Archives de catégorie : la bise de shila

De la part de Luna et Maki : “Centre d’observation d’un Cogito Lego Sum de Londres” (épisode 19)

Maki et Luna nous envoient cette dix-neuvième photo du Centre d’observation des éléphants de Londres nouvellement créé par les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale.

Une fin temporaire de nos envois d’images d’éléphants anglais. Cela coïncide avec vos vacances et pour nous une fin provisoire du confinement, comme le montre cette photo de Mae, une amie de Luna que nous avons vu, chez elle après des mois de contact Skype ou zoom.
Ce sont certainement des temps incertains et on ne sait pas ce que la semaine d’après nous réserve. Bon courage et profitons au mieux !
À très vite,
Luna et Maki

Merci chers observateurs pour ce mot plein d’espoir, et bisous à Mae,

Shila

De la part de Luna et Maki : “On vous souhaite un bel Eté”

Maki et Luna nous envoient ce message du Centre d’observation des éléphants de Londres nouvellement créé par les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale.

Merci chers observateurs, au plaisir de vous retrouver en septembre. Bel Eté !

Shila

Bonjour tout le monde,

Avec Luna, l’observation quotidienne d’éléphant.e.s à Londres a transformé notre regard. On cherche et on voit des pachydermes partout, et à chaque observation on pensait à vous !
Aujourd’hui clôture l’observation mais on se retrouve à la rentrée pour de nouvelles aventures.

En attendant, n’oubliez pas de demander autour de vous pourquoi il y a un gros morceau de marbre à la ferme, pourquoi une main semble pointer vers le sol, pourquoi il est écrit une date future sur le toit ou pourquoi 2050 est évoqué sur un gobelet en plastique.

On vous souhaite un bel Eté et bon courage à tou.te.s dans tous vos projets !

PS: peut être qu’un grand livre d’or va circuler pour que vous le signer, on ne sait jamais.

Luna et Maki

Lettre de Shila : “Bonnes vacances chers enfants, au plaisir de vous retrouver en septembre”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Mes très chers enfants,

J’espère que vous vous être en forme pour profiter bientôt des vacances !

La mousson du sud-ouest est enfin arrivée chez moi. Il pleut tous les jours ! La pluie ici est magique et même forte parfois mais tellement belle ! J’adore me faire arroser et écouter le son des gouttelettes atteindre le sol. Ça me rafraîchit… Parfois, mon cornac se cache sous mon ventre pour échapper à la pluie. Hi hi hi… ! Vous avez déjà entendu parler du pétrichor, cette odeur de terre qui survient après la première pluie ? Oh là là, c’est incroyable ! Je suis sûre que vous adoreriez cette pluie si vous la voyiez.

Comme je dois encore rester confinée chez moi, je commence à observer les papillons et oiseaux autour de moi. Je réalise à quel point j’habite un lieu magnifique. Il y a tant d’oiseaux, de papillons et d’araignées. J’ai appris avec surprise qu’il existe des tableaux de chauve-souris, de tarentules dans mon pays ! Une fois, j’ai même vu un papillon appelé « Papilio buddha ». J’étais vraiment impressionnée ! Il est tellement incroyable qu’il est devenu le papillon emblématique du Kerala. Je vais vous envoyer des photos.

Je voudrais partager avec vous ce que j’ai appris pendant ce confinement :

