Archives de catégorie : Rencontres inter culturelles

Lettre de Shila : “Pénurie de travailleurs pour grimper dans les cocotiers”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’espère que vous allez bien et que vous retrouvez petit à petit vos activités à l’extérieur de vos maisons.
Ici, nous entrons dans la période de déconfinement, deux semaines après la France, mais nous faisons très attention, car le virus est toujours présent.

Je vous ai dit que le cocotier est l’arbre qui représente le Kerala, non seulement dans la signification du nom “Kerala”, mais aussi dans l’économie de mon pays.

Mais nous rencontrons un problème de main d’œuvre, car dans le passé, il y avait beaucoup de travailleurs qui étaient capables de grimper au sommet de ces arbres élancés, si beaux, pour collecter les noix de coco. Ces travailleurs faisaient partie des dalits, dont je vous ai parlé.

“Le Kerala – « terre de noix de coco » dans la langue locale, le malayalam – avait beaucoup de cueilleurs de noix de coco à louer. C’étaient généralement des hommes de caste inférieure qui faisaient sauter les arbres et ramassaient les noix contre rémunération.

Mais il y a environ une génération, l’économie du Kerala a commencé à changer. De plus en plus de travailleurs dans les États du sud de l’Inde, comme le Kerala, ont commencé à partir travailler dans les pays du Golfe , où ils pouvaient gagner plus et envoyer de l’argent supplémentaire chez eux. D’autres ont cherché des emplois de bureau mieux rémunérés à mesure que l’économie et les investissements de l’État dans l’éducation et la santé s’amélioraient.

Le Kerala possède désormais l’ un des meilleurs systèmes d’éducation en Inde et l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés. De plus, le système de castes souvent rigide de l’hindouisme se desserre dans certaines régions. De nouvelles opportunités professionnelles s’ouvrent aux familles des castes inférieures.”

Les temps ont changé, les familles ont moins d’enfants et tous sont partis à l’école et ont pris des compétences, appris de nouveaux métiers.
Ils travaillent à la ville ou partent travailler à l’étranger, dans les pays du Golfe Persique, en Nouvelle Zélande ou en Occident !!
C’est une très bonne nouvelle pour tous ces jeunes, mais il faut trouver des hommes, des femmes et aussi des nouvelles techniques pour aller cueillir ces noix de coco perchées à 20 ou 30 mètres du sol.

En tant qu’éléphante, la plus gentille et très intelligente, je ne suis d’aucune aide, car je suis incapable de grimper sur aucun arbre.
Je peux secouer le cocotier, mais si je prends une noix de coco sur la tête, sans casque, je pourrais être tuée sur le coup !!

Le gouvernement du Kerala a conscience du problème crucial posé par ce manque de main d’œuvre.
Il a engagé des formations où participent des jeunes venus du Nord de l’Inde, et aussi des femmes du Kerala. Des machines ont été réalisées pour escalader ces arbres !!
Il a encouragé la recherche pour construire une machine capable de grimper aux cocotiers.

“Avec des machines pour rendre l’escalade plus facile et plus sûre, et des hommes locaux absents – soit parce qu’ils travaillent dans des bureaux, soit loin dans les pays du Golfe – les femmes du Kerala sont entrées pour la première fois dans l’escalade de la noix de coco . Beaucoup d’entre eux, comme Veena, n’avaient jamais travaillé à l’extérieur de la maison auparavant.”

Des jeunes étudiants ingénieurs ont inventé un robot qui pourrait grimper pour récolter les noix.

Même un homme de 60 ans a fait un engin motorisé pour grimper les cocotiers sans se fatiguer. Mon voisin Henri m’a envoyée pour vous son histoire.

Certains agriculteurs plantent des cocotiers hybrides, qui sont beaucoup plus petits que les grands cocotiers, et plus faciles pour la récolte !!

Voilà ce que je peux vous dire des cocotiers qui ont une si grande importance pour nous au Kerala.
Je ne sais pas si en France, vous avez un arbre qui peut être nommé arbre national, comme l’est, pour nous le cocotier, mais je serais très intéressée de connaître 2 ou 3 arbres qui sont très importants pour vous ??!!

Je vous fais de gros gros bisous et vous encourage à prendre soin de vous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “L’importance de la noix de coco pour la fête”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’espère que vous allez bien et que vous reprenez doucement vos activités, tout en restant très attentifs à respecter les consignes pour vous protéger du virus.
Au Kerala, c’est très strict, cependant il est très difficile pour un éléphant de porter un masque, donc j’évite de sortir beaucoup de mon habitat, mon cornac reste très attentif.

