Archives de catégorie : Saisons culturelles

Les Maisons reçoivent leur Altesse

Ce 25 octobre, “Altesse”, jument de onze ans “Trait du Nord” a emmené les enfants le long du chemin de Ningles pour contempler le rivage à bord d’une charrette qu’elle a tractée vaillamment.

Un grand merci à Altesse, Jean-Michel, Luc, pour ces beaux moments entre ciel et mer.

Au plaisir de vous retrouver pour de nouvelles aventures.

Découvrez les images réalisées ce jour par Lumina, membre de l’équipe éducative du Centre de jour :

Découvrez les images réalisées par Lorène, membre de l’équipe éducative de la Maison des Découvreurs :

Découvrez les images réalisées ce jour par nos soins :

“Jurassic Parc” dans le salon de la Maison du Cirque

Elodie, membre de l’équipe éducative et cheffe de fouilles archéologiques, nous envoie ces photos de découvertes impressionnantes réalisées par les enfants le week-end dernier. Une publication devrait prochainement enrichir la littérature scientifique à propos des créatures régulièrement trouvées dans l’espace commun de la Maison du Cirque.

Lettre de Shila : “Face au changement climatique, le rôle des gouvernements, des citoyens et aussi des chercheurs”

Chers enfants,

Samedi dernier, le 16 octobre, le Kerala vivait un vrai cauchemar, avec un déluge s’abattant sur nos têtes, et plus particulièrement dans mon district de Kottayam où se situe mon petit village de Kurichithanam. Il s’abattait aussi sur le district voisin d’Idikki, plus à l’est dans la montagne des Ghats occidentaux.

Ce cauchemar revient trois ans après les pires inondations que le Kerala a subies en un siècle.

Bien sûr, c’est moins grave qu’en 2018, où les inondations avaient fait plusieurs centaines de victimes et plus d’un million de personnes déplacées.

Avec ses 44 rivières et ses 81 barrages, le Kerala est un des États les plus vulnérables aux inondations en Inde :

Il n’est pas rare que de fortes précipitations provoquent des inondations et des glissements de terrain au Kerala, où les zones humides et les lacs qui servaient autrefois de protections naturelles contre les inondations ont disparu en raison de l’urbanisation et de la construction croissantes…

De nombreux facteurs contribuent aux inondations, mais le réchauffement de l’atmosphère causé par le changement climatique rend les précipitations extrêmes plus probables.

Le monde s’est déjà réchauffé d’environ 1,2 °C depuis le début de l’ère industrielle et les températures continueront d’augmenter à moins que les gouvernements du monde entier ne réduisent considérablement les émissions.”

Il est sûr que chaque citoyen peut agir, regardez notre ami Plavu Jayan, qui a planté plus de 20000 arbres, l’importance des arbres est connue pour la lutte contre le réchauffement climatique.

La gestion, à un niveau plus large, des 16 parcs nationaux, au Kerala, contribue à la conservation de cette belle nature et de notre environnement.

Pour aider à la gestion de la nature, nous avons aussi des écologues comme ma voisine Jis, qui vient d’être honorée, en recevant un premier prix attribué aux jeunes chercheurs travaillant dans le domaine de la conservation de la nature ; le prix attribué par la WCB (Wildlife and Conservation Biology) Research Foundation.

Toutes nos félicitations à Jis, qui a été ma porte-parole et mon porte-plume pendant le premier et long confinement. Elle porte un intérêt sans faille à vous chers enfants, même si elle est actuellement très prise par ses travaux :

Elle vient me saluer dans mon petit pré, à chaque fois qu’elle redescend de la montagne d’Idikki.

Emmanuel et Henri m’ont dit que vous êtes en vacances ce soir, aussi je vous souhaite de très bonnes vacances et vous fais de gros bisous.

On se retrouve le 8 novembre.

Shila

Lettre de Shila : “Meenakshi Amma, une grand-mère qui enseigne le Kalaripayattu”

Chers enfants,

Comme vous le savez, j’adore les grands-mères. Dans ma famille pachydermique, c’est la grand-mère qui dirige, c’est le matriarcat :

J’adore les grands-mères qui perpétuent leur art, leur savoir-faire. Je m’étais fait un plaisir de vous raconter les histoires de Nanammal, cette grand-mère qui enseignait le yoga jusqu’à ses 100 ans, et de Papammal qui perpétue l’agriculture biologique à 106 ans !!!

Aujourd’hui, c’est une autre grand-mère qui m’inspire. Elle habite, comme Nanammal et Papammal, à un peu plus de deux cents kilomètres de chez moi, dans le district de kozhikode ou Calicut, dans la partie nord du Kerala.

Meenakshi Amma enseigne le Kalaripayattu, le plus ancien art martial de l’Inde :

“Meenakshi Amma dément ses 78 ans avec ses prouesses au kalari, considéré comme le plus ancien art martial de l’Inde (3000 ans) !!

