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La maison vive

Lettre de Shila : ” Le mystère de la chambre B du temple de Padmanabhaswamy à Thiruvananthapuram (Tivandrum)”

Bonjour les enfants,

Hier je vous parlais du temple de Padmanabhaswamy à Thiruvananthapuram, la capitale du Kerala, appelée précédemment Tivandrum.

Un immense trésor y a été découvert en 2011, suite à une décision de justice, permettant à sept experts d’ouvrir les chambres A, C, D, E.

Ces chambres secrètes contenaient un trésor évalué à 14 ou 15 milliards d’euros !!!

Mais la chambre B n’a pas encore été ouverte : sur la porte il y a des cobras incrustés, et la légende dit que seul un chant (mantra) avec des notes bien précises, pourrait ouvrir la porte B.

Forcer la porte de la chambre B d’une autre façon entraînerait la mort de celui qui oserait, ou entraînerait des malheurs. Mon voisin Henri m’a envoyées à votre attention deux articles qui en disent long :

L’une des légendes qui entourent la chambre B est qu’il est actuellement impossible d’ouvrir sa porte. Il a été affirmé que la porte est magiquement scellée par les ondes sonores d’un chant secret qui est maintenant perdu. De plus, on prétend que seul un saint-homme connaissant ce chant serait capable d’ouvrir la porte.”

Contrairement aux autres chambres secrètes, personne n’a osé ouvrir la chambre B. Cette énorme porte est ornée de deux énormes cobras. Pour certains, cela est interprété comme un présage de désastre pour quiconque ose ouvrir la pièce. Au fil des ans, de nombreuses légendes se sont développées autour de ce mystérieux coffre-fort, ce qui a donné lieu à un mélange de faits et de fiction.”

Vous comprenez, chers enfants, que nombreux sont les indiennes et les indiens qui suivent l’actualité concernant le temple et l’ouverture ou pas de la chambre B. Même nous les éléphants, nous intéressons à cette histoire réelle et passionnante.

Dès que j’aurai des nouvelles sur cette histoire incroyable, je vous les communiquerai.

Je sais que vous connaissez l’histoire d’Ali baba et des 40 voleurs. C’est une très belle histoire, avec sa formule magique qui lui permettait d’entrer dans la caverne.

Ici, à Thiruvananthapuram, ce n’est pas une légende mais bien la réalité qui dépasse la légende !!

Au fait les enfants, quelle était la formule magique qui permettait à Ali Baba d’ouvrir la porte de la caverne ??

Je vous fais de gros bisous et vous dis à demain.

Shila

Compte-rendu de la réunion du 23 septembre

Comité de pilotage “Exposition”

Compte-rendu de la réunion du 23 septembre 2020

Présents :

Priscilla Billiard, responsable des collections, Musée de Boulogne-sur-mer

Alexandra Gambart, service des publics, Musée de Boulogne-sur-mer

Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Marion Monteuuis, chargée de médiation, FRAC Grand Large Hauts-de-France

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Maria Rabbé, chargée de diffusion, Franc Grand Large Hauts-de-France

Invitée : Amanda Crabtree, cabinet de médiation en art contemporain “Art connexion”

I. Présentation de la saison culturelle 2020-2021 :

Emmanuel Paris distribue aux participants la note de rentrée de la saison 2020-2021.
On trouvera le détail de ce document ici.

Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.
Emmanuel Paris dit que cette note repose sur trois idées-clé : l’expressivité/singularité, la fabrique collective du vrai, la rationalité (savoir faire enquête).

