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Résidence art / science 2019 : Texte et images de la présentation du projet final

Ce vendredi 25 janvier à l’occasion de la réunion trimestrielle du Conseil scientifique de notre institution, Åbäke (collectif artiste européen dont Maki, designer, est membre), lauréat de la résidence art / science 2019, a présenté le projet final.

Le Conseil scientifique a approuvé à l’unanimité cette proposition.

Avec cette présentation s’achève la première partie de la résidence, organisée grâce au soutien de la Fondation de France dans le cadre du programme Les Nouveaux commanditaires.

Les prochaines venues d’Åbäke durant ce premier semestre et jusqu’à l’inauguration le 2 juillet, seront désormais rendues possibles grâce au soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France.

Tout au long du premier semestre 2019 seront seront réalisés les différents décors, objets permettant de ritualiser le rassemblement annuel ainsi que le site du petit déjeuner sous l’herbe.

L’inauguration de ces créations aura lieu le 2 juillet.

Découvrez le texte et les images conçus par Åbäke pour présenter ce projet final. Lilian, enfant de la Maison du Cirque, a proposé comme titre :

Connaissez-vous la blague du petit déjeuner ? 2010-2019-2050

“Nous sommes le 2 juillet 2050 et j’arrive bientôt à Boulogne-sur-Mer, aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale dans ma voiture volante, la Citroën dont le design est inspiré du film Blade Runner, le premier, qui se déroule en 2019.

Cela fait maintenant 31 ans que j’y vais, toujours à la même date et je n’ai raté l’anniversaire que trois fois. La première fois en 2029, l’année de la fin de la viande. La tradition avait par conséquent été chamboulée et le méchoui remplacé par un superbe mezze.

Moi j’habitais Londres depuis longtemps, une ville très végétarienne et je pensais que jamais les français n’accepteraient de ne plus manger de viande, que ce serait la révolte, que les restaurants continueraient malgré la loi à servir des plats carnivoriens clandestinement. Il n’en a été rien, un peu comme l’interdiction de fumer dans les établissements publiques au début du siècle, les français avaient finalement accepté ça de suite.

J’arrive à la ferme et comme d’habitude les voitures remplissent l’allée. Ceux qui ont inventé les voitures volantes ont oublié de penser au parking. La carriole est aussi là, garée au milieu et comme chaque année, je la suspecte d’avoir bougée. Je crois qu’un plaisantin s’amuse à la changer de place tous les ans et les visiteurs posent des questions.

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L’histoire change toujours un peu mais on en parle, et en parler c’est ce qui fait monument et cette roulotte n’amasse pas mousse donc.

Il y a beaucoup de gens, des visages familiers, d’autres nouveaux.

C’est vraiment l’occasion des retrouvailles.

Je me dirige vers des enfants en train d’empiler des gobelets en plastique sur un rocher comme une espèce de jenga, un vieux jeu d’équilibre. Cela fait déjà plus de deux mètres de haut. Cette colonne précaire se trouve sur une pierre dont deux faces seulement sont coupées droites et le reste laissé au naturel, mais c’est quand même du marbre.

Sur la pierre on lit : “Ce monument marque l’emplacement du petit déjeuner…” “Petit déjeuner” est à moitié dans la terre et on devine que le texte continue.

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Quelqu’un à côté de moi ricane et dit : “ils n’avaient pas prévu que ça s’affaisserait et qu’on ne pourrait plus lire, vous savez ce que c’est ?

Alors puisqu’il me le demande, je lui raconte qu’il y a 40 ans un petit déjeuner à été organisé ici-même et enseveli avec des objets de l’époque comme une capsule temporelle pour être déterré à moitié en 2030 et l’autre… cet après-midi. Il me dit : “ah je ne savais pas” et je lui réponds : “Je n’y étais pas mais on me l’a raconté”.

