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Lettre de Shila : “Le chat léopard (des apparentements et de leurs surprises)”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Avez-vous vu ce matin encore le chat gris tourner autour de vos Maisons, site Splingard ? Emmanuel, qui me téléphonait pour me faire un bisou, me dit que ce chat est devenu comme un nouveau résident tant chaque jour il tourne, il tourne autour de vos Maisons, pas gêné pour un sou, s’asseyant devant vous comme s’il habitait là depuis un temps fou.

Mon cher voisin Henri me dit aussi que du côté de votre autre Maison, à Wimille, une chatte est comme chez elle chez vous, si bien qu’elle a eu des chatons.

Humm, les chats, ce sont quand même de sacrées créatures.

L’autre jour, alors que j’essayais de calculer le nombre d’êtres vivants sur Terre… :

… Une nouvelle fois, le chat qui se dort la pilule sur le toit du patio d’Henri est venu marcher sur les touches de ma calculette (enfin celle d’Henri, mais chuuut) : j’ai dû tout refaire alors que ces calculs étaient archi compliqués.

Grrr, que ce chat m’agace… Il est de couleur rousse, a les pattes blanches et une queue plutôt épaisse.

J’en ai parlé à Kuttan ; lui aussi a vu ce chat squatter mon petit pré. Kuttan m’a dit qu’il ne fallait pas que je prenne ombrage de cette créature, car elle serait sans doute un spécimen très peu connu des humains, assez mystérieuse.

Quoi ? un chat ? Mystérieux ? Hummm, mais moi aussi je suis mystérieuse, désirable dans le regard de vous-autres les humains. La preuve ; vous me mettez souvent en scène au cinéma :

Kuttan a senti que j’étais vexée, et comme il sait le faire si bien, il m’a raconté avec sa douce voix combien ce chat pouvait intriguer, combien la quête de son origine était importante pour comprendre comment la vie s’épanouit.

Bon ok, alors Kuttan ? Quelle est donc cette intrigue que porterait en lui le chat qui ne fait rien qu’à m’embêter dès que je sors ma calculette (enfin celle d’Henri, mais chuuuut) ?

Kuttan m’explique que ce chat pourrait être un descendant du léopard.

Heuuuuu, quoi ? Une si petite bestiole, descendante d’une si grande bestiole ? Non non non, j’en ai entendu des balivernes, mais alors là, c’est inconcevable.

Kuttan me dit que des recherches très sérieuses de vous-autres, les humains, ont repéré dans le corps du chat rubigineux des traces du léopard.

Vous appelez ces traces, des traces génétiques : des minuscules, minuscules, minuscules petites choses que l’on trouve dans cellules des êtres vivants ; animaux, humains, plantes.

Ah oui, OK, l’ADN :

Kuttan me raconte aussi que ces recherches d’ADN indiquent que mes cousins d’Afrique ne formeraient pas une grande et même famille, mais deux familles distinctes, l’une vivant dans la savane, l’autre vivant en forêt.

Hummmm, très intéressant.

Chers enfants, je comprends qu’à mesure que nous vivons des rencontres se tissent de nouvelles arborescences de nous.

Emmanuel me dit que le mouvement peut être inverse ; la variété des cousines et cousins d’un être vivant peut se rétrécir par l’action des humains, de la Nature. Ainsi, m’explique Emmanuel, au Moyen-âge les humains ont failli faire disparaître les chats au profit d’un autre animal ; la genette.

Hummm, aurais-je préféré être importunée par une genette plutôt que par ce chat ? That is the question…

Moi l’éléphante philosophe me dit qu’à tout prendre, je serais heureuse de composer avec cette multitude : un chat, un éléphant de la savane, un éléphant de la forêt, une genette, un léopard, et tout ce que Mère Nature aura enfanté.

A la santé de la vitalité de notre vie ; c’est un souhait que je formule avec vous en regardant mes chères étoiles au-dessus de mon petit pré ce soir :

Je vous embrasse les enfants,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Le sel c’est la vie (une seconde histoire de la cité idéale)”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Etes-vous aller en promenade sur les plages de votre joli petit pays avec vos éducatrices et éducateurs, profitant du beau Soleil d’Automne dont mon cher voisin Henri me dit qu’en ce moment par chez-vous, il offre de somptueux atterrissages sur la mer à la fin de la journée ?

Est-ce que, tout comme moi, vous avez constaté une drôle d’impression sur vos lèvres et dans vos narines au terme de ces randonnées maritimes ?

Hier encore, quand mon cher Kuttan m’a promené sur la plage proche de mon petit village, je ressentais une sensation piquante au retour dans mon petit pré.

Kuttan m’a dit que lui aussi ressentait cet agacement nasal, et puis mon cher cornac m’a aspergé d’eau, et s’en est aspergé sur lui aussi ; une bonne douche et, hop ! ; on se sentait à nouveau libéré tous les deux de ce goût bizarre.