  1. L’arbre typique du Kerala est le cocotier
    La plante du Kerala est le cassia fistula
    L’animal du Kerala est l’éléphant
    Le Sceau officiel ou l’emblème de l’Etat représente deux éléphants protégeant l’Etat
    L’oiseau du Kerala est le Calao bicorne
    Le poisson de l’état est le chromide vert (Etroplus suratensis)
    Le fruit du Kerala est le jacquier
    Le papillon du Kerala est le Papilio buddha
    Et…
    La grenouille violette (aussi connue sous le nom de grenouille Mahabali parce qu’elle revient sur terre une fois par an tout comme le roi Mahabali, selon la mythologie hindoue, qui rend visite à son peuple du Kerala durant le festival d’Onam). Elle va probablement devenir la grenouille emblématique du Kerala bientôt !
  2.  Nous devons prendre soin de notre planète pour notre propre survie. Les animaux, plantes et les humains font tous partie de cette même terre.
  3. Si chaque famille peut entretenir son propre petit jardin, cela contribue à un bon air, une bonne eau, une bonne terre, de l’exercice et de la nourriture ! On réalise à quel point ils sont importants dans une situation telle que le confinement ou lors de problèmes climatiques.
  4. Chacun d’entre nous devrait planter plus d’arbres ou de plantes pour aider les abeilles, papillons et les autres animaux à survivre. S’ils disparaissent, qui pollinisera vos arbres fruitiers or vos légumes ? Il n’y aura plus de nourriture ! Rendons à notre planète un avenir vert !
  5. Tous les êtres humains sont bons. Ils se soutiennent, surtout quand les choses empirent. Jis m’a raconté comment une famille inconnue l’a hébergée pendant 50 jours durant le confinement. Je trouve ça merveilleux ! Soyez gentils avec votre entourage.

Je suis très triste parce que cette lettre est la dernière que je vous envoie mes chers enfants adorés, pour cette saison. Mais cela a été une expérience tellement agréable d’avoir eu la chance de vous parler, vous les beaux enfants de France, qui vivaient si loin de moi ! Je remercie mon voisin, Henri et sa nièce Jis qui vous ont conté ma vie joyeuse. Je remercie également les enfants d’Henri, Elodie et Samuel ainsi que ses petits enfants qui ont aimablement pris part à l’aventure. J’envoie des milliers de bisous à Emmanuel, Claude, Ethan, Perrine, Yanelle, Brandon et Lilian.

J’espère que vous aurez la chance de voir la beauté de la terre dans sa perfection. J’espère qu’un jour, vous viendrez dans mon pays et que vous me rendrez visite. J’espère que vous grandirez en étant bons et respectueux de la planète. Je vous envoie toute mon affection.

On se retrouve en septembre prochain. D’ici là, profitez bien de la plage :

De gros bisous à vous tous,

Shila

De la part de Luna et Maki : “Centre d’observation de mon posse londonien” (épisode 18)

Maki et Luna nous envoient cette dix-neuvième photo du Centre d’observation des éléphants de Londres nouvellement créé par les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale.

Merci chers observateurs : “Elephant live matters !”:

Shila

De la part de Jis : “Au plaisir de vous retrouver”

Jis, scientifique indienne résidant au Kerala, l’un des états de l’Inde, correspond régulièrement par le personnage de Shila avec les enfants pour leur dire ce que vivent les éléphants, les humains, les plantes, l’écosystème de ces contrées.

Jis nous envoie ce message au terme d’une première saison de correspondances épistolaires. Merci chère Jis, au grand plaisir de vous rencontrer et partager avec vous le plaisir de ressentir la beauté du monde.

Je tiens à vous remercier de m’avoir fourni la merveilleuse occasion de communiquer avec de jeunes enfants dans une autre partie du monde. J’espère et je fais confiance à ces lettres pour les aider à grandir vers la nature et la beauté qu’elle offre. J’espère que nous pourrons bientôt faire de la Terre un bel endroit.

Jis

Lettre de Shila : “Vive la culture, vive le mahabharata”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Chers enfants,

Je suis un peu triste en pensant que cette année, vous n’allez pas faire votre fête de clôture de l’année culturelle, avec votre spectacle exceptionnel.

Je sais par Emmanuel et Henri, que ce spectacle, impliquant toutes les maisons et vos ateliers, est absolument extraordinaire. Vous dansez, vous faites du cirque, de la musique, de l’acrobatie, etc. ; vous faites un théâtre extraordinaire. Je suis très fière de vous et aimerais tant vous voir.
Je sais l’importance que vous donnez à la culture et cela me réjouis. Si vous m’invitez, je serai ravie de venir vous voir pour le spectacle en 2021.

Aujourd’hui je vais vous parler du Mahabharata.

C’est un livre très ancien ou plutôt un ensemble de 18 livres, écrits environ 5 siècles avant Jésus-Christ. Il y a 108000 vers, en sanskrit, la langue ancienne de l’Inde.

C’est l’histoire des êtres humains : “maha” signifiant grand et “Bharat” signifie l’Inde. L’histoire de la grande Inde !!

