Découvreurs par monts et par vaux

Cette semaine, les Découvreurs ont profité des journées ensoleillées pour se balader en forêt et à la plage, dans nos beaux paysages du Boulonnais.

Une ptite ballade du côté du bois de la Capelle avec une petite glace  pour le goûter. Et une sortie sur la plage d’Hardelot Mardi, avec cette fois des viennoiseries en guise de goûter.

(Texte et images de Jonathan, membre de l’équipe éducative).

Compte-rendu de la réunion du 19 février 2021

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association

Bruno Defachelle, chef de service du DMAD DARF et de la Maison de la Danse, association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Laurence Lenfroit, psychologue clinicienne, psychologue de la santé, micro nutritionniste

Patrick Bourdet, président du Conseil et parrain de l’association

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association

Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association

Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association

Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association

Excusés :

Joseph Bako, Chef de service des studios de semi-autonomie de l’association

Claude Jaouen, président du cabinet « Consulting4TOP »

David Duwat, responsable foncier, Carrières du Boulonnais

Alex Peynot, chef d’agences, entreprise « Point P » Boulogne-sur-mer, Fondation Saint-Gobain

Frédéric Renaux, chef d’équipe Boulogne-sur-mer, Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France

Loïc Rouge, éducateur du service des studios de semi-autonomie de l’association.

Julien Valance, directeur des Ressources Humaines, Centre commercial Auchan Saint-Martin Boulogne, Fondation Auchan sous l’égide de la Fondation de France

Ouverture de la dixième réunion du Conseil trimestrielle par son président.

I. Présentation de la saison culturelle 2020-2021 :

Emmanuel Paris informe les participants sur l’état d’avancement des actions artistiques et culturelles de l’association :

I.A. Partenariats reconduits, mais sans activités en raison des contraintes sanitaires :

–              Ateliers en sciences physiques du Centre de Jour (Fondation SEED / Ecole Supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris) ;

–              Château d’Hardelot (ateliers à propos de l’histoire des relations entre Angleterre et France, ateliers et spectacles programmés par le Château) ;

–              « Groupe des anciennes et des anciens de la Maison de la Musique » (Fondation Crédit Mutuel Nord Europe).

I.B. Partenariats reconduits, avec activités en développement :

–              Fondation Daniel et Nina Carasso : trois financements en cours ou programmés d’ici la fin du premier semestre 2021 : « La couleur de l’eau » (cabinet de médiation en art contemporain « Artconnexion » + station océanographique de Wimereux) ; résidence d’écriture créative Rémy Boiron ; résidence « compagnons du tour de France » Jean-Michel Bidal / Guilhem Carrigand) ;

–              Fondation Sopra steria, Mairie de Boulogne-sur-mer (« label « Cités éducatives ») : année 2 du développement du FabLab associatif (exposition « Rien n’est joué d’avance » + casque de réalité virtuelle) ;

–              Exposition « Rien n’est joué d’avance » : FRAC Grand Large Hauts-de-France / Musée de Boulogne-sur-mer (vernissage en septembre 2021) ;

–              Fondation Saint-Gobain (réfection des locaux de la Maison du Cirque) : un second chantier sera programmé d’ici la fin de l’année 2021, consistant à la remise à neuf des fresques murales donnant sur la cour intérieure de la Ferme de Bertinghen. Monsieur Vincent Bastide, Group Digital & e-Reputation Director de l’entreprise, a accepté de représenter notre association auprès des collaborateurs.