Il y a des tags ou des graffitis autour de l’inscription mais ils sont gravés aussi. Je me souviens que l’on avait un peu fait exprès qu’il serait difficile de discerner les différentes informations, un peu comme sur les murs de la crypte de la cathédrale de Boulogne-sur -mer, sur lesquels on peut voir les couches successives des occupants du lieu, les inscriptions des anglais de la seconde Guerre mondiale sur la signalétique des allemands par dessus les fresques du XIXe ou les peintures romanes dont on distingue l’original de la restauration un peu radicale et trop enthousiaste — “les calques aplatis Photoshop” comme on disait à l’époque en lieu de palimpseste, de repentirs d’auteurs successifs.

La face horizontale de la pierre est lisse, excepté un trou conique. C’est dans ce trou que les enfants jouent à accumuler des gobelets en plastique qui épousent parfaitement la forme. Ce morceau de marbre venait des carrières du Boulonnais et avait connu la gloire puis sa fin commerciale lorsque le marbre italien et chinois avaient mis fin à son exploitation dans la région.

Je me souviens encore d’un extrait du cahier des charges de la commande qui envisageait : “une œuvre monumentale, verticale et faite de matériaux particulièrement pérennes… [qui] doit apparaître dans le paysage visuel du site, être vue des habitants à 500 mètres autour du site, afin que le site archéologique ait son pendant hors-sol“.

Comment en était-on arrivé à ce petit morceau de socle avec un trou ? Alors oui, si les enfants arrivent à empiler tous les gobelets, ça peut concurrencer Napoléon sur sa tour pas loin d’ici.

Lors de mes séjours successifs aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale, j’avais forcément la fraîcheur de ne rien connaître et je posais pas mal de question car il y avait beaucoup d’indices d’activités antérieures : une écurie, un ancien four à céramique, un poteau pour géant, des morceaux de ferraille sur les murs ou des photos d’enfants dans des villages, des céramiques ; tant d’objets qui sont témoins d’une activité foisonnante et dont il restait des traces photographiques, des œuvres aux murs intérieurs comme extérieurs mais aussi les ruines.

Ils suscitent des questions si l’on est curieux et une légère transformation ou addition peut les réactiver. J’avais donc juste continué de parsemer la ferme d’indices, de changements et additions qui n’effaçaient pas une histoire mais en rajoutaient d’autres.

Une des difficulté de signaler l’endroit du Petit déjeuner sous l’herbe de 2010 c’est que s’il apparaissait comme logique de faire le repas annuel à l’endroit même du site et le matin, ça avait naturellement bougé vers un repas du midi et situé à l’intérieur de l’enceinte de la ferme, plus pratique par sa proximité des cuisines et praticables.

Il y avait des décalages mais ce n’était pas grave, ces décalages pouvaient être un atout pour un rituel.

Par exemple, il y avait toujours un croissant dans les corbeilles de pain…

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…. Pour rappeler que ce déjeuner existait aussi en commémoration d’un petit déjeuner. Ceux qui savaient le racontait aux nouveaux mais eux-mêmes l’avaient appris lorsqu’ils s’étaient étonnés la première fois de l’incongruité de la chose.

J’avais aussi pris comme exemple le Monument à Londres. Il avait été impossible de marquer l’endroit exact où avait commencé le Grand Incendie de Londres en 1666 car le propriétaire du lieu refusait que l’on érige une colonne sur son terrain. Qu’à cela ne tienne ; une colonne de 61 mètres avait été construite à 61 mètres de l’endroit. Pour le site du Petit déjeuner sous l’herbe, il s’agissait plus du paradoxe d’installer quelque chose sur ce qui devait être exhumé.

Alors en plus du petit rocher/socle, nous avions un pointeur, un poteau qui indiquait l’emplacement du lieu.

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Pour cela, nous avions déplacé le poteau de 8 mètres surmonté d’un cadre métallique triangulaire qui se trouvait dans le fond du jardin à la distance de sa hauteur. C’était un pointeur de manière littérale car un enfant de la Maison avait dessiné une main qui pointe du doigt et on l’avait reproduit sur une plaque en émail installée en haut du poteau. Ce même poteau qui avait été utilisé pour bouger un géant et plus tard un panier-but pour jouer au polo lorsqu’il y avait des chevaux à la Maison, encore une succession d’histoires.

