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La maison des enfants du cirque et du théâtre

Qu’est-ce-que c’est ?

Maki/åbäke (not from the studio), artiste designer en résidence cette année dans nos Maisons pour réaliser avec la communauté éducative et des artisans la valorisation du rassemblement annuel ainsi que du site archéologique Le petit déjeuner sous l’herbe, lance un appel pour agrémenter l’imaginaire collectif des œuvres qui seront inaugurées le 2 juillet 2019.

Voici le contenu de ce quizz (texte et images de Maki/åbäke (not from the studio) :

À ma première venue à la ferme, j’avais déjà remarqué – et c’est une atteinte à mon ego – que Les Maisons des enfants de la Côte d’Opale ne m’avaient pas attendu pour faire des projets.

D’ailleurs, l’abondance et les qualités exceptionnelles de ces entreprises créatives étaient si ambitieuses que cela force l’humilité ! Je n’avais jamais participé à forger des outils en bronze, construire une charrette ou maintenir un jardin médiéval. Il est apparu que toutes ces activités étaient encore présentes quand on regarde un peu. Certains en l’état comme la charrette mais d’autres en ruines, demandant leur réactivation par un récit pour celui et celle qui posent la question “Qu’est-ce que c’est ?” à la vue d’une pierre étrange qui s’avère être une céramique ou une structure métallique sur une paroi qui a autrefois fait pivoter des géants.

Je vous invite donc à rajouter des images dans l’album que je créée aujourd’hui ci-dessous, mais aussi à répondre à cette question si vous savez ce que ces photos montrent par fragments.

 

 

 

Images de la cinquième séance de l’atelier patrimonial mensuel

Ce 13 mars 2019 a eu lieu la cinquième séance de l’atelier mensuel consacré à la fabrique à l’échelle 1 d’une charrette ayant circulé au XIVe siècle sur des routes non loin des Maisons, et permettant aux plénipotentiaires du Royaume de France de rallier le lieu de négociation avec les envoyés du Royaume anglais pour convenir d’un traité de paix durable.

Cet atelier est animé par Christophe, chef de service de la Maison du Cirque.

Découvrez les images réalisées à cette occasion :

Images du spectacle “Tant qu’il y aura des coquelicots dans un champ de blé”

Ce mardi  5 mars au café-théâtre Michel Lafond, espace scénique de notre institution, Lyne et Cliff ont proposé aux enfants et aux équipes éducatives une première représentation de Tant qu’il y aura des coquelicots dans un champ de blé.

Lyne et Cliff ont présenté aux enfants et aux équipes l’histoire d’un enfant, passionné de football mais peu enclin à la lecture si ce n’est l’écoute de sa mamie lui disant à voix haute des passages d’ouvrages qui lui sont chers.

Toujours rétif au monde des mots, l’enfant va cependant découvrir une maîtresse d’école dont le charisme et la capacité à expliquer la beauté du verbe vont le convaincre de porter peu à peu attention à la joie de s’exprimer par écrit. La syntaxe, l’étymologie, le style sont autant d’étapes, de récompenses, d’œufs en chocolat sur le chemin d’un apprentissage tour à tour laborieux ou léger.

Sans doute cette maîtresse d’école emmène-t-elle l’enfant dans l’amour de la littérature quand, chantant du Barbara, elle parvient à le convaincre du bienfait de l’art poétique. L’enfant est aussi prévenu par ses soins des périls guettant les livres ; autodafés, vecteurs d’idéologie mortifère, ces objets parlants peuvent aussi obscurcir l’âme pour qui n’y prend garde.

Il reste que, insiste la maîtresse, lire est un acte de volonté ; nous avons le droit de ne pas lire, ou de ne lire qu’un passage d’un texte. C’est cette liberté face à la chose écrite qui en fait notre meilleure amie dans l’existence.

Les enfants et les équipes ont aimé cheminé avec Lyne et Cliff, prêtant grande attention à cette éloge d’un dépassement de soi.

L’après-midi de ce mercredi 6 mars, Lyne et Cliff rencontrent les enfants du Centre de Jour pour dialoguer ensemble sur le plaisir des mots. Une seconde représentation de “Tant qu’il y aura des coquelicots dans un champ de blé” sera présentée aux enfants et aux équipes ce mercredi soir.

