Archives de catégorie : Thème 2020-2021 : En vérités

La couleur de l’eau selon la Maison Vive

Ces dernières semaines, les enfants de la Maison Vive ont créé avec Sylvie, leur professeur en arts plastiques, des expressions stylisées du plancton, organisme vivant au cœur du projet co-réalisé avec Nicolas.

Récapitulatif des ateliers de la Maison Vive, autour des œuvres de Nicolas Floc’h artiste en résidence aux Maisons sur le thème la couleur de l’eau : découverte, analyses, dessins, modelage.
La plupart des enfants découvraient pour la première fois l’argile et le modelage. Apprivoiser la terre et quelques outils. Les enfants ont pris beaucoup de plaisir avec celle-ci.

(Texte et images de Sylvie).

Lettre de Shila : “Vrais faux, faux faux, faux vrais, vrais vrais”

Bonjour chers enfants,

Comment allez-vous ? Emmanuel, l’ami de mon cher voisin Henri, me dit qu’il a bu un très bon café ce matin en lisant le journal et qu’il était aussi bon que celui de mon pays :

Emmanuel me dit que dans ce journal, il y avait une information qui a de quoi donner mal à la tête : il y aurait des « fausses vérités » dans le monde, et ces fausses vérités auraient beaucoup plus de succès et d’ampleur que des « vraies vérités ».

Ouille ouille ouille, je m’empresse de mâchouiller mes chères pousses de bambou car même si je suis très intelligente, la différence entre fausse et vraie vérité me semble incroyablement compliquée et il me faut être très réveillée. Le peu que j’ai compris, c’est qu’il faut quand même que j’y réfléchisse car cela pose des problèmes graves aux humains.

Aux humains seulement ? Emmanuel me dit que c’est un problème qui concerne aussi les animaux. Ainsi des requins qui confondent des humains avec des bestioles : ils croquent des humains qui nagent à la surface de l’eau, croyant de bonne foi que ce sont des phoques ou des tortues. Ou encore des canards qui sont piégés par des humains, croyant que flottant sur la mare, ce sont des vrais cousins alors que ce sont des canards en plastique. Et je ne vous parle pas des truites, qui croient que ce sont des vraies mouches qui volent à la surface de l’eau, alors que c’est l’humain qui a mis un appât sur l’hameçon de sa canne à pêche pour mieux les attraper.

Oui, maintenant qu’Emmanuel m’explique ce problème, je vois bien qu’il est très important de faire la différence entre le vrai et le faux, cela peut être une question de survie.

Et bien dans le journal qu’a lu ce matin Emmanuel, les résultats d’une étude scientifique expliquent que vous, les humains, préférez beaucoup et de très loin ce qui est faux à ce qui est vrai :

« Nous avons étudié la diffusion différentielle de toutes les nouvelles vraies et fausses vérifiées distribuées sur Twitter de 2006 à 2017. Les données comprennent environ 126 000 articles tweetés par environ 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois. Nous avons classé les nouvelles comme vraies ou fausses en utilisant les informations de six organisations indépendantes de vérification des faits qui affichaient un accord de 95 à 98% sur les classifications. Le mensonge s’est répandu beaucoup plus loin, plus vite, plus profondément et plus largement que la vérité dans toutes les catégories d’informations, et les effets étaient plus prononcés pour les fausses nouvelles politiques que pour les fausses nouvelles sur le terrorisme, les catastrophes naturelles, la science, les légendes urbaines ou les informations financières. Nous avons constaté que les fausses nouvelles étaient plus nouvelles que les vraies nouvelles, ce qui suggère que les gens étaient plus susceptibles de partager des informations nouvelles. Alors que les fausses histoires inspiraient la peur, le dégoût, et surprise dans les réponses, des histoires vraies inspirées d’anticipation, de tristesse, de joie et de confiance. Contrairement à la sagesse conventionnelle, les robots ont accéléré la diffusion de vraies et fausses nouvelles au même rythme, ce qui implique que les fausses nouvelles se répandent plus que la vérité parce que les humains, et non les robots, sont plus susceptibles de la propager. »

Emmanuel m’a expliqué que Twitter, c’est une technologie inventée par les humains pour qu’ils puissent être de mieux en mieux en relation.

Mes chers enfants, tout cela me rappelle ce que je vous racontais à propos du miroir :

La conscience collective de ce qui est vrai, de ce qui est faux, n’est pas garantie par la mise au point de robots, de machines très sophistiquées. On peut être de mieux en mieux en relation, et être de mieux en mieux trompé.

Mon ami Emmanuel m’a expliqué que c’est un phénomène très ancien, qui n’a pas attendu les robots pour exister. Ainsi, Monsieur Jean-Paul Demoule, membre de votre Conseil scientifique, a beaucoup réfléchi à ces questions en tant qu’archéologue. De fameux mensonges ont été crûs par beaucoup de monde, bien avant ce que vous appelez “Internet”, “Twitter”, ou “la télévision” :