Monsieur Jean-Claude Carrière, grand spécialiste dans votre pays de ce texte important pour nous, le résume en quelques mots. Il parle très bien de Krishna, le héros du mahabharata . Monsieur Carrière a contribué, en tant que scénariste à la série télévisée de Peter Brook, qui a fait connaître le Mahabharata en Europe :

“Le Mahabharata (The Mahabharata) est une mini-série télévisée internationale en 6 épisodes de 55 minutes, réalisée par Peter Brook, diffusée en 1989, d’après sa mise en scène théâtrale, elle-même inspirée du texte hindou du Mahabharata. La mini-série a ensuite connu une version en film plus courte, d’une durée d’un peu moins de 3 heures.”
Jean Claude Carrière a compris que pour bien connaître la culture et la civilisation d’un peuple, il faut connaître ses livres anciens, sa mythologie… Il a écrit le dictionnaire amoureux de l’Inde”.

Concernant l’importance de la culture, je sais que la créatrice du théâtre du soleil, à la cartoucherie de Vincennes, Ariane Mnouchkine milite depuis très longtemps pour son développement dans les écoles et dans la société.

Elle a créé “une chambre en Inde”, superbe spectacle où sont joués des extraits du mahabharata. Cette Lady est vraiment exceptionnelle.

Vous allez me demander de vous résumer le mahabharata, c’est quasiment impossible de résumer 18 livres !!

Le Mahabharata relate l’histoire d’une guerre entre les Pandava, les fils du roi Pandu, et les Kaurava, les fils du roi Dhritarashtra, le frère aîné et aveugle de Pandu, tous de la caste des guerriers, les Kshatriya, dans la région de Delhi.
Mon cher voisin Henri m’a envoyée pour vous une bonne illustration de cette histoire fascinante.

Henri a eue la chance de voir jouer une partie du mahabharata à côté de chez moi, au temple de Kurichithanam. Ça dure toute la nuit devant le temple, où l’on avait installé un grand chapiteau. Les acteurs jouent avec une technique traditionnelle très ancienne du Kerala, le kathakali.

Les acteurs ne parlent pas mais ils expriment les sentiments par le mime et ils ont le visage peint de couleurs extraordinaires, et portent des habits exceptionnels. Les rôles de femmes sont joués par les hommes.

Nous y voyons des danses indiennes, c’est admirable.
Il y avait même un éléphant comme acteur, ici c’est la réalité.

Les spectateurs arrivent, partent et reviennent, ils sont très libres d’aller prendre une boisson ou un encas…
Je ne vous donne que ce petit exemple qui est chez moi, mais partout en Inde, le théâtre de rue, la culture sous toutes ses formes est présente dans tous les villages.

Le mahabharata est si important pour nous, il fait partie de notre culture et nous avons aussi un autre livre très ancien, le Ramayana, écrit six siècles avant Jésus-Christ.

Ces écrits fondent notre culture, je tenais à vous en parler aujourd’hui, en pensant vraiment à vous qui, en raison du Covid-19, ne pouvez pas exprimer vos talents d’acteurs et d’artistes cette année.
Je partage votre tristesse car c’est aussi la mienne, nous n’avons pas encore repris ces grands moments de bonheur partagé avec le théâtre et les différentes activités culturelles.

Je reste pleine d’espoir, car je sais que vous allez pouvoir reprendre vos activités artistiques et culturelles après les vacances.

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila

De la part de Luna et Maki : “Centre d’observation d’une fable de La Fontaine de Londres” (épisode 18)

Maki et Luna nous envoient cette dix-huitième photo du Centre d’observation des éléphants de Londres nouvellement créé par les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale.

Merci chers observateurs, je ne connaissais pas cette fable intitulée “L’éléphant rose et les deux colombes”. Sa morale, à mon goût, pourrait conclure ainsi :

“Rien ne sert de se tromper, il faut savoir s’envoler à point”.

Shila

Lettre de Shila : “De qui sommes-nous ?”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour chers enfants,

Prêts pour la fête du 2 juillet, demain, dans vos Maisons ?