Kuttan m’a expliqué que ce désagrément à chaque fois que nous allons sur la plage est bien connu des humains. Si j’ai bien compris, il y a cette sorte de poussière venue des mers, que vous appelez « le sel marin », qui poussée par le vent sur la plage s’insinue dans nos voies respiratoires. Kuttan me dit qu’il ne faut pas s’en effrayer ; le sel, c’est la vie 😊.

Ah d’accord, le sel serait une ressource inépuisable de notre Terre, et qui a aidé les humains à vivre mieux depuis des millénaires. Mon cher Henri, qui me voyait toute heureuse de cette douche salvatrice après mon retour de la plage, me dit que vous autres, les enfants, aviez adoré fabriquer du sel avec des archéologues selon les méthodes des gaulois, voici très très longtemps.

Hummm, que cette aventure devait être passionnante. Bravo chers enfants.

Joy, dont la ferme est juste à côté de mon petit pré, me dit que pour l’Inde aussi, l’histoire du sel se mêle avec de grandes conquêtes des humains pour mieux vivre.

Emmanuel, qui téléphonait pour me passer le bonjour quotidien, m’a raconté que par chez-vous, en France, une cité idéale fut construite à partir de ce travail du sel.

Si j’ai bien compris, cette ville sortie de l’imagination d’un ingénieur du siècle des Lumières… :

… peut être encore visitée aujourd’hui, à l’image du Palais dont je vous parlais dans une lettre précédente :

Ce Monsieur, Claude-Nicolas Ledoux, avait eu l’idée, comme Monsieur Godin deux siècles plus tard, de créer pour les humains travaillant chaque jour le sel (avec ses inconvénients manifestes – ma trompe toute piquante s’en souvient encore), des maisons de culture dans leur lieu de vie, permettant de découvrir le théâtre, la peinture, la beauté.

Henri me dit que pour vous, ce lieu et ses idées représentent l’endroit où, peut-être, tout ce que vous vivez à votre tour dans vos Maisons chaque semaine avec vos professeurs d’atelier en Arts, en Lettres, en Sciences, en Technologies, trouve ses racines. Si j’ai bien compris, cette saline est considérée comme très importante par les humains pour vérifier les conditions d’une vie bonne, heureuse.

Hummm, d’accord chers enfants, le sel c’est non seulement la vie mais aussi une petite chose qui fait naître de grandes idées. J’en suis ravie chers enfants : vive l’imagination au service du plus grand nombre.

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Plavu Jayan, l’homme qui a planté 20000 arbres fruitiers, des jacquiers, dans l’espace public”

Chers enfants,

Je sais que vous vous préparez à planter une petite forêt à la ferme de Bertinghen, auprès de vos maisons. Je suis très fière de vous.

Mon cher Kuttan m’a expliqué que Mister Plavu Jayan, un écologiste dont la passion est de planter différents cultivars ou variétés de jacquiers, a reçu un prix (Plant Genome Saviour Community Award) du gouvernement du Kerala pour son œuvre de conservation de la biodiversité. C’était en lien avec la déclaration du jaque, jackfruit en anglais, chaka en malayalam, comme fruit officiel du Kerala, en 2018.

C’était une belle récompense et reconnaissance pour Mister Jayan, qui explique que le jaque, chaka, fruit du jacquier, lui a permis de survivre, lui et sa famille pauvre et sans terre, lorsqu’il n’avait rien à manger :

« Enfant, j’ai vu une pauvreté écrasante dans mon village. Ma famille n’a survécu que grâce au kathal ou chaka (fruit du jacquier) et n’avait rien d’autre », dit-il. C’est la raison pour laquelle il s’est présenté à l’école avec un jacquier comme projet scolaire. Se moquant de lui, ses pairs l’appelaient « Plavu Jayan », car plavu signifie jacquier dans sa langue, le malayalam.”

Quelle belle histoire que celle de Mister Plavu Jayan, qui a planté tout seul plus de 20000 arbres et qui a réussi à collecter et conserver 44 variétés de jacquiers.

Comme sa famille n’avait pas de terre, il a planté les jacquiers dans l’espace public, le long de la route de son village d’Irinjalakuda, à moins de cent kilomètres de chez moi. Puis il en a planté dans des espaces publics, comme à l’université de Thrissur :

Bientôt, Plavu Jayan développait des villages entiers de jacquier, qu’il appelait « Plavu Grams ». Environ 500 à 1 000 arbres fruitiers ont été plantés dans ou autour d’institutions telles que le Government College of Chittoor, le Thrissur Government Medical College et la gare de Shoranur. « Il y a environ 10 ans, j’ai créé un programme près de la rivière dans le village de Shoranur dans le district de Palakkad. Aujourd’hui, il porte ses fruits », dit-il.”