Découvrez les images réalisées ce 5 mars :

Projet corsaires de la Maison du Cirque : c’est parti

Ce mercredi 27 février, Elodie a organisé la première séance du cycle d’ateliers de la Maison du Cirque consacré à la création par les enfants de l’identité visuelle que la belle maisonnée arborera lors de la Fête  de la Mer 2019, événement auquel participent l’association pour la troisième édition consécutive.

Le thème de la piraterie a été retenu ; chaque Maison développera son héraldique et ses costumes pour offrir aux près de 300 000 spectateurs un décor célébrant les gens de mer.

Découvrez les images transmises par Elodie, membre de l’équipe éducative :

Journée électorale aux Maisons : les enfants et les jeunes de notre association votent pour leurs représentants

Ce mercredi 6 février, les Maisons ont organisé à bulletin secret le vote pour que les enfants et les jeunes de l’association puissent renouveler leurs représentants au collège “Enfants et jeunes de l’association du Conseil de Vie Sociale de notre institution.

Neuf des treize candidat-e-s à cette élection ont rédigé à l’attention de leurs électrices et électeurs une lettre d’intention.

Huit places sont sujettes à cette élection : quatre places pour siéger en tant que titulaire, quatre place en tant que suppléant.

Les bulletins seront dépouillés lors de la réunion de direction jeudi, et les résultats proclamés vendredi.

“Y’a d’la joie” et ce que le thème inspire aux enfants : recueil de paroles par François Roy

François Roy, metteur en scène des spectacles qui, chaque année, closent en beauté nos saisons culturelles, a rencontré les enfants pour recueillir ce que leur inspire le thème.

Ce verbatim ainsi que les inspirations de François nourrissent les réflexions des réunions organisées régulièrement avec les enfants, les professeurs des ateliers, les chefs de service et la direction.

Rendez-vous le 5 juillet à l’occasion du Festival “Les Journées d’Enfance 2019” pour voir sur scène s’exprimer les idées formulées ci-après :

CUEILLETTE à la PREVERT

De l’Effort à la Joie, il y a l’apprentissage !

Maison du Sport :

Gagner un match

Se surpasser ou se dépasser ses limites

Surpassement c’est un sur-effort

                           C’est être Au-dessus de soi

Il faut un effort

Oui On a des limites

Je ne sais pas / rien puis après on sait

Non a priori je n’ai pas de limites et je sais tout ; Je fais l’effort dès le début et mon effort est de développer ce que je sais à priori et ce que j’ai en moi  (Maïeutique)

L’Effort, c’est le vouloir

Je ne savais pas courir, mais j’ai appris ; maintenant je sais  et comme je sais, j’ai de la joie à courir

J’apprends la moitié des règles puis je m’arrête, puis je reprends et là je fais un effort pour reprendre

J’ai le désir de jouer de la guitare mais il faut que j’apprenne le solfège qui demande au moins deux ans ; je ne fais pas l’effort de l’apprendre alors je ne joue pas ; je suis conscient que la joie est toute proche mais qu’elle ne viendra pas sans l’effort d’apprendre le solfège

Car l’effort est dans un temps long

L’effort, c’est reprendre sur sa volonté (Sarah)

Mais il y a du collectif dans l’effort

On me « force » et c’est l’entourage qui encourage

 L’effort, c’est le contraire de la paresse

Mais  il y a l’effort puis le découragement puis l’effort de nouveau, faut recommencer

Ce serait bien mais moi je n’y arrive pas, je ne sais pas, je ne peux pas

LA JOIE :

C’est être content de quelque chose, de quelqu’un, des autres

C’est relatif à la famille, à l’entourage  comme l’effort (collectif)

La joie c’est être content de Soi mais c’est aussi être content pour eux, pour l’autre

La joie améliore, rend meilleur.

D’avoir fait un effort sur soi même

C’est le plaisir de partager la joie de l’autre, la victoire de l’autre ou la sienne ou tous ensemble (la guerre et la victoire de tous)

C’est le plaisir de partager en dépassant ses propres qualités

La joie : il y a le choix et  la limite d’entreprendre ; Cela concerne aussi le libre arbitre (quelle joie ? quel effort ?)