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Comité.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2020-2021 :

– La Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France a accordé une dotation durant le confinement au mois d’avril, permettant l’acquisition d’un casque de réalité virtuelle ainsi que de contenus thérapeutiques développés par la société C2care. Dans séances avec des enfants présentant des phobies, troubles de l’attention et du comportement, comportements addictifs, seront régulièrement organisées par Alicia Gignet, psychologue de notre association On trouvera l’article le plus récent chroniquant le programme d’activités du FabLab ici ;

– La Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB) organise deux résidences d’artistes en Danse auxquelles les enfants de la Maison du Cirque (compagnie “La Ruse”) et les enfants de la Maison de la Danse (compagnie “Farid’o”) collaborent de ce mois de septembre au mois de décembre 2020. Les créations issues de la première rencontre artistique seront présentées sur scène à Lille en juin 2021, et, s’agissant de la seconde rencontre, au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution, le 13 novembre ;

– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une deuxième année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. Il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2021 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer, ainsi qu’une prestation musicale au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution ;

– Le Château d’Hardelot propose aux Maisons d’assister aux prestations du cycle “Discoveries”, et pour commencer cette saison, aux répétitions du collectif “Les cris de Paris” en train de créer en musique et en bel canto un opéra ;

– La Fondation Saint-Gobain soutient l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Ces chantiers ont commencé cet Eté ;

– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, Hubert Loisel, océanographe, et l’équipe de la station océanographique de Wimereux pour développer des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux, et en s’appuyant pour cela sur les études et recherches scientifiques en cours. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant la période allant de novembre à avril 2021 (novembre-février : collaboration avec Nicolas Floc’h, mars-avril 2021 : sorties en mer des enfants à bord du navire océanographique de la station de Wimereux). Cette action est financée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France dans le cadre d’un plan triennal soutenant le développement du programme artistique et culturel de notre association. Autre action s’inscrivant dans ce partenariat, l’homme de théâtre et écrivain Rémy Boiron viendra de décembre à juin 2021 aux Maisons pour créer avec les enfants des prestations en public autour du thème “En vérités”, l’objectif étant d’instituer une “brigade poétique des Maisons”, allant dans l’espace public pour proposer aux passants des happenings éveillant au thème et ses considérations ;

– L’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en décembre une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour ont conçu des saynètes filmées permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Emmanuel Paris conclut cette présentation en informant les membres du Comité que l’association est en train de travailler avec Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer, pour contribuer à la réalisation du label “Cités éducatives” récemment obtenu par l’agglomération.

Des réunions ont permis en effet d’identifier des approches communes quant à l’action culturelle dans le territoire; le Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives est chargé de mettre en œuvre de nouvelles politiques de développement à la croisée entre action éducative, action sociale et solidaire, action culturelle. Cette innovation territoriale est soutenue par l’Etat, lequel a labellisé cet Eté Boulogne-sur-mer « Cité éducative », bénéficiant d’une aide ad hoc afin de permettre de nouveaux dispositifs d’accompagnement des enfants, des jeunes adultes et des familles rencontrant des difficultés économiques, éducatives et sociales. Le programme d’actions sur lequel Marie-Christine Briatte et son équipe travaillent mobilisera des acteurs de la société civile du territoire (associations, établissements culturels, établissements scolaires) pour développer ensemble des projets communs permettant aux enfants et aux familles de bénéficier de nouveaux accès aux espaces artistiques, éducatifs et culturels de l’agglomération.

On trouvera une présentation du label national « Les Cités éducatives » ici.

Emmanuel Paris informe les participants que l’association souhaite participer à ce programme pluriannuel, considérant l’homonymie de cette initiative avec les axes de développement du programme culturel des Maisons (développement des capabilités des enfants et des jeunes accueillis, reconnaissance des enfants et des jeunes en tant qu’acteurs culturels du territoire, centralité du thème de l’Enfance dans la vie de la Cité).

Deux contributions de l’association pour les trois années à venir sont proposées : le FabLab des Maisons, et un conservatoire botanique prochainement créé sur le site de la Ferme de Bertinghen, mobilisant notamment une intervention artistique en Land art.

II. Exposition “Rien n’est joué d’avance” :

Emmanuel Paris propose aux membres du comité de pilotage de reconduire le projet d’exposition “Rien n’est joué d’avance”, dont la programmation prévue n’a pu être mise en oeuvre en raison du confinement au premier semestre de cette année.