À ses débuts, les gens le prenaient pour un fou :

Lorsque KR Jayan faisait le tour d’Irinjalakuda, sa ville natale dans le district de Thrissur au Kerala, plantant des graines de jacquier sur des parcelles vides le long de la route, les habitants pensaient qu’il était juste un peu fou.

« Mais quand ils m’ont vu arroser aussi les graines et les jeunes plantes qui en sortaient, je suis devenu un fou confirmé. Je n’étais qu’un jeune homme qui expérimentait différentes variétés de jacquier et regardait des graines devenir des arbres.

Je vous ai déjà parlé du jaque, ce fruit le plus gros du monde, Mister Plavu Jayan en a récolté un de 55 kilos, incroyable les enfants !!

Mister Plavu Jayan tout en développant sa passion, conservant et faisant pousser des variétés de jacquiers, donne des plants à ceux qui le souhaitent.

Dommage que vous soyez si loin, il se ferait un plaisir de vous donner des plants de jacquiers sélectionnées, pour les planter dans votre forêt de Bertinghen. Cependant, Kuttan le déconseille, car le climat tempéré de Boulogne est trop froid !!

Notre ami, Mister Jayan, a écrit deux livres, permettant de transmettre son expérience :

« Laissez votre travail parler pour vous » est un conseil courant que beaucoup d’entre nous reçoivent, mais peu d’entre nous en donnent l’exemple. Plavu Jayan l’a clairement fait. Il est l’auteur de deux livres sur la passion de sa vie, intitulés ‘ Plavu ‘ et ‘ Plavu Aur Main ‘. Ses livres sont actuellement utilisés dans les écoles locales pour enseigner aux enfants l’importance du jacquier. “

Je suis très fière, chers enfants, de vous raconter cette belle histoire, avant de vous lancer dans votre projet de plantation d’arbres à côté de vos Maisons, à la ferme de Bertinghen.

Vous me direz quelles variétés d’arbres vous allez choisir. Les oiseaux seront heureux d’y faire bientôt leurs nids.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Le mystère de l’augmentation des infections au Covid-19 dans le Kerala”

Chers enfants,

Je vous donnais l’an dernier des nouvelles de mon petit état du Kerala, concernant le succès incroyable du combat mené par nos autorités politiques et sanitaires face à ce satané virus, Covid-19.

J’étais bien sûr très fière, moi l’éléphante un peu chauvine. Ma copine Jis m’expliquait qu’à la fin du mois de mai 2020, trois personnes étaient décédées du virus.

Hélas depuis ce temps, les choses ont changé.

À la fin du mois de juillet 2020, la courbe des contaminations, bien plate jusqu’à présent, grimpe à pic, avec 12000 cas signalés et 43 décès.

C’est la fin de la success story du Kerala.

Mais les épidémiologistes restent positifs :

La plupart des épidémiologistes pensent que le Kerala a fait du bon travail dans l’ensemble. Le taux de létalité – la proportion de personnes décédées parmi celles qui ont été testées positives pour la maladie – est l’un des plus bas d’Inde. Les hôpitaux ne sont pas encore submergés par un afflux de patients. L’État possède le système de santé publique le plus robuste de l’Inde. Le gouvernement a commencé à déployer des centres de traitement Covid-19 de première ligne avec des lits équipés d’oxygène dans des centaines de villages.”

Depuis mai cette année, le Kerala est devenu l’état de l’Inde où les contaminations au Covid-19 sont de loin les plus importantes.

Peuplé de 34 millions d’habitants, à peine 3% de la population indienne, le Kerala représente actuellement plus de la moitié des nouveaux cas en Inde !!

Il est difficile de savoir les raisons d’une telle augmentation des infections.

Le retour des kéralais travaillant dans le Golfe Persique et dans d’autres régions du monde, cinq à six cents mille personnes ??

Le relâchement des gestes barrières ??

Le nombre de tests effectués plus importants que dans les autres états ??

Tout cela n’est pas bien défini, mais le résultat est là :

Le pourcentage de personnes testées positives pour le virus parmi le nombre total de personnes testées a oscillé au-dessus de 10 % pendant un mois. Le Kerala a enregistré jusqu’à présent 3,4 millions d’infections et 16 837 décès dus au Covid-19.

Mais ces chiffres inquiétants ne vous disent pas toute l’histoire, disent les épidémiologistes.

Le Kerala, disent-ils, teste beaucoup plus de personnes – plus du double du nombre de personnes par million par rapport au reste du pays. Il a maintenu les niveaux d’infection sous contrôle

Beaucoup disent que le Kerala doit être plus sage et plus énergique tout en appliquant des blocages continus – l’État a autorisé les festivals à se dérouler, entraînant des rassemblements de masse et des risques d’infections accrues. Les virologues disent que le Kerala a également besoin de données plus granulaires sur les tests ciblés et d’un séquençage accru du génome pour savoir où les infections augmentent le plus et pour suivre les nouvelles variantes.

