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Lettre de Shila : “Animaux Graffitis Bunkers”

Bonjour chers enfants, avez-vous profité ce week-end d’un moment pour aller sur la plage non loin de chez vous, du côté du Mont Saint-Frieux ? Emmanuel me dit que vos éducatrices et éducateur vous proposent d’y marcher entre mer et dunes de temps en temps pour s’aérer, regarder les magnifiques paysages.

Henri et Emmanuel me disent que sur cette plage se trouvent des drôles de maisons, construites il y a bien longtemps durant une guerre terrible. Henri et Emmanuel me disent que par chez vous, il y a plein de ruines de ces maisons, appelées « bunkers ».

Dans mon pays je ne connais pas de telles maisons, je suis toute étonnée. Henri et Emmanuel me disent que ce n’étaient pas des maisons accueillantes dont vous savez mon affection : elles étaient conçues pour faire du mal. Hummm, que je n’aime pas ça.

Henri et Emmanuel m’ont expliqué qu’aujourd’hui, des personnes cherchent à donner à ces bunkers un nouveau sens, et qu’elles font dessus des peintures pour cela :

Est-ce que des éléphants sont peints sur ces drôles de maisons ? Emmanuel m’a dit qu’un artiste talentueux en avait eue l’idée à quatre-cents cinquante kilomètres de chez vous, sur la plage d’une commune appelée Biville :

Magnifique représentation de moi, n’est-ce pas chers enfants ? J’espère qu’un jour vous irez à Biville pour m’y voir.

Emmanuel me dit que cet artiste a réalisé d’autres peintures sur ces bunkers, où l’on y peut voir par exemple un magnifique nautile (c’est une sorte de pieuvre, d’après ce que m’a dit Henri).

Henri et Emmanuel me disent que des humains trouvent que ce n’est pas bien de peindre sur ces maisons, car elles sont avant tout les témoins de la guerre atroce. Henri et Emmanuel me disent aussi que la force de la mer est telle, qu’un jour prochain ces bunkers, aussi impressionnants soient-ils, vont disparaître, submergés.

Mes chers enfants, moi l’éléphante passionnée d’Histoire, je me dis que ces peintures d’animaux sur ces drôles de maisons sont l’expression d’une volonté des humains depuis des milliers d’années pour célébrer la beauté du monde.

Je pense à cette récente découverte dans un pays à dix mille kilomètres de chez moi, en Indonésie, de l’autre côté de mon océan. Ce serait d’après vous autres les humains le premier dessin réalisé de votre part, il y a quarante-cinq mille ans : c’est un cochon !

Et, plus près de chez vous, des humains ont représenté de manière extraordinaire des animaux.

Tout comme ces bunkers, certains endroits peints de votre part il y a des milliers d’années vont disparaître, envahis par la mer.

Alors, chers enfants, si je comprends bien ceux qui n’aiment pas qu’on dessine sur ces drôles de maisons de vos plages car c’est changer l’interprétation qu’on doit pourtant leur donner, je me dis que la beauté du geste de celui qui peint reste de première importance tant c’est un acte positif :

Bonne ballade à la découverte des animaux – graffitis – bunkers chers enfants,

Gros bisous,

A lundi,

Shila

Lettre de Shila : “Le son du silence”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ? Pas eu trop de mal à vous endormir hier soir ? Vos éducatrices et éducateurs si bienveillants ont-ils réussi à faire revenir au calme votre maisonnée, si bien que vous ayez pu vous assoupir dans un silence de rêve ?

Dans les grandes villes de mon pays, ce n’est pas très calme, c’est même très bruyant. Je suis heureuse d’être une éléphante campagnarde, car moi qui ait de si grandes oreilles, je suis sûre que je deviendrais rapidement folle avec tant de sons :

J’admire mes cousines et cousins citadins, je ne sais comment ils parviennent à rester tranquilles. Et je ne vous parle pas de Pooram à Thrissur pas loin de chez moi. Les humains sont déchaînés ! :

Mon cher voisin Henri me dit que le Kerala est aussi prisé pour la qualité de son silence, permettant à vous, les humains, d’organiser ce que vous appelez des « retraites de méditation ». Si j’ai bien compris, c’est essayer de ne pas bouger, d’être le plus calme possible, pour tenter d’écouter la sagesse qui serait en chacun de nous.

Hummm, très intéressant. Il faut je pense être très concentrée pour parvenir à un tel degré de paix intérieure.

Emmanuel m’a expliqué un phénomène incroyable, que je ne savais pas. Les humains ont découvert que le silence absolu, si l’on n’y prend pas garde, peut rendre fou tout être vivant au bout d’à peine quarante-cinq minutes.

Si j’ai bien compris, des scientifiques et des ingénieurs recherchent à travers le Monde le « silence absolu » afin de voir si cela peut servir le bien-être de toutes et tous :

Une de ces recherches a montré que le « silence absolu » ne pourrait exister même si tout autour de nous, il n’y avait aucun son.

Ah bon ?

Bah oui : Emmanuel m’a expliqué que le son du battement de notre cœur, ou de celui de notre respiration, seraient même dans ces circonstances absolument désagréable.

Moi l’éléphante philosophe, je me demande bien comment nous pourrions dès lors définir le silence. Il ne semble pas vraiment pouvoir exister. Henri et Emmanuel me disent que c’est, effectivement, un casse-tête, et que beaucoup d’humains se penchent sur cette question épineuse depuis des centaines et des centaines d’année. Toute la difficulté, si j’ai bien compris, est de savoir faire la différence entre « le silence », « le néant », « le rien », « le vide ».

Ouille ouille ouille, j’en ai mal à la tête rien que d’y penser.

Je préférerais aller dans l’espace à bord d’une des fusées de mon pays : au-moins là-haut, il n’y’a rien et ce serait plus aisé de vivre dans le silence.

Emmanuel me dit que je me trompe ; les humains ont découvert que l’univers est aussi très bavard.

Ah, mes chers enfants, je comprends que même si parfois c’est pénible (ça fait mal aux oreilles, on en a la tête farcie), le bruit, c’est la vie.

Je vous propose cette solution, trouvée notamment par des moines habitant dans les immenses montagnes au Nord de mon pays ; puisque nous avons besoin de bruit pour vivre, autant l’organiser en jolis sons pour trouver les voies de la sérénité :

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Always the Sun”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Henri m’a dit que samedi vous avez pu profiter de la neige pour bien vous amuser. Mon cher voisin Henri me dit qu’en ce moment par chez vous les températures sont vraiment frisquettes, l’Hiver est donc digne de ce nom.

Hier je vous parlais des fêtes que nous organisons dans mon pays en ce moment pour fêter la journée la plus courte de l’année : le solstice d’Hiver. Emmanuel me dit que vous autres, les humains, avaient remarqué une curiosité l’année dernière : notre Terre a tourné plus vite sur elle-même, du coup la journée la plus courte de l’année est un peu plus courte que les journées les plus courtes.

