Archives de catégorie : Comités de pilotage des partenariats culturels

Le programme de notre nouvelle saison est en ligne !

Comme chaque année à la même époque nous éditons le programme culturel mois après mois. Pour le télécharger cliquez ici.

Note de rentrée saison culturelle 2021-2022

Le thème de la saison culturelle de cette année 2021-2022 est : « Arborescence ».

1913 : « Le berger qui ne fumait pas, alla chercher un petit sachet et déversa sur la table un tas de glands. Il se mit à les examiner l’un après l’autre avec beaucoup d’attention, séparant les bons des mauvais. Je fumais ma pipe. Je me proposai pour l’aider. Il me dit que c’était son affaire. En effet : voyant le soin qu’il mettait à ce travail, je n’insistai pas. Ce fut toute notre conversation. Quand il eut du côté des bons un tas de glands assez gros, il les compta par paquets de dix. Ce faisant, il éliminait encore les petits fruits qui étaient légèrement fendillés, car il les examinait de fort près. Quand il eut ainsi devant lui cent glands parfaits, il s’arrêta et nous allâmes nous coucher. (…) Après le repas de midi, il recommença à trier sa semence. Je mis, je crois, assez d’insistance dans mes questions pour qu’il y répondit. Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille était sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a d’impossible à prévoir dans les dessins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser à cet endroit où il n’y avait rien auparavant.

Quarante ans plus tard : « Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On a canalisé les eaux. A côté de chaque ferme, dans des bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. »

(Jean Giono (2014), L’Homme qui plantait des arbres [1954], Paris, Gallimard jeunesse, p. 1, p. 7, p.19).

Les enfants de notre association, souvent les plus jeunes, aiment ramener de retour de randonnée avec leurs éducatrices et éducateurs des trouvailles glanées chemin faisant. Branches, cailloux, coccinelles, fleurs, escargots, herbes folles ; ces collections sont pour les enfants comme le moyen de garder mémoire de ce qui a eu lieu lors de ces pérégrinations, de ce que fut le lieu de leurs explorations. De retour dans les Maisons, les enfants confient à l’adulte ces biens précieux, ou les posent à des endroits bien choisis pour mieux les retrouver, soit dans une volonté de les partager avec d’autres, soit pour tenter d’agrémenter leur chambre. Dans ces moments dignes du travail d’inventaire et de classement des muséums d’histoire naturelle, l’équipe éducative doit comme “Elzéard Bouffier”, berger de son état et personnage fictif inventé par Jean Giono, séparer le bon grain de l’ivraie ; ce qui peut entrer dans la Maison, ce qui ne le peut, ce qui peut prospérer, ce qui serait implanté en vain.

Cette activité d’agencement, de classification, de répartition de sa relation de soi au monde, est une première façon de comprendre le thème de notre saison.

L’enfant constitue année après année des arborescences émotionnelles : des trésors personnels, des façons singulières et réfléchies d’être en lien avec l’autre que soi, des manières d’affirmer ses goûts. Ces arborescences affectives, esthétiques, ces attachements le définissent à mesure de son grandissement, marchant ainsi dans les pas de l’humanité, marquée à toute époque et en toute région du monde par l’émotion ressentie devant le mystère de la nature et méditant les conditions pour aimer sa splendeur ou, a contrario, détester ses possibles dangers, quitte à la juguler, lutter contre elle (Alain Corbin (2020), La douceur de l’ombre. L’arbre, source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, collection « Champs – Champs histoire »).

Ces associations privilégiées de choses et d’êtres, extraits par ses soins des espaces et des temps qu’il découvre et qu’il s’approprie, sont autant de points d’appui pour permettre à l’enfant de se dire qui il est et exprimer aux autres comment le comprendre. À nous de les repérer, et de l’instruire si la nature lui inspire la peur, l’indifférence. Nombreuses sont en effet les études nous rappelant que plus l’écosystème constitué par l’enfant, pour l’enfant, est riche de diversités, d’entités multiples associées à son initiative et avec la coopération de l’adulte bienveillant, plus sa conscience de l’altérité, plus son intelligence de ce qui fait collectivité, de ce qui construit et décuple les relations, croissent, se développent et lui annoncent une vie bonne en société.

Pour cette raison fondamentale, les métiers de l’éducation spécialisée sont des métiers jardiniers ; il s’agit de cultiver patiemment et continuellement avec l’enfant l’enfance de l’éveil. Comme le jardinier, nous travaillons chaque jour avec des êtres en devenir ; si nous réussissons, l’identité de l’enfant accueilli ne sera pas fixée par son histoire biographique, souvent traumatique, à tout le moins problématique, et raison de son placement le temps de pouvoir renaître à la vie. Le pari de notre intervention éducative est, autrement dit, de l’accompagner dans ses mouvements, son éclosion, sa dynamique d’existence.

De la sorte, et c’est là une deuxième façon de comprendre « Arborescence », nous nous inscrivons dans cette philosophie du mélange, devenue aujourd’hui dominante en science botanique (Emmanuel Coccia (2016), La Vie des plantes. Une métaphysique du mélange, Paris, Payot et Rivages).

Si la graine, la semence en bas de la plante, dans le sol, ont longtemps été considérées comme le ferment de l’intelligence, la feuille, le pétale de la fleur, sur la hauteur de ces êtres et hors du sol, sont désormais considérés par les scientifiques comme les endroits où se fabriquent la parenté, la généalogie, l’idée du familial : c’est là que s’hybrideraient les gênes. Certes les cellules de l’être végétal évoluent selon la direction du vent, la proximité avec d’autres espèces, l’arrosage des pluies, mais ces évolutions ne se font pas par la force, la prédation, comme on l’a longtemps pensé ; le végétal nous montre que la symbiose – cette façon harmonieuse et pacifique de recomposer le vivant, est première.

Les plantes ont ainsi cette particularité d’être inversées, et c’est un point commun avec les enfants de notre association. Comme les végétaux dont les feuilles, le pétale sont l’organe le plus important pour le devenir car ils grandissent en effet du haut par les rayons du Soleil, par le souffle du vent transportant matière à féconder, les enfants le font de même par l’appel d’air de l’ouverture au monde proposé par notre programme artistique et culturel intitulé « L’aventure de la vie ». Renforcés par l’assurance de constater qu’ils peuvent créer en arts, en lettres, sciences, en sports, en technique et en technologie, les enfants peuvent revisiter, reformuler leur parcours de vie, recombiner leurs rapports au monde, leurs racines familiales.

Ce n’est pas que le sol, les circonstances de la naissance, n’aient pas d’importance, bien au contraire : les études botaniques montrent combien les rencontres des racines avec des démultiplicateurs d’énergie tels les champignons sont déterminantes pour la vitalité des plantes, (Peter Wohlleben (2017), La vie secrète des arbres. Comment ils ressentent. Comment ils communiquent, Paris, Les arènes). Pas moins crucial non plus est le tronc, la tige, à mi-hauteur entre le sol et la cime : pour tenir droite malgré la rafale, pour harmoniser son expansion dessous et dessus, la plante a besoin de cet axe vertical, non pas rigide au risque de la casse, mais flexible, s’adaptant aux aléas de l’enracinement, de la feuillaison, de la floraison.

Comment ne pas voir dans ces démultiplicateurs d’énergie qu’ils soient en haut ou en bas, dans cet axe qui plie mais ne rompt pas, des figures de notre écosystème ? : juges des enfants, référentes et référents sociaux, professeures et professeurs de nos ateliers, intervenantes et intervenants de « L’aventure de la vie » sont autant de conditions fertiles de la résilience, terreau de l’arborescence.

Evaluation du parcours des enfants depuis juin 2020

Ce mois de novembre 2020, les équipes des Maisons ont travaillé comme chaque six mois à la rédaction d’un document clé de notre champ professionnel, appelé le “Document Individuel de Prise en Charge” (DIPC). Ce document permet de faire un point sur le parcours de l’enfant ou du jeune accueilli ; notre association a érigé pour règle d’associer celui-ci à ce bilan semestriel.

A cette occasion, et sur proposition du Conseil scientifique (voir sous-partie “II.B. Présentation des résultats statistiques du questionnaire proposé aux enfants et aux jeunes”), l’association a expérimenté pour la sixième fois l’outil évaluatif développé en interne, permettant de comparer chaque six mois les parcours des enfants et des jeunes selon les grandes rubriques organisant notre travail éducatif.