Aujourd’hui je vais continuer de vous parler de la noix de coco ; comme je vous l’ai dit, les cocotiers sont partout dans le Kerala et la noix de coco est utilisée dans la cuisine, l’eau à l’intérieur de la noix est une boisson excellente pour la santé et la fibre enveloppant la noix est utilisée pour l’industrie, quant à l’huile de coprah, c’est la préférée des keralais…

La noix de coco a une place très importante dans les temples hindous, c’est une offrande de qualité, elle est cassée lors des rituels, et Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, il en reçoit des milliers chaque jour.

“Le fruit de la noix de coco est une offrande essentielle dans presque tous les rituels de l’hindouisme et fait partie des cérémonies presque hindoues. Les hindous démarrent toutes les nouvelles entreprises en cassant une noix de coco devant une idole. Qu’il s’agisse d’un mariage, d’un festival ou d’un rituel puja important, la noix de coco est toujours un incontournable de la liste. “

La fleur du cocotier est aussi un symbole important de bonheur et de prospérité, elle est toujours la décoration importante dans tous les mariages, je vous ai mis des photos, prises lors de mariages chez mes voisins.

Le cocotier donne aussi du vin naturel, que beaucoup de mes voisins aiment boire, avec modération, car c’est la sève collectée par des fonctionnaires qui assurent cette tâche de grimper au cocotier, de saigner la fleur, et de placer un pot ou une bouteille. Ce vin est vendu dans des bars contrôlés par l’état du Kerala.
Pour moi, je n’ai pas eu l’occasion de goûter ce breuvage, car mon cornac préfère me donner de l’eau, en quantité importante, ce qui est nécessaire à ma santé !!

Lors de mon prochain courrier, je vous parlerai des travailleurs qui montent sur les cocotiers, c’est un travail qui se perd, je vous expliquerai pourquoi. J’admire leurs performances, car pour moi, la gentille éléphante, très habile, il est absolument impossible de grimper aux arbres à moins de prendre l’hélicoptère, mais ça ferait tomber toutes les cocos.

Je vous fais de gros gros bisous et continuez à prendre bien soin de vous.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Picasso, Ruby et l’art de camion”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour chers enfants,

Mon voisin Henri m’a dit qu’en France, ce sont des jours importants ; votre pays doit annoncer si l’épidémie est enfin stoppée, je pense à vous et croise la trompe (ça porte bonheur chez les éléphants).

Ma trompe est très agile, je sais faire plein de choses avec. Des bisous, ça vous le saviez déjà. Mais je me demande si je n’essayerais pas aussi la peinture.

Vous pensez qu’un éléphant ne sait pas peindre ? Détrompez-vous, nous avons de grands artistes dans la famille. Je pense à Peter, un cousin qui dans un parc en Thaïlande réjouit ses visiteurs en leur composant des créations de son inspiration pachydermique.

Regardez les enfants, c’est pas mal non ?

Notre maestro s’appelait Ruby, éléphante elle aussi née en Thaïlande mais qui a vécu sa vie au zoo de Phénix, aux Etats-Unis. Voici son histoire, racontée dans un article du « Los Angeles Times » daté de 1991, qu’Emmanuel l’ami d’Henri m’a envoyé pour vous :

« Ruby a eu plusieurs expositions à succès d’un artiste. Les gens restent debout pendant des heures pour regarder son travail, et il y a une liste d’attente de deux ans pour ses peintures. Elle a été présentée dans le magazine Smithsonian et dans d’autres publications. Elle pèse 8 700 livres.

Elle est un éléphant du zoo de Phoenix et le directeur des communications du zoo, Dick George, a dit que ses peintures abstraites avaient rapporté plus de 50 000 $ pour le fonds pour les animaux en danger du zoo.

Ruby est allée au zoo de Phoenix en 1974, un bébé de 7 mois de Thaïlande, où sa mère travaillait dans un camp de bûcherons.
Un jour, l’employée du zoo, Tawny Carlson, a remarqué que Ruby aimait trouver un bâton et faire des lignes et des dessins dans la saleté. C’est alors qu’ils ont décidé de la lancer dans la peinture.

Au moins une fois par semaine, un gardien d’éléphant fait ressortir un chevalet et une palette remplie de peintures acryliques. Un autre tient une boîte de pinceaux aquarelle. Ruby indique la couleur qu’elle souhaite avec son tronc puis choisit un pinceau.

L’une de ses aides trempe le pinceau dans la peinture choisie par Ruby. Elle fait une peinture en 10 minutes environ, puis recule et la regarde. Elle accepte alors un marqueur noir et « signe » le tableau.
Le groupe de personnes maintient une conversation silencieuse et des compliments chaleureux tout le temps que Ruby peint.