L’ENERGIE de l’effort

Pour un effort il faut de l’énergie, de la volonté mais pour la volonté il faut de l’énergie

La souffrance est la limite de l’effort

La joie c’est l’écho de l’effort, c’est l’écho de la réussite

La volonté est la bataille entre la réussite et l’échec mais aussi une bataille avec soi-même

La Règle du jeu :

L’effort : c’est apprendre et/ou respecter  la règle du jeu ; après il y a la joie

LE TEMPS :

Il faut du temps avec l’effort, pour l’effort

L’effort est long et la joie courte

Quand la joie est longue, elle reste en soi, cela peut devenir de la fierté ; elle se partage et/ou elle se ressent aussi  en collectif, et parfois avec l’autre

La joie, c’est une épreuve ; timide, il faut que je me dépasse pour montrer ma joie

Oser montrer sa joie !

L’histoire de la joie c’est l’histoire de l’apprentissage qui passe par l’effort et le collectif

Maison du Cirque :

LA JOIE :

Joie de vivre, être heureux, avoir le sourire, c’est collectif, être collectivement dans la joie, s’entraider à être joyeux

La joie c’est du dynamisme, donne du dynamisme ; tout cela  c’est de l’énergie

La joie ce sont de couleurs, elle est colorée

La joie, c’est être en bonne relation avec l’autre  avec soi-même

On se soutient et  c’est l’encouragement,

La joie  vient de l’effort quand on se surpasse, c’est le surpassement réussi

La joie, c’est le nez rouge du clown

Le visage exprime la joie, il sourit ; l’expression de son corps avec  ses gestes contents

La joie c’est quand on a une bonne nouvelle suite à l’effort donné ou  par hasard comme une rencontre imprévue

Cirque = apprentissage = effort= résultat= joie du spectacle

Maison de la Musique :

L’EFFORT :

Faire face à une difficulté mais l’effort n’est pas toujours réussi

La passion c’est faire ce qu’on aime : comme «contrôler» un cheval ; le cheval c’est l’image de ma passion, l’effort c’est contrôler ma passion avec les rênes, mais il faut apprendre à conduire son cheval et cela demande de l’apprentissage et ne pas avoir peur ; cela demande de la connaissance

Faire un effort, c’est apprendre à respecter et vivre

L’effort, c’est faire l’effort d’apprendre à travailler  pour avoir de la joie

L’effort de se lever le matin

L’effort d’aimer

Mais Il faut insister, se battre

L’effort de montrer quelque chose donne du plaisir, mais il y faut du courage

Il y a aussi l’effort physique, l’entrainement, la répétition, recommencer

Pour l’effort, il faut avoir le moral mais il faut aussi de la Morale

Au début il faut un objectif comme avoir un bon métier par exemple ; l’objectif atteint, c’est la réussite et celle-ci donne la Joie

Mais la réussite, c’est aussi apprendre à être nous-mêmes

Peut-on réussir sans effort ?

LA JOIE :

Elle peut être en famille, dans la scolarité, dans l’amour  mais avec les autres

La joie est un sentiment ; elle se ressent

Le temps de la joie et de l’effort :

La joie est brève, quand elle est lente c’est le bonheur

L’effort peut être lent et long

Etre joyeux : l’effet d’être joyeux dure mais ça dépend ….

Centre de Jour :

LA JOIE :

Heureux, sourire  c’est long, c’est un moment

La Joie est courte

On est content et c’est coloré comme au cirque

On est joyeux avec la voix, par la parole

Quand il y a la musique, elle devient du chant

La colère amène du rire mais ce n’est pas de la joie

La joie, c’est le moment de la réussite, quand on atteint un but, quand on va vers …

Mais il faut apprendre comme l’apprentissage des métiers

L’effort demande du courage  comme pour le timide par exemple

La joie apporte de la fierté, quand on accomplit des trucs bloqués ; l’effort, c’est de débloquer

L’effort est au début

Il y a l’envie (le désir ?) d’avoir du courage, l’humeur est au début et il y a un projet puis le ratage, et il faut reprendre, se reprendre  avec l’envie d’avancer, d’apprendre

Maison Vive :

Prendre du plaisir c’est la joie

Avec le jeu comme le vélo, le basket, le foot etc..

Jouer c’est la joie

Mais on apprend un jeu, et on peut jouer alors ; alors y a du plaisir et c’est la joie

L’effort c’est marcher longtemps

C’est travailler longtemps

La joie est rapide, vite ou longue, ca dépend

La joie c’est vague

Parfois il y a l’explosion de joie

La joie est colorée :

Rouge colère

Bleu : foncé triste

Jaune : normale

Orange : énervé

Bleu clair : joyeux

Vert : mal au ventre

Blanc…..

