Archives de catégorie : Le service d’intervention pour le maintien a domicile et de retour progressif en famille

Le service d’intervention pour le maintien a domicile
et de retour progressif en famille

Lettre de Shila : “La réduction de la pauvreté dans mon pays”

Chers enfants,

Comme chaque matin, je vois arriver mon cher Kuttan m’apporter quelques pousses de bambou fraîches et ce matin une boule de jaggery, vous savez, ce fameux sucre non raffiné dont je raffole.

Son deepika, sous le bras, j’ai tout de suite compris qu’il avait des nouvelles sympas à m’annoncer.

Le rapport du NITI Aayog (commission politique du gouvernement indien) vient d’être publié. Le dernier rapport concerne l’éradication de la pauvreté dans chacun des 28 États et 8 territoires de l’Union.

La joie de Kuttan est devenue aussi la mienne, quand il m’a dit que mon cher petit état du Kerala était, comme d’habitude, classé le premier, la pauvreté y est pratiquement éradiquée :

États de l’Inde avec le taux de pauvreté le plus bas :

Kerala : 0,71 %

Goa : 3,76 %

Sikkim : 3,82 %

Tamil Nadu : 4,89 %

Pendjab : 5,59 %

États les plus pauvres :

Bihar : 51,91 %

Jharkhand : 42,16 %

Uttar Pradesh : 37,79 %

Madhya Pradesh : 36,65 %

Meghalaya : 32,67 %

Territoires de l’Union avec le taux de pauvreté le plus bas :

Pondichéry : 1,72 %

Lakshadweep : 1,82 %

Îles Andaman et Nicobar : 4,30 %

Delhi : 4,79 %

Bien sûr, chers enfants, vous connaissez mon chauvinisme légendaire, je lève ma trompe et bats des oreilles quand j’apprends qu’il n’y a pratiquement plus de pauvres dans mon petit état, mais mon sentiment est partagé entre joie et tristesse, car je vois que le travail reste immense pour éradiquer la pauvreté dans de nombreux États de mon pays.

Mon grand voisin, KR Narayanan, premier président dalit de l’Inde, du 25 juillet 1997 au 25 juillet 2002, dont je vous ai déjà parlé et qui fait l’admiration de mon village de Kurichithanam, ce cher président ne cessait de rappeler que l’état du Kerala, dont il était natif devait servir d’exemple, notamment pour l’éducation.

Bien sûr, l’éducation est l’un des 3 éléments importants pour mesurer l’IPM (L’indice de pauvreté multidimensionnelle), les 2 autres éléments étant la santé et le niveau de vie :

L’IPM de l’Inde a trois dimensions également pondérées, la santé, l’éducation et le niveau de vie – qui sont représentés par 12 indicateurs de nutrition, mortalité infantile et adolescente, soins prénatals, années de scolarité, fréquentation scolaire, combustible de cuisson, assainissement, eau potable, électricité, logement, avoirs et comptes bancaires.”

Je voulais, chers enfants, partager avec vous, cette joie d’être entourée d’humains qui vivent de mieux en mieux.

Lorsque je suis au travail, tirant des troncs d’arbres dans les pentes plutôt abruptes dans nos collines, je croise fréquemment des femmes et des hommes qui coupent des épines et nettoient les bords de route et les fossés. Kuttan m’explique qu’ils sont employés dans le cadre de l’un des 4 programmes de réduction de la pauvreté en Inde pour le développement rural.

J’ai remarqué que ces femmes et ces hommes manifestent de la fierté dans ce service, d’autant qu’il leur permet d’être rémunérés et de vivre mieux.

Voilà encore une fois un sujet dont je fière, et que je me réjouis de partager avec vous.

Chers enfants je vous fais de gros bisous et surtout prenez bien soin de vous.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Mon incroyable voisine de 104 ans, Kuttiamma”

Chers enfants,

Vous savez mon amour pour les grands-mères, comme je vous l’ai maintes fois répété. C’est toujours la grand-mère qui dirige notre famille pachydermique, celle que les éléphants respectent et honorent :

Je vous ai déjà parlé de ces grands-mères indiennes qui font mon admiration, Nanammal, qui enseignait le yoga à 100 ans, Papammal, qui perpétue l’agriculture biologique à 106 ans, ou encore, Meenakshi Amma qui enseigne le Kalaripayattu.

Aujourd’hui, c’est une autre grand-mère qui m’inspire : Kuttiamma vient de réussir à 104 ans son examen d’alphabétisation.

Kuttiamma habite à Ayarkunnam, à 17 kilomètres de chez moi, elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école étant enfant et n’a pas pu apprendre à lire et à écrire.

Vous ne pouvez pas savoir, chers enfants, comment c’est difficile de dépendre toujours des autres quand on n’a pas acquis la lecture et l’écriture.