« Une énigme subsiste jusqu’à nos jours, celle de l’auteur de l’homme de Piltdown, un fossile découvert en 1908 dans le sud de l’Angleterre, et qui formait le « chaînon manquant » (ou missing link) idéal entre le singe et l’homme, celui que tout le monde cherchait. Il fallut quarante ans et l’invention de la datation par le carbone 14 pour vérifier que la chose tenait bien du singe et de l’homme : c’était un crâne humain médiéval associé à une mandibule d’orang-outang soigneusement limée ! Si l’on en a parfois soupçonné le savant français Teilhard de Chardin et même Conan Doyle, qui résidait à proximité, le suspect numéro 1 reste Charles Dawson, le « découvreur » de cet eoanthropus dawsoni (!), mais sans preuves irréfutables. Ce faux avait lui-même été précédé un demi-siècle plus tôt par un autre tout aussi célèbre, la mâchoire de Moulin-Quignon. Moderne, elle avait été introduite dans une carrière de la Somme par des ouvriers auxquels Boucher de Perthes avait promis une récompense en cas de découverte d’os humains. En effet, si on connaissait jusque-là des outils en silex et des ossements d’animaux disparus dont l’antiquité venait d’être admise, il manquait toujours la preuve d’une réelle présence humaine. Ce faux, authentifié à l’époque, permit à la Préhistoire de connaître son véritable développement ! ».

Ce thème est passionnant, et Emmanuel m’a envoyé pour vous l’émission de radio durant laquelle Monsieur Demoule raconte plein d’autres histoires de vrais faux, faux faux, faux vrais, vrais vrais.

Emmanuel me fait remarquer qu’en plus, pas mal de gens qui ont se sont faits bernés par ces bobards très bien ficelés sont précisément des personnes qui ont beaucoup appris du Siècle des Lumières dont je vous parlais hier.

Je vous soumets la morale de cette histoire, mes chères enfants : pour être puissant, avoir du pouvoir sur les autres, il semble qu’il vaille mieux mentir. Cependant, le mensonge est toujours découvert tôt ou tard, car il ne peut atteindre l’importance existentielle de la vérité : « L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu », disait pour résumer cela un grand penseur de votre Siècle des lumières, Monsieur François de la Rochefoucauld.

Je crois savoir par mon cher Henri que dans le sous-sol devant la Maison du Cirque, vous avez réalisée voici dix ans, malicieux que vous êtes, une opération au cours de laquelle vous avez enfouis des vrais vrais, vrais faux, faux vrais, faux faux messages à l’attention de vous-mêmes et des archéologues du futur :

Hummm, vous êtes futés les enfants : je souhaite bien du plaisir à votre mémoire et aux archéologues de 2030 et de 2050 pour savoir discerner le vrai du faux.

A demain,

Gros bisous,

Shila

Images de l’ateliers arts plastiques du Centre de Jour, séance du 19 novembre 2020

Ce jeudi 19 novembre, les enfants du Centre de Jour ont créé avec Sylvie, leur professeur en arts plastiques, des expressions stylisées du plancton, organisme vivant au cœur du projet co-réalisé avec Nicolas.

Petit récapitulatif : Recherches, croquis, dessins, modelages effectués autour du thème La couleur de l’eau et des œuvres de Nicolas Floc’h artiste en résidence en nos maisons. Merci à Daniel de s’associer à nous et de transmettre son savoir faire autour de l’argile. Merci aux enfants pour leur investissement.

(Texte et images de Sylvie)

Lettre de Shila : “L’Inde des Lumières”

Bonjour chers enfants, hier je vous souhaitais un joyeux Diwali ; c’est beau toutes ces bougies allumées n’est-ce pas ?

En France, me dit Emmanuel, l’ami de mon cher voisin Henri, existe aussi chaque début décembre une grande fête annuelle à Lyon, qui s’appelle La fête des lumières, et durant laquelle les habitants posent sur le rebord de leurs fenêtres des bougies pour éclairer leur rue à l’attention des badauds.

Malheureusement, cette grande fête qui rassemble plus d’un million de visiteurs et qui est, me dit Emmanuel, un évènement devenu réputé au-delà de vos frontières, ne pourra avoir lieu cette année en raison de ce satané virus.

Je constate que fêter la lumière a beaucoup d’importance pour vous les humains. Emmanuel me dit que ce fut au point d’intituler un siècle de votre Histoire de France : le siècle des Lumières.

C’était il y a trois cents ans : Ouille ouille ouille, c’est bien loin de nous tout ça. Et pourtant, me dit Emmanuel, ce fameux siècle continue aujourd’hui à faire parler de lui, car, si je comprends bien, c’est le moment où en lettres, en sciences, en mathématiques, il y a eu de grandes révolutions d’idées. Beaucoup de personnalités de votre pays réfléchissaient à l’époque au statut de ce qui est vrai, de ce qui est faux.

Dans mon pays, comme je vous l’ai raconté, il y a eu aussi de très grands penseurs plein de sagesse :

Mais, à la différence des français, les indiens ne sont pas venus jusqu’à chez vous pour essayer de vous convaincre qu’ils avaient raison à propos de ce qui serait vrai ou faux. Moi, l’éléphante curieuse, je trouve cela étonnant que des personnes fassent des milliers de kilomètres pour tenter de convertir d’autres personnes à des nouvelles idées qui ne sont pas les leurs.

Vous vous rendez compte chers enfants ? Quelle aventure incroyable, interminable, dangereuse devait être celle de vos ancêtres parcourant la Route des Indes afin de venir jusqu’à mon pays.

Cet effort surhumain pour venir de chez vous à chez moi, voici trois cents ans, explique je pense que ce ne fut pas seulement au nom de ses idées que le Siècle des lumières français est venu ici.