Ouille ouille ouille, que c’est bien mystérieux tout cela.

Cela va vous paraître au moins tout aussi bizarre, mais les températures par chez moi n’ont rien à voir avec les vôtres. A Kurichithanam, mon village, les températures hivernales sont dignes d’un très bel Eté chez vous.

Henri me dit que le mois prochain, les températures devraient encore un peu augmenter.

De manière générale, il fait toujours bon vivre au Kerala ; nous sommes très habitués à une chaleur constante.

Oh, certes, il peut y avoir des gelées dans mes montagnes, mais quand cela arrive, c’est considéré comme un événement incroyable.

Vous devez vous dire que lorsqu’il y a, dans le sens inverse de la chaleur (record de températures à la hausse), cela doit être infernal. Et bien pas tant que ça finalement. Ces derniers temps, la forte canicule au Kerala a atteint 42 degrés : ce n’est pas si terrible.

Emmanuel me dit que, tout comme dans votre pays, le bulletin météo de mon pays est parmi les émissions télévisées les plus regardées par mes compatriotes. Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer le bulletin de vendredi. C’est passionnant n’est-ce pas ? :

Moi l’éléphante curieuse, je me demande comment se fabriquent les températures sur notre Terre. Est-ce que ce sont vos radiateurs ou vos frigos qui expliquent cela ? Emmanuel m’a envoyé pour vous un film qui raconte bien les mécanismes de ce que vous, les humains, appelez le « climat » :

Si je comprends bien, au cœur de ces lois de la physique incroyables, une étoile, que vous appelez « le soleil », joue un rôle central :

Je comprends que ce soleil est notre ami, sans lequel nous ne pourrions exister. Pourtant, à le regarder d’un peu plus près, je le trouve bien tumultueux :

Emmanuel me dit que vous autres, les humains, avaient récemment envoyé un robot qui ne sera vraiment pas loin du Soleil pour mieux comprendre encore comment il fonctionne.

Cher robot, même si les humains t’ont façonné pour que tu puisses résister aux températures infernales si près de notre étoile star, je t’envoie des bisous pour que tu saches te protéger du mieux possible. Bonne chance, cher « Parker Solar Probe ».

Mais au fait, si le soleil est une étoile, ça veut dire qu’il y a plein de soleils au-dessus de nos têtes ?

J’ai essayé de les compter hier soir, alors que le ciel était dégagé au-dessus de mon petit pré. J’ai arrêté au bout de 54, je n’en pouvais plus. Emmanuel me dit que seules des machines commencent à nous dire combien il y aurait de soleils dans l’espace. C’est un chiffre phénoménal.

Devinez… 300 000 000 000 000 000 000 000 !

Mes chers enfants, je trouve le soleil fascinant et vous propose de vous joindre à moi pour le célébrer en chantant tous ensemble ce refrain : « Always the Sun » 😊

Gros bisous les enfants,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Que la fête commence bonne fête de Pongal, Bihu, Lohri et de Makar Sankranti !!”

Chers enfants,

Vous sortez tout juste des fêtes de Noël et du nouvel an, et je suppose que vous avez fêté entre vous et dans vos familles. Ici, en Inde, dès janvier nous entrons dans une nouvelle saison de fêtes. Au Kerala, chaque village organise la fête du village en janvier ou février, avec la participation de musiciens, d’artistes. Tous les villageois y participent avec bonheur.

Il est cependant une fête importante et qui dure plusieurs jours, que l’on vient de fêter dans de nombreux états de l’Inde, du sud au nord et de l’est à l’ouest, fête pour laquelle j’ai reçu de nombreux messages, me souhaitant un joyeux Pongal, un joyeux Bihu, un joyeux Lohri ou encore un joyeux Makar Sankranti.

Makar Sankranti est une grande fête des récoltes célébrée en Inde et dédiée au Dieu Soleil, Surya. C’est le premier grand festival à être célébré en Inde et a généralement lieu en janvier, cette année, le festival sera célébré le 14 janvier 2021. Makar Sankranti marque le transit du soleil vers Makara (Capricorne) raashi (signe du zodiaque), avec le soleil se déplaçant vers le nord, cette période est également connue sous le nom d’Uttarayan et est considérée comme propice. La fête des récoltes est à la fois une célébration religieuse et saisonnière. Alors que le festival est célébré dans toute l’Inde, différents États célèbrent le festival sous différents noms, avec leurs propres traditions et festivités uniques. La fête de la récolte s’appelle Maghi et est précédée par Lohri dans le nord de l’Inde par les hindous et les sikhs. Makara Sankranti et Poush sôngkrānti dans le Maharashtra, Goa, Andhra Pradesh, Bengale occidental, Karnataka et Telangana, Sukarat dans le centre de l’Inde, Magh Bihu dans l’Assam et Thai Pongal ou Pongal par les Tamouls.”

Je pense que pour vous, chers enfants, ça paraît un peu compliqué tout cela : une même fête qui porte 4 ou 5 noms différents, et célébrée avec des coutumes très différentes en fonction des états et des traditions locales.

Cette fête est liée au solstice d’hiver, où nous vivons le jour le plus court de l’année. Le soleil (Surya) est vénéré et attendu, sachant que nous sommes au cœur de l’hiver, il fait froid ; le soleil va devenir plus chaud. À la mi-janvier, dans le Nord de l’Inde, il fait encore froid, mais comme l’Inde se situe dans l’hémisphère Nord, tous savent que les beaux jours reviennent.

Une caractéristique de cette 1ère fête de l’année est le rassemblement autour du feu, où l’on se réchauffe et aussi des feux où mijotent les repas qui vont être partagés.

Une autre caractéristique commune est la danse, qui permet d’exprimer la joie, tout en se réchauffant.

Cette fête n’a pas lieu au Kerala, peut-être parce que, chez nous, l’hiver ne se fait pas sentir dans notre climat tropical !!

Je vais essayer de vous expliquer comment nos voisins du Tamil Nadu fêtent “Pongal”, entre les bons plats de riz mijotés et la course de taureaux,

Comment les Punjabis fêtent “Lohri”, avec des bons repas autour d’un grand feu,

Comment les Gujaratis fêtent “Makar Sankranti” avec des milliers de cerfs-volants multicolores et des lanternes lumineuses lâchées dans la nuit,

Comment les Assamais s’amusent en brûlant les huttes construites la veille ou cassent les marmites !!

HAPPY PONGAL :

Pongal est fêtée dans l’état voisin du Tamil Nadu, à une centaine de kms de chez moi, et je peux vous dire que nos voisins s’en donnent à cœur joie !!

Pongal est un festival hindou de trois jours célébré principalement dans le sud de l’Inde. Il est célébré pendant l’hiver lorsque le soleil atteint son point le plus méridional selon les calculs hindous.

Dérivé d’un mot tamoul, Pongal signifie bouillir. Le riz est bouilli dans du lait et offert au soleil d’abord, puis aux vaches et ensuite à la famille et aux amis.”

 C’est merveilleux de voir les femmes et les jeunes filles, en groupe, faisant bouillir le riz, sur la place publique, et le servant à tous, sur une feuille de bananier : c’est vraiment la fête !!

Légendes derrière Pongal

La légende la plus populaire associée à Pongal est que le premier jour, connu sous le nom de Bhogi, le Seigneur Krishna a soulevé la montagne Goverdhan dans son petit doigt, pour protéger le bétail et les gens d’Indira, le dieu de la pluie.

La légende associée au Seigneur Shiva est que le troisième jour de Pongal, le seigneur Shiva a envoyé son taureau Nandi pour dire aux gens de prendre un bain d’huile tous les jours et de manger une fois par mois. Nandi a dit aux gens de manger tous les jours et de se baigner une fois par mois.

Après cela, le Seigneur Shiva en colère a envoyé Nandi sur terre pour aider les humains à récolter plus de nourriture et c’est alors que Pongal est devenu un festival de la récolte.”

Une des traditions très connue, liée au taureau Nandi, a lieu le 3ème jour de Pongal, c’est le jallikattu, une sorte de course de taureaux :

Le jallikattu est une fête qui fait partie de la tradition tamoule du sud de l’Inde, connue également sous le nom de Ertajuvudhal (embrasse le taureau) ou encore Manju Virattu (chasse du taureau). Elle est célébrée dans l’État du Tamil Nadu, lors de la fête du Pongal, où l’on honore le bétail pour son labeur, le soleil et généralement l’agriculture. Elle consiste à lâcher un taureau sur une place où des athlètes tentent d’embrasser, à mains nues, l’animal à l’intérieur d’une limite de distance.”

BONNE FÊTE DE LOHRI :

Dans l’état du Penjab, très loin de chez moi, à 3000 kms, au Nord de l’Inde, c’est la fête de Lohri. Je n’ose pas vous souhaiter ” Happy Lohri “, car on m’a dit que je fais un mauvais jeu de mot !! Je vous souhaite donc, en français, “une bonne fête de Lohri” :

« Lohri est un festival folklorique traditionnel d’hiver célébré en Inde par des habitants de la zone nord. C’est un festival de joie qui commémore le passage du solstice d’hiver et attend avec impatience des jours plus longs alors que le soleil se dirige vers l’hémisphère nord… »

Cette année, le festival de la mi-hiver est célébré le 13 janvier 2021.

Histoire et signification

Il existe plusieurs contes entourant l’origine du festival Lohri. Quelques récits attribuent l’origine du festival à la région de montagne himalayenne où les hivers sont plus froids que le reste du pays.

Après des semaines de récolte de la récolte de Rabi, les gens se rassemblaient autour d’un feu de joie et célébraient le passage du solstice d’hiver et la promesse de la saison printanière à venir. Le festival est également dédié à la divinité du soleil, Surya, car ce jour-là, les fidèles s’attendent à ce qu’il revienne après les froides journées d’hiver et lui demandent chaleur et soleil.

Une autre légende attribue la célébration de Lohri à l’histoire de « Dulla Bhatti » qui était un héros local de la région du Pendjab et pendant le règne d’Akbar, a travaillé comme un sauveur du peuple. Il a sauvé un groupe de jeunes filles de la vente en esclavage.

Ses actes ont été transmis comme une légende et sont profondément inculqués dans le folklore punjabi. Sur Lohri, « Dulla Bhatti » est célébré et diverses chansons et danses sont exécutées en son honneur.

Célébrations

Chaque année, la fête de Lohri est célébrée avec le feu de joie traditionnel. Contrairement à la plupart des festivals en Inde où des gens visitent leur famille et leurs amis et distribuent des bonbons, etc., les célébrations de Lohri sont marquées par des personnes qui se rassemblent dans un lieu commun et installent un immense feu de joie avec divers types de délices sucrés exposés pour manger ensemble.

Au Pendjab, le festival est célébré en mangeant des gerbes de maïs torréfié de la nouvelle récolte. Alors que la récolte de canne à sucre de janvier se termine également pendant cette période, de nombreux produits de la canne à sucre tels que le gurh et le gachak sont au cœur de la nourriture de célébration.

Les gens se rassemblent ce jour-là pour danser leur cœur et profiter de la chaleur du feu et de l’esprit amical. Aucun festival Lohri n’est complet sans les mouvements énergiques de Bhangra et Gidda et certaines personnes décorent également leurs maisons.

Même pendant la pandémie de Covid-19, l’esprit de Lohri se perpétue alors que les gens se connectent via des appels à zoom avec les membres de leur famille pour marquer les célébrations de ce festival. Je souhaite à tous un Lohri brillant et joyeux !

HAPPY MAKAR SANKRANTI

HAPPY UTTARAYAN

Dans l’état du Gujarat, où la fête de Makar Sankranti porte aussi le nom de “Uttarayan”, on organise la fête du cerf-volant, comme chez vous, à Berck. C’est le festival des cerfs-volants.

Le cerf-volant est une partie importante de Makar Sankrani, les États du Gujarat et du Rajasthan s’y livrent avec beaucoup plus d’enthousiasme. Dans le Gujarat, les gens fabriquent des cerfs-volants chez eux des mois avant Makar Sankranti, et la journée est célébrée comme le Festival international du cerf-volant à Ahmedabad et a été lancée en 1989.

Selon certaines croyances, la tradition du cerf-volant a été lancée pour que les gens soient exposés au soleil, ce qui les débarrasserait de la maladie causée par l’hiver. Les rayons du soleil, en particulier tôt le matin ou en fin d’après-midi, sont une bonne source de vitamine D. On pense également que les gens décoraient le ciel avec des cerfs-volants colorés afin de remercier les dieux.”

Les cerfs-volants s’arrêtent à la nuit tombée pour laisser la place à un autre spectacle : le lâcher de milliers de “tukkal”, lanternes en papier, c’est tout simplement féerique !!

Cette fête est aussi marquée par les bains dans les rivières telles que le Gange, la Yamuna, c’est le début du pèlerinage hindou, la Kumbh Mela qui va durer de janvier à avril 2021 et rassembler des millions de personnes. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un reportage au sujet de cette belle fête.

HAPPY BIHU

Dans l’état de l’Assam, la fête du solstice d’hiver est le Bihu :

« La célébration de la fin de la saison des récoltes et des hivers froids et rigoureux porte des noms différents dans les États indiens culturellement variés et Magh Bihu dans l’Assam en fait partie. Comme Lohri et Makar Sankranti, le Magh Bihu ou Bhogali Bihu de l’Assam marque également le solstice d’hiver et célèbre les jours qui s’allongent avec le soleil poursuivant son voyage vers le nord…

Cette année, Magh Bihu sera célébré le vendredi 15 janvier 2021. Le mois de janvier-février est appelé Magh dans le nord-est de l’Inde tandis que « Bihu » tire sa signification du mot sanscrit « bishu » qui signifie «demander la prospérité des dieux pendant la saison des moissons.