Kuttiamma s’est dit qu’il ne faut jamais abandonner et baisser les bras, aussi elle a su que le gouvernement du Kerala a lancé un programme pour apprendre à tout âge. Ce programme de formation continue propose un examen d’alphabétisation (Kerala State Literacy Mission).

Elle vient de réussir brillamment son examen avec la note de 89 sur 100.

Croyez-moi, chers enfants, je lève ma trompe en son honneur, et je suis aussi fière de son exploit que je le serais pour quelqu’un qui a conquis l’Everest.

Il me faut aussi vous expliquer que mon cher petit état du Kerala est pourtant, depuis très longtemps, l’état le plus avancé de l’Inde pour l’alphabétisation :

Le Kerala arrive en tête de liste des États de l’Inde avec un taux d’alphabétisation de 96,2 %. Selon le recensement de 2011, près de 96,11 % des hommes et 92,07 des femmes étaient alphabétisés dans l’État.”

Mon voisin Henri me dit que lors de sa première visite en Inde, en 1978, il était très surpris de voir que les universités du Kerala étaient très proches de la population. À 2 kilomètres de chez moi, vous avez possibilité d’aller à l’université, comme chez vous à Boulogne, à l’université du littoral, créée en 1991.

Autant dire que le Kerala avait déjà décentralisé très tôt l’université pour favoriser l’accès de tous au savoir.

Le ministre de l’éducation et du travail du Kerala vient de rendre hommage à notre chère Kuttiamma :

Le ministre de l’Éducation et du Travail du Kerala, V Sivankutty, s’est rendu sur Twitter pour partager les réalisations de Kuttiyamma. « Kuttiyamma, 104 ans, d’Ayarkunnam, district de Kottayam, a obtenu 89/100 au test de la Kerala State Literacy Mission. L’âge n’est pas un obstacle pour entrer dans le monde de la connaissance. Avec le plus grand respect et amour, je souhaite le meilleur à Kuttiyamma et à tous les autres nouveaux apprenants”, a-t-il écrit sur la plateforme de microblogging, en joignant une photo de Kuttiyamma rayonnant du sourire édenté le plus attachant.”

Vous comprendrez, chers enfants, que pour moi l’éléphante philosophe de Kurichithanam, je ne pouvais pas laisser passer cette belle opportunité de vous compter l’histoire de Kuttiamma, cette sacrée mamie.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Les dolmens, ces pierres qui nous content l’histoire.”

Chers enfants,

Je vous écrivais hier sur la vie et les combats des adivasis, ces peuples qui vivent dans la forêt depuis des siècles.

Jis, ma chère voisine, qui fait de la recherche dans les forêts et connaît plusieurs de ces adivasis, est venue me voir lors de sa dernière visite à Kudakkachira. Elle m’a dit que la montagne et les forêts des Ghats sont habitée depuis des milliers d’années.

Elle était vraiment heureuse de me parler de Marayoor (Marayur), à 150 kilomètres de chez moi, dans cette montagne des Ghats occidentaux, à 1600 mètres d’altitude, où elle séjournait récemment.

À Marayoor, nous avons la chance d’admirer des dolmens qui nous disent que des humains vivaient là à l’âge de pierre, on y découvre aussi des peintures rupestres de la même époque.

C’est aussi le seul lieu du Kerala où poussent des forêts naturelles de bois de santal.

Autant vous dire que Jis avait du mal à cacher son enthousiasme et son admiration face à la richesse historique et archéologique de ce site qui nous fait remonter au Mésolithique et au Néolithique.

Emmanuel et Henri m’ont assuré que Monsieur Jean-Paul Demoule, le grand archéologue de votre conseil scientifique, serait très intéressé de faire un séjour à Marayoor. Il pourrait vous donner des explications sur les âges de pierre, de bronze et de fer. Il pourrait vous faire revivre cette grande période allant du Mésolithique au Néolithique, époque où les humains construisaient des dolmens.

Jis vous propose de découvrir, grâce à sa vidéo, ce site merveilleux de Marayoor, et de voir ses dolmens, sa forêt naturelle de bois de santal.

Elle filme aussi les champs de canne à sucre, importants à Marayoor pour faire le jaggery, ce sucre non raffiné qui me fait saliver juste en y pensant !!!

Mon voisin Henri et Emmanuel m’ont dit que c’est vraiment incroyable, qu’à une époque très ancienne, en France, comme au Kerala, les humains ont construit de très beaux dolmens.

À Carnac, en Bretagne, vous avez ces vestiges d’un lointain passé, pendant la période du Néolithique, qui servaient de tombeaux.

Ils étaient construits avec des grosses pierres posées à la verticale et couvertes par une immense pierre qui formait la toiture.

