Archives de catégorie : Itinérance Burkina Faso février / mai 2015

Les Chroniques 2014-2015 sont en ligne !

Comme à chaque saison culturelle, la réalisatrice Lucie Legros a filmé la vie des Maisons.

Retrouvez les Chroniques de la saison culturelle 2014-2015 en cliquant ci-dessous (trois chapitres) :

“Notre Antigone” : le film

La saison culturelle 2014-2015 avait pour thème “Ce qui nous tient” : tout au long de l’année les enfants et les jeunes de notre institution ont préparé dans le cadre de leurs ateliers bi-hebdomadaires le spectacle exprimant de bien des façons les fondamentaux de nos rapports au monde.

Ce spectacle, intitulé “Notre Antigone” et présenté en public le 3 juillet 2015 à Desvres, est visionnable dans son intégralité  ici :

Spectacle “Notre Antigone”

Vendredi 3 juillet, enfants et jeunes de notre institution ont présenté au public le résultat de leurs apprentissages issus des ateliers bi-hebdomadaires annuel de leur Maison de culture respective.

Intitulé “Notre Antigone”, les enfants et les jeunes ont revisité avec l’artiste de théâtre Marc Zammit et sous la férule du metteur en scène François Roy le texte de Sophocle.

200 spectateurs ont pu apprécié cette création originale d’une heure et demi dans la salle Raymond Dufour de Desvres.

Retrouvez les photos prises lors de ce spectacle ici :

Les Grandes Tables de la Ferme 2015

Notre institution invite chaque 2 juillet ses anciens jeunes et membres du personnel à se rassembler autour de Grandes Tables. C’est l’occasion pour chacun de se retrouver, et de rappeler les souvenirs des passages dans les associations centenaires, « La Maison des enfants de la Marine » et « L’Oeuvre du Refuge Sainte-Anne ».

Cette date commémore  l’opération du «Petit-Déjeuner sous l’herbe», réalisée le 2 juillet 2010, où des enfants et adultes de l’association ont enseveli les restes d’un petit-déjeuner et un objet personnel.

En 2030 puis 2050, ils reviendront participer aux fouilles archéologiques et déterrer leur passé, les traces de leur passage dans l’association. Pour cette année 2015 et comme chaque année, un grand repas a été organisé à la Ferme de Bertinghen, là où se trouve le site du Petit-déjeuner sous l’herbe.

Vous pouvez visionner les photos de ce rassemblement annuel et les télécharger en cliquant sur chacune d’elles, ci-dessous :

Mes dernières nouvelles

 

Bonjour la France,

Voici de mes nouvelles. Après chez Madou je suis parti à Noumoundara chez Boa. C’était différent mais c’était bien quand même.

J’ai vu les marécages avec des hippopotames. J’ai rencontré une nouvelle communauté. Il y avait des gens normaux mais ils ne sont pas pareils. Dans chaque village, il y a des trucs différents.

J’ai vécu un beau moment quand Boa et sa femme ont eu leurs enfants. C’était un matin, Somio avait mal au ventre. Boa l’a emmené au dispensaire. Vers midi Boa est revenu et m’a dit que sa femme avait accouché d’un garçon. Elle est rentrée le soir même au village, j’ai demandé à voir le bébé, il me l’a présenté. Franchement ça fait bizarre de voir un bébé africain, quand il né on a l’impression que c’est un blanc.

J’ai aussi appris un peu le métier de la maçonnerie avec Boa.
On a construit une maison pour un vieux du village, moi je mélangeais le ciment et je leur apportais.

Pour finir je suis rentré à Borodougou pour suivre une formation en grimpe d’arbre avec Lionel et Alexandre. Ça pourrait me servir plus tard pour mon métier. J’aimerais être alpiniste en bâtiment comme mon beau-père. La formation c’était super bien, j’ai appris les nœuds et comment grimper dans les arbres en sécurité. Demain je repars chez Madou. Il me reste peu de temps en Afrique, je voudrais que ça se passe bien, laisser un bon souvenir de moi aux gens que j’ai rencontrés.