Emmanuel m’a dit que j’avais raison (Youpi !) et m’a raconté que vos grands voyageurs sont d’abord arrivés dans mon pays pour le commerce, pour les immenses richesses matérielles de mon continent. Emmanuel m’a signalé à presque cinq cents kilomètres de chez moi une ville indienne, nommée Pondichéry, qui fut le haut-lieu de l’implantation des marchands français.

L’arrivée régulière des bateaux et personnes françaises sur les rivages de mon pays voici trois cents ans, ce n’est donc pas tant l’histoire d’une rencontre entre deux peuples au nom d’une idée supérieure de la vérité qui serait bonne partout et tout le temps où que l’on vive.

Emmanuel me dit qu’il faut quand même nuancer cette observation, et m’a recommandé pour vous un livre qui montre qu’il y a quand même eu durant ce Siècle des lumières des influences de la pensée indienne sur la pensée française, et de la pensée française sur celle de mon pays.

Emmanuel m’a envoyé pour vous un article qui résume bien ces rencontres à l’époque de l’Inde des Lumières, tour à tour époque d’échanges équitables entre votre pays et le mien, puis de rapports de domination de la France sur le mien, puis finalement de relations apaisées enrichissant les deux cultures :

« L’engagement historique de l’Inde avec la France peut être compris à travers le prisme des voyageurs aventureux, des colonisateurs, des soldats et des citoyens ordinaires. C’est au XVIIe siècle qu’un gentleman français du nom de François Bernier visita l’Inde et devint le médecin de l’empereur moghol Aurangzeb, entre autres. Il a ensuite documenté sa vie dans le livre intitulé « Histoire de la dernière révolution des états du Grand Mogol », et l’a publié à Paris en 1670-1671. Ce livre connu sous le nom de « Voyages dans l’Empire moghol » a donné une description poignante du séjour de Bernier en Inde et de ses rencontres avec les Indiens locaux. Il était un grand voyageur et a vécu en Inde pendant douze ans, visitant même la région du Cachemire pendant son séjour. Un autre nom qui fait le tour des discussions sur les relations historiques de l’Inde avec la France est celui de Jean Baptiste Tavernier dont les « Six Voyages » continuent d’engager les lecteurs jusqu’à ce jour. Ces voyageurs nous donnent un aperçu clair de la vie que les gens ordinaires menaient à l’époque médiévale en Inde.

Présence coloniale française :

Les siècles suivants ont vu les Français entrer en Inde en tant que colonisateurs et combattre les guerres carnatiques massives (1746-1763) avec les Britanniques. Les guerres carnatiques peuvent être qualifiées de « guerres par procuration » entre deux puissances coloniales montantes pour la suprématie régionale. Finalement, Lord Clive et les Britanniques ont réussi en Inde et la sphère d’influence française a été limitée à quelques régions du pays comme Pondichéry, Karikal, Chandannagar et Mahe. L’engagement entre l’Inde et la France dans cette phase peut être qualifié de relation où « l’orient rencontre l’occident » et la curiosité pour la culture de l’autre grandit rapidement entre les deux pays. »

Mes chers enfants, quel voyage mouvementé à travers le temps de nos deux continents. Je vois que réfléchir à ce qui est vrai, à ce qui est faux, à ce qui est bien, à ce qui est mal, à ce qui fait gagner de l’argent, à ce qui ne le fait pas, mobilise les humains dans le monde entier, créant des rencontres parfois malheureuses, parfois heureuses.

Emmanuel me dit qu’il y a un proverbe chez vous, qui dit : « Chacun voit Midi à sa porte ». J’ai cru comprendre que cela signifie qu’il n’y a pas de vérité unique pour faire un Monde.

Vivent les vérités de chacune et chacun !

Vive la capacité de faire dialoguer les vérités des uns et des autres !

Vive l’envie d’examiner toutes vérités avec un œil curieux mais pas dupe !

Je vous embrasse très fort,

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “Happy Diwali”

Bonjour les enfants,

Je vous souhaite une bonne fête de Diwali, fête des lumières, en Inde et dans beaucoup d’autres pays.

J’ai reçu de nombreux vœux de mes voisins, qui m’ont souhaité une bonne fête de Diwali.

Mon ami Henri a reçu de nombreux messages de sa famille et ses amis indiens, avec de jolies cartes, qui sont jointes à ce courrier.

De nombreuses lumières éclairent les maisons, les rues, les monuments… Des millions de lumières, c’est extraordinaire cette journée, qui a eu lieu cette année le samedi 14 novembre 2020.

En plus de cette myriade de lumières, je ne vous cache pas que les enfants, les adultes et aussi les éléphants, nous sommes gâtés en sucreries, pâtisseries, ladoos, bonbons et pour moi du sucre de canne non raffiné, je m’en lèche les babines !!

Il y a aussi plein de pétards, mais ça, j’aime beaucoup moins.

Pour moi, cependant au Kerala, la fête de Diwali est un peu moins fêtée, car notre grandissime fête est Onam, correspondant à notre nouvelle année, dans le calendrier malayalam.

Je suis cependant très intéressée par Diwali et j’attends mon cornac avec ses gâteries.

Je sais qu’à Boulogne, vous attendez la fête de Noël, pour mettre les guirlandes lumineuses, et faire la fête.