Une fois le lieu signalé, il convenait de dire quand.

Cet indice était le plus gros, à la vue de tous. Lors de mon arrivée en 2018, j’avais remarqué que les tuiles du toit étaient utilisées pour donner quelques informations, comme le dessin de l’ancre, rappelant que Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale avaient été notamment la Maison des Enfants de la Marine.

De l’autre côté un énorme “2000” avait été dessiné avec des tuiles plus foncées en contraste avec les tuiles rouges afin de se souvenir du futur. Ce même futur qui, comme certains films de science-fiction se retrouvent dans le passé à un moment donné (1984, 2001, l’Odyssée de l’Espace ou le 2015 de Retour vers le futur 2, etc.). Il n’avait pas été si compliqué de bouger quelques tuiles pour transformer le “2000” en “2050” tout en conservant les histoires.

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Celle de la promesse de déterrer le site du Petit déjeuner sous l’herbe se rajoutait simplement aux autres, à la fois heureuses et tragiques, que l’on m’avait racontées au sujet du toit.

Je passe un peu sur tous les autres indices disséminés dont certains ont été oubliés jusqu’à leur réactivation par un esprit inquisiteur. Moi-même je ne me souviens pas de tout et je me dirige vers les tables pour aller me chercher un verre.

Il me semble qu’il y avait une porte brûlée du pigeonnier qui était devenu une table, d’une enclume miroir ou d’une chaise qui marche, des choses comme ça.

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Comme chaque année Suzanne est là et elle a amené LE livre.

Elle a aujourd’hui un peu plus d’une cinquantaine d’années mais quand je l’ai rencontrée elle venait de sortir de l’école. Je déambulais dans Boulogne lorsque l’enseigne d’une boutique m’avait interpellée : “reliure”, une forme d’artisanat un peu désuet à l’époque déjà.

Curieux mais sans trop d’espoir j’étais rentré dans la boutique, peut-être pour voir si je pouvais racheter des outils obsolètes d’un propriétaire qui n’avait pas eu le temps de changer la devanture du magasin. À mon étonnement, Suzanne était là en train de relier un ouvrage et ma surprise fût renforcée par le fait qu’elle paraisse si jeune. Très vite j’apprenais qu’elle venait juste de rentrer de Paris après des études très spécifiques en reliure pour reprendre cet atelier.

Et moi qui croyais venir voir la fin d’un commerce d’antan, c’était l’opposé ; le début d’une aventure. Presque immédiatement, j’ai hâtivement demandé s’il était possible de faire un livre de 10000 pages, en calculant mentalement et grossièrement le nombre de jour jusqu’à 2050. Ma provocation s’est vue répondue d’un sourire et d’un “oui” enthousiaste : j’avais trouvé une collaboratrice pour le projet. Cet objet improbable qui sort une fois par an avait donc été créé et les gens étaient assez excités à y inscrire soit des souvenirs , soit des prédictions et il se remplissait petit à petit de belles confusions temporelles.

On y signait sa présence ou on y consignait des promesses, des présages ou des souvenirs du lieu, c’était selon.

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Pendant le repas, il y avait toujours des gens pour être étonnés de voir qu’on servait le vin et les jus de fruits dans des gobelets en plastique, une matière que l’on n’utilisait plus depuis des années mais dont la longévité avait finalement été plus utile que problématique. Les plus jeunes étaient fascinés par cette matière d’un autre temps dont ils pouvaient voir des exemples au musée de Boulogne, sous vitrine.

C’est vrai que le plastique, c’est très spécifique au toucher et même au goût.

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Le, la maîtresse de cérémonie signalait toujours le silence en tapotant une cuillère sur un verre en verre, avant de lever le gobelet en plastique. Les gens en faisait autant, ce gobelet étant en plastique argent. Puis certains nouveaux buvaient une gorgée avant de s’apercevoir que personne d’autres ne le faisait avant que le, la MC ne lit le verre en le tournant.