Importance et célébrations :

Développé à partir du festival Magan de Kachariby et par les cultures indo-aryennes, l’ethnie tibéto-birmane et aussi celles d’Austroasiatique, le festival a des essences diverses. La majorité en Assam, cependant, est composée d’Asiatiques tribaux indigènes qui sont sino-tibétains et austroasiatiques.

Le premier jour de Magh Bihu ou Uruka ou le Bihu Eve, les femmes préparent des produits alimentaires tels que Chira, Pitha, Laru, Curd pour le jour suivant des célébrations. Les jeunes, principalement des hommes, vont dans les champs et construisent des huttes de fortune, ou Bhelaghar, en utilisant du bambou, des feuilles et du chaume.

Un Meji ou feu de joie est allumé tôt le matin de Bihu et des prières sont offertes aux dieux.

Le lendemain, les huttes sont incendiées, les gens prennent un bain tôt le matin et des jeux traditionnels assamais comme le tekeli bhonga (casser la marmite), les combats de buffles, les combats de coqs et les combats d’œufs ont lieu. Manger et s’amuser dure environ une semaine.

Diverses variantes de gâteaux de riz, y compris le til (sésame) pitha, le narikol (noix de coco) pitha, le tekeli pitha, le ghila pitha et le sunga pitha sont fabriqués et distribués avec d’autres délices comme des bonbons à base de noix de coco appelés Laru, laddoo en sésame, noix de coco et murmura ou du riz soufflé. »

Je suis consciente, chers enfants, d’avoir été vraiment trop bavarde pour vous expliquer cette fête du solstice d’hiver et fête des récoltes. Je suis sûre que vous aussi êtes très heureux de voir le soleil vous réchauffer et vous éclairer de plus en plus, mais on m’a dit que l’hiver dure plus longtemps à Boulogne !!

J’en profite encore et encore pour vous souhaiter une bonne fête de Pongal… Et vous fais de gros bisous.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “L’artisanat indien”

Chers enfants,

Je sais que vous êtes très intéressés par la culture et que chacune de vos maisons porte le nom d’un art, allant de la danse à la musique en passant par le cirque et le sport jusqu’à la maison des découvreurs.

Je sais aussi que vous pratiquez chacun de vous un art de votre choix. Et j’ai entendu dire que vous êtes en train de reproduire une charrette médiévale !!

Je vous ai parlé de mes cousins qui peignent avec leur trompe ou qui adorent écouter le piano. De mon côté, j’observe avec beaucoup d’intérêt les maisons qui m’entourent, dont certaines ont des peintures murales très anciennes, faites par les artistes kéralais, dans la tradition de mon pays.

Le camion tata qui me sert de taxi est merveilleusement peint, avec des couleurs très vives.

L’artiste Vipin, qui peint la mangrove, est un exemple de la vitalité de la peinture en Inde :

L’Inde a toujours été spéciale en raison de son unité dans la diversité. Cela peut être la langue, la diversité culturelle ou l’art populaire. L’Inde n’a pas nécessairement besoin de couleurs et de toiles pour l’art, on peut trouver de l’art indien sur l’argile, la pierre, le marbre, le bois, le tissu, le tissu, le mur, les feuilles, etc. L’Inde a des peintures traditionnelles indiennes populaires transmises de génération en génération et a toujours le importance en 2020…

Les peintures murales du Kerala sont une image de la mythologie hindoue et des légendes, dessinées sur les murs des temples. L’histoire de cet art est de retour entre le 9ème et le 12ème siècle de notre ère. Les temples et palais du Kerala sont tous un régal visuel avec les histoires d’anciens dieux et déesses hindous.

Une peinture murale est une œuvre d’art peinte ou appliquée directement sur les murs, les plafonds ou toute autre surface permanente. Mais aujourd’hui, l’art est passé des peintures murales aux peintures sur toile et papier. Les couleurs sont préparées à partir de pigments végétaux et minéraux. Les pigments les plus fréquemment utilisés dans les peintures murales du Kerala sont le rouge safran, le jaune safran, le vert, le rouge, le blanc, le bleu, le noir, le jaune et le jaune d’or.

Les plus anciennes des peintures murales trouvées au Kerala sont celles du temple de la grotte de Thirunandikkara qui fait maintenant partie du district de Kanyakumari au Tamil Nadu. Ces peintures sont un symbole de beauté naturelle et de grâce, d’élégance et de simplicité.”

Le Kerala, parmi les 29 états indiens, a un artisanat traditionnel très riche, allant du travail de la noix de coco transformée en ustensile de cuisine (louche, cuillère, tasse…) au coir, fibre de coco utilisée pour les nattes, les sacs, les paniers….

L’état offre une incroyable variété d’artisanat allant des sculptures en métal et en bois, des bijoux en métal, des statues en granit aux produits en coco et en laque….

Tous les États indiens ont leur propre culture et beauté uniques. Chaque état a également son artisanat unique et séduisant avec tout son charme expressif à offrir.

Dans un monde en mutation et globalisation où les machines ont pris la place d’une main, nos artisans ont préservé nos artisanats uniques qui sont un symbole de notre patrimoine et de notre civilisation couvrant des millénaires. C’est une sacrée chose dont on peut être fier.”

L’art peut aussi être mis au service de la protection des arbres et de la lutte contre la déforestation. J’ai entendu parler de cette histoire à plus de 2500 kms de chez moi, dans l’état du Bihar, où des femmes et des jeunes filles ont exposé les peintures sur les arbres, contribuant ainsi à la protection de leur forêt :

Les expositions de peinture de Madhubani sur des troncs d’arbres ont contribué à lutter contre la déforestation en 2012. Les femmes et les filles du district de Madhubani de Bihar ont trouvé ce moyen de lutter contre le problème avec l’art et ont sauvé des centaines d’arbres.”

La richesse et la diversité de l’artisanat en Inde sont aussi immenses que l’est mon pays, il suffit que vous visitiez les temples, les palais et les nombreux monuments, tels que le Taj Mahal, pour voir les sculptures de la pierre, du bois et bien sûr du marbre pour en admirer la beauté.

Dans l’état de l’Assam, à 3600 kms de chez moi, les artisans travaillent le bambou, c’est leur spécialité, ils fabriquent des paniers, des éventails, des instruments de musique…

Le tissage et la peinture sur les tissus est une spécialité que vous pouvez trouver dans de nombreux états de l’Inde. Les artisans réalisent des merveilles.

Dans l’état du Cachemire, à près de 3000 kms de chez moi, les artisans travaillent le papier mâché, mais ils sont très inquiets, car, en raison du contexte dans lequel ils vivent, ils craignent pour l’avenir de leur métier. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article à ce sujet :

Conduire un tuk-tuk paie plus que faire de l’art

On pense que le papier mâché, un artisanat minutieux et délicat, est arrivé au Cachemire au 14ème siècle avec des artisans persans. Il est depuis devenu une spécialité de la région, méritant ses prix et distinctions de praticiens.

Mais au cours des dernières décennies, l’art a lentement perdu son attrait au milieu des troubles croissants dans la vallée administrée par les Indiens. Les artisans en difficulté se sont tournés vers d’autres emplois pour joindre les deux bouts – comme conduire des tuk-tuks ou travailler comme vendeurs.

Et ils disent que leurs enfants ne sont plus intéressés à poursuivre ce qui a longtemps été un héritage familial. Les artisans plus âgés disent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de regarder un métier qu’ils aimaient autrefois mourir lentement.”

Je sais que chez vous aussi, en France, la situation n’est pas facile pour les artisans et les artistes, dans cette période de crise due à la Covid-19, mais l’éléphante très optimiste que je suis est persuadée que des lendemains meilleurs se préparent. Je sais que vous recevez un comédien en résidence à vos maisons, Rémy Boiron, engageant avec vous une relation qui vous aidera à exprimer vos talents.

On m’a dit aussi qu’un menuisier et un ébéniste “compagnons du tour de France“, artisans confirmés, vont venir chez vous, cette année, pour achever, avec vous, la réplique de la charrette médiévale.

Chers enfants, je suis admirative de voir que vous êtes intéressés par tous ces savoir-faire, héritage patrimonial passionnant. Toutes ces nouvelles renforcent mon optimisme.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Elephantus ex machina”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Je regardais hier la Maison de mon cher voisin Henri et me disait qu’il doit faire bon y vivre. Vous connaissez mon amour des maisons, elles sont comme nos amies accueillantes grâce auxquelles on a envie chaque matin de faire des belles choses pour le reste de sa journée :

Emmanuel, qui a lu cette lettre intitulée « Qui habitat », m’a dit qu’il n’en revenait pas que je sache parler le latin (cela veut dire « il habite » dans votre langue).

Ah, mes chères enfants, j’ai plein de tours dans mon sac, ainsi aujourd’hui j’aimerais vous parler en tant qu’« Elephantus ex machina ».

Ah ah ah, vous vous dites sûrement « Ouille ouille ouille Shila, arrêtes, tu me fais mal à la tête, tu m’embrouilles avec tes drôles de mots ». Eh bien je vous donne tout de suite la clé de l’énigme ; dans votre langue, cela veut dire « Eléphant sorti de la machine ». C’est inspiré d’une de vos formules « Deus ex machina », qui veut dire que des événements extraordinaires peuvent être crées par des puissances qui nous dépassent.

Alors voilà, c’est l’histoire d’une maison qui était un éléphant. Je vous en avais parlée lors d’une lettre sur les rêves de puissance des humains à notre propos :

Dans votre capitale, il y a bien longtemps, des humains ont construit un éléphant géant.

Aujourd’hui disparu, ce monument a inspiré un grand écrivain, Monsieur Victor Hugo, qui, dans « Les Misérables », a raconté que l’enfant personnage principal de son livre : Gavroche, se réfugiait dans le ventre de cet éléphant géant, comme si c’était sa maison, comme si c’était la maison de la République au nom de laquelle il se battait sur les barricades aux côtés de toutes celles et tous ceux convaincus des idées du Siècle des Lumières.

Cette idée : un éléphant qui par l’ampleur de sa stature accueille les idées de liberté, d’égalité, de fraternité me plait beaucoup. Si j’étais une maison, ce serait celle-là, la vôtre mes chers enfants.

Emmanuel m’a dit que, non loin de chez vous, et il n’y a pas si longtemps, l’éléphant maison renaît de ses cendres. Un monsieur architecte a inventé un cousin mécanique pour célébrer les deux cents ans de la Révolution française.

L’histoire de cette machine formidable est un peu mouvementée ; aujourd’hui me disent Henri et Emmanuel, vous pouvez la visiter du côté de Maubeuge.

Mes chers enfants, les humains aiment tellement les éléphants qu’ils créent des machines, des robots à leur image. Je vous ai parlé de l’éléphant camion dans une lettre précédente :

Et bien les humains conçoivent aussi des éléphants robots pour tenir compagnie aux enfants :

Ils sont aussi en train de s’inspirer de nos trompes pour convaincre les enfants de se laver les mains souvent, et ainsi bien se protéger du satané virus.

Emmanuel me dit que vous avez des machines robots dans vos Maisons, au Fablab. Et bien j’espère qu’un jour votre Fablab accueillera ce qui est annoncé comme l’un des robots révolutionnant le monde de l’entreprise :  la “trompe robot” !

Ah mes chers enfants, quel voyage réjouissant dans le futur grâce à une formule latine d’il y a bien longtemps. Je vous propose de fêter cela en écoutant une musique d’un DJ appelé « Robot éléphant », composée avec des sons de chez moi :

Je vous embrasse très fort,

A lundi,

Shila

Lettre de Shila : “Les élections municipales au Kerala en décembre 2020, pour une gouvernance participative”

Chers enfants,

Je sais que vous avez eu, en France, les élections municipales en 2020. Elles ont été perturbées par le confinement dû à ce satané virus. Je sais que, comme en Inde, vous avez le droit de voter à 18 ans.

Nous venons de sortir de ce moment fort, au Kerala, qu’est la campagne électorale suivie de l’élection !! C’était en décembre 2020, il y a un mois.

Je peux vous dire qu’au Kerala, ça fait du bruit, même dans mon petit village, entre les discours, la musique avec les instruments traditionnels, comme les chandas, ces percussions traditionnelles. Beaucoup de bruit et beaucoup d’affichage, avec les candidatures locales très nombreuses, et les logos de chaque parti.

Vous ne serez pas surpris que l’état du Kerala a étonné l’Inde et de nombreux pays par le résultat du vote.

À Thiruvananthapuram (Trivandrum) , la capitale de l’état du Kerala, ville d’un million d’habitants, ville du temple de Sree Padmanabhaswamy dont je vous ai parlé, avec son immense trésor et sa chambre B, toujours fermée.

C’est une jeune femme de 21 ans qui a été élue maire. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article à son sujet :

L’élection d’Arya Rajendran à la tête de la capitale du Kerala suscite l’enthousiasme dans le pays. Cette étudiante a fait campagne sur la santé et l’hygiène, sous les couleurs du Parti Communiste.

C’est la plus jeune femme jamais élue maire en Inde. Et pas dans une bourgade ! Depuis le 28 décembre, Arya Rajendran, vingt et un ans et étudiante en mathématiques, dirige Trivandrum et son million d’habitants, la capitale de l’État du Kerala, à la pointe sud-ouest du pays.

Arya Rajendran n’en est pas arrivée là par hasard. Ses parents sont des membres actifs du Parti Communiste Indien. Lors de ses études, Arya Rajendran s’engage auprès de la branche jeunesse du parti dont elle devient présidente.

Elle se fait connaître dans son quartier en militant pour une meilleure gestion des déchets et l’ouverture d’un centre de santé primaire pour les habitants. Même pendant le Covid, les gens avaient peur de se rendre à l’hôpital. Je veux offrir de meilleurs soins pour tous, explique-t-elle à la TV, peu avant sa nomination.

Les étudiants doivent prendre part à la politique.

Le Parti Communiste a dirigé le Kerala quasi continuellement depuis l’Indépendance de l’Inde. Cet État est aujourd’hui connu pour son taux d’alphabétisation record de 92 % pour les femmes. C’est dans ce bouillon politique et social qu’Arya Rajendran a pu percer.

Des critiques ont cependant été émises au niveau local, lorsque l’idée d’une femme si jeune comme maire de Trivandrum a commencé à circuler. Mais Arya Rajendran a su les faire taire par une impressionnante assurance et détermination.

De tous bords, les médias Indiens saluent aujourd’hui le symbole que représente pour le pays l’élection de cette femme jeune et engagée. Les étudiants doivent prendre part à la politique, affirme Arya Rajendran sur Republic TV, une chaîne très à droite. Nous sommes des êtres sociaux, donc nous devons avoir une opinion sur le futur de notre pays“.

Arya Rajendran étonne en devenant la plus jeune maire d’une municipalité d’un million d’habitants, mais comme nous l’avons évoqué, il y a quelques mois, une autre femme a étonné le monde par sa gestion de la santé face à la Covid-19. C’est Madame Shailaja, la ministre de la santé du Kerala :

K. K. Shailaja est la Ministre de la santé et de la protection sociale au sein du gouvernement communiste du Kerala. Militante au Parti Communiste d’Inde (Marxiste), elle est saluée par la presse internationale pour son leadership dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 au Kerala. Le très sérieux journal d’information britannique The Guardian a fait un article sur sa victoire contre le COVID-19“.

Ce qui est intéressant de mettre en avant c’est d’une part la qualité des responsables politiques et d’autre part le mode de gouvernance qui s’appuie sur les élus locaux.

Le gouvernement du Kerala travaille en lien avec les élus locaux pour faire face au virus, tout en réglant les nombreux problèmes associés, comme celui des migrants venant du Nord de l’Inde et qui se sont trouvés du jour au lendemain sans travail. Le gouvernement du Kerala a demandé au panchayat, de régler les problèmes de nourriture et de logement, ce qui a permis à ces travailleurs de survivre dans la dignité, grâce à l’organisation locale.

Le panchayat est un terme très important en Inde, c’est la gouvernance au niveau du village, dans l’Inde rurale.

Après l’Indépendance, cette volonté est reflétée par l’article 40 de la Constitution de l’Inde, qui dispose que l’État prendra des mesures pour organiser les panchayats et leur accorder les pouvoirs et les compétences nécessaires pour leur permettre de fonctionner comme des entités de gouvernement autonome.”

Plusieurs rapports gouvernementaux sont écrits au sujet des gouvernements locaux en Inde mais il faut attendre 1992 et l’adoption du soixante-treizième amendement à la Constitution pour que la pratique des panchayats soit rendu obligatoire dans tous les États…

En outre, la Constitution reconnaît la possibilité de confier certaines compétences à la Gram Sabha, c’est-à-dire l’assemblée de tous les citoyens du village.

La Constitution prévoit que c’est aux États de décider des compétences des panchayats et des impôts qu’ils peuvent lever, mais leur confie la préparation de programmes pour le développement économique et la justice sociale. Ces programmes sont coordonnés dans chaque district par un comité de planification.

Depuis 1992, chaque état de l’Inde organise la gouvernance de son territoire, autant vous dire que le Kerala a beaucoup travaillé sur cette gouvernance de façon très démocratique.

Dès 1994, le Kerala a fait une première loi, insistant sur la décentralisation et la démocratie locale participative :

Le Kerala est un état dans la partie la plus méridionale de l’ Inde . Le Kerala, avec des indicateurs de développement appréciables comparables à ceux des pays développés, a expérimenté la décentralisation et la démocratie locale participative, visant finalement à réaliser l’objectif constitutionnel d’établir de véritables «institutions d’autonomie locale» depuis la promulgation de la loi Kerala Panchayat Raj et du Kerala Loi sur la municipalité en 1994.

Le Kerala compte 941 panchayats de village (Grama panchayats), 152 panchayats de bloc et 14 panchayats de district; dans les zones urbaines, il compte 87 municipalités et 6 corporations(communautés urbaines) soit un total de 1 200 institutions d’autonomie locale.

La loi du Kerala Panchayat Raj et la loi de 1994 sur les municipalités du Kerala ont été profondément restructurées en 1999 et plusieurs éléments novateurs établissant une base juridique solide pour la mise en place de véritables institutions d’autonomie locale ont été intégrés.”

Le Kerala est un état où la démocratie locale participative est très active, je peux en témoigner, moi l’éléphante très observatrice, et j’en suis aussi très fière car je me méfie de ces gens qui décident seuls et qui perdent la raison, comme on a pu le voir dans un grand pays où le président n’accepte pas l’élection de son successeur !!

Je peux témoigner aussi de la fierté des citoyens qui montrent leur index après avoir voté. En Inde, pour éviter que les gens ne votent deux fois, une encre indélébile est enduite sur le doigt.

C’est l’image classique qui a éclaté à travers le monde à chaque élection générale indienne – des électeurs souriants sortant d’un isoloir, levant un doigt enduit d’encre bleue, l’étalant comme un insigne d’honneur pour avoir voté dans le plus grand exercice démocratique du monde…”

L’encre est essentielle au processus démocratique de la nation. Il est indélébile, évitant ainsi la fraude électorale et le double vote. Dessiné avec un pinceau ou un bâton sur l’ongle et la cuticule de l’index de la main gauche, il est conçu pour durer des semaines, jusqu’à ce qu’un nouvel ongle pousse.

L’entreprise publique Mysore Paints & Varnish fabrique de l’encre, basée sur une formule chimique secrète, depuis 1962, lorsque, dans la perspective du troisième général après l’indépendance, la Commission électorale a demandé à l’entreprise de fabriquer une encre qui pourrait ne pas être frotté ou lavé… Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article qui raconte cette histoire :

Je ne sais pas quelle est la formule secrète moi-même!” a déclaré le directeur général de Mysore Paints & Varnish, le Docteur Chandrashekhar Doddamani. “Je n’ai pas le droit de savoir. Seuls deux de nos chimistes à un moment donné connaissent le secret et le transmettent à leur retraite”. Est-il conservé dans un coffre-fort, comme la formule Coca Cola? “Non, pas un coffre-fort, mais seuls deux de nos chimistes savent où il se trouve”, a-t-il déclaré.”

Gouverner, chers enfants, est un art. Mon petit pays à la chance d’avoir des citoyens très cultivés et aussi très engagés pour bâtir une société où la santé, l’éducation et le bien-être sont des priorités. La constitution de l’Inde, suite à son 73e amendement de 1992, a permis à chaque état de s’organiser. Le Kerala a fait le choix de faire participer ses citoyens à la construction d’une société où il fait bon vivre ensemble, entre les humains et aussi les éléphants.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Des trains pas comme les autres”

Bonjour chers enfants,

Hier, je vous parlais de magnifique motos. Emmanuel m’a dit que beaucoup d’entre vous rêvez de ce véhicule à deux roues pour aller où que bon vous semble. Emmanuel m’a aussi raconté que souvent, vous prenez le train pour retrouver votre famille, pour aller au Lycée ou sur votre lieu de stage.

Avez-vous prise La flèche d’or en gare de Boulogne-sur-mer ?

Quelle créature impressionnante, quel beau cri par son sifflet et ses mécanismes à vapeur pour annoncer son arrivée. J’ai aussi entendu ces sons extraordinaires pas loin de mon petit pré :

Formidable machine inventée par vous autres, les humains.

Il faut vous dire que le train est une invention au sujet de laquelle, nous les éléphants, avons dû apprendre à nous méfier, tellement nos rencontres avec les locomotives pouvaient être problématiques.

Dans mon pays, cela devenait tellement tragique que les humains ont réfléchi pour éviter que les trains et les éléphants ne se créent des accidents par inadvertance. Que croyez-vous que les humains aient mobilisé pour prévenir de tels dégâts ? Des abeilles ! Eh oui, nous autres les éléphants détestons le bruit que ces minuscules bestioles peuvent faire en frottant leurs ailes :

Nous nous en méfions car ces sons annoncent que nous risquons des piqures aux yeux et à la trompe, ouille ouille ouille.

Et bien les indiens, pour éviter que nous traversions les voies ferrées au risque de provoquer des collisions avec les trains, diffusent dans des haut-parleurs répartis le long des lignes ferroviaires le son des bourdonnements d’abeilles pour nous avertir qu’il vaut mieux que nous passions notre chemin.

Ingénieux n’est-ce pas ?

Bon, parfois cela ne fonctionne pas exactement comme il le faudrait. Ainsi de mon cousin pachydermique qui s’est mis en tête de pousser la locomotive dans le sens inverse de son trajet :

Je me dis que ce n’est pas pour rien que le train ait pu être surnommé par vous « la bête humaine », car c’est une création de votre part aussi impressionnante que les plus grands animaux vivant sur notre Terre :

Voyez-vous chers enfants, les trains, tous comme les éléphants, sont beaucoup admirés par leur grandeur, leur force, et pour leur capacité à s’y sentir bien en leur compagnie. Je pense à votre flèche d’or, ralliant votre capitale à Calais, puis de l’autre côté de la mer, en Angleterre dans de très belles conditions autrefois.

Je pense au Golden charriot, train qui par chez moi circulait et circule encore du Nord au Sud de mon pays avec une qualité d’accueil épatante.

Mes chers enfants, le train est très important pour mon pays comme pour le vôtre.

Beaucoup, beaucoup d’humains le prennent chaque matin pour aller dans les familles, aller au travail. C’est pourquoi mon pays consacre tant d’efforts pour moderniser son réseau.

D’abord en l’électrifiant, ce qui permettra de réduire la pollution.

Et, si tout se passe bien, pour faire circuler des trains aussi rapides que les plus rapides de vos trains ; les TGV.

Chers enfants, moi, l’éléphante philosophe, me dis que l’important n’est quand même pas d’arriver le plus rapidement possible d’un point à l’autre ; ce que vous pouvez vivre, contempler, ressentir chemin faisant est au moins aussi important. Cela permet de penser aux raisons pour lesquelles nous aimons, espérons rejoindre quelqu’un.

J’espère que vous apprécierez encore mieux mes petites lettres en regardant ce voyage en train, raconté par un Monsieur de votre pays entre Bombay et Thrissur :

Gros bisous les enfants,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “La moto en Inde, un moyen de transport bien adapté”

Chers enfants,

Je sais qu’à Boulogne, vous avez de nombreux moyens de transport : la voiture ou votre minibus, lorsque vous êtes en groupe, le vélo, les bus de la ville et la marche à pied bien sûr !!

Ici, au Kerala, je peux vous dire que les gens voyagent énormément, le train pour les grandes distances mais aussi les bus : les transports en commun sont très développés !! Mais je dois avouer que je vois et j’entends les motos à longueur de temps, sur la petite route qui longe mon habitat.

La moto est l’un des moyens les plus utilisés pour se rendre au travail, à l’école pour les étudiants âgés de plus de 17 ans, ou encore pour faire les courses et pour la ballade… !!

Le climat tropical du Kerala permet de rouler à moto de façon si agréable, il fait chaud et quand il pleut, un équipement léger permet de se protéger !!

Il existe des dizaines de marques de moto, allant de la petite moto à la grosse cylindrée !!

L’une d’entre elles est reconnaissable entre toutes, c’est la Royal Enfield qui est mythique ; le papa de ma voisine Jis a une Royal Enfield depuis plus de 30 ans, il faut voir comment il la bichonne, elle brille comme une neuve et le son du moteur est reconnaissable entre tous, elle pétarade avec un son différent de toutes les autres !!

Aujourd’hui, il n’est plus le seul avec une Royal Enfield, c’est incroyable le succès de cette marque. Le slogan est plutôt guerrier : “Made like a gun, goes like a bullet” (ça veut dire : « fabriquée comme une arme, rapide comme une balle »).

C’est la raison pour laquelle on l’appelle la “bullet” (prononcer : “boulette”).

Comme quelques marques prestigieuses britanniques, (Jaguar, Land Rover…), la Royal Enfield née en 1893 est fabriquée depuis 1970 à Chennai (Madras) en Inde à 600 kms de chez moi, est devenue indienne en 1994.

Chronologie de la Royal Enfield :

1893. À l’origine un fabricant de vélos, Royal Enfield tire son nom de la fabrication de pièces pour la Royal Small Arms Factory, Enfield

1901. Produit ses premiers vélos motorisés en Grande-Bretagne

1914-18. Pendant la Première Guerre mondiale, l’entreprise basée à Redditch fournit des motos aux armées britannique, belge, française, américaine et russe

1932. Construit la légendaire moto «Bullet», dotée du moteur incliné «sloper»

1939-45. Produit des motos militaires ainsi que des bicyclettes, des générateurs et des canons antiaériens pendant la Seconde Guerre mondiale – le plus célèbre “Flying Flea”, à l’usage des parachutistes et des troupes de planeurs

Années 60. L’apogée culturelle des motos classiques, mais de nombreuses marques ont du mal, y compris Royal Enfield

1970. cesse ses activités au Royaume-Uni, sa filiale indienne reprend la production

1994. La société indienne Eicher Motors achète Enfield India, la renommant Royal Enfield Motors Limited

2020. Le Royaume-Uni est toujours un marché clé – son Interceptor 650 est la moto de poids moyen la plus vendue

Je sais que, si vous êtes intéressés pour faire de la moto Royal Enfield, elle est vendue en France, près de chez vous à Merlimont, ou encore à Cerisay où mon ami Henri s’est arrêté, tout surpris de voir ces motos vintage, fabriquées en Inde et exposées là !!

L’Inde depuis 2017, est devenue le premier constructeur de motos au monde en en vendant plus de 17 millions cette année-là !!

Les ventes de Royal Enfield, qui ne fabrique que des motos dans le segment intermédiaire (catégorie 250-750 cm3), ont augmenté de 88% dans la région au cours de la dernière année.” C’est dire le succès des deux roues motorisées, scooters et motos chez les hommes mais aussi pour les femmes et les jeunes filles qui font très facilement de la moto et avec un réel plaisir, comme moyen de transport personnel mais aussi en club. Le lady bullet riders de Thiruvananthapuram (Trivandrum) en est un exemple :

Cependant, même si nos relations avec la Chine sont compliquées, j’ai une petite préférence pour les exploits des femmes chinoises transportant à moto les sacs de thé sur les pentes escarpées de l’Himalaya !

Mon pays n’en a pas terminé avec son histoire d’amour avec les motos britanniques classiques. Après avoir redonné une nouvelle vie à la mythique Royal Enfield, voilà que Mahindra, le riche propriétaire de la marque éponyme vient de racheter la marque britannique BSA et espère avoir le même succès que Royal Enfield, en vendant de très nombreuses motos. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article à ce sujet :

BSA, qui signifie Birmingham Small Arms, a été fondée à l’origine en 1861. Dans les années 1950, c’était le plus grand fabricant de motos au monde, possédant les marques Triumph et Sunbeam.

Mais il a fait faillite et a cessé sa production dans les années 1970 avant d’être racheté par le groupe Mahindra en 2016.”

Voilà, comme le dit l’article, que les fabricants indiens montrent leur amour pour les vieilles marques britanniques et leur donnent une nouvelle vie. De plus ces fabricants sont confrontés aux nouvelles normes environnementales. Ils sont en train de construire les nouvelles motos électriques chez Royal Enfield comme chez BSA, c’est le monde de la moto de demain.

Je tenais, chers enfants, à vous parler de ce moyen de transport, tant utilisé par les Indiens, et je ne vous cacherai pas que je suis très heureuse des recherches en cours sur la moto électrique, car ici, en Inde, je souffre fréquemment du bruit et du niveau sonore passant les 100 décibels !! Si bien que je préfère voir passer les vélos !!

Je vous fais de gros bisous.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “L’amour d’un artiste pour les mangroves”

Selon la science, les enfants connectés à la nature ont tendance à grandir en meilleure santé, à être plus heureux, à réussir plus facilement leur vie professionnelle et à se soucier davantage de l’environnement.

Né dans un beau village orné de mangroves, Vipin K. Nair est devenu artiste en s’inspirant de la nature. Enfant déjà, il représentait sur papier et en couleur la nature qui l’entourait. De façon intéressante, Vipin est devenu aujourd’hui un artiste indépendant qui a organisé une exposition intitulée : « mangroves : life on the edge ! ». Il se dit fasciné par la forme unique des plantes de mangrove et par un sens esthétique distinct qui leur est propre. Dans ses tableaux réalisés à la peinture acrylique et à partir de charbon de bois, il se concentre sur les racines robustes des mangroves ressemblant à des mains et sur la façon dont elles protègent le littoral.

Cette nouvelle m’a poussée à en savoir plus sur ces écosystèmes. J’ai contacté ma voisine Jis qui m’a expliqué que les mangroves forment un groupe de plantes qui poussent dans les marais salines ou saumâtres. Les Nations Unies, avec l’appui de chercheurs scientifiques, ont défini les mangroves comme une barrière naturelle aux tsunamis. Le Kerala possède de grandes étendues d’eaux saumâtres qui sont remplies de plantes de mangrove, malheureusement réduites en raison de projets de développement. Ces eaux saumâtres connaissent des variations saisonnières de salinité.  Les mangroves ont de solides racines épaisses qui donnent l’impression qu’elles marchent. Elles ont de minuscules racines appelées pneumatophores au-dessus de l’eau qui permettent les échanges gazeux.

J’ai été surprise d’apprendre que leurs graines (appelée vivipares) germent sur l’arbre avant de tomber dans l’eau afin d’augmenter leurs chances de survie dans des conditions difficiles gorgées d’eau. Les mangroves forment un habitat pour les oiseaux, un lieu de reproduction pour différents types de poissons, crevettes et homards. Les pêcheurs et agriculteurs sont très conscients de l’importance des mangroves.

Vipin a représenté les mangroves qui entourent sa maison à Cochin. C’est par son travail artistique qu’il a essayé d’apprendre davantage sur l’histoire de Cochin, les mangroves et les habitants locaux. Il a voulu faire prendre conscience que les mangroves subissent une dégradation à un rythme préoccupant mettant en péril la protection des côtes. En tant que graphiste et artiste autodidacte, Vipin a remporté en 2013 le prix d’État du Kerala nommé « Lalitha Kala Academy ». Il est illustrateur chez Eureka (Sastra Sahitya Parishad), un magazine scientifique à destination des enfants kéralais. Il est également impliqué dans divers projets en lien avec des maisons d’édition et des magazines pour enfants. Il travaille actuellement sur une nouvelle série artistique en lien avec la nature. Je vous joins quelques photos de l’exposition de Vipin sur les mangroves « life on the edge ».

Mes chers amis, n’est-ce-pas incroyable de voir un artiste s’inspirer de sa terre et de son enfance ? Il existe des films en malayalam sur les mangroves et les gens qui y vivent. Un film a même identifié différentes sortes de mangroves à travers une chanson folklorique ! Jis m’a dit qu’elle aussi avait trouvé sa voie dans les sciences naturelles grâce à son enfance passée dans un beau village doté de ruisseaux, d’arbres et d’oiseaux. Je suis consciente que nous n’avons pas tous la chance de vivre dans un village, mais nous pouvons certainement créer notre propre jardin quel que soit l’endroit où nous vivons, n’est-ce pas ? Créons des jardins qui feront partie de notre vie. Si nous passons du temps à jardiner, nous aurons des fleurs, des abeilles, des papillons pour nous inspirer. Restons toujours inspirés pour faire de grandes choses !

Je vous embrasse tous !

A demain,

Shila