Mais aussi  la joie peut être jaune

Maison des Découvreurs :

Y a pas de joie dans le combat

La joie :

Un anniversaire, à Noël, la fête, une naissance, quand on est gâtés, au parc d’attraction

Quand on est amoureux, quand on va  voir ses parents

La joie, elle se partage, avec les amis, au BBQ

Il y a de la joie tout seul aussi, quand on dort,

Quand on se remémore des souvenirs heureux

Y a de la joie avec un porte-bonheur, sur son vélo, quand on regarde une photo, quand on se défoule, quand on joue au sport

Quand on réussit son bac

J’ai fait 20  bornes, c’était très long, j’ai fait un effort  mais j’étais joyeux et fier

J’ai fait un effort pour voir mon frère

Le hasard procure de la joie, comme rencontrer par hasard quelqu’un qu’on aime bien et qu’on n’a pas vu depuis longtemps

Le chevalier fait un effort pour trouver le trésor de son roi (chevalier de la table ronde/ la chasse au trésor)

Maison de la Danse

LA JOIE :

Des gens qui rient ensemble

Une bonne ambiance

Une bonne équipe ; c’est collectif, la joie

Une vie sans problème ça donne de la joie car on est content

Quand on ne se lève pas du pied gauche

La joie vient suite au travail ; l’effort est ensemble, c’est collectif et ça donne une joie collective

Les souvenirs, c’est une joie ancienne qui peut durer

La joie c’est une rencontre amoureuse, une amitié, c’est le hasard de la vie

La joie c’est le cadeau désiré et attendu qui arrive enfin

L’EFFORT:

Par le muscle

Avoir le moral

Avoir envie

La Morale, l’effort de respecter et d’être respecté  (droit et devoir, les règles du jeu)

C’est le travail

Il y a L’épreuve

Le voyage est un effort

La timidité demande un effort, faire ou parler devant tout le monde

Contes et Histoires qui peuvent nous guider

Pinocchio (majoritaire)

Peter Pan (il est joyeux, et son effort est sa ruse)

(Puis par ordre décroissant)

Le petit poucet

Les soldats de la guerre de 14 18 qui luttent et sortent victorieux

Le petit prince

Ulysse

La belle et la bête

Le vieil homme et la mer

Spiderman

(Chevalier de la table ronde/ la chasse au trésor)

Harry Potter

le haricot magique

Rocky

Jumanji

Max 2

Reine des neiges

Coco

A la recherche du bonheur

Les choristes

Titanic

La petite fille aux allumettes

Hunger games

E T

Webographie :

Texte intégral de Pinocchio

Biographie de Collodi

Jésus que ma joie demeure au piano

Cliquer sur l’image ci-dessous puis, quand elle apparaît sur votre écran, cliquer une nouvelle fois en touchant la partie droite de votre souris pour la télécharger sur votre ordinateur :

Résidence art / science 2019 : Texte et images de la présentation du projet final

Ce vendredi 25 janvier à l’occasion de la réunion trimestrielle du Conseil scientifique de notre institution, Åbäke (collectif artiste européen dont Maki, designer, est membre), lauréat de la résidence art / science 2019, a présenté le projet final.

Le Conseil scientifique a approuvé à l’unanimité cette proposition.

Avec cette présentation s’achève la première partie de la résidence, organisée grâce au soutien de la Fondation de France dans le cadre du programme Les Nouveaux commanditaires.

Les prochaines venues d’Åbäke durant ce premier semestre et jusqu’à l’inauguration le 2 juillet, seront désormais rendues possibles grâce au soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France.

Tout au long du premier semestre 2019 seront seront réalisés les différents décors, objets permettant de ritualiser le rassemblement annuel ainsi que le site du petit déjeuner sous l’herbe.

L’inauguration de ces créations aura lieu le 2 juillet.

Découvrez le texte et les images conçus par Åbäke pour présenter ce projet final. Lilian, enfant de la Maison du Cirque, a proposé comme titre :

Connaissez-vous la blague du petit déjeuner ? 2010-2019-2050

“Nous sommes le 2 juillet 2050 et j’arrive bientôt à Boulogne-sur-Mer, aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale dans ma voiture volante, la Citroën dont le design est inspiré du film Blade Runner, le premier, qui se déroule en 2019.