Ruby n’est pas le premier éléphant à peindre mais certainement le premier à avoir une telle délicatesse d’exécution et un choix de couleurs heureux. Le Docteur Chris Murphy, un ophtalmologue anciennement à l’Université UC Davis, a examiné les yeux de Ruby et essaie de déterminer si elle peut distinguer les couleurs. Elle refuse le pinceau s’il n’est pas rempli de la couleur choisie. Ruby sait également repérer les couleurs de gauche à droite et dans le sens horaire anti-horaire. »

Ruby est morte de sa belle mort en 1998. Son génie, pour moi, est digne de Picasso.

Je crois que je ne suis pas la seule à le penser, puisque depuis la disparition de Ruby, une grande maison a été construite en son honneur, où désormais viennent les humains pour se marier.

Pourquoi les éléphants peignent ?

Je pense que c’est parce que nous sommes très observateurs. Chez moi au Kerala, je regarde souvent les humains peindre leurs camions. C’est tout un art !

Emmanuel m’a envoyées pour vous des belles peintures que l’on peut voir sur les flancs des camions circulant sur les routes par chez moi. C’est une passion artistique dans mon pays, au point qu’elle est intitulée le « Truck Art » (ça veut dire « art de camion » dans votre langue).

Vous pensez que vous pourriez peindre vos fourgons façon indienne ? Ce serait rigolo et ferait à coup sûr effet sur les routes du boulonnais.

En même temps, je sais par mon voisin Henri que vous avez à Calais un magnifique dragon camion. Emmanuel m’a envoyée pour vous la photo de l’éléphant camion, cousin du dragon. C’est chouette, hein ? Ça me ferait plaisir que vous construisiez des éléphants camion et m’envoyiez leur photo.

Je vous embrasse très fort et vous dis à demain,

Bisous,

Shila

Lettre de Shila : “Le coir ou fibre de coco”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

Je vais continuer aujourd’hui à vous parler des cocotiers qui sont les arbres qui peuplent mon pays du Kerala.
Si vous venez dans la région vous êtes surpris de voir autant de cocotiers, si fiers et si élégants…

Je vous ai dit hier que la cuisine keralaise utilisent l’intérieur de la noix dans toutes ses recettes.

Aujourd’hui je vais vous parler parler de l’enveloppe de la noix de coco, la péricarpe. Elle reste trempée dans l’eau pendant près d’une année, pour récupérer facilement la fibre, qui va ensuite être travaillée pour faire des cordes, des objets manufacturés :

“Coir ( / k ɔɪər / ) ou la fibre de coco , est une fibre naturelle extraite de l’extérieur cosse de noix de coco et utilisé dans des produits tels que des tapis de sol, des paillassons, des brosses et des matelas. Le coco est le matériau fibreux trouvé entre la coque interne dure et la couche externe d’une noix de coco. Le coco brun (fabriqué à partir de noix de coco mûre) est également utilisé dans le rembourrage de rembourrage, le sac et l’horticulture. Le coco blanc, récolté à partir de noix de coco non mûres, est utilisé pour fabriquer des pinceaux, des cordes, des cordes et des filets de pêche plus fins.  Il a l’avantage de ne pas couler, il peut donc être utilisé sur de grandes longueurs en eau profonde sans que le poids supplémentaire n’entraîne les bateaux et les bouées.”

Le coir, fibre de coco, est aussi utilisé dans la construction des bateaux traditionnels, les bateaux serpents, les bateaux hôtels ou les canoës :

“La coque est formée de planches de bois, coupées en longueur et sculptées, fixées ensemble. La coque qui est faite de centaines de planches de bois de jack fin mais résistant est maintenue absolument par des nœuds de fibre de coco (pas un seul clou n’est utilisé). Cette charpente est ensuite enrobée d’une résine noire caustique extraite de noix de cajou bouillies. Et cela dure des générations.”

Le coir est bien sûr utilisé pour les cordages et le gréement.

Aujourd’hui, l’industrie de la fibre de coco du Kerala emploie 400 000 personnes, principalement des femmes.
La première usine a été créée par un irlandais, en 1859,James Darragh, à Allepey, dans les backwaters.

Je tenais à vous parler de cette industrie, à partir de la noix de coco, d’autant que je sais votre intérêt pour les bateaux à Boulogne et sachant que vous en fabriquez vous-mêmes pour la course sur la Liane, qui malheureusement n’aura pas lieu cette année, en raison du coronavirus.

Je n’ai pas terminé mes lettres sur les cocotiers, c’est tellement important chez nous. Car le cocotier donne du vin et ses fleurs ont une grande importance dans nos fêtes.