Ce qui m’a paru intéressant, c’est aussi l’origine du mot dolmen qui vient d’une langue régionale de chez vous, le breton : table (dol) de pierre (men). C’est un monument mégalithique (grosses pierres, en grec) fait de pierres brutes agencées en forme de table.

Kuttan de son côté était très intéressé, il avait déjà entendu parler des dolmens de Marayoor, mais jamais des dolmens de Carnac, en Bretagne, près de chez vous, ni des dolmens de Sicile, ni de ceux du Caucase et encore moins de ceux de Corée.

Cet âge de pierre nous fascine, les humains nous parlent au-delà des millénaires, nous racontent par l’agencement des pierres comment ils honoraient leurs morts, c’est beau.

La liste des pays du monde où il reste des dolmens est importante.

Je vois que la France comme mon pays sont riches de vestiges qui nous font remonter à plus de six ou sept mille ans.

Emmanuel et Henri m’ont aussi expliqué que vous avez gravé, avec Maki, une pierre qui va raconter votre histoire pendant une durée très longue, avec un petit déjeuner enfoui dans le sol, à la ferme de Bertinghen. C’est une superbe histoire.

Chers enfants, encore une fois, je me rends compte que notre histoire a d’incroyables points communs et cela me réjouis. Je remercie Jis pour le travail sur le site de Marayoor, qui nous a conduit des dolmens de mon petit état du Kerala à votre menhir de la ferme de Bertinghen.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Les adivasis, peuples autochtones habitants la forêt : peuples en lutte.”

Chers enfants,

J’ai demandé à mon voisin Henri et à Emmanuel qui demandait de mes nouvelles, si en France vous aviez des éléphants dans les forêts et si vous aviez des peuples autochtones vivant dans vos forêts en bonne entente avec les arbres, les plantes et les animaux.

Ils étaient surpris d’entendre ma question, mais cela nous a permis d’échanger sur ce sujet.

L’Inde est un grand pays, cinq fois plus grand que la France, et un cinquième du pays est couvert par la forêt, soit l’équivalent de la surface de la France !!!

Et les forêts indiennes sont très variées, il existe plusieurs types de forêts, allant des forêts tropicales du Kerala aux forêts de type alpin dans l’Himalaya en passant par les forêts épineuses du Rajasthan et les forêts humides des mangroves, dans les deltas ou le long des côtes.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la plupart des forêts indiennes sont habitées depuis des siècles. À l’exception des zones inaccessibles de l’Himalaya, les adivasis, peuples autochtones ou aborigènes vivent dans et de la forêt. La surexploitation de la forêt est une réelle menace pour eux, ils sont sans cesse sur le qui-vive, et sont amenés fréquemment à résister.

Ces peuples autochtones vivent dans de nombreux pays du monde, en Amazonie, au Congo, en Malaisie…. En Inde :

Les peuples autochtones ou les aborigènes, comme leur nom l’indique, sont des habitants autochtones de la terre. Ils sont aussi appelés adivasis, vanvasis, etc. Depuis des temps immémoriaux, ils ont résidé dans les forêts, conservant ainsi la flore, la faune et l’ensemble de l’écosystème en général. Mais, ce sont eux qui ont été soumis à la plus grande injustice et à l’exclusion sociale.”

Une ONG, Survival International, défend le droit des peuples autochtones partout dans le monde :

Survival International est une ONG créée en 1969 dont l’objet est la défense des droits des peuples autochtones par le plaidoyer et des campagnes d’opinion en relayant la parole des peuples autochtones dans le monde, en lien étroit avec les organisations autochtones locales.”

Les publications de cette ONG sont très intéressantes pour comprendre la vie et les problèmes de ces populations.

Des dizaines de millions d’Adivasis dépendent des ressources forestières pour subvenir à leurs besoins, par la cueillette des fruits, fleurs, plantes médicinales, la collecte du miel ou du bois mort. Ces biens sont destinés à leur propre consommation ou au commerce.

Une loi votée en Inde, en 2006, reconnaît aux tribus d’adivasis et aux peuples traditionnels , le droit de vivre au sein de leurs forêts et d’en tirer les ressources nécessaires à leur survie ainsi que d’assurer la protection de leurs territoires.

Le préambule de la loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act, en 2006) reconnaît que les Adivasis (aborigènes) ont été victimes d’injustices historiques, de déplacements et d’exploitation, et que la société se doit de leur restituer leurs forêts et de leur en donner l’accès, puisque leur survie en dépend pour récolter des fruits, des fleurs, du bois ou des feuilles.”

Cette superbe loi est malheureusement menacée, car il leur est difficile de s’opposer aux projets miniers, hydroélectriques ou autres qui affectent leur territoire.

À plus de 2000 kilomètres de chez moi à Hasdeo dans l’état du Chhattisgarh, les adivasis et les éléphants semblent faire peu de poids pour sauver la forêt qui pousse sur un gisement de cinq milliards de tonnes de charbon, même si la COP26 veut mettre un terme à l’utilisation du charbon qui entraîne le dérèglement climatique :

Sous la verdoyante forêt Hasdeo à Chhattisgarh, par exemple, il y a cinq milliards de tonnes de charbon – du charbon que les communautés locales sont déterminées à garder sous terre. Les Gond, les Oraon et les autres tribus vivant à Hasdeo savent ce que signifie l’extraction du charbon : les mines de charbon existantes ont détruit les terres et la vie des communautés voisines ; les populations locales d’éléphants déplacées entraînant des rencontres dangereuses ; et pollué l’eau et l’air, causant de graves problèmes de santé et d’environnement. L’exploitation minière planifiée à Hasdeo menace les terres de 18 000 personnes. “

À quelques centaines de kilomètres du Chhattisgarh, dans l’état du Jharkhand, c’est une autre résistance s’est organisée depuis 1994 pour s’opposer à l’armée qui tentait de prendre possession de leur territoire, un peu comme la lutte qui s’est faite chez vous, d’après les dires d’Henri et d’Emmanuel, sur le plateau du Larzac.

Depuis 27 ans, les adivasis se rassemblent chaque année pour défendre leurs terres, pour qu’elles ne deviennent pas un champ de tir de l’armée.

Vous allez me dire, chers enfants, que certains peuples, si proches de nous, dont la vie dépend de la forêt, comme mes cousins, les éléphants de la montagne, doivent mener sans cesse un combat pour leur survie.

C’est la réalité, mais pour moi l’éléphante philosophe, très sensible à leurs difficultés, je voudrais leur dire que, dans mon petit état du Kerala, nous avons pu, grâce à un combat qui a duré plusieurs années, de 1973 à 1979, conserver un lieu devenu sanctuaire de la nature, la Silent Valley, déclaré Parc national en 1985.

La forêt et la vallée auraient été détruites par la construction d’un immense barrage, sans ce combat mémorable.

Je suis très fière des habitants de mon pays, qui sait unir ses forces dans des combats pour la vie.

Ce combat rassemblait les habitants, les militants écologistes, des chercheurs… Comme le disait si justement notre grand poète Tagore, parlant du combat collectif, dans une jolie allégorie, on casse facilement une branche, mais il est impossible de casser un fagot !!!

Même si vous n’avez pas de voisins adivasis en France, je suis sûre que vous n’allez pas être indifférents à leur juste combat pour la vie et pour notre survie, en sauvant nos forêts, poumons de l’humanité.

Chers enfants, je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Caricaturiste, un métier à haut risque”

Chers enfants,

Vous savez mon intérêt pour les dessins, ceux qui décorent vos murs, ceux de l’éléphante Ruby, ceux qui décorent les camions en Inde…

Il existe cependant des dessins, appelés caricatures, faits par des artistes dont le but est de faire rire tout en faisant réfléchir. Ils travaillent souvent pour des journaux, et parfois ces caricaturistes font l’objet de menaces.

Leur métier est dangereux, car :

La caricature n’est pas qu’un dessin rigolo, c’est aussi l’une des armes que redoutent le plus les puissants. Les tyrans, les fondamentalistes ne peuvent régner que si on a peur d’eux. Ils dominent par la peur. Si vous riez d’un tyran, vous n’en avez plus peur.”

Henri m’a raconté sa rencontre avec Mister Anoop Radhakrishnan, lors d’un événement familial, le mariage de son petit neveu au Rajasthan, en février 2020.

Anoop est (cartoonist) caricaturiste, et se retrouvant en famille pendant plusieurs jours (la durée d’un mariage au Rajasthan est d’une semaine), Anoop et Henri ont eu le temps de parler de ce métier.

Dès le début de la conservation, Anoop a abordé le drame de Charlie Hebdo, et de l’assassinat de douze personnes dont cinq brillants dessinateurs, le 7 janvier 2015. Ce qui nous interroge sur la liberté de la presse.

Anoop laissait entendre que même dans les pays où la liberté d’expression est reconnue, la menace pèse sur les dessinateurs de presse, pouvant aller jusqu’à leur assassinat, comme ç’a été le cas en France.

Nous ignorions à l’époque qu’un autre assassinat allait toucher la France, en la personne de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, ce valeureux professeur dont la mission était d’enseigner la liberté d’expression aux enfants.

Anoop est très engagé dans son métier de caricaturiste, il est secrétaire de la Kerala Cartoon Academy, et très reconnu par les siens.

Mais voilà qu’une de ses caricatures lui vaut des menaces. Une plainte a été déposée devant la haute cour de justice du Kerala, suite à son dessin sur un sommet médical imaginaire sur le Covid-19, montrant l’Inde représentée comme une “vache”, alors que l’Angleterre, la Chine et les États-Unis sont représentés comme des humains.