Il y avait un tout petit texte imprimé sur tous ces gobelets : “En 2050 les voitures volent“, “En 2050 les gens acceptent toutes les formes de corps“, “En 2050 le Président de la République est Pakistanais“, etc. Une suite d’affirmations, certaines évidentes et d’autres assez loufoques. Les nouveaux demandaient discrètement aux anciens : “Mais qu’est-ce que c’est que ça ?” et se voyaient répondre que ça avait été écrit par les enfants des Maisons des Enfants de la Côte d’Opale en 2018-2019.

Comme les phrases étaient au présent il y avait un décalage, que tous les ans quelqu’un lisait. C’était pourtant la première fois que ce n’était pas dans le futur !

Je voyais bien que des gens gardaient le verre comme un souvenir mais, heureusement, on en avait produit un bon nombre à l’époque.

Les plus attentifs avaient remarqué ce qu’ils pensaient être une coquille : vers le milieu du texte le, la MC avait lu “En 2030, on déterre la moitié du site du petit déjeuner sous l’herbe“. En étant plus patient on pouvait entendre que le texte se terminait par : “En 2050 on déterre l’autre moitié du site du petit déjeuner sous l’herbe“.

Le, la MC nous invitait ensuite à la fameuse photo de groupe. Chaque année il y avait une surprise.

Beaucoup avait boudé la photo de 2024, tournant le dos à l’objectif pour éviter que son visage ne soit saisi et photostoppé.

Aujourd’hui, pourtant, c’est un peu différent des autres années car le bulldozer va atterrir d’un instant à l’autre et on redécouvrira les objets de la capsule temporelle.

Une jeune s’écrit : “Hé, mais… C’est dit que la moitié a été déjà creusée il y a vingt ans mais il n’y a pas de trou !“.

Elle a raison mais, déjà, deux de ses voisins de table lui racontent ce qui s’est passé en 2037 : un imprévu qui se rajoutait aux histoires.”

Lettre de Brian (Itinérance Sénégal) : “Mon séjour à Bandafassi”

Je suis arrivé chez Amar dans de très bonnes conditions. J’ai été très bien accueilli par sa famille. Durant mon séjour dans ce petit village j’ai appris beaucoup de choses.

Le premier jour je me suis rendu en brousse avec le frère d’Ama qui s’appelle Mamadou. Il m’a appris à tenir une hache et à couper du bois. J’ai même appris à couper de la paille pour faire les toits des maisons et comment faire des briques. Nous nous sommes rendus dans leur champ et il m’ont montré comment récolter du riz. J’ai vu aussi que le comportement de leurs enfants dans la famille est très respectueux.

De là, j’ai appris comment me comporter avec mes grands. J’ai vu aussi que les gens d’ici n’aiment pas trop parler mais ils disent que moi je parle trop, mais j’ai diminué.

Tous les matins et tous les soirs je pars au forage pour puiser de l’eau. Parfois il m’arrive de penser à la France par ce que c’est un peu dur pour moi. J’ai aussi assisté à un matche de foot à Nathia.

Quand j’avais mal à la jambe toute la famille avait pitié de moi. J’ai vraiment eu de bon conseils dans cette famille ; les gens de la famille apprécient beaucoup la façon dont j’ai changé mon comportement dans le sens positif. Faut le dire quand c’est bien !

Pour résumer en quelque sorte : j’ai fait un bon séjour chez Amar.

Brian

Lettre de Noémie (Itinérance Sénégal) : “La Guinée”

Nous avons pris la route pour la Guinée.

Nous nous sommes arrêtés dans un village pour y passer la nuit. Le lendemain nous avons rangé nos tentes et nous avons pris la route jusqu’au soir.

Le soir nous nous sommes arrêtés dans un hôtel à Pita.

Le lendemain, nous sommes restés 3 ou 4 jours dans un village parce que les éducs ont attrapé le palu.

Après nous sommes partis à l’hôtel à Mamou où nous sommes restés 10 jours. Pendant ces 10 jours nous avons fait de l’autonomie avec Brian et Medhi. Bako est venu nous rendre visite. Nous avons fait les entretiens à la cascade et nous avons vu un serpent de 4 mètres. Les gens du village l’ont tué et l’éduc l’a acheté pour le manger ensuite.