À la différence de Noël, dont la date est fixée le 25 décembre chaque année, Diwali comme Onam sont des fêtes dont la date varie chaque année en fonction de calendriers différents du calendrier grégorien.

Onam, dépend du calendrier malayalam, et tombe en août ou septembre, la fête dure 4 jours, correspondant à la nouvelle année de ce calendrier.

Diwali tombe en octobre ou novembre de chaque année, selon le cycle de la lune. Il est observé le 15e jour de Kartik, le mois le plus sacré du calendrier hindou vikram“. La fête dure 5 jours, correspondant aussi à la nouvelle année de cet autre calendrier (l’Inde avait à une époque récente 30 calendriers).

Ces deux fêtes grandioses étaient aussi traditionnellement liées à la fête des moissons.

Diwali est une fête très populaire en Inde : c’est celle des lumières, à l’occasion de laquelle on s’offre des cadeaux et tire des feux d’artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important (« Bari Divali », « la grande Divali »), est consacré à la déesse Lakshmi, les quatre autres étant associés à différentes légendes et traditions. Ce troisième jour est aussi le dernier de l’année du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le nord de l’Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut dans le nord de l’Inde. Dans l’Inde du Sud, Divali ne coïncide pas avec le début de la nouvelle année, car un autre calendrier est utilisé, le calendrier Shalivahana.

Outre les hindous, les sikhs et les jaïns fêtent également Divali, en lui rattachant d’autres valeurs symboliques et des références historiques différentes.”

Que signifie cette fête de Diwali ? Diwali vient du mot sanskrit “dipavali”, “dipa”, c’est la lampe ou la lumière et “avali”, la rangée ou ligne, Diwali étant des rangées de lumières.

Pour les hindous, souvenez-vous du livre du Ramayana :

Diwali est la fête des lumières. Cette fête religieuse commémore le retour du dieu Rama et de son épouse Sita, dans leur capitale, Ayodhya qu’il a reconquise de haute lutte sur le démon Ravana. Diwali (ou Divali ou Dipavali), qui signifie « rangée de lumières », rappelle le chemin de lampes fait à Rama par les habitants d’Ayodhya pour éclairer son retour“.

Diwali, fêtes des lumières, symbolise la victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de la connaissance sur l’ignorance.

Pour les Sikhs, Diwali représente la victoire de la justice sur l’injustice et la violence,

C’est une très grande fête dans le temple d’or à Amristar, très loin de chez moi, dans le Punjab.

Dans chaque maison on fait des rangolis, chez nous on appelle ces œuvres visuelles éphémères, des kolams.

Ces œuvres sont réalisées, avec des poudres colorées ou des fleurs, par les femmes et les jeunes filles :

« Les Indiens intègrent l’art dans leur vie quotidienne en dessinant des rangoli appelés aussi alpana ou alpona au Bengale, mandana et thapa au Rajasthan et Madhya Pradesh, kolam au Tamil Nadu, Andhra Pradesh et Karnataka, kalam au Kerala, aripan au Bihar, rangavallie dans le Maharastra, muggu en Andhra Pradesh, saathiya au Gujarat et chowkpurna en Uttar Pradesh.

Dans les villages partout en Inde, les femmes font ces dessins chaque matin sur les seuils ou dans la cour des maisons ou sur le sol des temples. Elles tracent d’abord en pointillé le contour des motifs géométriques à l’aide d’une poudre blanche, habituellement de calcaire ou de riz, avant de le remplir d’une série de lignes. En plus d’ajouter une touche d’art et de beauté au foyer ou au temple, les rangoli protègent la famille ou le lieu sacré.

Les dessins sont transmis de mère en fille. Certains sont très anciens et remontent à des centaines d’années. Des formes florales ou animales s’ajoutent parfois aux peintures, mais le pouvoir des rangoli tient à sa géométrie complexe. Il existe également différents styles de dessins qui varient d’une région à l’autre du pays. »

Voilà, chers enfants, pourquoi je tenais à vous souhaiter une bonne fête de Diwali, tout en regrettant de ne pas pouvoir vous envoyer ces si bonnes pâtisseries que chacun savoure ici avec beaucoup de bonbons et de ladoos, mais je suis sûre que vous êtes aussi gâtés dans vos maisons et que vous faites aussi de très beaux gâteaux.

Je vous fais de gros bisous très sucrés, en cette période de Diwali.

A demain,

Shila

Lettre de Shila : “En route pour Rishikesh, sur les pas des Beatles”

Chers enfants,

Je ne sais pas si l’auto-stop marche bien en France, mais je suis très fière de Vishaal Henry, mon voisin de Kochi, qui a réalisé le tour de l’inde en 93 jours, faisant du stop avec tout ce qui peut rouler, du vélo au tracteur, sans oublier les camions Tata ou Ashok Leyland si joliment et artistiquement peints !!

Aujourd’hui je me suis intéressé à Rishikesh, ville située à près de 3000 kilomètres de chez moi. J’ai su que les Beatles, ces musiciens d’exception, ont séjourné dans cette ville qui se situe au pied de l’Himalaya.

Cette ville semble être un lieu très attrayant pour les yogis, on y vient du monde entier. L’éléphante que je suis, malgré ma corpulence et mes trois tonnes, est d’une grande souplesse et vous étonnerait du nombre de postures ou asanas que je suis en capacité de pratiquer.

Cependant mon cornac ne m’autorisera pas de lever la trompe pour faire du stop jusqu’à Rishikesh ; j’ai su qu’en voiture, il faut 51 heures, si tout va bien !! À pieds : 532 heures. J’ai donc renoncé.

J’ai su que Francis, l’un des membres du Conseil d’administration de vos Maisons, est allé en Inde en 1968, il en a gardé un souvenir enchanté.

Début 1968, les Beatles sont partis en Inde, à Rishikesh. Mon cher voisin Henri m’a envoyé pour vous un article racontant la venue de ces superstars dans mon pays.

En 1968, les Beatles se rendent en Inde pour un drôle de pèlerinage à l’ashram du Maharishi Mahesh Yogi avec leurs épouses et une vingtaine d’amis, dont Mia Farrow, Mike Love des Beach Boys, le flûtiste Paul Horn et Donovan Leitch, qui y compose Hurdy Gurdy Man. Un peu plus de cinquante ans plus tard, Rishikesh se souvient…

Afin de s’initier à la méditation transcendantale, les Anglais ont séjourné en 1968 dans un ashram de l’Himalaya. Ce fut le moment le plus créatif de leur histoire, avec la composition de 48 titres.

On se souvient du séjour prétendument mystique des quatre garçons en Inde, on comprend l’importance qu’a quand même eue ce périple dans leur musique, particulièrement dans la création du fabuleux Album blanc. Selon John Lennon, Paul McCartney et lui ont écrit une trentaine de chansons durant leur séjour de sept semaines. Plus une douzaine en solo pour Paul et six pour George Harrison, donc 48 au total. Il s’est agi de leur période créative la plus prolifique.

Cette expérience a mis l’Inde au goût du jour et toute la jeunesse rêvait de s’y rendre en chantant Hare Krishna comme George. Le monde s’est mis à porter des chemises aux couleurs exubérantes, à méditer les doigts joints et à sniffer de l’encens en écoutant Ravi Shankar. Une vraie révolution !

On m’a expliqué que George Harrison avait rencontré Ravi Shankar, un grand musicien indien, et qu’il a essayé d’apprendre à jouer de la sitar, ce merveilleux instrument de musique indien. Il a appris la musique orientale auprès de Ravi Shankar. Sous son impulsion, le groupe a décidé de se rendre en Inde.

Loin de la furie des fans et du bruit du monde, les Beatles partent se ressourcer à Rishikesh en février 1968, à une époque où l’Occident cherche son salut dans des messages de peace and love. Après le décès de leur manager Brian Epstein, ils décident de suivre les cours de méditation transcendantale de Maharishi Mahesh Yogi, un célèbre maître spirituel qui promet le bien-être et qui les invite dans son ashram. Quelques mois plus tôt, les Beatles avaient été initiés à ses pratiques en Angleterre, sous l’impulsion de George Harrison. Leur chanson Across the Universe scandait déjà Jai Guru Deva Om, un mantra de Maharishi. Ils sont cette fois prêts pour l’expérience indienne, qui aura un profond impact sur leur vie et leur musique. Ce sera la période la plus féconde de leur carrière, d’où naîtra un de leurs chefs-d’œuvre, le « White Album ».”

L’article suivant explique bien le trip indien des Beatles, très prolifique mais se terminant de façon abrupte, John Lennon n’appréciant pas le comportement du gourou Maharishi.

Il reste que le métissage de la musique indienne et la musique pop trouve ses racines dans cette démarche des Beatles.

“Love you too” en est un formidable exemple :

« Let it be » est un autre titre décrit comme prophétique, car 52 ans après leur séjour, la nature a pris le dessus :

« Let it be. » Prophétiques, les mots de Paul McCartney sont peints sur le mur d’une salle de méditation envahie par la végétation et les rayons du soleil. Avec le temps, les vitres des fenêtres ont volé en éclats, le toit a disparu et les peintures se sont écaillées. La nature a repris ses droits et des artistes graffeurs ont orné les crépis écaillés de graffitis et de peintures murales en hommage aux Beatles. Une beauté paisible et poétique enveloppe cet ermitage abandonné, qui s’étend sur 7,5 hectares et surplombe le Gange et la ville sainte de Rishikesh, sur les contreforts de l’Himalaya...”

Voilà, chers enfants, une très belle histoire qui a fait rencontrer des artistes, musiciens et chanteurs entre des cultures si différentes.

Beaucoup de jeunes et moins jeunes vont, à l’exemple des Beatles, prendre la route de l’Inde.

C’est un peu le voyage que nous faisons ensemble.

Je vous fais de gros bisous,

A demain,

Shila

Images de la restitution finale des créations de la Maison de la Danse avec la compagnie “Farid’o”

Ce 13 novembre, les enfants de la Maison de la Danse ont présenté avec Ludovic, membre de la compagnie Farid’o, les créations issues de ces trois mois de collaboration sous l’égide de Marine, professeure des ateliers de la Maison de la Danse, et de Farid, leader de la compagnie.

Un grand merci à Lisa, directrice du service Culture de la Communauté d’Agglomérations du Boulonnais (CAB) pour cette belle rencontre, programmée dans le cadre de la résidence de la compagnie Farid’o dans le Boulonnais.