Anoop explique :

L’intrigue de la caricature était la suivante : en mars 2020, alors que les cas de covid augmentaient rapidement en Inde, la bouse de vache et l’urine de vache ont été largement proposées comme remède potentiel pour le Covid, ce qui était 100% non scientifique. Les dirigeants du pays proposaient également ce type de traitements médicaux superstitieux.

Je critiquais cette approche à travers mon dessin.”

La dessin d’Anoop a été honoré, cette année par un prix décerné par la Kerala Lalithakala Akademi, organisation autonome du gouvernement du Kerala, dont le but est de conserver et de promouvoir les arts.

Ce prix a entraîné une polémique, et a valu quelques menaces à son auteur.

Tout cela, chers enfants, me laisse trop triste, moi l’éléphante philosophe qui attache beaucoup d’importance au rire :

Comme le dit un avocat français, Richard Malka, défenseur de Charlie hebdo :

 “Eh bien, il faut continuer à rire et à sourire“,

Ou encore Mister Rusel, directeur du Cartoonists Rights Network International (CRNI), organisation établie à Washington qui défend la liberté d’expression des caricaturistes du monde entier :

Rire, ça semble simple, mais c’est la chose la plus puissante à faire.”

Mister Rusel poursuit :

« La caricature n’est pas qu’un dessin rigolo, rappelle-t-il, c’est aussi l’une des armes que redoutent le plus les puissants. « Les tyrans, les fondamentalistes ne peuvent régner que si on a peur d’eux. Ils dominent par la peur. Si vous riez d’un tyran, vous n’en avez plus peur. Et les caricatures, qui se moquent des riches et des puissants, font rire les gens. Et ça, c’est quelque chose que les tyrans ne supportent pas. »

Deux ennemis, moyennant quelques millions de dollars, peuvent s’affronter avec des chars d’assaut, des soldats, des fusils. Alors qu’un caricaturiste, avec seulement un crayon et une feuille de papier à trente sous, cause des dommages considérables… « En termes d’efficacité et de coût de revient, le caricaturiste assis à son bureau est un type d’ennemi dévastateur pour un tyran ! », dit M. Russel.

Et le dessin a une force de frappe plus importante que les mots, estime Robert Russel. « Lorsque vous lisez le journal et que vous allez à la page de l’éditorial, vos yeux sont attirés par la caricature. Même si vous lisez puis oubliez l’éditorial, vous allez vous souvenir de la caricature. Ces images restent collées dans notre esprit. »

Alors, oui, dit Robert Russel, il faut continuer à rire. « Il faut continuer à rire, continuer à vouloir voir ces dessins, continuer à défendre la liberté d’expression même si ça nous heurte, parfois. Avoir de l’imagination, une pensée, des opinions, c’est essentiel à la survie de l’humanité.”

En dessinant sur des thèmes aussi forts que la religion, l’économie, la finance, la politique, la guerre…

Les caricaturistes sont appelés justement “fantassins de la liberté”, par Stéphanie Valloatto en 2014.

Dans son film, elle les présente comme défenseurs de la démocratie et de la liberté d’expression, en s’amusant avec comme seule arme, un crayon, au risque de leurs vies.

 “Ils sont : français, tunisienne, russe, américain, burkinabé, chinois, algériens, ivoirien, vénézuélienne, israélien et palestinien” … (et aussi indien).

Ils testent en permanence le degré démocratique de leur pays et s’exposent en première ligne, ils sont bien les fantassins de la liberté.”

Oui, chers enfants, moi l’éléphante qui aime tant la liberté, j’ai entendu qu’un poète de chez vous, Paul Eluard a écrit un sublime poème, “Liberté, j’écris ton nom” :

« Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J’écris ton nom

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l’écho de mon enfance

J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur

Sur l’étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l’orage

Sur la pluie épaisse et fade

J’écris ton nom…

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J’écris ton nom

Sur l’absence sans désirs

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J’écris ton nom

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l’espoir sans souvenir

J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté »

(Paul Eluard, Poésie et Vérité, 1942)

Chers enfants, le mot “liberté” est, m’ont dit Emmanuel et Henri, écrit sur les frontons de vos mairies, avec “égalité et fraternité”. C’est très fort.

La liberté d’expression fait partie de cette liberté qui malheureusement est un combat difficile. Je lève ma trompe pour saluer tous les fantassins de la liberté, à commencer par les courageux caricaturistes.

Je vous fais de gros bisous,

A lundi,

Shila

Lettre de Shila : “C’est quoi les zoonoses, ces maladies émergentes”

Chers enfants,

Le beau thème de votre année culturelle, l’arborescence, me fait rêver chaque nuit : je rêve de ces arbres centenaires qui nous apportent leur ombre quand il fait très chaud, qui nous servent d’abri en période de pluie, qui empêchent l’érosion du sol, grâce à leurs racines aussi grandes que l’arbre lui-même !!