Je vous fais de gros gros bisous et vous dis à mardi,

Shila

Lettre de Shila : “Le pays des cocotiers, mon pays”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’espère que vous allez bien et que vous faites bien attention à vous, dans cette période de déconfinement.
Pour moi, je suis toujours confinée, jusqu’à la fin du mois de mai, mais comme je vous l’ai dit, je fais quelques petites sorties.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un arbre d’une importance capitale dans mon joli pays du Kerala, c’est le cocotier !!
On m’a dit que l’étymologie du mot KERALA est kera, cocotier et alam, terre ou pays des cocotiers !! La noix de coco, en malayalam est “thenga”.

Le cocotier est aussi appelé “arbre de la vie”, en raison de tout ce qu’il peut nous donner.
Le cocotier est de la famille des palmiers, autant vous dire que les feuilles de palmier, je connais : j’en dévore des milliers de kilos chaque mois !!

La noix de coco, le fruit du cocotier, est un vrai trésor, tellement il nous donne de bonnes choses :
“La noix de coco : une dure au cœur tendre ! La noix de coco est le fruit du cocotier, un arbre qui appartient à la grande famille des palmiers. Sur l’arbre, la noix de coco est entourée d’une enveloppe fibreuse (le péricarpe) de 5 à 15 cm d’épaisseur. Sous l’enveloppe fibreuse se trouve une mince coque brune très dure, qu’il faut casser pour parvenir à la pulpe (noix) qui adhère à cette coque. Au centre du fruit se trouve une cavité qui abrite un liquide blanc opalin, sucré et rafraîchissant que l’on nomme « eau de coco ». Le lait de coco, quant à lui, s’obtient en broyant la pulpe… “

L’enveloppe fibreuse, c’est le coir :

“Le coir — malayalam kayaru, corde — est le nom que l’on donne à l’épais mésocarpe fibreux entourant la noix de coco, fruit du Cocotier (Cocos nucifera).”

Je vous ferai une lettre demain pour vous parler de l’utilisation du coir, et aussi de la fleur du cocotier, très utile pour les fêtes, ainsi que de la coque brune très dure qui enveloppe la pulpe et l’eau de coco.

Les Keralais utilisent beaucoup de noix de coco dans la cuisine, les cuisinier.e.s la râpent avec un ustensile que vous trouverez dans toutes les maisons, et la mélangent avec tout, légumes, viandes, poissons etc..

L’eau à l’intérieur de la noix est un excellent breuvage, plein de qualités. La pulpe de la noix séchée est transformée en huile, appelée huile de coprah….

Cette huile est très bonne et utilisée pour cuisiner bien sûr, mais aussi pour les soins du corps, même sur les cheveux aussi !!

Je suis loin d’avoir tout dit sur l’importance de cet arbre et de ses fruits, mais je vous en reparlerai dans mon prochain courrier.

En attendant, je vous fais de gros gros bisous et surtout prenez toujours soin de vous.

Shila

Lettre de Shila : “Le sommeil des éléphants”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

Comment allez-vous dans cette période de déconfinement ??
J’espère que vous appréciez vos sorties et les retrouvailles avec vos proches.

Ici, en Inde, le gouvernement central de Delhi a prolongé le confinement jusqu’à la fin du mois de mai. Mais au Kerala, on a un peu de liberté, ce qui fait que je peux enfin me dégourdir les pattes !!

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet important pour nous tous, c’est le sommeil.
Je sais que chez vous, les humains, vous dormez un tiers du temps, environ 8 heures !!
Pour nous les éléphants domestiqués, nous dormons environ 5 heures par nuit, et mes cousins sauvages de la montagne ainsi que mes cousins d’Afrique ne dorment que 2 heures !!

“Les éléphants sont les plus grands mammifères terrestres, les éléphants en captivité peuvent avoir des schémas de sommeil différents des éléphants vivant à l’état sauvage. En captivité, les éléphants dorment de 3 à 7 heures la nuit, allongés de 1 à 5 heures à la fois et se levant pour se nourrir entre les siestes. Mais à l’état sauvage dans leur environnement naturel, les éléphants ne se reposaient que deux heures, principalement la nuit. Les éléphants dans la nature ont parfois passé jusqu’à 46 heures sans sommeil en marchant sur de longues distances pour éviter les menaces telles que le lion ou les braconniers humains. Les éléphants d’Afrique et d’Asie parviennent toujours à s’allonger pour dormir, tous deux dorment sur le côté pendant de longues périodes ou font une sieste debout, appuyés contre un arbre pour se soutenir.”

Je compare un peu mes cousins sauvages, qui dorment très peu, aux marins de Boulogne, qui sont toujours vigilants, en raison de leur travail de nuit, face aux dangers de la mer, et à tous ces marins qui font le tour du monde soit pour le travail, soit pour les compétitions sportives !!

Pour nous, nous sommes en sécurité, avec la nourriture et les soins de mon cornac !! Je peux dormir tranquillement mes 5 heures la nuit, couchée sur le côté, et la journée, j’ai tout le temps nécessaire pour faire la sieste debout !!

Mon voisin Henri m’a signalée qu’une étude a été faite sur le sommeil des éléphants par le professeur Paul Manger de l’université d’Afrique du Sud, en voici les résultats.

Pour terminer j’ai 2 questions à vous poser, ça fait longtemps que je ne vous ai pas questionnés !!

Quel est l’animal qui dort le moins :
Le cheval, L’éléphant, la girafe ou le poney ??

Quel est l’animal qui dort le plus :
Le paresseux, la chauve-souris, le koala ou la marmotte ??

Je vous souhaite une bonne reprise de vos activités, sachant que le virus est là et que vous devez faire attention à vous, et surtout dormez bien !!

Je vous fais de gros gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “L’éléphant volant”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

Comment allez-vous depuis hier ? Je sais que certaines et certains d’entre vous ont pu rencontrer leurs parents, ça fait plaisir.

Quant à moi, j’ai pu profiter d’une belle nuit étoilée pour contempler les étoiles, c’était magnifique.

Vous croyez qu’une éléphante ne s’intéresse pas à ce qu’il se passe dans le ciel ? Et bien détrompez-vous. J’ai la chance d’habiter un pays où on aime tellement les éléphants, qu’on les fait voler !

Si si, c’est vrai, et même que les indiens font aussi voler d’autres animaux qui ne sont pas supposés être là-haut : poisson, dodo. Et pour nous faire voler, vous savez ce que les indiens utilisent ?

Une alouette.

Heuuu, une alouette ? Oui oui c’est bien ça : une alouette, l’oiseau qui habite chez vous et qui gazouille dans votre jardin chaque matin.

C’est bien mystérieux n’est-ce pas ? Alors je vous explique.

Pour des fêtes nationales organisées il y a cinquante ans, l’armée de l’air indienne a eu cette chouette idée de proposer lors du défilé des animaux – hélicoptères : un hélicoptère éléphant, un hélicoptère poisson, un hélicoptère Dodo (vous savez, la drôle de bête qu’on voit dans le film « L’âge de glace »).

Emmanuel, l’ami de mon voisin Henri, m’a envoyées pour vous des vieilles images de cette incroyable mise en scène. Comme j’avais quand même du mal à le croire (c’est vrai quoi, comment faire voler une éléphante de près de 3000 kilos ?), Emmanuel m’a transmis pour vous l’article qui a été écrit par le journal The Times of India au sujet de ces drôles de photos :

« Il y a une quarantaine d’années, un “jumbo volant” en tenue royale régalait avec ses pitreries habiles les spectateurs réunis dans l’imposant stade Rajpath de New Delhi .

Mais ce jumbo caparaçonné n’était pas un pachyderme ordinaire. C’était un petit hélicoptère, modifié pour ressembler à un “éléphant dansant” et a survolé le Rajpath pendant le défilé du jour de la République.

Inutile de dire que ses performances ont été la pièce de résistance du défilé présenté par l’Indian Air Force (IAF) le jour de la République. La manœuvre de l’hélicoptère n’était pas une mince affaire. Cela exigeait non seulement une pratique approfondie et des compétences élevées de la part du pilote, mais également un haut niveau d’expertise technique, car des attachements externes étaient installés sur la machine volante et tout laxisme signifiait un désastre.

La tâche a été assumée par la 116 Helicopter Unit (HU), qui pilotait alors l’Alouette française, rebaptisée “Chetak” en Inde.

Fait intéressant, l’hélicoptère modifié était l’œuvre d’un tailleur de New Delhi, arrivé sur la base des forces aériennes un mois à peine avant l’événement.

Le corps de l’éléphant, y compris le tronc et les pattes, étaient faits de différents panneaux de tissu coloré qui ont été soigneusement cousus ensemble sur une période de deux ou trois semaines. La bulle ou le corps de l’hélicoptère était recouvert de panneaux, la seule partie qui restait exposée était la poutre de queue.

Le pilote d’hélicoptère de l’IAF, le capitaine de groupe Birji Mohan Datta, était le chef de 116 pilotes en tant que commandant d’escadre, et fut le premier à piloter l’hélicoptère modifié au début des années 1970.

Rappelant l’expérience, Ravi Datta, épouse de feu BM Datta, a déclaré par téléphone: “À l’approche de Rajpath, l’hélicoptère descendrait à une altitude d’environ 910 pieds devant l’estrade, captivant le public pendant environ 5-7 quelques minutes avec son petit gabarit, et gagnait de la hauteur pour franchir la porte de l’Inde et retourner à la station de Palam air force”.

L’hélicoptère ne volait pas à plus de 60 nœuds, généralement à environ 40 à 45 nœuds, pour s’assurer que les panneaux ne s’envolent pas ou ne s’emmêlaient pas dans le rotor de queue.

L’éléphant volant est malheureusement du passé, mais Madame Dutta pense qu’un tel morceau d’histoire glorieuse devrait être rappelé avec fierté ».

L’hélicoptère utilisé est français, très apprécié par les indiens et d’autres pays du monde car c’est le premier hélicoptère à utiliser un moteur révolutionnaire, très puissant bien qu’économe en kérosène, permettant de se poser jusque sur les montagnes les plus hautes de mon pays, en Himalaya. Cet hélicoptère, les français l’ont appelé… Alouette !

Sans doute un hommage à cet oiseau tellement important par chez vous, qu’on en parle dans des textes aussi célèbres que Roméo et Juliette.

L’alouette est parmi les oiseaux les meilleurs chanteurs de tous les oiseaux, écoutez comme c’est ravissant les enfants.

Ah, que je suis fière d’habiter un pays qui fabriquent des machines me permettant d’aller dans les nuages. Comme je sais que vous aimez écouter de la musique, j’ai choisi pour vous des morceaux qui vous permettent de rêver dans les airs avec moi.

Je commence par Roméo et Juliette car je suis une grande romantique.

Et puis ensuite, j’ai pensé qu’une partie de pêche pourrait vous donner la pêche.

Et pour finir, une chanson qui permet d’aller au-delà de l’arc-en-ciel. Vous y reconnaîtrez les petits tambours de mon pays, que l’on appelle les tablas.

Beaux voyages les enfants, je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Comment le Kerala lutte avec succès contre le virus”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’espère que vous vous portez bien !

Avant tout, excusez moi parce que je vous écris une très très longue lettre aujourd’hui ! Je pense que vous serez contents de tout ce que vous aurez appris à la fin.

Vu que nous sommes tous confinés, j’essaie d’apprendre des nouvelles choses sur le COVID-19 grâce à ma copine Jis.

Elle m’a dit que le Coronavirus est issu d’une grande famille de virus qui peuvent causer des maladies chez les animaux et chez les humains. Chez les humains, de nombreux coronavirus peuvent causer des problèmes respiratoires allant du rhume à des maladies graves. Le dernier coronavirus découvert récemment provoque la maladie “COVID-19”.

Tout le monde peut être contaminé par le COVID-19. La maladie se passe par les gouttelettes dispersées par la bouche ou le nez en toussant ou en éternuant. C’est pour ça qu’il faut rester à un mètre les uns des autres. Ces gouttelettes peuvent atterrir autour des personnes sur des tables, des poignées de portes ou des rampes d’escaliers. On peut être infectés en les touchant puis en se touchant les yeux, le nez ou la bouche. C’est pour ça qu’il est important de se laver les mains régulièrement avec du savon ou du gel hydroalcoolique. C’est pour ça aussi que beaucoup de pays demandent aux habitants de rester confinés chez eux.

Jis m’a expliqué comment le Kerala combat le COVID-19.

Le Kerala a commencé son confinement le 13 mars, bien avant le confinement officiel en Inde. Le premier malade au Kerala était le 23 janvier, un étudiant indien rentrant de Chine. Il n’y a pas eu d’infection jusqu’à l’arrivée d’une famille en provenance d’Italie le 9 mars. A ce moment là, le virus a commencé à infecter beaucoup de monde. Pendant ce temps là, d’autres cas ont été découverts dans d’autres Etats de l’Inde, souvent par de personnes qui venaient de l’étranger. Le confinement a officiellement commencé le 25 mars et a duré 21 jours. Je vais vous expliquer pourquoi le Kerala a mieux réussi son combat contre le COVID-19.

Depuis 50 ans, le Kerala est devenu un Etat qui protège ses habitants et qui les encourage a faire des études. C’est aussi pour ça que c’était facile de demander aux gens de rester confinés.

Le Kerala a aussi beaucoup d’hôpitaux, de centres de santé et de cliniques privées. On a demandé à tous les hôpitaux d’être prêts à isoler les patients atteints du COVID-19 au début de la pandémie.
Au moment où tout le monde était confiné, notre gouvernement a demandé aux médecins, infirmiers et policiers de s’occuper des gens et des patients. Tous les transports ont été interdits pendant quelques jours. Depuis le 5 mai, les déplacements limités sont autorisés.

L’Etat du Kerala contrôle la surveillance, le suivi des personnes infectées, le transport et les tests COVID-19. Ce système efficace a permis de suivre les patients et leurs familles partout au Kerala, même dans les plus petits villages.