S’il y a une chose que nous devrions avoir appris de la pandémie de l’Inde à ce jour, c’est de traiter les récits d’exceptionnalisme avec prudence”, déclare le Dr Murad Banaji, mathématicien à l’Université Middlesex de Londres, qui a suivi de près la pandémie. De toute évidence, le Kerala pourrait ne pas être une exception.”

Il est vrai que, malgré ces nouvelles alarmantes, au cours des derniers mois, je reste optimiste sur la qualité de nos autorités politiques et sanitaires.

Malgré le pic énorme de contaminations, jusqu’à 35000 par jour au Kerala, les hôpitaux n’ont pas été débordés.

Bien sûr pour l’Inde le taux de vaccination reste faible, un peu moins de 20%, bien que nous ayons la plus grande fabrique de vaccin au monde :

Je passais devant la maison de mon voisin Joy, et j’ai vu que les infirmiers étaient chez lui pour le vacciner. Les services médicaux se rendent chez les habitants. J’ai demandé à mon cher Kuttan quand est ce que je serais vaccinée ? Mais je reçois toujours la même réponse, que le vaccin pour les éléphants n’est pas encore sorti ! Je crois que les chercheurs nous oublient…

Kuttan me dit que toutes les écoles du Kerala vont rouvrir en novembre, alors qu’elles devraient être ouvertes depuis le mois de juin.

Même si ma fierté en a pris un coup, je me dis que mon petit état va se relever, peut-être avec la “gueule de bois”.

Comme Emmanuel me le rappelait, “rien n’est joué d’avance”.

Cette pandémie nous a appris à rester prudents, continuez à prendre bien soin de vous.

Je vous fais de gros bisous,

A lundi,

Shila

Lettre de Shila : “L’arche de Noé”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Petite devinette : savez-vous combien d’êtres vivants sont en ce moment sur notre Terre ? Je parle des animaux, des humains, des végétaux…

Et bien, pour y répondre, il faut prendre sa petite calculette :

Attention, vous êtes prêts ?

Alors, du côté des animaux, mais c’est une estimation, il y aurait huit millions sept cent mille espèces.

Une espèce, c’est une famille d’animaux dont la caractéristique est de partager des liens de parenté génétique.

Autrement dit, il faut multiplier par des centaines, des milliers, des dizaines de milliers, de centaines de milliers, le nombre d’espèces par le nombre d’individus par espèce. Hummm hummmm, ouille ouille c’est déjà compliqué. Bon disons que je décide qu’il y aurait en moyenne dix milles spécimens par espèces d’animaux. Ça fait donc quatre-vingt-sept billions (un billion, c’est un millier de milliards).

Ok, alors pour les humains, on estime qu’ils seraient en ce moment au nombre de près de huit milliards d’individus.

Quatre-vingt-sept billions plus huit milliards égalent quatre-vingt-sept billions huit milliards.

OK, alors pour les végétaux, on estime qu’il y aurait trois cent mille espèces.

Disons qu’il y a dix mille spécimens par espèce végétale, ça donnerait trois milliards d’individus sur Terre.

Bon, j’ajoute mes estimations de végétaux à celles d’animaux et d’humains. D’après mes calculs savants mais néanmoins approximatifs tant des espèces peuvent avoir beaucoup plus ou beaucoup moins de spécimens que ce que j’ai décidé, ça donnerait quatre-vingt-sept billions onze milliards d’êtres vivants sur notre planète !

Wouaouuuu, extraordinaire n’est-ce pas chers enfants ?

Mais qui a pu enfanter autant de monde ? C’est considérable… Pauvre mère Nature, pauvre père Nature, que vous devez être fatigués quand vous organisez le rassemblement de famille annuel.

Mon cher Kuttan, qui me voyait tripoter la calculatrice que j’ai subtilisée à Henri, me dit que vous autres, les humains, avez de nombreuses légendes à propos des origines de la création du vivant. L’une d’elle, me dit Kuttan, s’appelle « l’arche de Noé », qui, dans la bible des chrétiens affirme qu’un immense bateau a été construit voici très très longtemps non loin du Mont Ararat, en Arménie, pour sauver les espèces d’un déluge de pluie ressemblant à la fin du monde.

Kuttan m’explique que cette légende, comme mes calculs, présente beaucoup d’approximations, car on ne sait par comment Noé, cet humain, aurait pu mettre à bord du bateau toutes les espèces vivantes de son époque.

Mon cher Henri, qui fumait sa bidî sous le patio de sa petite maison, a entendu notre conversation. Passionné d’archéologie, Henri me dit que nombreuses sont les fouilles passées et présentes pour essayer de localiser sur le Mont Ararat les éventuels vestiges de l’arche de Monsieur Noé.

Emmanuel, qui téléphonait pour me passer le bonjour quotidien, me dit que de nouveau, comme je vous l’écrivais à propos des légendes… :

… Nombreuses sont les fausses informations qui circulent à propos de découvertes archéologiques de l’arche, qui n’en sont finalement pas :

Emmanuel me dit aussi qu’un mouvement de protection de la Nature a construit à petite échelle une maquette de cette arche pour sensibiliser tout le monde à la fragilité du vivant et aux responsabilités des humains pour en prendre soin.

Chers enfants, que cela est étourdissant, passionnant : mes calculs extravagants, la légende de l’arche de Noé. Je dois vous avouer qu’à mon goût, peu importe les imprécisions, la quête du dénombrement des espèces vivantes vaut autant sinon plus que des résultats précis.

Vive la vie chers enfants,

A demain,

Bisous,

Shila

Lettre de Shila : “Les fêtes nationales et leur signification”

Chers enfants,

J’ai déjà parlé avec vous des fêtes nationales dans mon pays. Quel bonheur pour moi de pouvoir admirer les habits colorés des enfants, qui se rendent à l’école K R Narayanan, bien qu’ils soient en congé. Comme dans toutes les écoles de l’Inde et dans les lieux publics importants, on se rassemble pour la levée du drapeau et le chant de notre hymne national, qui est si beau qu’il me donne des frissons.

Mon pays est différent de nombreux pays, en effet, nous avons la chance d’avoir trois fêtes nationales :

Le 26 janvier : Republic Day.

Le 15 août : Independence Day

Bien expliqué par nos amis du petit journal de Bombay.

Le 2 octobre : Gandhi Jayanti, jour anniversaire de la naissance de Gandhi.

L’ONU a déclaré le 2 octobre journée internationale de la non-violence, en référence au mahatma Gandhi.

Je dois vous dire, chers enfants, que ces trois fêtes nationales me rendent très fière, en raison de leur signification. Mon grand pays a dû faire preuve de courage et d’intelligence pour se construire.

J’avoue aussi, mais surtout ne le dites pas trop, j’adore les journées fériées et les gâteries que Kuttan ne manquent jamais de me donner, bananes, ananas, boules de sucre de canne, en plus des pousses de bambou.

Le 2 octobre dernier, j’ai bien sûr fêté l’anniversaire de la naissance de Gandhi, né le 2 octobre 1869. J’ai reçu de nombreuses cartes me souhaitant “Happy Gandhi Jayanti”.

Emmanuel et Henri m’ont dit que chez vous, en France, vous n’avez qu’une fête nationale, le 14 juillet, au moment de vos vacances scolaires.

Kuttan m’explique que votre fête nationale, fête du 14 juillet est semblable à notre Republic Day :

La fête nationale française a lieu chaque année le 14 juillet. C’est le jour de la fête nationale en France. Cette journée a été choisie en juillet 1880 par le gouvernement de l’époque. Avant cela, la date a été variable, au gré des régimes successifs. Elle commémore deux dates : la Prise de la Bastille, par les Parisiens révoltés le 14 juillet 1789, et la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, qui célébrait le premier anniversaire1. Elle donne lieu à des manifestations officielles (défilés militaires, prises d’armes) et des réjouissances populaires (bals et feux d’artifices).”

Mon cher Kuttan me donne des nouvelles chaque matin, après la lecture de son journal, le « deepika ». La fête nationale de l’Espagne vient d’être fêtée ce 12 octobre.

Il m’a expliqué que chez vos voisins espagnols, cette fête nationale a été choisie le 12 octobre, en référence au 12 octobre 1492, date à laquelle Christophe Colomb posait le pied en Amérique latine, ses hommes criant “Terre”. Ils pensaient avoir découvert les Indes !!

C’est pourquoi les habitants rencontrés par les européens se sont vu attribuer le nom d’Indiens !!

Un article intéressant explique comment le nom de la fête nationale de l’Espagne a changé, après s’être appelé le jour de la race (dia de la Raza) puis le jour de l’hispanité (dia de la Hispanidad), avant de s’appeler Fiesta National de Espana.

L’ONU a déclaré le 12 octobre Journée Mondiale de la Langue Espagnole, pour souligner le lien profond entre l’Espagne et l’Amérique latine.

Un autre pays européen, le Portugal, fait référence non à un navigateur mais à un écrivain et poète, dans le choix de la date de sa fête nationale : le jour du Portugal, célébré le 10 juin, est le jour anniversaire de la mort de Luis Vaz de Camoes, le 10 juin 1580.

Dans les “Lusiades”, le grand poème épique de la Renaissance, Camões profite de ses voyages et expéditions à Goa, Macao et Mozambique pour faire revivre sur le ton de l’épopée l’histoire du Portugal, les aventures et parfois les amertumes des Portugais comme Vasco de Gama, sur la route des Indes.”

Dans une précédente lettre, je vous parlais de ces routes du monde, où ces aventures maritimes, nobles sur le papier, furent finalement causes de bien des souffrances.

Sans rien vous cacher, chers enfants, pour l’éléphante non violente et un peu chauvine, la fête nationale de l’anniversaire de Gandhi, le 2 octobre, me plaît beaucoup. C’est pourquoi avec quelques jours de retard je vous souhaite “Happy Gandhi Jayanti”.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “L’espace entre nous”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Mon cher voisin Henri me dit que cette fin de semaine, le Soleil est enfin revenu pour chauffer les Maisons, et demander aux nuages et au vent de se calmer. Ça fait du bien de pouvoir se dorer la pilule après tant de mauvais temps, n’est-ce pas ?

Merci cher Soleil, vous réapparaissez toujours à point nommé, quelles que soient les saisons :

Henri me dit que, décidément, c’est une saison à escargots tant la pluie fut abondante ces derniers temps par chez vous. Chez moi aussi, les escargots sont en abondance :

Mais je dois vous dire que parmi les escargots de mon petit pays, certains, tous nouveaux et inconnus jusque-là des humains, sont apparus en quantité importante ; ils viendraient, d’après ce que je comprends, d’Afrique.

Humm, des escargots venus de plusieurs milliers kilomètres, traversant l’Océan indien et ses vagues pour le moins remuantes ??? :

Chers enfants, si quelques éléphants natifs d’Afrique ont pu rallier mon pays avec l’aide d’humains, ce fut exceptionnel et certainement pas autant que les escargots de là-bas. Ces créatures à cornes sont maintenant dans mon petit pays en nombre supérieur aux escargots de chez moi, bien plus gros, bien plus voraces, bien plus problématiques.

Mon cher Kuttan, qui venait chercher avec d’autres humains le tronc d’arbre tout vermoulu dont je vous parlais pour l’amener à la fabrique des humains de mon petit village afin d’en faire de belles planches, me dit que les humains de mon petit pays sont très inquiets par l’abondance de ces escargots venus d’un autre continent.

Mes forêts du Kerala subissent leurs assauts voraces, ainsi que les autres espèces animales et végétales de leur sous-bois, y compris les petits escargots de mes rivières qui ont moins à manger.

Hummm, mais comment ces escargots géants ont-ils pu arriver sur mes rivages ? C’est vrai quoi, l’escargot, à ma connaissance, n’aime pas l’eau de mer salée et ne sait pas nager.

Kuttan m’explique que, vraisemblablement, les escargots d’Afrique sont arrivés à bord de bateaux des humains, partant de l’Afrique pour faire commerce avec l’Inde.

Kuttan me dit que l’Inde n’est pas le seul pays à constater, éberlué, l’arrivée de ces escargots étrangers. Ainsi une île très très loin de chez moi appelée « Cuba », entre votre pays et les Amériques, constate aussi leur présence anormale, et en est très inquiète aussi.

Saperlipopette, mais ils sont fous ces humains ; ils devraient réfléchir à deux fois avant de naviguer d’un point de la planète à un autre pour vendre leurs marchandises ou en ramener. C’est vrai quoi, sans leurs bateaux, mes forêts ne seraient sans doute pas le lieu de prédilection d’escargots géants natifs de terres à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi.

Emmanuel, qui téléphonait à Henri pour me passer le bonjour, me dit que vous aussi, par chez vous, la venue non désirée d’animaux ou de plantes prédatrices natives d’autres pays lointains se fait ressentir, et pose problème aux animaux, aux végétaux, aux humains ; des frelons, de l’ambroise.

Hummm, comment pouvons-nous y faire ? Interdire les échanges des humains d’un continent à un autre ?

Cela me semble très compliqué, tant j’ai conscience, moi l’éléphante du Kerala, que les échanges sont aussi à la source de la vitalité :

Chers enfants, que ces questions sont immenses.

Moi l’éléphante philosophe me dis que ces problèmes posent avant tout le principe de responsabilité ; à quelles conditions sommes-nous prêts à assumer les conséquences de nos décisions ?

That is the question…

Je vous envoie, en guise de méditation, cet air inspiré d’un humain, Mister Shakespeare, pour raconter les tourments d’une jeune fille, issue d’une famille, amoureuse d’un jeune garçon, d’une autre famille, les deux familles ayant beaucoup de mal à se lier malgré ces attachements :

Je vous embrasse,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Le rire”

Chers enfants,

D’après ce que me disent Emmanuel et Henri, vous avez de bons moments de rire et parfois de fou rire !!

Et pourtant, il semble qu’en France, la moyenne du rire, chez les humains, est de six minutes par jour, soit six fois moins que dans les années 1950 !!

Je ne sais pas quelle est la moyenne du rire au Kerala, mais je peux vous dire que j’entends bien rire les enfants qui se rendent à l’école, et mes voisins aussi. Jiby, le neveu d’Henri, aime beaucoup rire, je l’entends plusieurs fois par jour, et je peux vous dire que son rire est communicatif.