Mais l’abattage en nombre des arbres, la déforestation, est l’une des causes de la transmission de nouvelles maladies, qui se transmettent de l’animal à l’homme.

Hélas, de temps à autre, je suis chargée de tirer leurs troncs, là où les JCB, ces fameux tractopelles ne peuvent aller, dans les pentes abruptes de nos collines. Cela me désole, comme je vous l’ai déjà dit.

Ce matin, mon cher Kuttan m’a paru très contrarié, en lisant deepika.

Il m’a dit que les nouvelles maladies, comme le Nipah, très mortel, au nord du Kerala, ou encore le Covid-19 qui touche le monde entier, sont appelées des zoonoses.

Les zoonoses sont des maladies transmissibles entre l’animal et l’homme.

Je vous en parlais récemment dans un lien d’une de mes dernières lettres :

Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article à ce sujet :

L’autre défi, ce sont les zoonoses, c’est-à-dire les maladies transmissibles entre l’homme et l’animal. Les animaux sauvages sont des réservoirs de pathogènes et de parasites. Même quand ils ne mordent pas, il suffit qu’ils laissent des excréments. Et ce n’est que le début d’une longue liste de menaces, qui résultent moins du caractère de la nature que des changements introduits par l’homme.”

Les zoonoses existent depuis des milliers d’années, mais depuis cinquante ans, la fréquence de ces maladies s’emballe pour plusieurs raisons.

La déforestation en est une, car elle augmente le risque de contact avec la faune sauvage, le Nipah est transmis par les chauve-souris qui se nourrissent des mangues. C’est pour cela que Kuttan dit qu’il ne faut pas manger une mangue déjà croquée !!!

Il en est de même avec ces affreux moustiques, qui transmettent, dans nos pays tropicaux, la dengue, le chikungunya ou le zika.

L’élevage industriel, le commerce des animaux sauvages et la mondialisation des échanges font aussi partie des causes de l’emballement de ces maladies émergentes, les zoonoses.

Le Covid-19 est la dernière arrivée, et celle-là n’a pas fini de nous embêter !!!

Henri me dit qu’il a lu un livre sur le sujet, et qu’il le conseille vivement : la fabrique des pandémies, de Marie Monique Robin.

Un article passionnant vous permet de tout comprendre sur les zoonoses :

https://www.inserm.fr/c-est-quoi/pense-bete-c-est-quoi-zoonoses-%F0%9F%A6%87%F0%9F%A6%A0/

Chers enfants, comment ne pas vous encourager à être attentifs à votre environnement, soigner le bien, protégez et plantez les arbres. Mais surtout faites bien attention à vous.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “En retrait du monde”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Ce matin, je m’amusais à barboter avec Kuttan dans la petite rivière proche de mon petit pré, il faut vous dire que les moussons ont grandi comme chaque année les cours d’eau, et que les enfants de mon petit village, surveillés par leur maman font des pirouettes pour plonger, nager, rigoler.

Alors avec Kuttan, on s’est dit que c’était trop chouette, et nous les avons rejoint.

Puis Kuttan m’a dit : « allons voir le puits ». Ah, je ne connais pas cet endroit, cela m’intéresse.

Kuttan et moi sommes allés à la lisière de mon petit pré, devant la ferme de Joy, et là se trouvait une sorte de trou immense regardant vers les profondeurs du sol.

Nous avons baissé nos têtes tous deux pour discerner ce qu’il pouvait bien s’y passer ; « L’eau a monté plus que d’habitude », me dit Kuttan : « C’est bien, tous les arbres pourront en profiter ».

Kuttan, qui a l’œil vif, s’est soudain écarté du puits, un peu effrayé mais surtout fasciné. Il me crie : « Regarde Shila, incroyable ! Des dragons tête-de-serpent ! ».

Saperlipopette chers enfants, je connais par cœur mon cher Kuttan mais là, je ne l’ai jamais connu aussi excité.

Hummm Kuttan, mon cornac, mon ami : qu’est-ce donc ?

Kuttan m’explique qu’il vient de voir pour la première fois de sa vie des créatures vivant sous notre sol et très peu connues jusqu’à il y a peu.

Waouuu chers enfants, des animaux incroyables qui vivaient sous mes pieds depuis des milliers d’années, et qui ressurgissent au fil des moussons de mon petit pays. Quel conte de fées 😊

Vous connaissez ma passion pour tout ce qui se trouve en-dessous de nous, y compris les bobards les plus invraisemblables :

Mais alors là, je suis bluffée…

Comment des poissons dragons tête-de-serpent ont pu barboter tous ces milliers d’années sous terre sans que nous en ayons connaissance ?