Cela fait maintenant 31 ans que j’y vais, toujours à la même date et je n’ai raté l’anniversaire que trois fois. La première fois en 2029, l’année de la fin de la viande. La tradition avait par conséquent été chamboulée et le méchoui remplacé par un superbe mezze.

Moi j’habitais Londres depuis longtemps, une ville très végétarienne et je pensais que jamais les français n’accepteraient de ne plus manger de viande, que ce serait la révolte, que les restaurants continueraient malgré la loi à servir des plats carnivoriens clandestinement. Il n’en a été rien, un peu comme l’interdiction de fumer dans les établissements publiques au début du siècle, les français avaient finalement accepté ça de suite.

J’arrive à la ferme et comme d’habitude les voitures remplissent l’allée. Ceux qui ont inventé les voitures volantes ont oublié de penser au parking. La carriole est aussi là, garée au milieu et comme chaque année, je la suspecte d’avoir bougée. Je crois qu’un plaisantin s’amuse à la changer de place tous les ans et les visiteurs posent des questions.

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L’histoire change toujours un peu mais on en parle, et en parler c’est ce qui fait monument et cette roulotte n’amasse pas mousse donc.

Il y a beaucoup de gens, des visages familiers, d’autres nouveaux.

C’est vraiment l’occasion des retrouvailles.

Je me dirige vers des enfants en train d’empiler des gobelets en plastique sur un rocher comme une espèce de jenga, un vieux jeu d’équilibre. Cela fait déjà plus de deux mètres de haut. Cette colonne précaire se trouve sur une pierre dont deux faces seulement sont coupées droites et le reste laissé au naturel, mais c’est quand même du marbre.

Sur la pierre on lit : “Ce monument marque l’emplacement du petit déjeuner…” “Petit déjeuner” est à moitié dans la terre et on devine que le texte continue.

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Quelqu’un à côté de moi ricane et dit : “ils n’avaient pas prévu que ça s’affaisserait et qu’on ne pourrait plus lire, vous savez ce que c’est ?

Alors puisqu’il me le demande, je lui raconte qu’il y a 40 ans un petit déjeuner à été organisé ici-même et enseveli avec des objets de l’époque comme une capsule temporelle pour être déterré à moitié en 2030 et l’autre… cet après-midi. Il me dit : “ah je ne savais pas” et je lui réponds : “Je n’y étais pas mais on me l’a raconté”.

Il y a des tags ou des graffitis autour de l’inscription mais ils sont gravés aussi. Je me souviens que l’on avait un peu fait exprès qu’il serait difficile de discerner les différentes informations, un peu comme sur les murs de la crypte de la cathédrale de Boulogne-sur -mer, sur lesquels on peut voir les couches successives des occupants du lieu, les inscriptions des anglais de la seconde Guerre mondiale sur la signalétique des allemands par dessus les fresques du XIXe ou les peintures romanes dont on distingue l’original de la restauration un peu radicale et trop enthousiaste — “les calques aplatis Photoshop” comme on disait à l’époque en lieu de palimpseste, de repentirs d’auteurs successifs.

La face horizontale de la pierre est lisse, excepté un trou conique. C’est dans ce trou que les enfants jouent à accumuler des gobelets en plastique qui épousent parfaitement la forme. Ce morceau de marbre venait des carrières du Boulonnais et avait connu la gloire puis sa fin commerciale lorsque le marbre italien et chinois avaient mis fin à son exploitation dans la région.

Je me souviens encore d’un extrait du cahier des charges de la commande qui envisageait : “une œuvre monumentale, verticale et faite de matériaux particulièrement pérennes… [qui] doit apparaître dans le paysage visuel du site, être vue des habitants à 500 mètres autour du site, afin que le site archéologique ait son pendant hors-sol“.

Comment en était-on arrivé à ce petit morceau de socle avec un trou ? Alors oui, si les enfants arrivent à empiler tous les gobelets, ça peut concurrencer Napoléon sur sa tour pas loin d’ici.

Lors de mes séjours successifs aux Maisons des Enfants de la Côte d’Opale, j’avais forcément la fraîcheur de ne rien connaître et je posais pas mal de question car il y avait beaucoup d’indices d’activités antérieures : une écurie, un ancien four à céramique, un poteau pour géant, des morceaux de ferraille sur les murs ou des photos d’enfants dans des villages, des céramiques ; tant d’objets qui sont témoins d’une activité foisonnante et dont il restait des traces photographiques, des œuvres aux murs intérieurs comme extérieurs mais aussi les ruines.

Ils suscitent des questions si l’on est curieux et une légère transformation ou addition peut les réactiver. J’avais donc juste continué de parsemer la ferme d’indices, de changements et additions qui n’effaçaient pas une histoire mais en rajoutaient d’autres.

Une des difficulté de signaler l’endroit du Petit déjeuner sous l’herbe de 2010 c’est que s’il apparaissait comme logique de faire le repas annuel à l’endroit même du site et le matin, ça avait naturellement bougé vers un repas du midi et situé à l’intérieur de l’enceinte de la ferme, plus pratique par sa proximité des cuisines et praticables.

Il y avait des décalages mais ce n’était pas grave, ces décalages pouvaient être un atout pour un rituel.

Par exemple, il y avait toujours un croissant dans les corbeilles de pain…

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…. Pour rappeler que ce déjeuner existait aussi en commémoration d’un petit déjeuner. Ceux qui savaient le racontait aux nouveaux mais eux-mêmes l’avaient appris lorsqu’ils s’étaient étonnés la première fois de l’incongruité de la chose.

J’avais aussi pris comme exemple le Monument à Londres. Il avait été impossible de marquer l’endroit exact où avait commencé le Grand Incendie de Londres en 1666 car le propriétaire du lieu refusait que l’on érige une colonne sur son terrain. Qu’à cela ne tienne ; une colonne de 61 mètres avait été construite à 61 mètres de l’endroit. Pour le site du Petit déjeuner sous l’herbe, il s’agissait plus du paradoxe d’installer quelque chose sur ce qui devait être exhumé.

Alors en plus du petit rocher/socle, nous avions un pointeur, un poteau qui indiquait l’emplacement du lieu.

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Pour cela, nous avions déplacé le poteau de 8 mètres surmonté d’un cadre métallique triangulaire qui se trouvait dans le fond du jardin à la distance de sa hauteur. C’était un pointeur de manière littérale car un enfant de la Maison avait dessiné une main qui pointe du doigt et on l’avait reproduit sur une plaque en émail installée en haut du poteau. Ce même poteau qui avait été utilisé pour bouger un géant et plus tard un panier-but pour jouer au polo lorsqu’il y avait des chevaux à la Maison, encore une succession d’histoires.

Une fois le lieu signalé, il convenait de dire quand.

Cet indice était le plus gros, à la vue de tous. Lors de mon arrivée en 2018, j’avais remarqué que les tuiles du toit étaient utilisées pour donner quelques informations, comme le dessin de l’ancre, rappelant que Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale avaient été notamment la Maison des Enfants de la Marine.

De l’autre côté un énorme “2000” avait été dessiné avec des tuiles plus foncées en contraste avec les tuiles rouges afin de se souvenir du futur. Ce même futur qui, comme certains films de science-fiction se retrouvent dans le passé à un moment donné (1984, 2001, l’Odyssée de l’Espace ou le 2015 de Retour vers le futur 2, etc.). Il n’avait pas été si compliqué de bouger quelques tuiles pour transformer le “2000” en “2050” tout en conservant les histoires.

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Celle de la promesse de déterrer le site du Petit déjeuner sous l’herbe se rajoutait simplement aux autres, à la fois heureuses et tragiques, que l’on m’avait racontées au sujet du toit.

Je passe un peu sur tous les autres indices disséminés dont certains ont été oubliés jusqu’à leur réactivation par un esprit inquisiteur. Moi-même je ne me souviens pas de tout et je me dirige vers les tables pour aller me chercher un verre.

Il me semble qu’il y avait une porte brûlée du pigeonnier qui était devenu une table, d’une enclume miroir ou d’une chaise qui marche, des choses comme ça.

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Comme chaque année Suzanne est là et elle a amené LE livre.

Elle a aujourd’hui un peu plus d’une cinquantaine d’années mais quand je l’ai rencontrée elle venait de sortir de l’école. Je déambulais dans Boulogne lorsque l’enseigne d’une boutique m’avait interpellée : “reliure”, une forme d’artisanat un peu désuet à l’époque déjà.

Curieux mais sans trop d’espoir j’étais rentré dans la boutique, peut-être pour voir si je pouvais racheter des outils obsolètes d’un propriétaire qui n’avait pas eu le temps de changer la devanture du magasin. À mon étonnement, Suzanne était là en train de relier un ouvrage et ma surprise fût renforcée par le fait qu’elle paraisse si jeune. Très vite j’apprenais qu’elle venait juste de rentrer de Paris après des études très spécifiques en reliure pour reprendre cet atelier.