L’arrière-grand-mère du Kerala, dans le sud de l’Inde, a joué un rôle moteur dans le renouveau du kalaripayattu, comme l’on appelle également cette pratique ancienne, et en encourageant les filles à l’adopter. « J’ai commencé le kalari à l’âge de sept ans. J’ai 78 ans maintenant. Je continue de pratiquer, d’apprendre et d’enseigner », a déclaré à l’AFP la matriarche de l’école Kadathanad Kalari Sangham, fondée par son défunt mari en 1949. »

Meenakshi Amma est sans doute la plus âgée des femmes pratiquant le Kalaripayattu.

Elle dirige une école de kalaripayattu à Kozhikode où elle forme environ 150 élèves, filles et garçons.

Dommage que le Kerala soit si loin de Boulogne, avec ses 8000 kilomètres, sinon je suis sûre que vous aimeriez apprendre et pratiquer cet art martial du Kerala.

Je vois chaque semaine, les enfants se rendre à leur cours de kalaripayattu à Kudakkachira, tout près de chez moi. Je vous ai déjà fait une lettre sur les cours donnés par Assan, le professeur qui est maître de son art et médecin ayurvédique en même temps :

Il est vrai, comme le dit Meenakshi Amma, les filles et les femmes, qui pratiquent cet art martial, n’ont absolument pas peur de personne : “« Quand les femmes apprennent cet art martial, elles se sentent physiquement et mentalement fortes et cela les rend confiantes de travailler et de voyager seules. »

Meenakshi Amma, comme les mamies de Coimbatore, Nanammal et Papammal, s’est vue honorée par l’Inde pour son enseignement, en recevant le Padma Shri en 2017.

Il me faut dire que cet art martial du Kerala avait été interdit par les dirigeants coloniaux britanniques de l’Inde, en 1804.

Heureusement, cet art est aujourd’hui enseigné dans la plupart des villages du Kerala et dans toute l’Inde.

Voilà, chers enfants, une belle histoire de grand-mère que je tenais à vous conter.

Emmanuel et Henri m’ont dit que vous avez des ateliers passionnants en vos maisons, allant du cirque au théâtre et à la musique, en passant par le yoga : j’ai une grande admiration pour votre ténacité à apprendre.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Images de la première séance mensuelle au FabLab des Maisons

Ce 20 octobre, Quentin, Fabmanager du Fablab des Maisons, a accueilli les enfants de la Maison de la Danse et de la Maison des Découvreurs pour la première séance de la saison.

Au programme de ce jour : initiation au stylo 3 D.

Découvrez les images transmises par Quentin :

Lettre de Shila : “Le chat léopard (des apparentements et de leurs surprises)”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Avez-vous vu ce matin encore le chat gris tourner autour de vos Maisons, site Splingard ? Emmanuel, qui me téléphonait pour me faire un bisou, me dit que ce chat est devenu comme un nouveau résident tant chaque jour il tourne, il tourne autour de vos Maisons, pas gêné pour un sou, s’asseyant devant vous comme s’il habitait là depuis un temps fou.

Mon cher voisin Henri me dit aussi que du côté de votre autre Maison, à Wimille, une chatte est comme chez elle chez vous, si bien qu’elle a eu des chatons.

Humm, les chats, ce sont quand même de sacrées créatures.

L’autre jour, alors que j’essayais de calculer le nombre d’êtres vivants sur Terre… :

… Une nouvelle fois, le chat qui se dort la pilule sur le toit du patio d’Henri est venu marcher sur les touches de ma calculette (enfin celle d’Henri, mais chuuut) : j’ai dû tout refaire alors que ces calculs étaient archi compliqués.

Grrr, que ce chat m’agace… Il est de couleur rousse, a les pattes blanches et une queue plutôt épaisse.

J’en ai parlé à Kuttan ; lui aussi a vu ce chat squatter mon petit pré. Kuttan m’a dit qu’il ne fallait pas que je prenne ombrage de cette créature, car elle serait sans doute un spécimen très peu connu des humains, assez mystérieuse.

Quoi ? un chat ? Mystérieux ? Hummm, mais moi aussi je suis mystérieuse, désirable dans le regard de vous-autres les humains. La preuve ; vous me mettez souvent en scène au cinéma :

Kuttan a senti que j’étais vexée, et comme il sait le faire si bien, il m’a raconté avec sa douce voix combien ce chat pouvait intriguer, combien la quête de son origine était importante pour comprendre comment la vie s’épanouit.

Bon ok, alors Kuttan ? Quelle est donc cette intrigue que porterait en lui le chat qui ne fait rien qu’à m’embêter dès que je sors ma calculette (enfin celle d’Henri, mais chuuuut) ?

Kuttan m’explique que ce chat pourrait être un descendant du léopard.

Heuuuuu, quoi ? Une si petite bestiole, descendante d’une si grande bestiole ? Non non non, j’en ai entendu des balivernes, mais alors là, c’est inconcevable.

Kuttan me dit que des recherches très sérieuses de vous-autres, les humains, ont repéré dans le corps du chat rubigineux des traces du léopard.