Les participants approuvent cette reprogrammation.

Des créations en art contemporain prêtées par le FRAC seront exposées aux côtés d’œuvres du Musée en “salle sophro”, salle d’exposition de notre association, à compter du 8 mars 2021, permettant aux enfants du Centre de Jour et de la Maison Vive de concevoir un parcours d’exposition dans un dialogue avec les deux équipes des établissements muséaux, et d’exposer des représentations originales de ce corpus réalisées lors de leurs ateliers au FabLab des Maisons.

On trouvera le détail des corpus choisis par le Musée et le FRAC ici.

L’exposition, sous réserve de confirmation, sera inaugurée au Musée de Boulogne-sur-mer en septembre 2021.

Les participants conviennent de préciser le calendrier d’actions lors de la prochaine réunion du Comité de pilotage. A l’ordre du jour de cette réunion sera aussi évaluée la possibilité d’inclure dans le corpus de l’exposition “Rien n’est joué d’avance” des créations issues de la collaboration des enfants avec Nicolas Floc’h et la station océanographique de Wimereux (cf. supra).

Emmanuel Paris remercie les participants. La prochaine réunion est fixée au 9 décembre 2020.

Lettre de Shila : “Le temple de Tivandrum”

Bonjour les enfants,

J’espère que votre rentrée se passe bien, malgré toutes les contraintes liées à la protection du virus.

En Inde, nous sommes très concernés, car nous ne sommes pas encore sortis de la première vague !

Je reste toujours plus ou moins confinée, n’ayant pas repris le travail.

Les enfants, autour de moi, n’ont pas encore repris l’école, mais ils suivent leurs cours par internet, quand ils ont la possibilité.

Aujourd’hui je vais vous parler de l’histoire fabuleuse du temple de Tivandrum, à près de deux cents kilomètres de chez moi.

C’est l’un des temples les plus riches au monde ; en 2011, il a fait la une des journaux en Inde et dans le monde, suite à la découverte d’un trésor immense mis à jour dans quatre chambres fermées. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article à ce sujet :

Des statues de dieux et déesses en or massif incrustées de diamants, de rubis et d’émeraudes, des couronnes, des colliers, des pièces d’or et d’argent si nombreuses qu’elles ont été pesées plutôt que comptées… C’est un trésor estimé à plus de 14 milliards d’euros qui a été découvert ces derniers jours dans un temple hindou du XVIe siècle situé dans le sud de l’Inde.

Deux dernières salles souterraines secrètes, scellées depuis près de 150 ans, ont encore été ouvertes hier au temple de Sree Padmanabhaswamy, à Trivandrum, capitale de l’État du Kerala, où les richesses déjà révélées par quatre autres caveaux sont — officieusement — estimées à quelque 14 milliards d’euros.

Le temple dédié à Vishnou a été construit par les maharajahs qui dirigeaient le royaume de Travancore à l’époque. Il est resté sous le contrôle de l’ex-famille royale après l’indépendance de l’Inde de la couronne britannique en 1947.

La Cour suprême a ordonné l’inspection des caveaux à la requête d’un avocat qui jugeait la sécurité mal assurée au temple et demandait au gouvernement régional de prendre le contrôle du site. Le maharajah de Travancore s’y est opposé.

Les trésors découverts sont des offrandes des fidèles au temple, mais on en ignorait la quantité et la valeur jusqu’à ce que cet inventaire soit lancé.

Le gouvernement a depuis renforcé la sécurité du temple. Auparavant, on n’y voyait patrouiller que quelques gardes munis de matraques, chargés principalement du contrôle de la foule. Le chef de la police du Kerala, Jacob Punnoose, a déclaré que des policiers supplémentaires avaient été mobilisés et qu’il prévoyait de protéger le trésor grâce à un système de sécurité de haute technologie «afin de ne pas gêner les activités du temple ou des fidèles».

Le commissaire de police de la ville, Manoj Abraham, a précisé que deux bataillons de policiers armés assureraient la sécurité aux abords du temple puis qu’un système de sécurité permanent serait mis en place en concertation avec les autorités religieuses et l’ex-famille royale.

Depuis 2011, la cour suprême de l’Inde suit de près la situation du temple et sa gestion. Cet été, en juillet 2020 , elle a a nouveau statué sur la gestion du temple.

En fait, toutes les chambres n’ont pas encore été ouvertes, l’une d’entre elles reste fermée. La porte B qui permettrait d’entrer est très particulière, avec des serpents cobras incrustés : cette porte fait très peur, je vous en parlerai dans ma prochaine lettre.

Je vous fais de gros bisous et vous souhaite beaucoup de bonheur en commençant cette nouvelle année scolaire et culturelle. Bons rêves de trésors.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Ganesh”

Chers enfants,

Comment allez-vous depuis hier ?

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de Ganesh, vous savez, le dieu hindou à tête d’éléphant. Je vous en parle souvent, car je crois qu’il est un dieu qui vous va bien. C’est le dieu qui sait trouver des solutions quand tout est compliqué.

Ganesh a plusieurs noms en Inde et même au Japon : Ganesh est le dieu qui supprime les obstacles. Il est aussi le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Reconnaissable à sa tête d’éléphant, il est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde, et son aura touche tout le sous-continent indien et l’Asie en général.

Il est le fils de Shiva et Parvati, il est l’époux de Siddhi (le Succès), Buddhi (l’Intellect) et Riddhî (la Richesse).

Le nom japonais de Ganesh est Shōten (聖天) ou encore Kangiten (歓喜天).

Ganesh est avant tout, pour de nombreux indiens, le protecteur de la maison : dans de nombreuses maisons, vous avez un dessin de Ganesh sur un mur, sur les camions (vous en connaissez les belles peintures), dans les commerces, les restaurants, les panneaux publicitaires…

Ganesh est aussi le dieu des artistes : dieu à tête d’éléphant par la grâce duquel les intellectuels et les artistes parviennent à surmonter les obstacles qui les empêchent de créer.

Pour moi Shila, l’éléphante pleine de sagesse, je me réjouis quand les humains me regardent avec tant d’affection. Je m’identifie un peu à Ganesh.

Si vous observez bien la représentation de Ganesh, vous verrez qu’il a de nombreux attributs : il y a un rat avec lui, animal sacré aussi, qui lui sert de monture , il n’a qu’une seule défense, il a quatre bras, un gros ventre : son corps est celui d’un enfant et bien sûr une tête d’éléphant… Tout cela a une signification.

L’origine de Ganesh, comme toutes les histoires des dieux et déesses de l’hindouisme, est une histoire de symboles vouée à nous aider à mieux nous comprendre nous-mêmes ainsi que le monde qui nous entoure. Et plus important encore, son histoire nous conseille pour avoir la meilleure vie possible.

Qu’il s’agisse de ses bras, des objets qu’il porte ou même de la souris qu’on voit souvent avec lui, toutes ces choses ont des significations uniques et intéressantes.

La tête d’éléphant symbolise les qualités de l’éléphant : calme, sage et fort.

Les grandes oreilles traduisent que le fait d’écouter est capital.

Les petits yeux matérialisent la concentration sur la tâche à accomplir.

La hache, pour couper les liens de l’attachement aux désirs matériels.

La bouche : parler moins et valoriser vos mots.

La trompe, partie cruciale pour un éléphant grâce à laquelle il s’adapte à son environnement, comme nous devrions le faire.

Un grand estomac, pour digérer paisiblement tous le bon comme le moins bon dans la vie.

La corde : pour tirer une personne loin du mal de ce monde, et nous tirer vers le bien que nous recherchons tous.

La souris, qui symbolise ici le désir : agitée, impatiente et jamais immobile. Mais le désir doit être contrôlé pour vivre une vie bonne.

Les défenses brisées : pour analyser le bien et le mal dans le monde, et ignorer ce qui ne nous sert pas.