I.C. Partenariats en gestation :

–              « Jeunesses Musicales de France » : développement de la pratique musicale au Centre de Jour, d’un système de bourses permettant aux anciennes et aux anciens d’intégrer des conservatoires et écoles nationales de Musique, d’un réseau d’alliance avec les écoles municipales, conservatoires locaux, de venues d’artistes de musique classique (invitation du directeur des JMF à participer au Conseil scientifique, réunion du 23 avril) ;

–              « Ocellia » (Ecole Santé Sociale Sud-Est / Institut de Formation en Travail Social (Grenoble – Eychirolles) : réponse à l’appel à projets « La question des liens en protection de l’enfance », Observatoire National de la Protection de l’Enfance, 16 avril 2021 ;

–              Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France, Fondation Marc Rohrbach sous l’égide de la Fondation de France, Mairie de Boulogne-sur-mer (label « Cités    éducatives ») : création d’un conservatoire botanique sur le site de la Ferme de Bertinghen en 2022-2023.

Patrick Bourdet souhaite remercier la Fondation Marc Rohrbach pour son engagement en faveur de la création du conservatoire botanique des Maisons. Emmanuel Paris transmet à Patrick Bourdet les coordonnées d’Heniu Dyduch, président du comité exécutif de la Fondation.

Monsieur Dyduch, dit Emmanuel Paris, souhaite découvrir notre association ; Emmanuel Paris l’a invité à participer à l’Assemblée générale des Conseils et comités de pilotage le 2 juillet 2021 à cette attention.

Emmanuel Paris informe les participants que Madame Dominique Lambert, Déléguée Générale de la Fondation Sopra Steria – Institut de France et Monsieur Jean-Bernard Rampini, Directeur des Offres et de l’Innovation de l’entreprise Sopra Steria, ont confirmé leur présence pour l’inauguration de l’exposition « Rien n’est joué d’avance » au Musée de Boulogne-sur-mer le 17 septembre 2021.

Emmanuel Paris informe les participants que Vincent Niqueux, directeur général des « Jeunesses Musicales de France », participera le 23 avril à la réunion du Conseil scientifique de l’association pour finaliser la première année du partenariat avec notre association. Emmanuel Paris précise que Yannick Coppin, chef de service du Centre de Jour, a présenté le 16 février au comité de direction de cette association le projet permettant aux enfants du Centre de Jour de bénéficier d’un accompagnement musical quotidien (ré-aménagement du lieu de vie avec la musique comme point d’appui), et de nouveaux contenus d’apprentissage (venue d’intervenants.

Les participants disent leur encouragement pour la réalisation de ces actions.

II. Présentation du projet d’établissement 2020-2025 :

Claire Beugnet informe les participants que le document « projet d’établissement 2020-2025 », issu du travail de rédaction collective réalisé ces derniers mois et pour lequel le Conseil de la Culture d’entreprendre s’est, avec le Conseil scientifique et le Conseil de Vie Sociale, prononcé à propos des axes d’amélioration et de développement de l’association, a été validé par le Conseil de Vie Sociale lors de sa réunion du 12 janvier et par le Conseil d’administration lors de sa réunion du 4 février.

Emmanuel Paris propose une lecture de la partie conclusive du document, intitulé « Les objectifs d’évolution, de progression, et de développement » :

« La démarche Qualité : création d’un référent qualité par service :

La direction s’est prononcée pour l’accentuation du processus qualité (« démarche d’amélioration continue »). Cette préconisation avait été également faite lors de l’évaluation externe.

L’institution a défini des méthodologies et protocoles dont on trouvera le contenu en détail dans les annexes du présent document.

Chaque unité comptera un référent qualité, garantissant la bonne application de ces outils au service des enfants et des professionnels.

Calendrier : mise en œuvre en 2021 sous la responsabilité de la direction et des chefs de service.

Renforcement du partenariat avec l’Education nationale :

Le Conseil scientifique s’est prononcé pour un rapprochement avec le monde scolaire. L’institution a initié des rencontres bimestrielles avec les directions d’établissements auxquels les enfants sont affiliés, afin de garantir la qualité de leur accompagnement et de leur suivi. L’association continuera ces prochaines années le développement de ces partenariats concernant l’Education nationale (écoles, collèges, lycées, universités) et l’Education spécialisée (IME, ITEP).