Et moi qui croyais venir voir la fin d’un commerce d’antan, c’était l’opposé ; le début d’une aventure. Presque immédiatement, j’ai hâtivement demandé s’il était possible de faire un livre de 10000 pages, en calculant mentalement et grossièrement le nombre de jour jusqu’à 2050. Ma provocation s’est vue répondue d’un sourire et d’un “oui” enthousiaste : j’avais trouvé une collaboratrice pour le projet. Cet objet improbable qui sort une fois par an avait donc été créé et les gens étaient assez excités à y inscrire soit des souvenirs , soit des prédictions et il se remplissait petit à petit de belles confusions temporelles.

On y signait sa présence ou on y consignait des promesses, des présages ou des souvenirs du lieu, c’était selon.

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Pendant le repas, il y avait toujours des gens pour être étonnés de voir qu’on servait le vin et les jus de fruits dans des gobelets en plastique, une matière que l’on n’utilisait plus depuis des années mais dont la longévité avait finalement été plus utile que problématique. Les plus jeunes étaient fascinés par cette matière d’un autre temps dont ils pouvaient voir des exemples au musée de Boulogne, sous vitrine.

C’est vrai que le plastique, c’est très spécifique au toucher et même au goût.

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Le, la maîtresse de cérémonie signalait toujours le silence en tapotant une cuillère sur un verre en verre, avant de lever le gobelet en plastique. Les gens en faisait autant, ce gobelet étant en plastique argent. Puis certains nouveaux buvaient une gorgée avant de s’apercevoir que personne d’autres ne le faisait avant que le, la MC ne lit le verre en le tournant.

Il y avait un tout petit texte imprimé sur tous ces gobelets : “En 2050 les voitures volent“, “En 2050 les gens acceptent toutes les formes de corps“, “En 2050 le Président de la République est Pakistanais“, etc. Une suite d’affirmations, certaines évidentes et d’autres assez loufoques. Les nouveaux demandaient discrètement aux anciens : “Mais qu’est-ce que c’est que ça ?” et se voyaient répondre que ça avait été écrit par les enfants des Maisons des Enfants de la Côte d’Opale en 2018-2019.

Comme les phrases étaient au présent il y avait un décalage, que tous les ans quelqu’un lisait. C’était pourtant la première fois que ce n’était pas dans le futur !

Je voyais bien que des gens gardaient le verre comme un souvenir mais, heureusement, on en avait produit un bon nombre à l’époque.

Les plus attentifs avaient remarqué ce qu’ils pensaient être une coquille : vers le milieu du texte le, la MC avait lu “En 2030, on déterre la moitié du site du petit déjeuner sous l’herbe“. En étant plus patient on pouvait entendre que le texte se terminait par : “En 2050 on déterre l’autre moitié du site du petit déjeuner sous l’herbe“.

Le, la MC nous invitait ensuite à la fameuse photo de groupe. Chaque année il y avait une surprise.

Beaucoup avait boudé la photo de 2024, tournant le dos à l’objectif pour éviter que son visage ne soit saisi et photostoppé.

Aujourd’hui, pourtant, c’est un peu différent des autres années car le bulldozer va atterrir d’un instant à l’autre et on redécouvrira les objets de la capsule temporelle.

Une jeune s’écrit : “Hé, mais… C’est dit que la moitié a été déjà creusée il y a vingt ans mais il n’y a pas de trou !“.

Elle a raison mais, déjà, deux de ses voisins de table lui racontent ce qui s’est passé en 2037 : un imprévu qui se rajoutait aux histoires.”

Images de la quatrième séance de l’atelier patrimonial mensuel

Ce 16 janvier 2019 a eu lieu la quatrième séance de l’atelier mensuel consacré à la fabrique à l’échelle 1 d’une charrette ayant circulé au XIVe siècle sur des routes non loin des Maisons, et permettant aux plénipotentiaires du Royaume de France de rallier le lieu de négociation avec les envoyés du Royaume anglais pour convenir d’un traité de paix durable.

Cet atelier est co-animé par Christophe, membre de l’équipe éducative de la Maison du Cirque, et par Sebastien, membre de l’équipe éducative de la Maison des Découvreurs.

Découvrez les images réalisées à cette occasion :