Découvrez les images réalisées par Aurore, membre de l’équipe éducative de la Maison de la Danse :

Compte-rendu de la réunion du 6 novembre 2020

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association

Patrick Bourdet, président du Conseil et parrain de l’association

Alicia Gignet, psychologue de l’association

Claude Jaouen, président du cabinet « Consulting4TOP »

Quentin Laplace, informaticien de l’association

Julie Maillard, stagiaire des studios de semi-autonomie de l’association

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association

Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association

Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association

Loïc Rouge, éducateur des studios de semi-autonomie de l’association

Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association

Excusés :

Jérôme Carion, chef d’agences, entreprise « Point P », Fondation Saint-Gobain

David Duwat, responsable foncier, Carrières du Boulonnais

Laurence Lenfroit, psychologue clinicienne, psychologue du travail

Frédéric Renaux, manager Sopra Steria, Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France

Julien Valance, directeur des Ressources Humaines, Centre commercial Auchan Saint-Martin Boulogne, Fondation Auchan sous l’égide de la Fondation de France

Ouverture de la neuvième réunion du Conseil trimestrielle par son président, Patrick Bourdet.

I. Présentation de la saison culturelle 2020-2021 :

Emmanuel Paris distribue aux participants la note de rentrée de la saison 2020-2021.

On trouvera le détail de ce document ci-après :

Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.

Emmanuel Paris dit que cette note repose sur trois idées-clé : l’expressivité/singularité, la fabrique collective du vrai, la rationalité (savoir « faire enquête »).

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Conseil.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2020-2021 :

– La Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB) organise deux résidences d’artistes en Danse auxquelles les enfants de la Maison du Cirque (compagnie “La Ruse”) et les enfants de la Maison de la Danse (compagnie “Farid’o”) collaborent de ce mois de septembre au mois de décembre 2020. Les créations issues de la première rencontre artistique seront présentées sur scène à Lille en juin 2021, et, s’agissant de la seconde rencontre, le 13 novembre sur le site de l’association boulevard Raymond Splingard ;

– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une deuxième année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. Il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2021 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer, ainsi qu’une prestation musicale au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution ;

– Le Château d’Hardelot a proposé aux Maisons, pour commencer cette saison, d’assister aux répétitions du collectif “Les cris de Paris” en train de créer en musique et en bel canto un opéra ainsi qu’à des prestations d’artistes invités en danse et musique actuelle ;

– La Fondation Saint-Gobain soutient l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Ces chantiers ont commencé cet Eté ;

– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, Hubert Loisel, océanographe, et l’équipe de la station océanographique de Wimereux pour développer des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux, et en s’appuyant pour cela sur les études et recherches scientifiques en cours. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant la période allant jusqu’avril 2021 (collaboration avec Nicolas Floc’h et sorties en mer des enfants à bord du navire océanographique de la station de Wimereux). Cette action est financée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France dans le cadre d’un plan triennal soutenant le développement du programme artistique et culturel de notre association. Autre action s’inscrivant dans ce partenariat, l’homme de théâtre et écrivain Rémy Boiron viendra de décembre à juin 2021 aux Maisons pour créer avec les enfants des prestations en public autour du thème “En vérités”, l’objectif étant d’instituer une “brigade poétique des Maisons”, allant dans l’espace public pour proposer aux passants des happenings éveillant au thème et ses considérations ;

– Sous réserve de confirmation en raisons des mesures santiaires contre la Covid-19, l’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en juin 2021 une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour ont conçu des saynètes filmées permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Emmanuel Paris conclut cette présentation en informant les membres du Comité que l’association est en train de travailler avec Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer, pour contribuer à la réalisation du label “Cités éducatives” récemment obtenu par l’agglomération.

Deux contributions de l’association pour les trois années à venir sont proposées : le FabLab des Maisons, et un conservatoire botanique prochainement créé sur le site de la Ferme de Bertinghen, mobilisant notamment une intervention artistique en Land art. S’agissant du Conservatoire botanique, Emmanuel Paris informe les participants que l’association, sur les conseils d’Eric Parot, membre du Conseil scientifique, a candidaté, pour financement du projet, à l’appel à projets ci-après :

Nous avons été informés par cette Fondation après la réunion du Conseil, que le jury avait retenu trois candidatures autres que la nôtre, parmi trois cents cinquante dossiers présentés.

Patrick Bourdet demande si la Mairie de Saint-Martin Boulogne a accédée à la requête pour que la réfection du chemin d’accès à la Ferme de Bertinghen soit actée. Claire Beugnet indique qu’une rencontre avec Monsieur le Maire de la commune est encore en attente de confirmation.

Francis Rembotte demande qu’un état des partenariats en cours et des partenariats souhaités puisse être présenté lors du prochain Conseil d’administration. Claire Beugnet dit que ce le sera, comme à chaque réunion du Conseil, sur la base d’un écrit récapitulatif donné aux administrateurs.

II. Présentation du casque de réalité virtuelle du FabLab des Maisons :

Emmanuel Paris remercie Alicia Gignet et Quentin Laplace de leur participation à cette réunion.

Emmanuel Paris explique que la Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France a accordé une dotation durant le confinement au mois d’avril, permettant l’acquisition d’un casque de réalité virtuelle ainsi que de contenus thérapeutiques développés par la société C2care.