Après ces 10 jours nous avons repris la route vers le Sénégal. Nous nous sommes arrêtés aux mêmes endroits qu’à l’aller. Arrivés au Sénégal après un long trajet, nous nous sommes arrêtés à Tamba, à l’auberge Sadio.

Le lendemain nous avons pris un taxi car la voiture avait un problème qui pouvait se régler qu’à Dakar. Arrivés a Kédougou, les tuteurs des familles sont venus nous chercher.

Ce que j’ai préféré en Guinée c’est Augustin, le gérant de l’hôtel. On l’appelait « le gros ». Ce que j’ai le moins aimé, c’est de dormir en tente. Ce qui me manque le plus c’est mon téléphone et mes amis… Bref ma vie en France, par ce que ici ce n’est pas la même chose.

Noémie

Lettre de Mehdi (Itinérance Sénégal) : “Le séjour en Guinée”

Après le séjour en Famille chez Djibi, nous avons pris la route de Kédougou jusqu’à Tamba. Pendant la route, Baptiste s’est arrêté plusieurs fois pour prendre en photo des animaux : des singes, des phacochères et des oiseaux. Quand nous sommes arrivé a Tamba, Baptiste à pris 2 chambres à l’auberge Sadio. Nous sommes allés manger des pizzas et des Hamburgers au resto d’à côté. J’ai pris une pizza mais il y avait trop de piments dedans. Je l’ai quand même mangée. Nous sommes rentrés à l’auberge et sommes partis nous coucher.

Le lendemain matin, on a pris la route pour la Guinée. En chemin, on a percuté un oiseau. On s’est arrêté dans une ville pour prendre des sandwichs à l’omelette. Dans cette ville, c’était interdit aux chiens ainsi que de fumer! Kadi a pris un voile pour cacher ses cheveux.

Arrivés à la frontière, c’était trop long !Il fallait s’arrêter plusieurs fois pour des contrôles. Baptiste s’est même pris une amende car il ne portait pas de chaussures fermées. On a repris la route avant le coucher du soleil. La nuit tombée, nous avons demandé l’hospitalité à un monsieur afin de poser nos tentes dans sa cour. Il a accepté et donc on a dormis chez lui. Avant de manger, il y a eu leden (l’appel à la prière) et je suis parti prier.

Le lendemain on a repris la route, le soir on a dormi à l’hôtel de Pita. Kadi et Baptiste nous ont fait une surprise, ils ont acheter une assiette avec du poulet, des frites, du choux, des oignons et des tomates avec un peu de sauce curie. J’ai tout mangé et j’ai fini les légumes des autres !

Après une bonne nuit de sommeil, on est parti à Mamou. Après quelques jours de brousse, Baptiste et Kadi ont eu le paludisme. On est retourné en ville où on a pris un hôtel pendant 10 jours. On a fait 3 jours d’autonomie ! Baptiste nous a donné l’argent et on a acheté :

-3 sachets de pâtes, des patates, du sel, du poivre, des légumes, de la sauce tomate, du coca, du Sprite et des bonbons.

Moi je faisais tout le temps la salade, Nono faisait les pâtes et la sauce, et vu que Nono elle n’aime pas les légumes, c’est moi et Brian qui mangions la sauce. On s’est fait « Amis-amis » avec « le gros » et Slim. Moi et Brian on s’est fait amis avec le coutiste… enfin le fabriquant de couteau et le meublier. J’ai même fabriqué et gardé un couteau.

On a été à une cascade, là-bas je suis tombé nez à nez avec un python vivant ! J’ai dit à Brian de le dire à Baptiste qui est venu le prendre en photo. Les gens du village voulaient le tuer alors Baptiste leur a dit de l’attraper vivant mais il était trop tard. Du coup Baptiste l’a acheté mort pour le manger.

Baptiste a fait Tajine au serpent, j’ai goûté un peu : ça a le goût de poulet et de lapin en même temps. Il n’y a que Nono qui n’y a pas goûté. C’est ce soir la que Bako est arrivé.

Le lendemain, j’ai fait mon entretien avec Bako, Baptiste et Kadi. Encore le lendemain, c’était au tour de Nono et de Brian. Après quelques jour, Bako est reparti en France. Ce matin là Baptiste est venu nous réveiller pour lui dire au revoir mais on était très fatigué, du coup on s’est vite recouché.

Le lendemain, c’était le retour au Sénégal pour nous aussi. Baptiste a eu encore une amende pour absence de boîte à pharmacie dans le camion. Il y a aussi eu des policiers qui n’avaient rien contre nous, mais ils ont quand même demandé des bonbons. Quand on est reparti, on a commencé à avoir un problème d’Ad blue. On a dormi à Labé. Lorsque on est reparti, des gendarmes avant la frontière nous ont encore contrôlé. C’est là qu’on n’a pas retrouvé la carte grise ! Du coup on est passé à la frontière avec le stress car si ils nous la demandait on restait bloqué longtemps, peut être plusieurs jours ! …. OUF, on est passé.

On a repassé une nuit à Tamba et le lendemain on a déchargé le camion pour le faire réparer à Dakar. Nous, nous sommes repartis sur Kédougou en voiture-taxi. Brian, Nono et moi avons pris nos affaires pour aller en famille. Djibi est venu me chercher et on est rentré à Lidjani.

Brian et moi avons changé de famille pour aller en brousse. On est revenu pour fêter Noël a Malinda. Ce jour là, on a appelé nos familles. Brian et moi avons fait un barrage dans la rivière pour faire un bassin naturel ; il s’est cassé et on a dû le refaire. Brian et moi sommes repartis chacun dans sa brousse. Ce que j’aime bien en brousse c’est que je m’ennuie un peu moins qu’a Lidjani car là-bas, je travaille beaucoup. La journée je chasse avec mon tuteur, je pêche du poisson. Quand je rentre à la maison, je pile le fonio et le riz mais ils ne veulent pas que je le fasse, par contre je peux rentrer les moutons et les chèvres. Je vais chercher du bois pour la cuisine. Le soir, je prépare le thé au bissape. Mon tuteur lui, fait le thé normal. Je m’occupe aussi du feu. Au midi, je fait griller la viande que mon tuteur et moi chassons.

Je passe le bonjour à toute ma famille. Je leur dis que tout va bien.

Je passe aussi le bonjour a monsieur Libesart, à monsieur Carouge et au collège Angellier.

A l’heure que j’écris, j’ai compté qu’il reste 25 jours.

A bientôt tout le monde.

Mehdi

Lettre de Noémie (Itinérance Sénégal) : “Les aventures du Sénégal”

Nous somme partis de l’hôtel qui se trouve à Sali, pour nous diriger vers Kaolac.

Nous sommes restés 10 jours à Kaolac dans un village où nous étions au bord du lac. Nous avons fait 3 jours d’autonomie, c’est-à-dire que nous devions nous débrouiller tout seul pour faire le repas, ect.

Ensuite nous sommes partis dans le village à côté de l’autre village : on était chez Harandé. Nous sommes restés 3 jours. Nous avions différentes activités.

Ensuite nous avons repris la route pour Tambacounda. Après quelques heures de route, nous nous sommes arrêtés manger dans un snack. Après ce repas nous avons repris la route direction Tamba.

Nous nous sommes arrêtés dans une auberge pour y passer la nuit.

Le lendemain matin nous sommes repartis pour prendre la route vers Kédougou. Un long trajet sur le chemin ; nous avons vu différents animaux sauvages. Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi. Nous sommes allés faire quelques courses. Nous nous sommes dirigé vers un village a une heure de Kédougou. Enfin nous sommes arrivés.

Nous avons préparé le campement puis manger. Le lendemain matin nous nous sommes réveillés. Nous avons pris le petit déjeuner. Puis nous sommes partis saluer les villageois dans l’après-midi. Nous somme allés en ville chercher 2, 3 choses après.

Le lendemain nous avons marché 1H30 de marche pour aller à la cascade à la fin de la journée, en repartant un village a pris feu : nous sommes allés les aider à éteindre le feu.

Aujourd’hui nous allons aller chacun dans une famille.

La suite au prochain article.

Noémie

“L’oiseau Arc-en-Ciel” : le film

La saison culturelle 2017-2018 avait pour thème Trait d’union : tout au long de l’année les enfants et les jeunes de notre institution ont préparé dans le cadre de leurs ateliers bi-hebdomadaires le spectacle exprimant de bien des façons les fondamentaux de nos rapports au monde.

Ce spectacle, intitulé L’oiseau Arc-en-Ciel et présenté en public le 5 juillet 2018 à Outreau, est visionnable dans son intégralité  ici :

Lettre de Mehdi (Itinérance Sénégal) : “Présentation”

Bonjour Monsieur Bako,

Je m’appelle Mehdi, j’ai 13 ans.

Je suis en voyage pour changer de comportement car je suis trop violent et trop chiant.

On est parti de Paris moi, Brian et Noémie pour aller à Bruxelles. On est arrivé à 10h et on est parti à 13h.

On est arrivé à Dakar à 22h. On a mangé et on est parti nous coucher dans des tentes et on avait trop chaud.

Le lendemain Brian est venu me réveiller pour aller se laver les dents et après on a pris notre petit déj’.

Je m’entends bien avec tout le monde. Kadi me fait trop rire.

L’après-midi on a été à la plage et on a fait le tour du lac rose.

Le samedi avant de partir en brousse un monsieur nous a invité à aller à la piscine arc-en-ciel.

En brousse :

On est arrivé dans un village, nous sommes allés dire bonjour au chef du village. On a installé notre campement sous un baobab au soir nous avons mangé et nous somme partis nous coucher.

Le lendemain matin on a déjeuné et l’après-midi on est allé acheter des tapis. Au soir on a mangé et on est parti nous coucher.

Le lendemain, moi et Brian ont est allé a l’école pour planter des plantes et j’ai appris l’alphabet arabe aux enfants avec le prof. Le soir on est rentré se coucher, Baptiste nous a appris a monter sur les baobabs.

Je suis parti en famille chez Babakar ; c’est une grande famille très gentille et musulmane. Babakar a une moto de cross : une 125gy.

Le lendemain j’ai été au champ avec Cher, un enfant du village. On a arrosé les pépinières. Au matin, on mange du couscous au lait, au midi, on mange du riz au poisson et au soir du couscous à la sauce.

Babakar élève des poussins. Le matin et le soir, moi et Babakar allons leur donner à manger. Je faisais aussi du cheval avec les enfants. On faisait aussi de la charrette Moussa, Cher et moi pour aller acheter des trucs à Sendiara.

Mehdi

Lettre de Noémie (Itinérance Sénégal) : “Itinérance”

Je m’appelle Noémie,j’ai 16 ans et demi.

Je vis en France, plus précisément à Boulogne-sur-mer.

J’aime faire du sport.

Je suis en Afrique pour changer au niveau de mon comportement et de la violence et aussi par rapport à mon passé.

J’ai deux frères et deux soeurs qui s’appellent Simao, Thiago, Aina et Chloé. Ils sont mes petits frères et soeurs, je suis la plus grande.

Plus tard je veux faire avocate mais je me suis fait virée du Lycée.

Nous sommes arrivé au lac rose où nous y avons passé 5 jours. C’était bien, nous avons été à la mer et au marché.

Après ces 5 jours, nous sommes allés dans le village du nom de Diohar. Nous y avons posé un campement.

Baptiste, l’educ, est monté à l’arbre baobab pour installer des hamacs. Je n’y suis pratiquement pas montée.

Nous avons rencontré des enfants du village qui étaient tout le temps sur notre campement. On jouait avec eux. Ils ont monté aussi sur le baobab.

Il y aussi une femme du noms de Kadi et une petite fille du nom de Djeneba. C’est la fille de Baptiste et de Kadi. Ils ont aussi un chien, moi je n’aime pas les animaux !

Je suis avec 2 garçons en itinérance : Bryan et Mehdi.

Après quelque jours passés, moi je suis restée en famille pendant 10 jours cher le président du village.

Le matin je vais chercher de l’eau avec des ânes, nous remplissons des bidons. Après nous préparons le repas du midi : c’est du riz.

Parfois l’après-midi j’allais au champ chercher des arachides. Après nous retirons les arachides pour les mettre dans un saladier. Après je sors dans le village, parfois je vais au marché de Sandiara ou me promener en charrette. Ensuite le soir je prends la douche et je vais discuter avec les personnes du village.

J’ai une amie dans le village, elle s’appelle charlotte. Je suis pratiquement tout le temps chez elle. On va chercher de l’eau avec les ânes, on prépare le repas, et le soir je dois rentrer chez le président.

Je dors avec Zeyna, la petite fille du président. Je reste là-bas parfois pendant la journée. Je fais des tours en charrette et aussi je vais au marché de Sandiara avec les gens du village.

Le midi au village nous mangeons du riz, le soir et le matin nous mangeons du couscous. Je n’aime pas le couscous donc je mange que le midi. on m’a donné un surnom :”Daba faye” !

Ensuite après les 10 jours de famille, l’éduc est venu me chercher au village. Nous sommes allés chercher Bryan et Medhi, les 2 jeunes qui sont avec moi et nous somme partis dans une maison au bord de la mer.

Noémie

Lettre de Brian (Itinérance Sénégal) : “Le début de la Brousse”

Bonjour à tous,

Je m’appelle Brian.

Je suis ici pour changer parce que je ne suis plus à l’école et parce que je suis trop violent.

J’ai 15 ans, j’habite à Etaples.

Je suis au foyer qui s’appelle “La petite maison”, j’y suis depuis un mois.

Avant, j’étais en famille d’accueil depuis six ans. C’était une gentille femme mais j’ai fait le con. Je l’ai frappée, traitée et j’ai aussi fugué.

J’espère changer mon comportement car il n’est pas correct.

J’attends de ce voyage d’être une autre personne, surtout changer la manière de me comporter avec les gens que j’aime, qui m’aiment, et aussi pour avancer dans la vie.

Plus tard je serai paysagiste.

Durant nos 5 premiers jours au Sénégal, nous avons mis nos tentes au Lac rose. Nous sommes partis nous coucher. Le lendemain matin nous avons pris le petit déjeuner puis nous sommes partis au Marché.

Nous avons rencontré Monsieur Malik qui est devenu mon ami. Après nous sommes partis dans un autre camp.

Là-bas, j’y ai rencontré Monsieur Nicolas. Il deviendra mon tuteur pour mon séjour en famille. Notre éducateur nous a appris à monter aux baobabs.

J’ai été en famille pendant 10 jours chez mon tuteur. J’ai salué sa famille, j’ai appris à travailler dans les champs pour cultiver les pastèques et le mil (la graine pour faire le couscous). J’ai aussi été vendre les pastèques au marché de Sandiara.

J’ai fait beaucoup de marche avec la famille de Nicolas. Mes copains s’appellent Abdoulaye, Simon, Michèle.

J’ai appris à manger comme eux : on mange 5 plats matin, midi, et soir, c’est-à-dire du couscous au lait au matin, le midi du riz au poisson et au soir du couscous à la sauce d’arachide.

J’ai appris leurs traditions comme préparer le couscous, leur respect comme manger avec la cuillère à droite et leur mode de vie comme danser tout les soirs.

Brian

L’empire du Milieu accueille la Maison des Découvreurs

Ce jeudi 1er novembre, les Découvreurs ont visité les installations proposées par la mairie de Calais dans la perspective des illuminations de fêtes de fin d’année.

Cette année, la Chine est à l’honneur avec le China Light Festival, grande exposition inspirée de la tradition chinoise des lanternes. L’exposition a lieu dans le parc Saint-Pierre.

Découvrez les photos réalisées par Lou, membre de l’équipe éducative :