La ministre de la santé a fait un très bon travail avec les professionnels de la santé, les scientifiques, la recherche de vaccins dans le combat contre le COVID-19.

Il y a aussi des personnes sans argent, sans nourriture et sans logement. Le gouvernement a alors distribué très fréquemment des plateaux repas et des produits d’hygiène à toutes les familles. Les sans-abris ont été herbergés dans des refuges.
Une autre action de l’Etat a permis d’aider les travailleurs immigrés, des personnes qui viennent souvent d’autres Etats de l’Inde pour travailler sur les chantiers ou autres. Tous ces travailleurs ne pouvaient pas rentrer chez eux car il n’y avait plus de transports. Le gouvernement a alors ouvert des cantines pour les travailleurs et les sans-abris. Quand le confinement a été prolongé, des trains spéciaux ont été affrétés pour leur permettre de rentrer chez eux. Les habitants du Kerala ont même donné aux travailleurs des paniers repas et de l’eau pour leurs trois jours de voyage.

Le ministre du Kerala a fait des conférences de presse tous les jours pour informer les habitants sur l’épidémie. Son charisme et son éloquence ont permis à la population de rester calme et confiante.
Kottayam, un district du Kerala, a même réussi à soigner du COVID-19 un couple âgé de 93 et 88 ans.

A ce jour au Kerala, 500 personnes ont été contaminées par le Corona Virus et 3 personnes sont décédées. C’est un succès sachant que 500 personnes peuvent mourir par jour dans certains pays développés. 30 personnes originaires du Kerala sont mortes du COVID-19 aux Etats-Unis. Le 5 mai, il y avait 15 nouveaux cas de Coronavirus au Kerala. Pendant ce temps là, dans le reste de l’Inde, le nombre de personnes contaminées augmentent beaucoup. Les habitants du Kerala restent positifs et espèrent que la situation s’améliorera très bientôt.

J’étais bien contente d’apprendre tout ça grâce à ma copine Jis. Elle m’a même dit qu’elle se sentait plus en sécurité au Kerala avec le COVID-19 que dans des pays développés comme les Etats-Unis où plus de gens mourraient.

Moi aussi j’en suis heureuse, j’ai horreur de cette petite bestiole.

Gros bisous les enfants et à demain,

Shila

(Images : fresques murales d’Anoop Radhakrishnan, caricaturiste à Cochin Ernakulam et ami de mon voisin Henri).

Lettre de Shila : “Le pélican blessé”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’ai entendu dire que vous pouvez aller vous promener à la plage, c’est une bonne nouvelle.
Ici, grâce à la bonne gestion de la crise de la pandémie par nos autorités, nous sommes aussi sur la bonne voie.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un pélican blessé qui s’est réfugié dans la ferme de canards de Shaji, dans les backwaters.
C’est un journal important du Sud de l’Inde qui nous a raconté cette histoire, la semaine dernière.

Les pélicans sont des oiseaux migrateurs, ils font de la migration entre plusieurs états de l’Inde. Ils se nourrissent de poissons vivants, ils pêchent avec leur grand bec.
Ils partagent les mêmes plans d’eau que les canards élevés par Shaji, qui depuis 5 mois accueille un drôle d’oiseau au milieu de ses canards

“L’oiseau, un pélican à bec tacheté, est venu dans la famille de Shaji il y a environ cinq mois. Sa femme, Sreedevi, a trouvé l’oiseau de grande taille avec une longue tête unique, flottant sur l’eau avec une blessure à l’aile. “Nous n’étions pas sûrs de la gravité de la blessure, mais il était clair que l’oiseau était faible et ne pouvait pas voler. Plus tard, nous avons appris qu’un groupe de pélicans avait quitté leur maison saisonnière dans une rizière à proximité”, a déclaré Shaji.”

Le visiteur, qui se nourrit de poissons vivants, continue de flotter sur l’eau 24 heures sur 24 pendant que Shaji et sa femme y tendent la main sur leur bateau en polyester, et le visiteur semble maintenant avoir développé un lien incroyable avec le couple, qui l’entraîne à se déplacer avec le bateau pour gagner suffisamment de force.

“Il attend probablement le retour de son groupe au cours de la prochaine saison afin de rentrer chez eux avec eux. Jusque-là, nous avons décidé de le protéger des prédateurs”, a déclaré M. Shaji tout en racontant quelques tentatives de piéger l’oiseau.

Bien que les responsables forestiers, qui avaient visité l’endroit il y a quelques semaines, aient proposé de déplacer le visiteur ailé vers un autre endroit sûr, ils ont abandonné plus tard.