Un film est présenté aux participants, que nous ne pouvons faire diffuser au-delà du cercle des membres, sur demande de l’entreprise et en raison du brevetage industriel de ses contenus. Nous pouvons cependant pour les besoins de ce compte-rendu recommander ci-après l’entretien accordé par l’un des conseillers scientifiques de C2care :

Alicia Gignet commente le film diffusé dans la salle de réunion du Conseil : le scénario retenu est celui d’un jeune des studios de l’association, dont les entretiens avec l’équipe indiquent un problème récurrent pour rationaliser ses actes de course (savoir gérer le budget / savoir prendre en compte les attitudes du personnel à la caisse, ou dans les rayons / savoir s’orienter dans un magasin qu’il découvre pour la première fois). Alicia Gignet commente en direct, à mesure que le film se déroule, les fonctionnalités qu’elle peut activer à partir de l’ordinateur, voyant à l’écran ce que voit le jeune chaussant le casque de réalité virtuelle, et immergé dans un magasin virtuel. Alicia Gignet précise que par ce système de double écrans (à l’ordinateur de sa console, et dans le casque de réalité virtuelle), elle pourra en permanence dialoguer avec le jeune pour lui demander comment il se sent, ce qui lui pose problème, son accord s’il souhaite recommencer une épreuve proposée par le logiciel immersif.

La seconde partie du film présente les différents contenus réalisés par la plateforme C2care. Nous mobilisons à cette fin le film mis en ligne par C2care  :

Alicia Gignet dit que parmi l’ensemble des contenus proposés, des enfants et des jeunes de l’association pourront particulièrement travailler avec elle en séance les phobies, les addictions, les troubles de la concentration et les représentations de leur corps.

Emmanuel Paris précise que la mise en place de ces séances avec l’enfant et le jeune sera faite en concertation avec l’équipe de la Maison et du service concerné, que des questionnaires que nous a transmis le comité scientifique de C2care et envoyés par mail aux membres du Conseil seront utilisés pour s’assurer de la viabilité de cette modalité d’intervention, que la séance d’une heure se décomposera en trois tranches de 20 minutes (20 minutes de discussion préalables de l’enfant, du jeune, avec Alicia Gignet et un membre de l’équipe, 20 minutes de maniement du casque de réalité virtuelle par l’enfant, le jeune, et 20 minutes de debriefing avec l’enfant, le jeune, par Alicia Gignet et un membre de l’équipe).

Alicia Gignet dit que cet outil apporte une plus-value dans le cadre du travail éducatif, car il permet d’enrichir la relation en proposant à l’enfant, au jeune, un cadre ludique et mobilisable plus facilement qu’in vivo.

Patrick Bourdet dit son intérêt pour cet outil, mais insiste sur l’importance des expériences d’apprentissage dans le monde réel pour permettre aux personnes d’accroître leurs capabilités.

Alicia Gignet dit que ce casque et ses contenus permettent aussi d’inclure des expériences sensorielles réelles, soit en utilisant de la réalité augmentée (films vidéos de lieux vécus concrètement par l’enfant, le jeune, dans son quotidien), soit en plaçant des objets concrets que l’enfant, le jeune, saisit, agrippe, touche pendant son expérience immersive.

Patrick Bourdet demande s’il existe des références bibliographiques permettant d’explorer plus encore les tenants et aboutissants d’un tel outil. Emmanuel Paris dit qu’il enverra après la réunion le corpus communiqué par M. Schepers, psychologue au CHU de Charleroi et exerçant au service dédié de cet hôpital à l’usage de la réalité virtuelle dans le suivi thérapeutique d’adultes. M. Schepers a formé Alicia Gignet, Quentin Laplace et Emmanuel Paris au mois d’octobre au maniement du casque.

Cette formation, disent Alicia Gignet et Emmanuel Paris, a d’ores et déjà permis d’identifier des prérequis méthodologiques pour l’usage du casque avec des enfants et des jeunes – ce qui sera une première en France puisqu’aucune Maison d’enfants n’a pour l’instant expérimenté un tel outil.

Emmanuel Paris signale que des collègues de différentes Maisons ont signalé leur intérêt pour être formés à cet outil ; l’année à venir consistera à bien réfléchir avec les équipes sur la sélection d’un enfant, d’un jeune, selon les attendus du protocole et de lui proposer de s’y essayer.

Francis Rembotte insiste sur la nécessité que cet outil soit utilisé en coordination avec les équipes.

Philippe Richard dit que cet outil présente deux potentialités, l’une éducative, l’autre thérapeutique. Philippe Richard précise que sur ce second point, il sera nécessaire d’être vigilant sur les effets émotionnels créés par cet outil.

Claire Beugnet agréé ces observations et recommande de prendre le temps pour qu’un protocole précis puisse accompagner le recours à cet outil.

Alicia Gignet précise que la visée thérapeutique n’est pas l’objectif de cet outil ; son usage est éducatif.

Claude Jaouen dit que cet outil a un fort potentiel éducatif et que les questionnaires à l’attention des personnes avant et après les séances sont opérationnels. Claude Jaouen et Patrick Bourdet insistent sur la nécessité de bien former les équipes.

Claude Jaouen propose de consacrer l’année 1 de cet apprentissage de l’outil à un nombre restreint d’enfants et/ou de jeunes, et de se donner au total trois années pour routiniser l’emploi du casque de réalité virtuelle du FabLab des Maisons.