J’avoue, de mon côté, avoir bien ri en voyant quand, le 4 octobre, j’ai fêté mes 46 ans. Quand j’ai soufflé les 46 bougies sur le gâteau d’halva, qui s’est envolé très très loin, dans la rizière !! À voir la tête de Kuttan, de Jis, des enfants de l’école KR Narayanan de Kurichithanam, la tête de la maîtresse, la tête d’Henri et la famille, je pense que mon souffle les a bluffés !!

Je ris encore en y pensant.

Mon cher Kuttan, qui me connaît bien, a bien remarqué mon rire, mais il m’a dit que des gens se posent la question du rire chez les animaux.

Emmanuel et Henri m’ont dit que, dans les temps anciens, avec le grand penseur grec Aristote, et dans les temps moins anciens, avec Rabelais et Diderot, les humains pensaient que le rire était le propre de l’homme !!

Il a fallu attendre que mon scientifique préféré, Charles Darwin, affirme que les animaux également riaient !!

Les sciences du vivant ont évolué et Charles Darwin avait compris que la frontière qui nous distingue des animaux est plus ténue qu’on le pensait, à tel point qu’il estimait déjà que l’intelligence humaine se distinguait de son équivalent animal non par le type, mais par le degré. Autrement sous-entendu, nos cousins pourraient bien partager une forme de rire.”

Vous savez, chers enfants, chez les humains, rien ne m’étonne : ils pensaient à une époque que les femmes n’étaient pas des personnes, elles n’avaient même pas le droit de voter !! Que les humains de couleur noire étaient inférieurs à ceux de couleur blanche, ils étaient dépourvus des droits fondamentaux.

Pour les humains, heureusement, il y a une évolution positive, que l’on peut observer aussi dans leur façon de percevoir les animaux :

Y a-t-il d’autres espèce animales capables de rire ou de pleurer comme l’être humain ? Autrement dit, les animaux sont-ils capables d’exprimer de la peine et de la joie à la manière des humains ? Pour le professeur Martin Giurfa du Centre de recherches sur la cognition animale (CRCA) à l’université Toulouse III, cette question de lecteur est intéressante et reflète en réalité une évolution de notre perception de l’animal : “Les gens commencent à voir l’animal de façon différente. On parle de respect, de leurs droits, voire de l’existence d’une conscience chez l’animal. Il y a encore quelques années, ces réflexions étaient peu présentes. Cette question montre que désormais les gens se demandent si l’animal est notre semblable“.

En ce qui me concerne, je suis persuadée que le rire a beaucoup de bienfaits, il permet d’évacuer le stress, il est agréable et bon pour le cœur, il sollicite six cents muscles, chez les humains, du visage aux jambes ; c’est incroyable !!

Les chercheurs pensent que les soixante-cinq animaux rieurs répertoriés est sous-estimé !!

J’ai vu deux vidéos sympas qui me font bien rire, l’une d’une grand-mère qui vit tout près de chez moi et l’autre montrant la première ministre danoise et tout le parlement riant à propos d’un éléphant ami d’un chameau :

Croyez-moi, chers enfants, développez le sens de l’humour, riez, riez, riez…

Je ris en pensant à vous et je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “De surprenantes arborescences”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ? Comment vont vos escargots ? Mon cher voisin Henri me dit que par chez vous, la pluie tombe en abondance et que cela par certains aspects pourrait ressembler à la mousson que nous connaissons si bien par chez nous :

Emmanuel, qui téléphonait pour me passer le bonjour quotidien, me dit que c’est une saison pour vos chers escargots, que certains d’entre-vous aimez à rassembler devant vos maisonnées tant ils sont chers à votre cœur.

Chez moi aussi, au Kerala, les escargots sont légion, si bien qu’un poisson prospère dans les rivières dont celle de mon petit village ; le poisson-globe nain.

Parmi ses petits-déjeuners favoris, ce poisson raffole des escargots. C’est si vrai que ce poisson devient l’un de ceux les plus fréquents dans nos cours d’eau : beaucoup d’escargots = beaucoup de poissons globes.

Humm, je me dis que certaines espèces vivantes s’épanouissent à la condition que d’autres se répandent plus qu’à la normale. C’est comme si les unes avaient besoin des autres : il y a d’autant plus d’escargots dans mes forêts que les arbres peuvent profiter de la qualité de l’eau des rivières, notamment entretenues par le poisson-globe nain. Tout est dans tout, et inversement.

Je ruminais cette idée de l’harmonie, broutant mes chères pousses de bambou apportées par mon cher Kuttan devant le tronc d’arbre qui m’a occasionné quelques contusions à la patte l’autre jour :

Je n’y avais pas fait attention mais de minuscules choses ont poussé sur ce tronc depuis lundi. On dirait un pelage d’animal, mais façon végétale. C’est étrange ce champ de petites tiges qui poussent sur le bois de cet arbre appelé à être emmené par les humains à la scierie de mon petit village.