Calendrier : mise en œuvre initiée en 2019, développée à partir de 2021 en fonction des réponses des partenaires sous la responsabilité du directeur adjoint, de la psychologue et de l’enseignant du centre de jour.

L’accompagnement vers l’autonomie :

L’arrivée de nouveaux dispositifs dans la lutte des sorties sèches de l’Aide Sociale à l’Enfance va permettre d’élargir le champ des possibles concernant l’accompagnement à l’autonomie des jeunes :

– Accès au logement (visal, contingent préfectoral, bailleurs sociaux, etc.) ;


–  Accès à la professionnalisation (Garantie Jeune, ID Formation, établissement professionnel et scolaire du territoire).

Il s’agira également de renforcer le partenariat développé ses dernières années avec différents professionnels du territoire qui accueillent les enfants aussi bien en stage qu’en contrat d’apprentissage.


– Accès à l’autonomie (démarches administratives, autonomie dans les déplacements, hygiène, gestion du budget, gestion du temps, gestion du quotidien).

Pour ce faire, un travail sera conduit afin de formaliser davantage le temps du passage en studio qui doit devenir un temps fort et incontournable à chaque fois que possible pour les jeunes dès l’âge de 17 ans

Calendrier : 2021 sous la responsabilité du chef de service concerné et de la psychologue.

Développement des actions collectives et transversales :

Le Conseil de Vie Sociale s’est prononcé pour un accroissement des manifestations artistiques et culturelles inter-Maisons dans les années à venir. Notre institution a initié des rencontres sportives permettant aux enfants de se confronter de manière ludique, aussi bien sur la Liane à l’occasion des éditions annuelles de notre Festival (activités nautiques), qu’à la fin des vacances estivales sur la plage de Boulogne-sur-mer (tournoi de football). L’association continuera ces prochaines années le développement de ce calendrier d’actions collectives.

Il semble en effet important d’entendre le besoin exprimé par les enfants et les jeunes de « se retrouver ». Cette expression traduit le sentiment d’appartenance à un groupe et nous nous devons de développer des actions allant dans ce sens

Calendrier : mise en œuvre initiée sur la période 2014-2019 et développement à partir de 2022 sous la responsabilité du directeur adjoint et des chefs de service.

Ouverture de l’espace associatif au territoire du boulonnais :

La direction s’est prononcée pour l’accentuation de l’ouverture de l’espace associatif au territoire du boulonnais. L’institution valorise auprès des populations ses raisons d’être et d’agir, socialise les enfants par leurs activités artistiques et culturelles dans l’espace public, via son festival annuel, la programmation d’expositions dans les établissements muséaux de Boulogne-sur-mer et de Dunkerque, la participation aux Fêtes de la mer.

L’association continuera ces prochaines années le développement d’espaces ouverts à la population en créant un arboretum sur le site de la Ferme de Bertinghen grâce à un soutien financier de la Fondation Daniel et Nina Carasso et de la Fondation Marc Rohrbach. L’objectif est, à terme, de permettre par exemple aux écoles de venir découvrir le lieu, dans le cadre du Label d’Etat « Les Cités éducatives ».

Calendrier : mise en œuvre 2022-2023 sous la responsabilité de la directrice et du directeur adjoint.

Développement de la culture numérique :

Le Conseil de la Culture d’entreprendre s’est prononcé pour un élargissement des espaces d’apprentissages de la culture numérique. Notre institution a créé un FabLab associatif sis au 130, boulevard Raymond Splingard, dédié à la création et la réalisation par les enfants de projets personnels et collectifs assistés par ordinateurs. L’association continuera ces prochaines années le développement de cet atelier numérique.

Calendrier : mise en œuvre initiée en 2019 et accroissement de l’activité sous la responsabilité du directeur adjoint, du chef de service du centre de jour et de l’informaticien ».

III. Présentation du groupe de travail réformant la politique des studios de semi-autonomie de l’association :

Claire Beugnet annonce la création du groupe de travail consacré à la réforme de la politique d’accueil des studios de l’association.