Vous appelez ces traces, des traces génétiques : des minuscules, minuscules, minuscules petites choses que l’on trouve dans cellules des êtres vivants ; animaux, humains, plantes.

Ah oui, OK, l’ADN :

Kuttan me raconte aussi que ces recherches d’ADN indiquent que mes cousins d’Afrique ne formeraient pas une grande et même famille, mais deux familles distinctes, l’une vivant dans la savane, l’autre vivant en forêt.

Hummmm, très intéressant.

Chers enfants, je comprends qu’à mesure que nous vivons des rencontres se tissent de nouvelles arborescences de nous.

Emmanuel me dit que le mouvement peut être inverse ; la variété des cousines et cousins d’un être vivant peut se rétrécir par l’action des humains, de la Nature. Ainsi, m’explique Emmanuel, au Moyen-âge les humains ont failli faire disparaître les chats au profit d’un autre animal ; la genette.

Hummm, aurais-je préféré être importunée par une genette plutôt que par ce chat ? That is the question…

Moi l’éléphante philosophe me dit qu’à tout prendre, je serais heureuse de composer avec cette multitude : un chat, un éléphant de la savane, un éléphant de la forêt, une genette, un léopard, et tout ce que Mère Nature aura enfanté.

A la santé de la vitalité de notre vie ; c’est un souhait que je formule avec vous en regardant mes chères étoiles au-dessus de mon petit pré ce soir :

Je vous embrasse les enfants,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Le sel c’est la vie (une seconde histoire de la cité idéale)”

Bonjour chers enfants, comment allez-vous ?

Etes-vous aller en promenade sur les plages de votre joli petit pays avec vos éducatrices et éducateurs, profitant du beau Soleil d’Automne dont mon cher voisin Henri me dit qu’en ce moment par chez-vous, il offre de somptueux atterrissages sur la mer à la fin de la journée ?

Est-ce que, tout comme moi, vous avez constaté une drôle d’impression sur vos lèvres et dans vos narines au terme de ces randonnées maritimes ?

Hier encore, quand mon cher Kuttan m’a promené sur la plage proche de mon petit village, je ressentais une sensation piquante au retour dans mon petit pré.

Kuttan m’a dit que lui aussi ressentait cet agacement nasal, et puis mon cher cornac m’a aspergé d’eau, et s’en est aspergé sur lui aussi ; une bonne douche et, hop ! ; on se sentait à nouveau libéré tous les deux de ce goût bizarre.

Kuttan m’a expliqué que ce désagrément à chaque fois que nous allons sur la plage est bien connu des humains. Si j’ai bien compris, il y a cette sorte de poussière venue des mers, que vous appelez « le sel marin », qui poussée par le vent sur la plage s’insinue dans nos voies respiratoires. Kuttan me dit qu’il ne faut pas s’en effrayer ; le sel, c’est la vie 😊.

Ah d’accord, le sel serait une ressource inépuisable de notre Terre, et qui a aidé les humains à vivre mieux depuis des millénaires. Mon cher Henri, qui me voyait toute heureuse de cette douche salvatrice après mon retour de la plage, me dit que vous autres, les enfants, aviez adoré fabriquer du sel avec des archéologues selon les méthodes des gaulois, voici très très longtemps.

Hummm, que cette aventure devait être passionnante. Bravo chers enfants.

Joy, dont la ferme est juste à côté de mon petit pré, me dit que pour l’Inde aussi, l’histoire du sel se mêle avec de grandes conquêtes des humains pour mieux vivre.

Emmanuel, qui téléphonait pour me passer le bonjour quotidien, m’a raconté que par chez-vous, en France, une cité idéale fut construite à partir de ce travail du sel.

Si j’ai bien compris, cette ville sortie de l’imagination d’un ingénieur du siècle des Lumières… :

… peut être encore visitée aujourd’hui, à l’image du Palais dont je vous parlais dans une lettre précédente :

Ce Monsieur, Claude-Nicolas Ledoux, avait eu l’idée, comme Monsieur Godin deux siècles plus tard, de créer pour les humains travaillant chaque jour le sel (avec ses inconvénients manifestes – ma trompe toute piquante s’en souvient encore), des maisons de culture dans leur lieu de vie, permettant de découvrir le théâtre, la peinture, la beauté.

Henri me dit que pour vous, ce lieu et ses idées représentent l’endroit où, peut-être, tout ce que vous vivez à votre tour dans vos Maisons chaque semaine avec vos professeurs d’atelier en Arts, en Lettres, en Sciences, en Technologies, trouve ses racines. Si j’ai bien compris, cette saline est considérée comme très importante par les humains pour vérifier les conditions d’une vie bonne, heureuse.

Hummm, d’accord chers enfants, le sel c’est non seulement la vie mais aussi une petite chose qui fait naître de grandes idées. J’en suis ravie chers enfants : vive l’imagination au service du plus grand nombre.

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila