Archives de catégorie : Thème 2020-2021 : En vérités

Ouverture officielle de la saison culturelle 2020-2021

Ce lundi 21 septembre, les ateliers éducatifs et culturels reprennent dans chaque Maison, inaugurant la nouvelle saison culturelle.

Ce n’est qu’un au revoir cher Souleymane

Souleymane, jeune de nos studios majeur et porteur d’un projet d’insertion professionnel, a quitté nos effectifs pour accomplir cette nouvelle vie.

Après plusieurs années vécues ensemble, avec avant les Studios le plaisir d’accueillir Souleymane à la Maison des Découvreurs, c’est avec fierté et encouragement que nous publions avec son accord le texte que Souleymane nous a écrit en guise d’au revoir.

Au plaisir de te retrouver chaque 2 juillet cher Souleymane :

Projet pirates de la Maison du Cirque : c’est parti

Ce 20 septembre, les enfants ont posé les premières touches aux costumes pirates qui leur permettront de régulièrement sévir au fil des marées et selon l’orientation des courants dans les rues de nos villes et de nos campagnes.

Au programme pour cette séance couture : la confection des tricornes.

Découvrez les images transmises par Elodie, membre de l’équipe éducative :

Lettre de Shila : “Bonne année culturelle 2020-2021 et bonne fête d’Onam 2020”

Bonjour chers enfants,

Comment allez-vous après ces longues semaines de vacances, en cette année très particulière 2020, où nous devons tous vivre avec la crainte du virus ?

J’ai eu de vos nouvelles par Emmanuel et Henri qui m’ont expliqué que votre année culturelle s’inscrit dans un thème chaque année, cette année il ‘agit de ruminer En vérités.

Je vais essayer de vous apporter ma contribution de mon petit village de Kurichithanam où je suis voisine de Jis, qui s’intéresse beaucoup à vous. Elle est une porte parole très compétente, connaissant bien la vie des éléphants et leur environnement.

Au cours de ces longues semaines, nous avons vécu ici la mousson, de juin à septembre ; la mousson a été abondante, elle nous apporte l’eau si nécessaire à la vie de tous, éléphants et humains… Moins meurtrière qu’en 2018, elle a quand même été fatale pour des habitants de la montagne, dont les maisons ont été emportées par des glissements de terrain. Cependant, mes cousins, les éléphants sauvages de la montagne sont revigorés par l’eau et la nature luxuriante.

Comme je vous l’ai dit, dans mes précédents courriers, en août, nous changeons d’année dans notre calendrier malayalam, le calendrier du Kerala : nous sommes rentrés dans l’année 1196, et nous sommes dans le mois de Chingam.

Ce mois marque la saison des récoltes, c’est aussi le moment tant attendu par tous de la fête d’Onam, dont je vous ai parlée : c’est la plus belle fête du Kerala.

J’ai la joie et l’honneur de vous souhaiter à tous, avec un petit décalage, une bonne fête de Onam 2020. Ici, nous l’avons fêtée le 31 août et les premiers jours de septembre.

Je suis si heureuse de vous retrouver, chers enfants, j’attends de vos nouvelles et je vais continuer à vous parler de ma vie ici, avec mes observations sur mon pays, dont la culture est si différente de la vôtre.

Je vous fais de gros bisous et vous redis ma joie de vous retrouver après ces grandes vacances.

A demain les enfants,

Shila

Un grand merci à l’entreprise SPI

Ce 18 septembre, deux fûts de cinquante litres de gel hydro-alcoolique donnés à titre gracieux par l’entreprise SPI aux Maisons sont arrivés du département de l’Ain.

Un grand merci à Philippe et à son équipe pour cette belle aventure humaine de plusieurs centaines de kilomètres permettant aux enfants et aux équipes de continuer à bien vivre.

Le Centre de Jour et la Maison de la Musique à la découverte de l’Opéra

Lundi 28 septembre à l’invitation du Château d’Hardelot dans le cadre de notre partenariat pluriannuel, les enfants et les équipes du Centre de Jour et de la Maison de la Musique assisteront aux répétitions de l’ensemble Les Cris de Paris dans le magnifique théâtre Elisabéthain du site.

Au programme : une heure de création de musique classique et de Bel canto autour du mythe d’Actéon.

Un grand merci à Hélène et aux équipes du Château.

Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

Step aux Maisons (venue de la compagne “Farid’o” à la rencontre des enfants)

Ces 27 et 28 août, la compagnie Farid’o en résidence CLEA organisée par la Cab a présenté aux enfants quelques extraits de Step, création chorégraphique virevoltante revisitant des pas de danse des années 1930 au rythme du récit de vie d’un fameux écrivain : James Baldwin.

Aline, Babette, Farid et Ludovic ont invité les enfants à danser aveux au terme de cette présentation ; belle énergie sur scène, les enfants ont apprécié pouvoir participer à ces rythmes endiablés.

Farid et sa troupe reviendront aux Maisons pour le lancement de notre nouvelle saison. Les ateliers reprendront le 21 septembre : Marine, professeur de la Maison de la Danse, accueillera la troupe pour inventer une chorégraphie avec Farid’O à laquelle des contributions d’êtres Maisons en arts plastiques, en musique, en sport pourront se joindre.

Découvrez les images réalisées par Alicia, psychologue de notre association, lors de prestation du 27 août sur le site de la Maison de la Danse, boulevard Splingard :

Découvrez les images réalisées par nos soins le 28 août au Café-théâtre Michel Lafond, sur le site de la Ferme de Bertinghen :

Rendez-vous au Café-théâtre le 13 novembre pour découvrir la création issue de la collaboration entre les enfants et Farid’O.

Formules 1 sur la plage d’Hardelot

Ce 27 août, durant une journée co-organisée par le Centre de Jour et la base nautique de Neufchâtel-Hardelot, les enfants de la Maison du Cirque et de la Maison Vive ont virevolté sur la plage d’Hardelot.

Découvrez les images réalisées par Elodie et Christophe, membres de l’équipe éducative de la Maison du Cirque :