Une fiche a été distribuée aux équipes  du Centre de Jour, de la Maison du Cirque, de la Maison de la Danse, de la Maison des Découvreurs, de la Maison du Sport et de la Maison Vive :

Cette fiche a été remplie pour chaque enfant et jeune des Maisons précitées.

Les résultats, pour cette vague de novembre 2020, sont les suivants (53 fiches ont été traitées ; les enfants arrivés trop récemment dans nos effectifs, et les jeunes des studios et du service de maintien à domicile qui ne pratiquent pas systématiquement les activités culturelles de notre association, ne sont pas pris en compte).

I. Tendance générale ; les évaluations formulées par les équipes (en pourcentage) : 

(N.B : Nous surlignons le plus haut pourcentage obtenu).

“La situation s’est dégradée depuis 6 mois” : 9,5.

“La situation s’est améliorée depuis 6 mois, mais n’est pas encore satisfaisante” : 44,1.

“La situation s’est améliorée depuis 6 mois et donne satisfaction” : 19,75.

“La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (satisfaisant)” : 9,9.

“La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (insatisfaisant)” : 16,75.

II. Au cas par cas ; les thèmes, avec le plus haut pourcentage obtenu pour chacun d’eux  :

(N.B : Nous surlignons le plus haut pourcentage obtenu pour l’ensemble des thèmes).

“Le jeune et l’école” : La situation s’est améliorée depuis 6 mois et donne satisfaction (23).

“Le jeune et les liens familiaux” : La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (insatisfaisant) (25).

“Le jeune et les soins” : La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (satisfaisant) (26,9).

“Le jeune et l’éducation” : La situation s’est dégradée depuis 6 mois (24).

“Le jeune et l’activité culturelle” : La situation s’est améliorée depuis 6 mois et donne satisfaction (30,7).

Nous mobilisons cette fiche chaque six mois, à l’occasion des DIPC, afin d’être en mesure de dégager des tendances quant à la qualité des parcours des enfants et des jeunes de notre association, ainsi que des corrélations statistiques entre les différents thèmes de notre travail au quotidien avec eux : école, liens familiaux, soins, éducation (au sens de l’apprentissage du comportement en société), activité culturelle.

Compte-rendu de la réunion du 9 décembre 2020

Comité de pilotage “Exposition”

Présents :

Rosemary Charton, service des publics, Musée de Boulogne-sur-mer

Alexandra Gambart, service des publics, Musée de Boulogne-sur-mer

Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Marion Monteuuis, chargée de médiation, FRAC Grand Large Hauts-de-France

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Maria Rabbé, chargée de diffusion, Franc Grand Large Hauts-de-France

Invitée : Elisa Lombard, cabinet de médiation en art contemporain “Art connexion”

I. Exposition “Rien n’est joué d’avance” :

Les participants posent le calendrier de l’exposition “Rien n’est joué d’avance”, créée par les enfants du Centre de Jour et de la Maison Vive à partir de corpus proposés par le FRAC Grand Large – Hauts-de-France et le Musée de Boulogne-sur-mer. Cette exposition sera inaugurée au Musée de Boulogne-sur-mer le 17 septembre 2021.

  1. Le 8 mars 2021 : accrochage des œuvres prêtés par le FRAC et le Musée en “salle sophro” de la Ferme de Bertinghen ;
  2. Le 9 et le 11 mars (13h30-15h30), ateliers du Centre de Jour et de la Maison Vive au FRAC ;
  3. Le 30 mars et le 1er avril (13h30-15h30), ateliers du Centre de Jour et de la Maison Vive au Musée de Boulogne-sur-mer ;
  4. Le 18 mai et le 20 mai (13h30-15h30), ateliers FRAC en “salle sophro” ;
  5. Le 11 mai et le 27 mai (13h30-15h30), ateliers Musée en salle “sophro” ;
  6. Le 8 juin et le 10 juin (13h30-15h30), ateliers FRAC/Musée en salle “sophro”.
  7. Le 11 juin, décrochage des œuvres exposées en salle “sophro”.

Des séances au FabLab des Maisons seront programmées par Sylvie pour que les enfants agrémentent les créations d’objets développés par leur soin au moyen des machines numériques.

Emmanuel Paris remercie les participants et leur propose de finaliser la convention tripartite tenant compte de ce calendrier, ainsi que les certificats d’assurance pour les œuvres exposées en salle “sophro”.

II. Projet “La couleur de l’eau” :

La résidence “La couleur de l’eau” a pu réaliser trois venues aux Maisons cet automne : Nicolas Floc’h est venu le 15 octobre présenter aux enfants et aux équipes du Centre de Jour et de la Maison Vive le projet, puis le 26 novembre co-animer avec Sylvie Mestre l’atelier de la Maison Vive. Elisa Lombard confirme sa venue le 10 décembre, accompagnée de Flore, comme elle médiatrice du cabinet Artconnexion organisateur de ce projet pluriannuel et qui, cette année, fait étape aux Maisons.

Sylvie Mestre et Daniel, éducateur du Centre de jour et de la Maison Vive, ont créé en dessins, peintures et poteries avec les enfants des œuvres inspirées du travail de Nicolas Floc’h, représentant les micro-organismes marins. Les participants conviennent d’intégrer certaines de ces œuvres au parcours d’exposition “Rien n’est joué d’avance”.

Le premier semestre 2021 programmera de nouvelles séances de travail, allant du mois de janvier au mois d’avril, avec une participation active de la station océanographique de Wimereux.

III. Questions annexes :

Emmanuel Paris informe les participants que Madame Marie-Pierre Bouchaudy, cheffe du service de l’inspection de la création artistique au Ministère de la Culture, a accepté d’intégrer le Conseil scientifique de notre association et travaillera notamment au développement de parcours artistiques et culturels pour les enfants et les jeunes des Maisons candidats souhaitant continuer leurs apprentissages en danse, musique, peinture, sports, etc. après la fin de leur mesure éducative.

Emmanuel Paris informe les participants que, si les conditions sanitaires la permettent, une résidence animée au premier semestre 2021 par l’écrivain et homme de théâtre Rémy Boiron proposera aux enfants des Maisons candidats de créer une “brigade poétique” intervenant dans l’espace public pour jouter devant les badauds à propos du thème de notre saison : “En vérités”.

Emmanuel Paris remercie les participants. La prochaine réunion du comité de pilotage aura lieu au Musée de Boulogne-sur-mer le 7 avril, de 10h30 à 12h.

Les Maisons invitées par la Fondation Daniel et Nina Carasso à statuer sur les candidatures de l’appel à projets “Médiations et démocratie culturelle”

Ce 27 novembre, notre association était invitée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à participer au jury désignant les lauréats de l’appel à projet Médiations et démocratie culturelle, dont on trouvera ci-après le paragraphe introductif :

Nous sommes ravis de vous annoncer l’ouverture de notre nouvel appel à projets « Médiations et démocratie culturelle », territorialisé sur les Hauts-de-France, qui s’inscrit dans notre axe Art Citoyen. Cet appel s’adresse à des collectifs formels ou informels qui porteront un projet artistique commun. Nous souhaitons contribuer à l’émergence et au développement de projets artistiques qui correspondent à la vision de la démocratie culturelle en créant les conditions d’une réelle participation citoyenne dès leur genèse et tout au long de leur réalisation.”

Cent vingt-neuf candidatures, issues d’associations, de collectifs citoyens, de collectivités territoriales, d’établissements artistiques et culturels répartis sur les quatre départements de notre région ont répondu à cet appel.

Ce 27 novembre, vingt-deux candidatures étaient examinées lors de la phase finale de ce processus de sélection.

Quatorze dossiers ont été retenus :

Un grand merci à la Fondation, fidèle soutien de notre programme artistique et culturel, pour cette nouvelle marque de confiance, bravo aux lauréats pour leur proposition permettant aux habitants des territoires des Hauts-de-France de créer avec des artistes, des artisans, des équipes municipales ou des services départementaux, régionaux ou de l’Etat, des établissements scolaires, des musées des actions collectives renforçant la vitalité de notre démocratie.

Compte-rendu de la réunion du 23 septembre

Comité de pilotage “Exposition”

Compte-rendu de la réunion du 23 septembre 2020

Présents :

Priscilla Billiard, responsable des collections, Musée de Boulogne-sur-mer

Alexandra Gambart, service des publics, Musée de Boulogne-sur-mer

Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Marion Monteuuis, chargée de médiation, FRAC Grand Large Hauts-de-France

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles, Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale

Maria Rabbé, chargée de diffusion, Franc Grand Large Hauts-de-France

Invitée : Amanda Crabtree, cabinet de médiation en art contemporain “Art connexion”

I. Présentation de la saison culturelle 2020-2021 :

Emmanuel Paris distribue aux participants la note de rentrée de la saison 2020-2021.
On trouvera le détail de ce document ici.

Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.
Emmanuel Paris dit que cette note repose sur trois idées-clé : l’expressivité/singularité, la fabrique collective du vrai, la rationalité (savoir faire enquête).

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Comité.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2020-2021 :

– La Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France a accordé une dotation durant le confinement au mois d’avril, permettant l’acquisition d’un casque de réalité virtuelle ainsi que de contenus thérapeutiques développés par la société C2care. Dans séances avec des enfants présentant des phobies, troubles de l’attention et du comportement, comportements addictifs, seront régulièrement organisées par Alicia Gignet, psychologue de notre association On trouvera l’article le plus récent chroniquant le programme d’activités du FabLab ici ;

– La Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB) organise deux résidences d’artistes en Danse auxquelles les enfants de la Maison du Cirque (compagnie “La Ruse”) et les enfants de la Maison de la Danse (compagnie “Farid’o”) collaborent de ce mois de septembre au mois de décembre 2020. Les créations issues de la première rencontre artistique seront présentées sur scène à Lille en juin 2021, et, s’agissant de la seconde rencontre, au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution, le 13 novembre ;

– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une deuxième année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. Il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2021 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer, ainsi qu’une prestation musicale au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution ;

– Le Château d’Hardelot propose aux Maisons d’assister aux prestations du cycle “Discoveries”, et pour commencer cette saison, aux répétitions du collectif “Les cris de Paris” en train de créer en musique et en bel canto un opéra ;

– La Fondation Saint-Gobain soutient l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Ces chantiers ont commencé cet Eté ;

– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, Hubert Loisel, océanographe, et l’équipe de la station océanographique de Wimereux pour développer des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux, et en s’appuyant pour cela sur les études et recherches scientifiques en cours. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant la période allant de novembre à avril 2021 (novembre-février : collaboration avec Nicolas Floc’h, mars-avril 2021 : sorties en mer des enfants à bord du navire océanographique de la station de Wimereux). Cette action est financée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France dans le cadre d’un plan triennal soutenant le développement du programme artistique et culturel de notre association. Autre action s’inscrivant dans ce partenariat, l’homme de théâtre et écrivain Rémy Boiron viendra de décembre à juin 2021 aux Maisons pour créer avec les enfants des prestations en public autour du thème “En vérités”, l’objectif étant d’instituer une “brigade poétique des Maisons”, allant dans l’espace public pour proposer aux passants des happenings éveillant au thème et ses considérations ;

– L’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en décembre une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour ont conçu des saynètes filmées permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Emmanuel Paris conclut cette présentation en informant les membres du Comité que l’association est en train de travailler avec Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer, pour contribuer à la réalisation du label “Cités éducatives” récemment obtenu par l’agglomération.

Des réunions ont permis en effet d’identifier des approches communes quant à l’action culturelle dans le territoire; le Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives est chargé de mettre en œuvre de nouvelles politiques de développement à la croisée entre action éducative, action sociale et solidaire, action culturelle. Cette innovation territoriale est soutenue par l’Etat, lequel a labellisé cet Eté Boulogne-sur-mer « Cité éducative », bénéficiant d’une aide ad hoc afin de permettre de nouveaux dispositifs d’accompagnement des enfants, des jeunes adultes et des familles rencontrant des difficultés économiques, éducatives et sociales. Le programme d’actions sur lequel Marie-Christine Briatte et son équipe travaillent mobilisera des acteurs de la société civile du territoire (associations, établissements culturels, établissements scolaires) pour développer ensemble des projets communs permettant aux enfants et aux familles de bénéficier de nouveaux accès aux espaces artistiques, éducatifs et culturels de l’agglomération.

On trouvera une présentation du label national « Les Cités éducatives » ici.

Emmanuel Paris informe les participants que l’association souhaite participer à ce programme pluriannuel, considérant l’homonymie de cette initiative avec les axes de développement du programme culturel des Maisons (développement des capabilités des enfants et des jeunes accueillis, reconnaissance des enfants et des jeunes en tant qu’acteurs culturels du territoire, centralité du thème de l’Enfance dans la vie de la Cité).