Mon cher voisin Henri, qui essayait ses nouvelles bottes en constatant les crues de notre petite rivière devenue immense et rigolote, me dit qu’à Boulogne, par chez vous, se trouvent des cousines de ma nouvelle copine de dessous mes pieds.

Henri, passionné par nous autres, les animaux, me raconte que les humains ont inventé un nom pour toutes les bestioles qui vivent dans le sol. Si j’ai bien compris, ce sont d’après vous « les fouisseurs ».

Grand marcheur devant l’éternel, Henri me raconte qu’il a durant ses randonnées en montagnes, par chez vous, abordé des endroits où s’endormaient pour tout l’Hiver quelques animaux.

Si j’ai bien compris chers enfants, ces animaux s’endorment pour mieux revenir à la vie aux beaux jours.

Emmanuel, qui téléphonait pour savoir si la mousson ne m’avait pas trop embêté cette année, me dit que chez les humains existe de longue date aussi cette vie sous la Terre.

Emmanuel me raconte un Monsieur qui a vécu des décennies dans une grotte et qui était considéré d’une grande sagesse. Si j’ai bien compris, vivre dans ces endroits cachés de tous permet ce que vous appelez « l’ascèse ». Hummm, ok, c’est un peu comme chez nous, en Inde : ce que nous appelons « Tapas ».

Mes chers enfants, loin de moi l’idée selon laquelle pour vivre heureux, il faudrait vivre caché : la vie est belle et les rencontres chaque jour formidables. Mais enfin de découvrir ce matin ce poisson sortant sa petite tête du fonds du puits de Joy m’inspire aussi la possibilité du bienfait d’être en retrait du monde de temps en temps pour mieux l’enrichir, chemin faisant.

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila,

Lettre de Shila : “L’Inde aurait plus de filles pour la première fois”

Chers enfants,

Comme je vous l’ai dit avec passion, moi l’éléphante très attachée à ma famille matriarcale, où c’est la grand-mère qui commande la communauté pachydermique, où les éléphantes ont toutes leurs places, je n’arrête plus de battre des oreilles et de lever ma trompe de bonheur, depuis ce matin.

Kuttan m’a expliqué, son deepika sous le bras, que la grande nouvelle du jour, c’est que les filles indiennes sont plus nombreuses que les garçons, et ce pour la première fois depuis que les statistiques existent.

L’Inde compte plus de femmes que d’hommes pour la première fois de son histoire et ne connaît plus de boom démographique, selon une enquête gouvernementale qui indique des changements sociétaux importants dans le pays.

La cinquième enquête nationale sur la famille et la santé (NFHS) menée par le gouvernement entre 2019 et 2021 a révélé que l’Inde comptait désormais 1 020 femmes pour 1 000 hommes.”

Il faut dire que mon cher pays revient de loin :

1990, l’économiste indien Amartya Sen, lauréat du prix Nobel, a écrit pour la première fois sur les 37 millions de femmes disparues en Inde, où le rapport femmes/hommes était de 927 femmes pour 1 000 hommes, en raison des facteurs suivants :

L’Inde pendant des siècles a été un pays de « femmes disparues », se référant aux millions de filles tuées avant ou juste après la naissance en raison d’une stigmatisation sociétale de donner naissance à un la fille. Cela indique que des progrès sont réalisés dans la lutte contre les avortements sélectifs en fonction du sexe, le foeticide féminin et la négligence des filles et des femmes, qui ont un impact profond sur la population féminine.”

Les parents indiens ont historiquement favorisé les fils par rapport aux filles, qui sont souvent considérées comme lourdes et coûteuses en raison de la tradition des dots de mariage.

Je me réjouis d’autant plus que les observateurs, il y a trois ans, affirmaient que le déficit des filles s’accentuait malgré les tentatives pour l’enrayer.

Je ne sais pas si, chez vous, vous faites attention à la différence entre les filles et les garçons, mais chez moi, malheureusement les filles n’étaient pas les bienvenues, comme le dit ce reportage.

Bien sûr, les résultats de cette enquête, auprès de 650 000 ménages, publiée le 24 novembre 2021 par le ministère de la santé de l’Inde, sont très intéressants. Ils nous disent deux choses importantes : d’une part, il y a plus de femmes que d’hommes, et d’autre part, l’Inde pays de près d’1,4 milliard d’habitants a un taux moyen de fécondité de 2 (nombre moyen d’enfants par femme en Inde), ce qui signifie que le boom démographique se termine.

Ces résultats devraient être confirmés par le recensement qui devait être fait en 2021, mais qui est reporté en raison de la pandémie.