C’est une belle date, chaque année, car elle signifie, m’a expliqué mon cher voisin Henri, que tous : équipes, enfants, vous vous donnez-rendez-vous pour suivre le cours des vies de chacune, chacun, telles qu’elles vont et ce jusqu’au moins 2050 :

Cette fête m’inspire beaucoup, car elle pose la question de nos origines, et de nos devenirs. C’est une question, que moi l’éléphante philosophe, je me pose comme vous, puisque je ne connais pas trop mes parents, et que je ne sais pas de quoi demain sera fait (je pense que mon cornac a une idée plus précise à ce sujet).

Emmanuel, l’ami de mon voisin Henri, m’a signalé qu’il était possible de faire naître des éléphants sans qu’une maman et un papa ne se connaissent. Je ne sais pas si cela est bien ou si cela est mal, je me dis juste que l’important est que ce petit éléphanteau vive une belle vie. Je l’espère pour lui.

Chez vous, les humains, le premier bébé né selon les mêmes techniques que pour la naissance de l’éléphanteau fabriqué, a été conçu voici quarante ans. Elle s’appelle Miss Louise Brown et a un fils qui s’appelle Cameron.

En France, dans votre pays, le premier bébé fabriqué s’appelle Amandine, et a donné naissance à son tour son premier bébé en 2013.

Emmanuel m’a signalé cet article, très savant, qui compare les laboratoires en Inde, mon pays, et en France votre pays, destinés à fabriquer des êtres vivants sans que maman et papa ne se connaissent, ou ne se fassent des câlins pour enfanter.

Si j’ai un peu compris cet article, je crois que cela nous rappelle ce dont je vous parler à propos du singe et du caillou ; il faut en permanence s’assurer qu’une invention ne bascule pas dans le mal, et l’aider à rester dans le bien.

Plus important encore, c’est je pense de nous demander si animaux, humains, sommes aussi importants pour que tout le monde se dise que la vie est belle. Comme vous le savez, dans mon pays, il a été décidé il y a bien longtemps de mon caractère sacré, statut que je partage avec d’autres animaux.

Emmanuel m’a raconté qu’il y a bien longtemps chez vous, cela était aussi le cas. Les animaux étaient considérés comme des êtres capables de réfléchir, de ressentir, d’être responsables de soi, au point qu’ils avaient droit à des avocats quand des humains n’étaient pas contents contre eux au point de leur faire un procès.

Moi l’éléphante curieuse de tout, j’observe que chez vous les animaux sont de nouveau considérés par les juges quand il s’agit de défendre leurs droits à vivre, c’est une très bonne nouvelle.

Emmanuel m’a dit aussi que vous, petits d’hommes, étiez partis en 2017 en quête de Justinien, qui a beaucoup réfléchi à vos droits voici des siècles. Il avait alors décidé que tout enfant est digne d’être entendu pour changer le cours de sa vie – ce qui n’était pas évident à l’époque si j’ai bien compris.

J’en suis très heureuse, chers enfants, c’est la moindre des choses tant je vous sais réfléchir sur vous-mêmes jour après jour.

Voici ce que je me dis, et ces pensées je vous les envoie pour qu’elles arrivent demain, 2 juillet : plus on médite à propos de l’existence d’autres que soi, plus on peut s’y référer pour dire qui nous sommes, plus on se considère soi-même, et plus le cours de la vie s’annonce heureux.

Je vous souhaite un joyeux 2 juillet, chers enfants,

A demain,

Bisous,

Shila

De la part de Luna et Maki : “Centre d’observation d’une trompe à vélo de Londres” (épisode 17)

Maki et Luna nous envoient cette dix-septième photo du Centre d’observation des éléphants de Londres nouvellement créé par les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale.

Merci chers observateurs, vous pouvez compter sur moi pour ne pas me dégonfler.

Shila

Lettre de Shila : “Le monde à ma mesure”

A l’attention des enfants et des équipes de la part de M. Henri Villeneuve, membre de notre Conseil d’administration.

Henri voisine d’année en année non loin de chez Shila et lui a parlé de vous : Shila est très intéressée et souhaite converser avec vous, malgré sa timidité, tant elle vous apprécie d’ores et déjà selon les  dires élogieux d’Henri.