Selon PO Nameer, professeur de faune à l’Université d’agriculture du Kerala à Thrissur, les pélicans à bec tacheté sont des oiseaux migrateurs locaux qui vivent dans d’immenses colonies de reproduction à travers le Tamil Nadu, le Kanataka et l’Andhra Pradesh. “Récemment, il a également commencé à atteindre le statut de résident local avec la découverte d’un lieu de reproduction local à Alappuzha”, a-t-il déclaré en louant la compassion manifestée par l’éleveur de canards et sa famille envers l’oiseau en détresse.”

Voilà la belle histoire racontée par le journaliste de The Hindu.

Cette belle histoire me fait penser à la compassion dont a fait preuve une partie des gens au Kerala pendant ce temps de confinement. Les touristes bloqués à Varkala, une plage très réputée, un peu comme vos plages du Pas-de-Calais, disent qu’ils sont très aidés par les habitants du pays, alors qu’ils se sentent abandonnés, par leur pays d’Europe ou d’Amérique, hormis les anglais qui ont été soutenus par leur ambassade !!

Compassion aussi envers les migrants internes de l’inde. Comme l’histoire de migration des oiseaux à l’intérieur de l’inde, les humains migrent aussi d’un état à l’autre.

Au Kerala, beaucoup de travailleurs viennent du Nord de l’Inde pour travailler dans l’agriculture, le bâtiment etc. Avec le confinement, ils ne pouvaient plus travailler.

Le gouvernement du Kerala a décidé de prendre en charge le logement et la nourriture, en déléguant aux collectivités locales, les panchayats, la mise en œuvre des mesures, livrant chaque jour les repas….

Comme pour le pélican de Shaji, la population des migrants s’est trouvée protégée.

Dans une prochaine lettre, je vous raconterai comment notre état du Kerala a fait face à la crise du Coronavirus.

Je vous fais de gros gros bisous et surtout prenez bien soin de vous, car le virus est toujours présent et menaçant.

A lundi,

Shila

 

Lettre de Shila : “Le combat des femmes au Kerala”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour les enfants,

J’espère que vous allez bien et que vous commencez à retrouver votre nouveau rythme, après un si long temps de confinement.
Pour moi, la reprise du travail devrait bientôt arriver, mais pas comme avant, car le virus est présent et nous devons prendre les précautions nécessaires.

Aujourd’hui, je veux vous parler du combat des femmes au Kerala.
Je vous ai dit que la tradition Nair, matriarcale, avait une belle influence sur le droit des femmes chez nous, plus que dans les 28 autres états indiens.

Malgré cette tradition, le droit des femmes n’est pas toujours reconnu.

Comme le combat des dalits, il y a un siècle à Vaikom, contre la discrimination qui les empêchait à emprunter les routes et à entrer dans les temples, les femmes poursuivent le même combat contre la discrimination aujourd’hui, qui leur interdit d’entrer dans le temple de Sabarimala.

En effet, le 1er janvier 2019, il y a un peu plus d’un an, la presse mondiale relatait la plus grande manifestation mondiale des femmes, qui se passait au Kerala.
Comme pour les dalits en 1924, à qui l’entrée d’un temple était interdite, en 2019, les femmes âgées de 10 à 50 ans sont empêchées d’entrer dans le fameux temple de Sabarimala, au Kerala, et ce malgré la décision de la Cour Suprême de l’Inde, prise en septembre 2018.

Mon voisin Henri m’a recommandé pour vous l’article suivant, très explicatif, très intéressant :

” La constitution indienne, depuis 1950, dit l’égalité hommes femmes :

Selon le droit constitutionnel, les citoyens indiens sont égaux en droit et les discriminations fondées sur le sexe d’un individu sont formellement prohibées. La constitution indienne garantit l’égalité hommes-femmes dans son article 14, prohibe les discriminations d’État à cet égard dans son article 15-1.”

Malgré tout cela, les deux femmes qui ont réussi à entrer dans le temple de Sabarimala en décembre 2018, soutenues par 5 millions de femmes et par le gouvernement du Kerala, ces deux femmes sont obligées de se protéger contre leur famille et les traditionalistes hindous.
Le combat est loin d’être gagné, mais 5 millions de femmes formant une chaîne de 620 kilomètres, du nord au sud du Kerala, c’est très beau et encourageant.

Je peux vous faire une confidence, moi, la belle éléphante, si gentille, je suis très fière de ma famille, chez nous c’est la mère éléphante qui commande, pas en dictatrice, bien sûr, mais en promouvant une société très démocratique.

Si je peux vous donner mon avis cependant, j’ai une immense admiration pour ces femmes, mes voisines, qui continuent leur combat pour leurs droits fondamentaux.

Je vous fais de gros gros bisous, et surtout n’oubliez pas que le virus est présent ; prenez bien soin de vous.

A vendredi,

Shila