Comme vous le voyez, chers enfants, tout a un sens dans la représentation de Ganesh, mais Ganesh est avant tout le protecteur de la maison, de tous les êtres importants pour nous.

L’histoire de sa naissance est très compliquée, ce qui est d’autant plus remarquable. Je vais essayer de vous la raconter, grâce à mon voisin Henri qui m’a envoyées toutes les informations au sujet de cette incroyable histoire.

Alors voilà.

Ganesh serait soit le fils de l’humaine Parvati, soit celui de la déesse Shiva. Mais c’est trop compliqué, comme toujours quand on se demande de qui nous sommes. Selon la légende, il  y a deux versions.

La première : Ganesh serait à coup sûr fils de Parvati, fille native de l’Himalaya.

La seconde : Ganesh serait à coup sûr le fils de la déesse Shiva, qui le crée à la demande des dieux. Les dieux veulent en effet distinguer le bien du mal pour assurer le succès des bonnes entreprises, et l’échec des mauvaises.

Dans cette version, Ganesh est à l’image de Shiva, c’est à dire très beau. Il séduit toutes les femmes, ce qui lui fait oublier sa tâche première, qui est de protéger la maison, de s’en occuper. Trop affairé à courtiser les femmes, il est condamné a avoir une tête d’éléphant et un gros ventre pour le ramener à sa mission.

Mais si l’on préfère l’autre version, celle qui dit que Ganesh est le fils de Parvati l’humaine, les conditions de la naissance de Ganesh sont toutes autres.

Voici l’histoire : Parvati recherche un gardien sûr pour garder la porte de sa maison. Elle crée Ganesh à partir de sa peau. Ganesh monte la garde devant la porte. Un jour Shiva, qui marche dans la campagne, vient pour voir Parvati. Parvati n’est pas là : elle se baigne dans la rivière à côté de la maison. Ganesh interdit l’entrée à Shiva car il ne la connaît pas. Il s’en suit une bataille, Ganesh faisant usage d’un gourdin. Shiva appelle à l’aide Vishnou, grand dieu parmi les dieux, qui utilise sa “maya”, c’est à dire l’illusion, pour jeter la confusion, et il décapite Ganesh avec son trident. Shiva, très triste de cet incident mortel, part en direction du Nord du royaume pour couper la tête du premier être vivant qu’elle rencontrera en espérant faire renaître Ganesh. Elle rencontre un éléphant avec une seule défense. Shiva pose alors la tête d’éléphant sur un jeune garçon, et lui donne vie par le pouvoir de la parole. Ganesh est présenté aux dieux ; il est reconnu comme le fils de Shiva et de Parvati. Shiva lui offre un plat de gâteaux sucrés, et, de joie, Ganesh danse, attiré par l’odeur ; un rat sort de son trou, il sera l’ami préféré de Ganesh.

Incroyable histoire n’est-ce pas mes enfants ? Compliqué de savoir qui de Shiva la déesse ou de Parvarti l’humaine Ganesh est l’enfant.

Quoiqu’il en soit vous comprenez pourquoi je suis fière d’être, moi l’éléphante, l’incarnation de Ganesh. Je m’identifie à Ganesh, car je veux moi aussi être perçue auprès de vous comme une sage gardienne, qui sait composer avec toutes choses qui nous dépassent.

A demain les enfants,

Je vous fais de gros bisous.

Shila

Ouverture officielle de la saison culturelle 2020-2021

Ce lundi 21 septembre, les ateliers éducatifs et culturels reprennent dans chaque Maison, inaugurant la nouvelle saison culturelle.

Lettre de Shila : “Bonne année culturelle 2020-2021 et bonne fête d’Onam 2020”

Bonjour chers enfants,

Comment allez-vous après ces longues semaines de vacances, en cette année très particulière 2020, où nous devons tous vivre avec la crainte du virus ?