Deux contributions de l’association pour les trois années à venir sont proposées : le FabLab des Maisons, et un conservatoire botanique prochainement créé sur le site de la Ferme de Bertinghen, mobilisant notamment une intervention artistique en Land art.

II. Exposition “Rien n’est joué d’avance” :

Emmanuel Paris propose aux membres du comité de pilotage de reconduire le projet d’exposition “Rien n’est joué d’avance”, dont la programmation prévue n’a pu être mise en oeuvre en raison du confinement au premier semestre de cette année.

Les participants approuvent cette reprogrammation.

Des créations en art contemporain prêtées par le FRAC seront exposées aux côtés d’œuvres du Musée en “salle sophro”, salle d’exposition de notre association, à compter du 8 mars 2021, permettant aux enfants du Centre de Jour et de la Maison Vive de concevoir un parcours d’exposition dans un dialogue avec les deux équipes des établissements muséaux, et d’exposer des représentations originales de ce corpus réalisées lors de leurs ateliers au FabLab des Maisons.

On trouvera le détail des corpus choisis par le Musée et le FRAC ici.

L’exposition, sous réserve de confirmation, sera inaugurée au Musée de Boulogne-sur-mer en septembre 2021.

Les participants conviennent de préciser le calendrier d’actions lors de la prochaine réunion du Comité de pilotage. A l’ordre du jour de cette réunion sera aussi évaluée la possibilité d’inclure dans le corpus de l’exposition “Rien n’est joué d’avance” des créations issues de la collaboration des enfants avec Nicolas Floc’h et la station océanographique de Wimereux (cf. supra).

Emmanuel Paris remercie les participants. La prochaine réunion est fixée au 9 décembre 2020.

Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : annulation du Festival “Les Journées d’Enfance” (épisode 78)

Sur proposition de la direction tenant compte des directives gouvernementales en matière de gestes barrières, le Conseil d’administration de notre association a validé l’annulation de notre Festival annuel, qui devait avoir lieu du 28 juin au 3 juillet pour cette édition 2020.

Un grand merci à nos partenaires : BCK (organisation des joutes nautiques sur la Liane), Chant de rire et Instant théâtre (spectacle de fin d’année), équipe municipale de la ville d’Outreau (organisation du spectacle en la salle “Le Phenix”)… :

… intervenants de notre colloque, Lucie Legros (Chroniques de la saison culturelle), Maki Suzuki (supervision des rituels du 2 juillet à l’occasion du rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens de l’institution), Patrick Bourdet (parrain de notre association), professeurs des ateliers des Maisons, ULCO (organisation du colloque sur le site universitaire de Boulogne-sur-mer) pour leur compréhension et leur message de soutien renouvelé.

Rien n’est joué d’avance : rendez-vous en 2021.

On rembobine l’aventure de la vie (des forces pour ces jours et à l’avenir)

En raison des mesures sanitaires, l’activité de notre programme artistique et culturel L’aventure de la vie est suspendue.

C’est le moment de nous remémorer des moments clés, témoignant de la vitalité de l’institution chaque jour passant depuis 1835 jusqu’à nos jours.

Inspirés de notre passé, agissant tous les jours et soucieux des devenirs, nous pensions ce qui a été, ce qui est et pourrait advenir.

Régulièrement sur cette page, nous publierons des articles nourris des récits en images et en paroles de notre communauté éducative, qui se souvient et agit chaque jour avec les enfants au temps présent pour des lendemains meilleurs.

Un grand merci à Paulo et au comité de pilotage patrimoine de notre association pour ce travail, ainsi qu’à Quentin, notre informaticien et Fabmanager de nos Maisons (pour découvrir l’activité des comités de pilotage ayant soutenu cette action culturelle, choisir la rubrique dédiée en cliquant sur le lien référencé ici).

Découvrez les articles, chroniquant la vie de l’institution du plus ancien moment au plus récent, en cliquant ici

Textes et images de l’intervention aux Journées d’études organisées par l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles a présenté les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire était programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes ont été travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.

Découvrez le texte de la communication dite par M. le directeur adjoint :

Découvrez le document distribué à l’auditoire à l’appui de cette communication :