Etes-vous d’accord pour dialoguer avec cette créature de plusieurs tonnes ?

Henri et Emmanuel, directeur adjoint aux affaires culturelles de notre association, seront vos porte-parole.  Shila vous répondra sans fautes.

Bonjour chers enfants,

Mon cher voisin Henri me dit que cette semaine de rentrée, vous patientez sagement devant le portail de l’Ecole avant d’entrer le matin sous l’autorisation de la directrice ou du directeur d’établissement tant il faut faire attention à ce que chaque classe soit bien installée pour que le virus ne se propage pas.

Henri me dit que pendant ces moments d’attente, vous aimez poser à vos éducatrices et éducateurs des questions arithmétiques. Compter le nombre de tours sur vous-mêmes que vous venez de faire en tournant comme dans un manège, ou combien de dodos avant de revoir Maman, Papa : ce sont là en effet des questions très importantes.

Et puis mon cher voisin Henri me dit aussi que le week-end, quand vous partez en randonnée, vous savez exactement le nombre de kilomètres parcourus pour en conclure que c’était une sacrée aventure.

Savez-vous combien de kilomètres moi, l’éléphante, je parcours quand je suis mon cornac pour aller entretenir la forêt ?  Quarante kilomètres maximum, me dit Henri. Il faut vous dire que souvent je suis véhiculée à bord d’un camion pour rallier le lieu de mon travail.

Ma copine Jis me dit que certaines de mes cousines et cousins sauvages, pourchassés par des personnes mal intentionnées, ont pu parcourir deux cents kilomètres en une journée.

Emmanuel, l’ami de mon voisin Henri, m’a dit que d’après les chercheurs qui, tout comme ma copine Jis, observent la vie sauvage, l’animal parcourant le plus grand nombre de kilomètres à l’année serait le loup gris de Mongolie : sept milles deux cents quarante sept kilomètres d’après leur relevé ! Ouille ouille ouille, j’en ai mal aux pattes rien que d’y penser.

Quand nous autres les pachydermes nous courrons, nous pouvons aller presqu’aussi vite que l’humain le plus rapide du monde, bien qu’étant bien plus lourds. Nous avons été chronométrés à quarante kilomètres / heure. Moi l’éléphante contemplative, je suis admirative de votre recordman du monde du cent mètres ; Mister Usain Bolt, a été chronométré à quarante-quatre kilomètres / heure lors de son record du monde :

Chez les animaux, l’animal le plus rapide est un oiseau : un faucon pèlerin qui a pu être chronométré à trois-cents quatre-vingts neufs kilomètres / heure en vol piqué ! Cette performance folle le place parmi les voitures d’humains les plus rapides du monde. L’animal le plus lent de tous est le paresseux : vous savez ? Sid, dans « l’âge de glace ». Il se déplace en moyenne à la vitesse de deux mètres par heure.

Emmanuel m’a expliqué qu’il avait été nommé “paresseux” car les humains s’exaspéraient de sa lenteur. Moi l’éléphante qui ait plusieurs rythmes selon ce que mon corps permet pense que la lenteur peut être une sagesse.

Et savez-vous combien mesure l’animal le plus grand du monde, et l’animal le plus petit du monde ? Quarante-cinq mètres, pour la baleine bleue, et sept, huit millimètres pour la grenouille Paedrophryne amauensis. Autant je ferais attention à ne pas marcher sur cette grenouille, autant je ferais attention à laisser passer la baleine s’il y a une priorité à droite au rond-point devant la plage.

Je me demande combien vous mesurez, selon les années. Pour moi, vous grandissez chacun à votre façon.

Mais tout cela, chers enfants, pose la question la plus intéressante de toutes : combien de kilomètres par jour pensez-vous que nous tous, vous les enfants, vous les humains, nous les animaux (mais aussi mes chères bananes ou noix de coco) parcourront dans l’univers quand la Terre tourne autour du Soleil en une année ?

Et bien c’est deux millions cinq cents soixante-treize milles deux cents cinquante-deux kilomètres. Oui oui, et à la vitesse incroyable de cent sept milles trois cents vingt kilomètres / heure.

Extraordinaire n’est-ce pas ?

Beaux déplacements chers enfants,

A demain,

Shila