J’ai eu de vos nouvelles par Emmanuel et Henri qui m’ont expliqué que votre année culturelle s’inscrit dans un thème chaque année, cette année il ‘agit de ruminer En vérités.

Je vais essayer de vous apporter ma contribution de mon petit village de Kurichithanam où je suis voisine de Jis, qui s’intéresse beaucoup à vous. Elle est une porte parole très compétente, connaissant bien la vie des éléphants et leur environnement.

Au cours de ces longues semaines, nous avons vécu ici la mousson, de juin à septembre ; la mousson a été abondante, elle nous apporte l’eau si nécessaire à la vie de tous, éléphants et humains… Moins meurtrière qu’en 2018, elle a quand même été fatale pour des habitants de la montagne, dont les maisons ont été emportées par des glissements de terrain. Cependant, mes cousins, les éléphants sauvages de la montagne sont revigorés par l’eau et la nature luxuriante.

Comme je vous l’ai dit, dans mes précédents courriers, en août, nous changeons d’année dans notre calendrier malayalam, le calendrier du Kerala : nous sommes rentrés dans l’année 1196, et nous sommes dans le mois de Chingam.

Ce mois marque la saison des récoltes, c’est aussi le moment tant attendu par tous de la fête d’Onam, dont je vous ai parlée : c’est la plus belle fête du Kerala.

J’ai la joie et l’honneur de vous souhaiter à tous, avec un petit décalage, une bonne fête de Onam 2020. Ici, nous l’avons fêtée le 31 août et les premiers jours de septembre.

Je suis si heureuse de vous retrouver, chers enfants, j’attends de vos nouvelles et je vais continuer à vous parler de ma vie ici, avec mes observations sur mon pays, dont la culture est si différente de la vôtre.

Je vous fais de gros bisous et vous redis ma joie de vous retrouver après ces grandes vacances.

A demain les enfants,

Shila

Un grand merci à l’entreprise SPI

Ce 18 septembre, deux fûts de cinquante litres de gel hydro-alcoolique donnés à titre gracieux par l’entreprise SPI aux Maisons sont arrivés du département de l’Ain.

Un grand merci à Philippe et à son équipe pour cette belle aventure humaine de plusieurs centaines de kilomètres permettant aux enfants et aux équipes de continuer à bien vivre.

Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

Step aux Maisons (venue de la compagne “Farid’o” à la rencontre des enfants)

Ces 27 et 28 août, la compagnie Farid’o en résidence CLEA organisée par la Cab a présenté aux enfants quelques extraits de Step, création chorégraphique virevoltante revisitant des pas de danse des années 1930 au rythme du récit de vie d’un fameux écrivain : James Baldwin.

Aline, Babette, Farid et Ludovic ont invité les enfants à danser aveux au terme de cette présentation ; belle énergie sur scène, les enfants ont apprécié pouvoir participer à ces rythmes endiablés.

Farid et sa troupe reviendront aux Maisons pour le lancement de notre nouvelle saison. Les ateliers reprendront le 21 septembre : Marine, professeur de la Maison de la Danse, accueillera la troupe pour inventer une chorégraphie avec Farid’O à laquelle des contributions d’êtres Maisons en arts plastiques, en musique, en sport pourront se joindre.

Découvrez les images réalisées par Alicia, psychologue de notre association, lors de prestation du 27 août sur le site de la Maison de la Danse, boulevard Splingard :

Découvrez les images réalisées par nos soins le 28 août au Café-théâtre Michel Lafond, sur le site de la Ferme de Bertinghen :

Rendez-vous au Café-théâtre le 13 novembre pour découvrir la création issue de la collaboration entre les enfants et Farid’O.

Formules 1 sur la plage d’Hardelot

Ce 27 août, durant une journée co-organisée par le Centre de Jour et la base nautique de Neufchâtel-Hardelot, les enfants de la Maison du Cirque et de la Maison Vive ont virevolté sur la plage d’Hardelot.

Découvrez les images réalisées par Elodie et Christophe, membres de l’équipe éducative de la Maison du Cirque :