Cependant quelques voix se font entendre, venant de militants associatifs, remettant en cause les résultats de l’enquête gouvernementale :

“Mais les militants disent que les chiffres ne s’additionnent tout simplement pas et décrivent l’affirmation du gouvernement comme “absurde” et “presque impossible“. (…) Sur 100 ans, notre recensement a montré à plusieurs reprises qu’il y avait plus d’hommes que de femmes en Inde”, a déclaré le chercheur et militant Sabu George.”

Nos amis du petit journal de Chennai décrivaient en juillet dernier la condition parfois difficile des femmes de mon pays.

Vous connaissez, chers enfants, mon optimisme toujours aussi fort, aussi je tiens à partager avec vous cette grande et bonne nouvelle : pour la première fois depuis des siècles, les filles indiennes seraient plus nombreuses que les garçons : Youpiiiiiii 🙂

Je vous fais de gros gros bisous,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Rencontre avec Dulari Devi, artiste peintre”

Chers enfants,

Je sais votre passion du dessin, Emmanuel m’a dit que vous décorez vos maisons avec vos dessins, vous dont les qualités artistiques s’expriment aussi par vos ateliers de musique, de danse, du cirque…

Je vous ai aussi parlé de mon admiration pour l’éléphante Ruby, qui était renommée pour ses peintures abstraites :

Quand vous viendrez visiter mon pays, vous serez très étonnés de voir la décoration des camions, comme celui des murs, où des artistes peintres font des chefs-d‘œuvre.

Emmanuel et Henri m’ont dit qu’à Boulogne, vous avez aussi des artistes peintres qui réalisent des fresques murales et font de Boulogne un musée de plein air.

Kuttan ce matin est arrivé très enjoué avec le deepika, il m’a dit qu’une artiste peintre, très loin de chez moi, à près de 3000 kilomètres, à la frontière avec le Népal, dans le nord de l’Inde, venait de recevoir la prestigieuse récompense du Padma Shri, pour sa contribution à l’art de la peinture.

Dulari Devi a connu une enfance très difficile, faisant partie des dalits, communauté victime de discrimination. Sa famille très pauvre vivait à Madhubani, région de Mithila, dans l’état du Bihar.

La chance de Dulari Devi a été d’apprendre la peinture et de devenir une grande artiste peintre.

Son premier contact avec la peinture Mithila est venu alors qu’elle travaillait comme domestique chez un peintre.

Dulari Devi ne s’est pas contentée de peindre les thèmes et les motifs des castes supérieures, représentant les dieux et les déesses.

L’une des premières peintures qu’elle a vendue représentait un village de pêcheurs, les gens de sa communauté étaient des bateliers.

Sa maîtrise de la peinture Mithila lui a permis une réelle émancipation :

L’art dalit a évolué en tant que mode de résistance et de protestation. Fait par une femme, il parle de la triple domination, discrimination et oppression à laquelle elle est confrontée, en raison de la pauvreté, du sexe et de la caste. Une de ces femmes dalits a récemment remporté un honneur national – Dulari Devi, une peintre Mithila du Bihar, a reçu le Padma Shri…

Il faut saluer aussi une autre femme qui a joué un rôle important dans l’encouragement apporté à la communauté dalit :

Le mérite de l’inclusion des Dalits dans les peintures de Mithila revient à une anthropologue allemande, Erika Moser, qui a inspiré et guidé les femmes Dalits dans les années 1970 à adopter l’art pour la reconnaissance sociale et l’indépendance économique.

Lorsqu’Erika Moser, également cinéaste et militante sociale, a commencé à persuader la communauté appauvrie des dalits de peindre. Les femmes, prises dans un dur travail physique, ont exprimé d’abord leur incapacité à le faire… puis elles ont ensuite accepté.”

Vous comprenez, chers enfants, ma joie de voir cette femme qui grâce à son art, est devenue un exemple pour la nation, elle a développé l’art populaire et perpétue la tradition artistique Mathila ou Madhubani.

En plus de ses tableaux, elle a réalisé de nombreuses peintures murales et enseigne les techniques de son art aux enfants. Dommage que l’Inde soit si loin, elle serait heureuse de vous transmettre sa passion.

Chers enfants, suivez l’exemple de Dulari Devi, en vous passionnant pour les activités culturelles que vous aimez, il viendra le jour où vous serez heureux de les transmettre.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

“Histoire d’un songe” : le film

La saison culturelle avait pour thème “En vérités” : tout au long de l’année les enfants et les jeunes de notre institution ont préparé dans le cadre de leurs ateliers bi-hebdomadaires le spectacle exprimant cette quête.

Ci-présentes les créations des enfants, mises en récit par Romuald Pierru et  filmées sur la scène “Le Phenix” d’Outreau la première semaine de juillet 2021 par l’équipe d’A bouts de films :

Rendez-vous le 7 juillet pour le spectacle interprétant Arborescence.