Composé d’éducateurs et de chefs de service, le comité de pilotage travaillera avec la direction pour organiser la venue d’enfants à partir de l’âge de 17 ans dans ces lieux de vie, quand jusque-là la moyenne d’âge était de l’ordre de 18 ans.

Claire Beugnet explique que cette évolution correspond aux orientations de la politique de l’Aide Sociale à l’Enfance, recommandant de préparer plus en amont les enfants à l’autonomisation.  Claire Beugnet précise que cette tendance pose la question de la disponibilité des effectifs pour intégrer ces studios, tant l’échelle des âges des enfants et des jeunes est en ce moment majoritairement orientée par les 12-15 ans.

Emmanuel Paris dit que, parmi les outils développés par le Conseil de la Culture d’entreprendre ces dernières années, le référentiel évaluatif des capabilités intègre les annexes du Projet d’établissement en tant que point d’appui régulier pour mettre aux enfants et aux équipes de préparer des accueils aux studios dans des conditions d’accompagnement améliorées.

IV. Présentation du groupe de travail sur le développement de la culture numérique dans les Maisons :

Emmanuel annonce le deuxième groupe de travail créé par l’association pour la réalisation des recommandations du projet d’établissement pré-cité. Composé d’éducateurs et de chefs de service, le comité de pilotage travaillera avec la direction pour coordonner le renouvellement des pratiques.

L’appropriation de la culture numérique par les enfants et les jeunes de l’association, dit Emmanuel Paris, pose en effet des défis à relever, reconnus comme étant de dimension sociétale ; les classes d’âges juvéniles sont très consommatrices des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, mais la capacité à être pro-actives, créatrices de contenus, reste l’apanage des classes moyennes supérieures. Emmanuel Paris cite l’intervention de Dominique Pasquier, directrice de recherche au CNRS, dans le cadre du colloque « Enfance + Culture = Socialisation » organisé récemment par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Centre Pompidou et l’Université Paris :

Claire Beugnet et Bruno Defachelle citent quelques exemples vécus par les équipes d’échanges en ligne par les enfants via les réseaux sociaux, ou d’échanges téléphoniques, qui ont créé des relations conflictuelles soit entre pairs, soit avec les parents. Le phénomène est devenu récurrent, est met à mal la qualité du vivre-ensemble dans les Maisons, ainsi que le respect des cadres posés par les tribunaux pour enfants.

Emmanuel Paris informe les participants que ces problèmes donnent lieu à des enquêtes scientifiques et cite l’ouvrage de Potin, Émilie, Gaël Henaff, et Hélène Trellu. Le smartphone des enfants placés. Quels enjeux en protection de l’enfance ? Érès, 2020.

Une lecture commentée d’un article de ces auteurs, préparant la parution de cet ouvrage, a été réalisée par Olivier Martin lors de la réunion du Conseil scientifique organisée le 5 octobre 2018 (voir « IV. Lecture commentée de l’article « Quand les liens familiaux s’appuient sur les médias socionumériques. Approche sociojuridique des relations familiales au sein de la protection de l’enfance ») :

Emmanuel Paris précise que ce comité de pilotage présentera ses axes de travail dans un dossier soumis à candidature faisant réponse à l’appel à projets présenté cette année par l’Observatoire Nationale de la Protection de l’Enfance.

Patrick Bourdet recommande que cette réflexion puisse associer la Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France. Les participants agréent cette proposition.

V. Questions annexes :

Patrick Bourdet demande quel est l’état d’avancement de la politique de parrainage de l’association, pour laquelle le Conseil de la Culture d’entreprendre a conçu des outils et protocoles validés par le Conseil d’administration.

Emmanuel Paris explique que depuis un an et la mise en place de mesures sanitaires pour faire réponse à l’épidémie de la Covid-19, les relations avec les entreprises et partenaires sont devenues plus erratiques ; la constitution de réseau de parrainage en a par conséquent pâti. Patrick Bourdet recommande de suspendre ces efforts, et de contacter les parties prenantes pour leur expliquer que cette politique est une volonté profonde de l’association ; elle reprendra son développement dès les jours meilleurs. Les participants agréent cette proposition.

Patrick Bourdet demande comment vont les enfants et les équipes. Claire Beugnet dit que l’ambiance anxiogène due à la Covid-19 pèse sur les comportements au quotidien, et tend les relations humaines, avec des enfants qui peuvent être plus violents dans leur crise, et des équipes par conséquent plus éprouvées.

Patrick Bourdet et Laurence Lenfroit proposent des séances d’accompagnement personnalisées pour des membres de notre équipe éducative qui le souhaiteraient. Les participants agréent cette proposition.

Francis Rembotte et Philippe Richard proposent que le comité d’entreprise de l’association explore la faisabilité de financements d’heures de sophrologie, de yoga, à l’attention des salariés candidats. Les participants agréent cette proposition.

Henri Villeneuve dit que ce phénomène d’épuisement est constaté aussi dans les familles et que c’est là un phénomène sociétal.

Patrick Bourdet demande des nouvelles du « Pigeonnier », espace associatif dédié à l’accueil d’expositions dans le cadre de partenariats muséaux.

Claire Beugnet informe les participants que le chantier est bien avancé, avec une qualité d’exécution permettant à terme d’inaugurer le lieu-dit tel qu’il fut autrefois.

Patrick Bourdet demande des nouvelles du chemin d’accès à la Ferme de Bertinghen. Claire Beugnet dit que sa réfection devrait être prochainement programmée.

La prochaine réunion du Conseil aura lieu à l’occasion de l’assemblée générale des Conseils et comités de pilotage du programme L’aventure de la vie, le vendredi 2 juillet, de 10h à 12h.

Patrick Bourdet clôt la dixième réunion du Conseil.

Lettre de Shila : “L’atelier”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ? Emmanuel m’a dit que mercredi, comme chaque mois cette année, vous avez rejoint l’atelier de Fabrice, Thierry, et Christophe pour construire une charrette d’il y a six cents ans :

Génial, bravo les enfants ; je vous admire. J’espère être avec vous pour voir rouler cette charrette quand vous l’aurez terminée, vous connaissez ma passion pour tout ce qui roule :

Du coup, je me suis rapprochée de l’atelier qui est à deux pas de la maison bordant mon petit pré.

Quel foutoir !

Son occupant était très affairé à l’établi. Je n’ai pas osé le déranger. Je me demande comment il sait s’y retrouver dans son atelier avec tout ce bric-à-brac.

Mon cher Kuttan, qui me portait mes chères pousses de bambous, m’a raconté qu’un jour, cette personne l’a invité à bricoler avec elle dans son atelier. Kuttan m’a dit que cet humain a tout le temps plein d’idées en regardant ces amoncellements d’objets. 

Je ne sais pas comment il fait : c’est bien mystérieux tout ça.

Kuttan a appelé Emmanuel pour lui expliquer mon embarras.

Emmanuel m’a dit au téléphone qu’il ne fallait pas que je rumine plus que de raison ; souvent des ateliers incroyablement dérangés furent au cœur du génie de la création humaine. Mais il y aussi des ateliers un peu plus rangés. Et aussi des ateliers dépouillés, où ne se trouvent que l’humain et son seul outil désiré :

Emmanuel, entre deux coupures de téléphone, a réussi à me dire que le cerveau des êtres vivants est fait pour apprendre, mais qu’il a besoin d’être aidé pour réussir ces apprentissages, et c’est pour ça que les objets, les lieux, sont si importants :

Hummm, très intéressant.

Le propriétaire de l’atelier, sortant de sa cabane, a écouté avec Kuttan la discussion au téléphone que j’avais avec Emmanuel. Mon cher voisin Henri, remarquant dans le pré notre attroupement, nous a rejoint.

Henri nous a dit que la créativité pour utiliser des choses qui n’ont pas de relations entre elles n’était pas l’apanage des humains ; moi aussi, l’éléphante, je serais capable de trouver un sens à tout ce qui se présente devant moi, chemin faisant. Le monsieur de l’atelier a répondu qu’Henri avait raison.

Ouille ouille ouille, je ne me sens pas à ma place dans ces discussions entre humains. Certes je m’étais regardée dans le miroir et m’y suis reconnue, mais je ne savais pas que vous autres les humains considérez que mon intelligence se manifeste aussi par ma capacité à trouver des objets pour les faire miens.

Henri et Kuttan, voyant mes joues rougissantes, ont voulu me réconforter et m’ont aussi expliqué qu’un Monsieur ; Monsieur Duchenne, ayant vécu à Boulogne-sur-mer pas loin de chez vous, avait inventé dans son atelier la technique pour lier les émotions et la pensée. Kuttan m’a expliqué que les plantes sont toutes aussi créatives pour trouver des solutions à partir du lieu où elles vivent.

L’atelier est bien le lieu pour faire naître les idées.

Merci chers Monsieur de l’atelier, Kuttan, Henri, Emmanuel : je reprends mes esprits grâce à vous. Chers enfants, est-ce que cette façon de penser appelée « la fabrique de l’atelier » est aussi la vôtre ?

Henri m’a dit que les jeunes indiens étaient passionnés de jeux vidéo qui font appel à la capacité de développer des villages, ou des stratégies pour gagner des matchs tout au long de la saison :

Emmanuel m’a dit que vous étiez tout aussi fans que mes compatriotes de jeux pour construire des Maisons.

Hummm, je m’en réjouis : la créativité est la capacité à créer des associations d’idées, d’objets, de personnes, et vous êtes fortiches pour ce faire.

Belles vacances bien méritées chers enfants, je vous envoie cette rêverie fruit de tant de travail dans des ateliers du monde entier :

Au lundi 8 mars,

Bisous,

Shila

Lettre de Shila : “Un jour sans fin”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ? Emmanuel me dit que vous aimez regarder avec vos éducatrices et éducateurs des films de science-fiction avant d’aller vous coucher. Je vous comprends, ces histoires incroyables sont des explorations qui éveillent la conscience et permettent de faire des aventures incroyables durant le dodo.

Hier soir, mon cher voisin Henri regardait devant sa télé un film, et je me suis permise d’aller le regarder avec lui :

Si j’ai bien compris, le film racontait des voyages dans le temps. Cela m’a passionné.

Henri m’a dit que vous autres les humains, avaient inventées beaucoup d’histoires dans les livres et au Cinéma pour raconter ce que cela fait d’être transporté dans un autre temps que celui que nous vivons.

Parmi les films que vous autres, les humains, regardez beaucoup depuis un an et l’apparition du satané virus, il y en a un, me raconte Henri, auquel vous pensez tous les jours. Il raconte que chaque jour est comme un jour sans fin.

Humm… Très intéressante cette histoire d’un Monsieur qui ne cesse de vivre exactement les mêmes situations jour après jour, alors que les jours passent, et qui ne comprend pas pourquoi il a le sentiment que rien ne change, alors que son réveil, sa montre, le Soleil dans le ciel, indiquent le contraire. Il y a de quoi devenir fou !

Mon cher Kuttan m’a expliqué que les humains avaient repéré ce problème et l’avait appelé la « boucle temporelle » ; l’impression d’être enfermé dans un moment que rien ne peut changer, même le temps qui passe.

Ah oui, maintenant que Kuttan me le raconte, parfois moi aussi j’ai l’impression d’avoir déjà vécues des situations alors que je me suis levée pour un nouveau jour.

Comme j’étais toute tourneboulée, Henri est venu pour me parler de votre Conseil scientifique, d’un Monsieur qui s’appelle Pierre, et qui réfléchit beaucoup avec vous à comment fonctionne le cerveau de tous les êtres vivants. Henri, pour me rassurer, m’a expliqué que mon cerveau, votre cerveau, le cerveau des créatures douées de mémoire, ont un fonctionnement qui régulièrement analyse ce dont nous nous souvenons parfois au moment même où nous vivons d’autres choses tellement différentes, et que cela n’est pas un signe de maladie, mais de vitalité.

Oufff, cela me rassure. J’avais l’impression de perdre la tête.

Mais, est-ce que cela veut dire que tout cela n’appartient qu’à nous, les êtres vivants de la planète Terre ?

Emmanuel, alerté par Kuttan et Henri sur mes prises de tête, m’a envoyée une lettre racontant que vous autres, les humains, êtes sur le point de découvrir un phénomène incroyable dans l’Espace, mais qui n’a pas encore été prouvé. Si j’ai bien compris, cela s’appellerait « les trous de ver », des sortes de passages cosmiques entre deux galaxies qui fait qu’on a tel âge si l’on vit proche de cette étoile-là, et tel âge si on vit une fois aller dans son véhicule spatial pour rejoindre telle étoile par un raccourci :

Oulalala, ouille ouille ouille, que c’est bien mystérieux. En même temps, chers enfants, j’aime bien cette idée selon laquelle des jumeaux terriens, extraterrestres, nés au même moment, n’auront plus le même âge selon que l’un reste sur sa planète et l’autre voyage dans l’Espace :

J’aime bien aussi de me dire que si je voyage dans l’Univers à bord d’une des fusées que mon pays fabrique, je pourrais être plus jeune à mon retour qu’un éléphanteau.

Henri me dit que dans le pays à côté de chez moi un enfant a un corps bien plus vieux que son âge, et que dans un pays à cinq milles kilomètres de chez moi, en Corée du Sud, un adulte a un corps d’enfant.

Chers enfants, que la conscience du temps est dynamique.

C’est chouette de se sentir faire moins ou plus que son âge selon les circonstances : ça montre que nous vivons. Je me sens tout d’un coup comme Alice au Pays des Merveilles :

Bisous,

A demain,

Shila

Images de la troisième séance de l’atelier patrimonial mensuel

(Image illustrative : le Roi de France Charles VI et le Roi d’Angleterre Richard II signent un traité de paix en 1389 durant le cycle des conférences de la Paix. Iconographie extraite des Chroniques de Froissart, source : British Library. Le lieu de ces rencontres royales existe encore de nos jours, il s’agit de l’église de Leulinghen-Bernes).

Ce 17 février a eu lieu la troisième séance de l’atelier mensuel consacré à la fabrique à l’échelle 1 d’une charrette ayant circulé au XIVe siècle sur des routes non loin des Maisons, et permettant aux plénipotentiaires du Royaume de France de rallier le lieu de négociation avec les envoyés du Royaume anglais pour convenir d’un traité de paix durable.

Cet atelier est animé par Christophe, chef de service de la Maison du Cirque et de la Maison du sport.

Découvrez les images réalisées à cette occasion :

Lettre de Shila : “Idée renversante”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ? Henri et Emmanuel m’ont dit que par chez-vous la semaine dernière, vous avez eu froid comme rarement. J’espère que vous n’avez pas eues trop les pattes gelées. Ouille ouille ouille, ça brûle aux extrémités, ça pique.

Chez moi, dans mon petit pré, les températures de ce début de février sont comme chez vous toutes aussi exceptionnellement basses.

J’ai pensé à vous en regardant un chat tombé de la toiture de la maison de mon cher voisin Henri. Il me faut vous dire que ce chat m’intrigue beaucoup.

Il adore aller sur le toit de la maison d’Henri pour se dorer la pilule au Soleil quand le sol est froid, mais à chaque fois qu’il en a marre de cette séance de bronzage, il décide de se jeter en l’air, et, Hop !, il fait des galipettes invraisemblables jusqu’à retomber parterre comme si de rien n’était.

Les chats sont fous.

Nous autres, les éléphants, savons bien qu’il ne faut pas faire n’importe quoi pour éviter de se faire mal. J’en ai parlé au chat, mais il continue de venir sur le toit d’Henri pour bronzer, puis de sauter dans le vide quand il en a assez. Grrrr… Que ce chat m’agace ! Il n’écoute rien, quel casse-cou.

Henri a vu mon agacement et m’a expliqué que si la famille chats fait si souvent de telles galipettes inconsidérées, c’est qu’elle sait par instinct qu’elle saura de toutes façons retomber sur ses pattes :

Ouaaaa, les chats sont des artistes de l’art du renversement. Chapeau les chats. Tête à l’envers, ils savent se remettre la tête à l’endroit. Hummm, je pense que ce don n’appartient qu’aux chats. C’est trop surnaturel.

Emmanuel me dit que comme moi, les humains sont fascinés par cette capacité de savoir se remettre à l’endroit, quand tout parait à l’envers. Henri m’a rappelé que, pas loin de chez vous, à Equihen, des humains avaient eue l’idée de renverser leur bateau pour créer la maison qu’ils avaient perdue en raison de conditions de vie terribles :

Quelle bonne idée, bravo les humains. J’ai l’impression que comme nous autres, les animaux, vous les humains parfois trouvez des solutions invraisemblables grâce à l’instinct de survie.

Henri et Emmanuel m’ont raconté qu’en effet les humains réfléchissent à ce qui est improbable, et pour ce faire au cas où, explorent des façons de s’en sortir malgré tout. Emmanuel m’a dit, chers enfants, que vous aimiez regardé ces dessins animés qui racontent l’inconcevable pour mieux apprécier des histoires qui finissent bien.

Si j’ai bien compris, vous autres les humains vous intéressez beaucoup à ce qui ne devrait pas avoir lieu  ; vous imaginez que vous êtes dominés par les animaux (hummm… N’importe quoi !)… Vous dites à l’enfant l’inverse de ce qu’il attend de vous, car vous pensez que du coup l’enfant va faire ce qui est attendu… Vous construisez des jardins verticaux alors que je sais très bien que mes amies les plantes vivent sur mon sol à l’horizontal.

Ouais, bon. Vous n’avez pas toute votre tête chers humains. Notre Terre est quand même mieux faite que vos idées irréalistes. Bon, je préfère retrouver mes chères pousses de bambous pour les brouter : ça, au moins, c’est pas fou fou.

Mon cher Kuttan, qui me les a apportées, a vu combien j’étais agacée par votre inconséquence et m’a montré pour me raisonner des endroits de la planète où l’on voit combien nos repères habituels peuvent être chamboulés.

Un lac qui montre mieux ce qu’il y a dessous sa surface que ce qu’il y a au-dessus :

Une rivière dont l’eau monte dans le ciel, et pas vers son sol :

Le plus grand humain du monde qui sert la main au plus petit humain du monde :

Oui… Bon…

Chers enfants, excusez-moi alors. Moi l’éléphante philosophe, je vois bien que trouver du sens à l’aventure de la vie nous autorise à penser y compris ce que nous croyons ne pas être raisonnable.

Je trouve cela formidable à la réflexion, et vous propose de méditer ensemble les idées renversantes de cette incroyable performance. J’en suis sûre, vous ferez de beaux rêves cette nuit et retomberez sur vos pattes demain comme si de rien n’était :

A demain chers enfants,

Bisous,

Shila

Un grand merci aux “Jeunesses Musicales de France”

Les “Jeunesses Musicales de France“, association reconnue d’utilité publique, ont accepté d’accompagner les Maisons pour développer dans les années à venir de nouvelles actions artistiques permettant aux enfants de vivre en musique et de la pratiquer.

Un grand merci aux Jeunesses Musicales de France ; nous présenterons régulièrement sur le site des créations issues de ce partenariat.