Les participants agréent cette proposition.

III. Formalisation du questionnaire évaluatif des capabilités des jeunes intégrant les studios de semi-autonomie de l’association :

Emmanuel Paris explique aux participants que, depuis la précédente réunion du Conseil le 8 novembre 2019, des échanges avec une Maison des Solidarités (MDS) cet Eté à propos d’un jeune des Maisons sur le point d’intégrer les studios de l’association, a permis de préciser les outils évaluatifs travaillés en séance voici un an (cf. partie V du compte-rendu ci-après, « Propositions pour le développement d’outils évaluatifs du parcours des jeunes résidant dans les studios de notre association » :

Emmanuel Paris a envoyé aux participants le document transmis par cette MDS, et intitulé « Grille de préparation à l’autonomie ». Les membres du Conseil débattent de l’opérationnalité de cet outil.

Francis Rembotte dit que cette grille peut en effet permettre d’objectiver l’appréciation des parties prenantes du suivi du jeune : jeune lui-même, équipe de la Maison au sein de laquelle il vit avant d’intégrer le studio, référent MDS, parents. Francis Rembotte trouve cependant trop détaillés les items de cette grille.

Loïc Rouge dit que cette grille a l’avantage de permettre au jeune de s’auto-évaluer, ainsi que de permettre une comparaison entre résultats des parties cochées par le jeune, et résultats cochés par l’éducateur. Loïc Rouge précise que ces éventuels écarts seront d’autant plus propices à nourrir une discussion rationnelle avec le jeune sur ce dont il est capable, ce dont il n’est pas encore, ce qu’il a, ce qui lui manque, etc.

Patrick Bourdet dit que cette grille est intéressante car elle permet de montrer au jeune des repères concrets pour construire un parcours autonomisant.

Henri Villeneuve dit que cette liste d’items est intéressante car elle permet d’éviter des appréciations évasives, par trop subjectives des requis de l’autonomisation.

Claire Beugnet dit que cet outil peut être utilisé par les équipes régulièrement, dès l’âge de 15 ans atteint par l’enfant résidant en Maison de l’association, et jusqu’au moins ses 18 ans, y compris bien entendu lorsqu’il a intégré un studio de l’institution.

Patrick Bourdet dit qu’il est en effet très important de considérer l’usage de cette grille dans un processus dynamique, pluriannuel, qui permet régulièrement des points d’étape. Jeune, équipe, référents sociaux, parents, peuvent ainsi dialoguer sur le chemin parcouru, et le chemin restant à accomplir, d’une manière organisée, méthodique.

Philippe Richard dit que par l’étendue des items, cette grille peut donner l’impression de traiter tous les attendus d’une vie sécure, accomplie, épanouie, mais observe que des dimensions existentielles telle que l’aptitude à créer en sont totalement exclues, se concentrant sur la culture matérielle. Philippe Richard dit que par cette configuration, la grille présente l’inconvénient de normer les représentations de ce qui fait l’autonomisation, une vie bonne et heureuse.

Claude Jaouen ne voit pas dans cette grille un outil normatif, la considérant comme un référentiel (idée du « guide d’emploi ») à utiliser régulièrement pendant trois, quatre années à partir de l’âge de 15 ans, et qui favorisent la discussion collective, la coordination des efforts à fournir pour l’autonomisation du jeune.

Claire Beugnet et Emmanuel Paris proposent que cette grille soit utilisée dans les Maisons pour les jeunes appelés à intégrer les studios de l’association dès l’âge de 17 ans.

Les participants agréent cette proposition.

IV. Questions annexes :

Emmanuel Paris informe les participants que la Fondation Sopra Steria a demandé en mai 2020 si l’association serait intéressée par une contribution à la page « Dons en ligne » des sites internet des fondations de l’Institut de France.La Fondation Sopra Steria, précise Emmanuel Paris, demande si cela peut faire sens pour l’association de donner des exemples d’équivalence de don, en lien avec les financements/accompagnements de la Fondation, pour illustrer quelle serait l’utilisation du don pour le donateur et, si tel était le cas, s’il est possible de donner des exemples pour 10, 20, 50, 100 euros. Emmanuel Paris dit qu’il est possible d’illustrer différentes possibilités de dons par des équivalences. Emmanuel Paris cite l’exemple transmis par la Fondation Sopra Steria : 10 euros = 1 repas donné pour un sans-abri.

Claire Beugnet et Emmanuel Paris expliquent que cette proposition, si elle honore l’association, pose problème tant elle l’obligerait à communiquer aux internautes des actes du quotidien des enfants et jeunes vivant dans les Maisons, alors même que ces besoins sont déjà pris en charge par la dotation allouée par l’Aide Sociale à l’Enfance.

Les participants agréent cette analyse.

Francis Rembotte observe cependant qu’il est normal, pour un donateur, de savoir où et pour qui son don est employé.

Claude Jaouen recommande de citer des exemples neutres, tels que : « un enfant parcourt chaque jour en fourgon de l’association tant de kilomètres, ce qui coûte tant d’euros ».

Emmanuel Paris remercie les participants pour ces conseils.

La prochaine réunion du Conseil de la Culture d’entreprendre sera organisée le vendredi 19 février 2021, de 10h à 13h.

Patrick Bourdet clôt la neuvième réunion du Conseil.