Luc

Johnny au village de sokoura

Johnny entre Moulay et Bolibara, ses tuteurs à Sokoura
Johnny entre Moulay et Bolibara, ses tuteurs à Sokoura

Anitlé (bonjour)

Le 21 avril, je suis arrivé au village de Sokoura. Le papa s’appelle Moulay. Ici c’est cool, tout le monde m’accepte. Je mange très bien.

Ici j’ai vu des mariages, un baptême, j’ai été au village de Thiefora à 30 kilomètres d’ici pour réparer une pièce sur le tracteur. J’ai une belle vue sur les falaises. J’ai même vu des éléphants !

Les deux petits éléphants sont tombés dans un trou. Le troupeau a continué son chemin mais la mère est restée près des petits. Ils ont passé deux nuits dans le trou tout près du village. Les agents des eaux et forêt sont arrivés ensuite. Il les ont sortis du trou mais l’un des éléphanteaux est décédé peu de temps après.

Le soir, je bois le thé avec Bakari et Badawa. On parle de tout, on rigole, on écoute de la musique. Je regarde aussi le journal à la télé.

Ensemble on a abattu une maison pour la reconstruire. Ce matin on a été cherché le bois de coffrage avec Bakary. C’est fatiguant de travailler physiquement ici par ce qu’il fait très chaud. J’ai fait la lessive à la main. Au début c’était facile, mais à la fin c’était vraiment fatiguant.

On a eu une grosse pluie hier. C’était la tempête, ça bougeait partout dans ma tente mais c’était bien j’ai bien dormi et le matin il y avait la bonne fraîcheur. En conclusion je me sens à l’aise ici. Je salut ma famille, mon cousin.

K´amben (au revoir)

Anitlé (salut/merci).

 

Johnny

Les aventures d’Alexandre

Luc et Alexandre en plein stage.
Luc et Alexandre en plein stage de grimpe d’arbre

Salut tout le monde,

Après mon stage moto chez Noufo, je suis allé chez Abou à Wempea, entre Péni et Toussiana. J’ai été cueillir des mangues et du néré. Le néré c’est genre un haricot qui pousse dans les arbres. On le mange mais moi j’aime pas.

On a fait un toit d’une maison. On a mis des branches au sol comme un Tipi, on les a attaché en haut. ils ont mis une jante de vélo pour consolider la cime. On a pris ensuite les pailles tissées et on les a enroulées une à une en les attachant avec des feuilles de palmier. Quand c’est fini, on porte le toit pour le mettre sur la maison… Heureusement qu’elles sont pas grandes les maisons ici gros !

J’ai aussi pêché avec Abou et Adama. C’était loin au pied des falaises. C’était bien on a attrapé 24 poissons avec les mains. On a fait un barrage en grosses feuilles.

Alexandre et Abou
Alexandre et Abou

On a poussé jusqu’à la limite du ruisseau pour qu’on puisse les attraper comme les ours. Pas besoin de les vider, on les a mis directement dans l’huile comme des frites et après tu manges tout, même la tête.

Ensuite j’ai été chez Bakary a Borodougou suivre le stage de grimpe d’arbre avec Lionel et Luc. On a appris à grimper dans les arbres sans se tuer mais j’ai bien rigolé le jour où la branche a cassé. J’ai failli m’éclater dans le tronc mais heureusement il y avait Luc, mon amortisseur personnel ! Merci Luc !

Demain je retourne chez Noufo voire Dialo et son frère, mes potes. Plus que quelques jours avant de remanger du kebab. En attendant j’espère que la fin se passera bien, c’est à dire mieux qu’au début.

Alexandre

 

Notre directeur en visite auprès des jeunes en Itinérance

Pendant la dernière semaine du mois d’avril, notre directeur est parti à la rencontre des jeunes actuellement en Itinérance au Burkina Faso.

Rencontrant aussi bien Alexandre, Jean Benoît, Johnny et Luc durant leur journée en famille d’accueil ou en groupe pour les activités culturelles proposées par leurs éducateurs Baptiste et Lionel, notre directeur a pu approfondir avec eux le regard qu’ils portent sur la vie, la relation à soi et aux autres, l’avenir.

Notre directeur a pu aussi rencontrer  Madou, Coulibaly, et tous les correspondants Burkinabés qui chaque année accueillent les jeunes de l’institution dans le cadre du service Itinérance développé en partenariat avec l’association Kuru Kofé.

Voici quelques lignes que nous écrit notre directeur lors d’une sortie en forêt :

Nous sommes partis en brousse, du côté de Wempea pour un après midi de « grimp’d’arbres » . Après que l’adolescent eut passé le baudrier, l’éducateur en vérifie la sécurité et donne le coup de main.

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Retrouvez les photos prise par notre directeur ci-dessous :

Nouvelles au soixantième jour.

Baptiste (éducateur) :

Bonjour à tous,

Voici bientôt deux mois que nous avons commencé notre aventure au Burkina Faso. Tout va bien, on pense à vous.

Baptiste

Alex (jeune en itinérance) :

Salut tout le monde c’est Alex,

Nous avons fait une ballade dans les falaises, il faisait chaud, je croyais que mes éducateurs voulaient ma mort, j’ai failli mourir. On a vu des babouins et des crocodiles, c’était mon rêve depuis dix ans, malgré la souffrance je suis content de l’avoir fait.

J’ai rencontré des gens bien, des amis qui m’ont accueilli : Massé, ses 3 femmes et ses 10 enfants ; Baba Coulibaly, un jeune de 72 ans et sa femme qui cuisine trop bien, et Noufo, le plus sympa des réparateurs de moto de Bobo.

Même si ma famille me manque toujours, Le temps passe plus vite que prévu. Je dors bien  ;).

L’aventure continue.

Luc (jeune en itinérance) :

Bonjour tout le monde, c’est Luc.

Aujourd’hui nous sommes partis à la rivière avec Alex, Baptiste et mon tuteur Madou. On a passé un super moment : si on faisait ça tout les jours, ça passerait beaucoup plus vite. Depuis deux mois j’ai vécu des moments difficiles comme des bons moments. Je pense toujours à ma famille.

J’ai appris des choses comme la vie en communauté, j’espère avoir suffisamment changé pour qu’en rentrant mes efforts soient récompensés, c’est à dire vivre en paix au foyer et surtout avec ma famille.

Depuis le début j’ai fait deux familles ; Bakary à Borodougou : il parle pas beaucoup et sa femme et ses enfants sont super gentils. Madou m’a accueilli le plus longtemps. Il m’a fait comprendre beaucoup de choses. Sa famille et son entourage sont très sympas. Il a une bonne équipe de football avec qui je joue souvent.

Et voilà c’est parti

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Voilà je m’appelle Johnny. Je suis en séjour de rupture. Je suis arrivé en Afrique hier soir à minuit avec Jean-Benoit et Lionel.

Ici c’est le monde du deux roues, les gens sont souriants, accueillants et les animaux ne sont pas pareils.

Moi c’est Jean-Benoit, j’ai 16 ans et demi. A l’heure où j’écris c’est quelque mots je suis en Afrique, au Burkina Faso et plus exactement à Ouagadougou.

Hier, j’étais debout à six heures en France à Zoteux. Nous sommes partis en vans pour Paris direction l’ambassade pour récupérer les passeports, mais comme tous le monde le sait, un voyage est plein d’embûches.

Donc je disais nous sommes partis à l’ambassade mais nos passeports et visa n’étaient pas là, donc direction le consulat pour les récupérer. Nous avons fini par les avoir, l’aéroport nous attend.

Pour essayer de faire court, nous avons couru, attendu, couru et attendu pour enfin prendre notre avion.

Ne vous fiez pas au rumeur : l’avion n’est pas si chaotique que prétendu.

Nous avons fini par prendre notre dernier avion à Casablanca.

Et voilà, nous sommes arrivés. Il fait beau !