Mon cher Kuttan me dit que vous autres, les humains, appelez cela des moisissures, sortes de champignons dont on découvre qu’ils sont d’une extrême importance dans le cycle du vivant, puisqu’ils contribuent à enrichir le sol et aident les plantes à grandir :

Hummm, mes yeux ne portent pas assez pour voir dans le détail ces créatures, mais ma trompe qui passe dessus pour les caresser et mieux les ressentir m’indique qu’elles sont d’une extrême sophistication.

Décidément, chers enfants, la vie nous réserve chaque jour des surprises éblouissantes. Je me sens ce matin un peu comme mon cher Mister Darwin, s’émerveillant des inventions de la nature et essayant de comprendre combien la symbiose, ce mécanisme dont je vous parlais pousse le perfectionnement des espèces à son plus haut degré :

Emmanuel, qui finissait de sécher ses vêtements, me raconte qu’à des milliers de kilomètres de chez moi, dans un pays appelé l’Australie dont je vous parlais dans une précédente lettre… :

… Existe un animal parmi les plus étranges connus des humains ; l’échidné :

Il a comme moi, une sorte de trompe, est tout poilu, pond des œufs et ses petits des premiers jours vivent dans sa poche ventrale comme les kangourous.

Oulalala, alors là, en voici une créature étonnante ; mère Nature, vous êtes sacrément espiègle.

Ah mes chers enfants, que je suis heureuse de découvrir tant de ramifications du vivant ; plus existe la diversité, plus nous en sommes inspirés et motivés pour inventer l’inconcevable, trouver des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé et qui solutionne des problèmes a priori inextricables :

Vive la fantaisie de la nature, vive l’imagination 😊

Je vous embrasse très fort,

A lundi,

Shila

Lettre de Shila : “Ces racines qui nous régalent”

Chers enfants,

Je sais que vous adorez manger les frites, et que les carottes, les betteraves rouges, les radis et les oignons, tout comme les pommes de terre, … agrémentent vos repas à Boulogne.

Beaucoup des légumes racines que vous trouvez sur le marché de Boulogne, vous pouvez les trouver également sur le marché de Kurichithanam.

Les légumes racines sont cultivés pour leur parties souterraines comestibles : racines, tubercules, ryzomes ou bulbes.

Les oignons sont incontournables dans chaque cuisine indienne… S’ils viennent à manquer chez nous, c’est très difficile à vivre.

Je veux aujourd’hui vous parler des racines qui sont cultivés tout autour de chez moi, par Joy, mon voisin de Kudakkachira, ces racines qui sont toujours un véritable régal pour les convives, au moment du petit-déjeuner.

Le plus gros des légumes racines est l’igname pied d’éléphant, appelé “chena” en malayalam, la langue de chez moi. En anglais il est nommé “elephant foot yam”. Ce légume racine peut peser plus de trente kilos !! Pas très lourd pour un pied d’éléphant !!

Ses bienfaits sont nombreux, mon cher Henri m’a envoyé pour vous un article qui les énumèrent.

L’autre légume racine qui fait le bonheur des convives est le manioc, “kappa” en malayalam. Autant vous dire que c’est le petit déjeuner préféré de mon ami Henri : le “pacha kappa mulaku”, c’est-à-dire le manioc frais (bouilli à l’eau) avec du piment vert mixé à l’échalote et un peu d’huile de coco !! C’est un vrai bonheur, je vous joins la recette :

Joy cultive également deux autres plantes dont les racines sont utilisées pour la cuisine mais aussi pour la médecine ayurvédique : le curcuma et le gingembre. Leur feuillage est très vert, cela fait un très beau décor devant la maison de mes voisins.

Le curcuma,

മഞ്ഞളും      

maññaḷ, en malayalam, est très utilisé dans toutes les cuisines du Kerala. Cette racine jaune orangée a une cotte énorme, elle apporte la couleur aux plats, même si elle n’a pas de goût prononcé. On lui prête des vertus importantes, elle permet de lutter contre les maladies des articulations et d’avoir des vertus anticancéreuses.

Joy a le mérite de faire de la culture biologique, ce qui fait que les racines sont de qualité.

Un très bel article a été fait par le petit journal de Chennai, petit frère du journal de Bombay, avec qui nous avons le bonheur d’échanger dans un partenariat très amical. Annick Jourdaine présente le curcuma avec beaucoup de précision.

Le gingembre, inchi en malayalam, (ce qui signifie racine), comme le curcuma, est reconnu pour ses vertus culinaires et ses vertus médicinales. On lui prête également des vertus énergisantes, quoi qu’il en soit, il fait partie intégrale de la cuisine au Kerala et personne ne se plaint du goût et de la qualité de cette cuisine. On en redemande.

Chers enfants, voilà que je vous invite à cultiver votre jardin en pensant à toutes ces plantes dont les racines sont pleines de saveurs.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila