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Les Maisons invitées par la Fondation Daniel et Nina Carasso à statuer sur les candidatures de l’appel à projets “Médiations et démocratie culturelle”

Ce 27 novembre, notre association était invitée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à participer au jury désignant les lauréats de l’appel à projet Médiations et démocratie culturelle, dont on trouvera ci-après le paragraphe introductif :

Nous sommes ravis de vous annoncer l’ouverture de notre nouvel appel à projets « Médiations et démocratie culturelle », territorialisé sur les Hauts-de-France, qui s’inscrit dans notre axe Art Citoyen. Cet appel s’adresse à des collectifs formels ou informels qui porteront un projet artistique commun. Nous souhaitons contribuer à l’émergence et au développement de projets artistiques qui correspondent à la vision de la démocratie culturelle en créant les conditions d’une réelle participation citoyenne dès leur genèse et tout au long de leur réalisation.”

Deux cents cinquante candidatures, issues d’associations, de collectifs citoyens, de collectivités territoriales, d’établissements artistiques et culturels répartis sur les quatre départements de notre région ont répondu à cet appel.

Ce 27 novembre, vingt-deux candidatures étaient examinées lors de la phase finale de ce processus de sélection.

Douze dossiers ont été retenus ; les lauréats seront informés par la Fondation de leur dotation à la mi-décembre.

Un grand merci à la Fondation, fidèle soutien de notre programme artistique et culturel, pour cette nouvelle marque de confiance, bravo aux lauréats pour leur proposition permettant aux habitants des territoires des Hauts-de-France de créer avec des artistes, des artisans, des équipes municipales ou des services départementaux, régionaux ou de l’Etat, des établissements scolaires, des musées des actions collectives renforçant la vitalité de notre démocratie.

Compte-rendu de la réunion du 6 novembre 2020

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association

Patrick Bourdet, président du Conseil et parrain de l’association

Alicia Gignet, psychologue de l’association

Claude Jaouen, président du cabinet « Consulting4TOP »

Quentin Laplace, informaticien de l’association

Julie Maillard, stagiaire des studios de semi-autonomie de l’association

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association

Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association

Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association

Loïc Rouge, éducateur des studios de semi-autonomie de l’association

Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association

Excusés :

Jérôme Carion, chef d’agences, entreprise « Point P », Fondation Saint-Gobain

David Duwat, responsable foncier, Carrières du Boulonnais

Laurence Lenfroit, psychologue clinicienne, psychologue du travail

Frédéric Renaux, manager Sopra Steria, Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France

Julien Valance, directeur des Ressources Humaines, Centre commercial Auchan Saint-Martin Boulogne, Fondation Auchan sous l’égide de la Fondation de France

Ouverture de la neuvième réunion du Conseil trimestrielle par son président, Patrick Bourdet.

I. Présentation de la saison culturelle 2020-2021 :

Emmanuel Paris distribue aux participants la note de rentrée de la saison 2020-2021.

On trouvera le détail de ce document ci-après :

Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.

Emmanuel Paris dit que cette note repose sur trois idées-clé : l’expressivité/singularité, la fabrique collective du vrai, la rationalité (savoir « faire enquête »).

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Conseil.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2020-2021 :

– La Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB) organise deux résidences d’artistes en Danse auxquelles les enfants de la Maison du Cirque (compagnie “La Ruse”) et les enfants de la Maison de la Danse (compagnie “Farid’o”) collaborent de ce mois de septembre au mois de décembre 2020. Les créations issues de la première rencontre artistique seront présentées sur scène à Lille en juin 2021, et, s’agissant de la seconde rencontre, le 13 novembre sur le site de l’association boulevard Raymond Splingard ;

– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une deuxième année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. Il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2021 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer, ainsi qu’une prestation musicale au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution ;

– Le Château d’Hardelot a proposé aux Maisons, pour commencer cette saison, d’assister aux répétitions du collectif “Les cris de Paris” en train de créer en musique et en bel canto un opéra ainsi qu’à des prestations d’artistes invités en danse et musique actuelle ;

– La Fondation Saint-Gobain soutient l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Ces chantiers ont commencé cet Eté ;

– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, Hubert Loisel, océanographe, et l’équipe de la station océanographique de Wimereux pour développer des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux, et en s’appuyant pour cela sur les études et recherches scientifiques en cours. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant la période allant jusqu’avril 2021 (collaboration avec Nicolas Floc’h et sorties en mer des enfants à bord du navire océanographique de la station de Wimereux). Cette action est financée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France dans le cadre d’un plan triennal soutenant le développement du programme artistique et culturel de notre association. Autre action s’inscrivant dans ce partenariat, l’homme de théâtre et écrivain Rémy Boiron viendra de décembre à juin 2021 aux Maisons pour créer avec les enfants des prestations en public autour du thème “En vérités”, l’objectif étant d’instituer une “brigade poétique des Maisons”, allant dans l’espace public pour proposer aux passants des happenings éveillant au thème et ses considérations ;

– Sous réserve de confirmation en raisons des mesures santiaires contre la Covid-19, l’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en juin 2021 une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour ont conçu des saynètes filmées permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Emmanuel Paris conclut cette présentation en informant les membres du Comité que l’association est en train de travailler avec Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer, pour contribuer à la réalisation du label “Cités éducatives” récemment obtenu par l’agglomération.

Deux contributions de l’association pour les trois années à venir sont proposées : le FabLab des Maisons, et un conservatoire botanique prochainement créé sur le site de la Ferme de Bertinghen, mobilisant notamment une intervention artistique en Land art. S’agissant du Conservatoire botanique, Emmanuel Paris informe les participants que l’association, sur les conseils d’Eric Parot, membre du Conseil scientifique, a candidaté, pour financement du projet, à l’appel à projets ci-après :

Nous avons été informés par cette Fondation après la réunion du Conseil, que le jury avait retenu trois candidatures autres que la nôtre, parmi trois cents cinquante dossiers présentés.

Patrick Bourdet demande si la Mairie de Saint-Martin Boulogne a accédée à la requête pour que la réfection du chemin d’accès à la Ferme de Bertinghen soit actée. Claire Beugnet indique qu’une rencontre avec Monsieur le Maire de la commune est encore en attente de confirmation.

Francis Rembotte demande qu’un état des partenariats en cours et des partenariats souhaités puisse être présenté lors du prochain Conseil d’administration. Claire Beugnet dit que ce le sera, comme à chaque réunion du Conseil, sur la base d’un écrit récapitulatif donné aux administrateurs.

II. Présentation du casque de réalité virtuelle du FabLab des Maisons :

Emmanuel Paris remercie Alicia Gignet et Quentin Laplace de leur participation à cette réunion.

Emmanuel Paris explique que la Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France a accordé une dotation durant le confinement au mois d’avril, permettant l’acquisition d’un casque de réalité virtuelle ainsi que de contenus thérapeutiques développés par la société C2care.

Un film est présenté aux participants, que nous ne pouvons faire diffuser au-delà du cercle des membres, sur demande de l’entreprise et en raison du brevetage industriel de ses contenus. Nous pouvons cependant pour les besoins de ce compte-rendu recommander ci-après l’entretien accordé par l’un des conseillers scientifiques de C2care :

Alicia Gignet commente le film diffusé dans la salle de réunion du Conseil : le scénario retenu est celui d’un jeune des studios de l’association, dont les entretiens avec l’équipe indiquent un problème récurrent pour rationaliser ses actes de course (savoir gérer le budget / savoir prendre en compte les attitudes du personnel à la caisse, ou dans les rayons / savoir s’orienter dans un magasin qu’il découvre pour la première fois). Alicia Gignet commente en direct, à mesure que le film se déroule, les fonctionnalités qu’elle peut activer à partir de l’ordinateur, voyant à l’écran ce que voit le jeune chaussant le casque de réalité virtuelle, et immergé dans un magasin virtuel. Alicia Gignet précise que par ce système de double écrans (à l’ordinateur de sa console, et dans le casque de réalité virtuelle), elle pourra en permanence dialoguer avec le jeune pour lui demander comment il se sent, ce qui lui pose problème, son accord s’il souhaite recommencer une épreuve proposée par le logiciel immersif.

La seconde partie du film présente les différents contenus réalisés par la plateforme C2care. Nous mobilisons à cette fin le film mis en ligne par C2care  :

Alicia Gignet dit que parmi l’ensemble des contenus proposés, des enfants et des jeunes de l’association pourront particulièrement travailler avec elle en séance les phobies, les addictions, les troubles de la concentration et les représentations de leur corps.

Emmanuel Paris précise que la mise en place de ces séances avec l’enfant et le jeune sera faite en concertation avec l’équipe de la Maison et du service concerné, que des questionnaires que nous a transmis le comité scientifique de C2care et envoyés par mail aux membres du Conseil seront utilisés pour s’assurer de la viabilité de cette modalité d’intervention, que la séance d’une heure se décomposera en trois tranches de 20 minutes (20 minutes de discussion préalables de l’enfant, du jeune, avec Alicia Gignet et un membre de l’équipe, 20 minutes de maniement du casque de réalité virtuelle par l’enfant, le jeune, et 20 minutes de debriefing avec l’enfant, le jeune, par Alicia Gignet et un membre de l’équipe).

Alicia Gignet dit que cet outil apporte une plus-value dans le cadre du travail éducatif, car il permet d’enrichir la relation en proposant à l’enfant, au jeune, un cadre ludique et mobilisable plus facilement qu’in vivo.

Patrick Bourdet dit son intérêt pour cet outil, mais insiste sur l’importance des expériences d’apprentissage dans le monde réel pour permettre aux personnes d’accroître leurs capabilités.

Alicia Gignet dit que ce casque et ses contenus permettent aussi d’inclure des expériences sensorielles réelles, soit en utilisant de la réalité augmentée (films vidéos de lieux vécus concrètement par l’enfant, le jeune, dans son quotidien), soit en plaçant des objets concrets que l’enfant, le jeune, saisit, agrippe, touche pendant son expérience immersive.

Patrick Bourdet demande s’il existe des références bibliographiques permettant d’explorer plus encore les tenants et aboutissants d’un tel outil. Emmanuel Paris dit qu’il enverra après la réunion le corpus communiqué par M. Schepers, psychologue au CHU de Charleroi et exerçant au service dédié de cet hôpital à l’usage de la réalité virtuelle dans le suivi thérapeutique d’adultes. M. Schepers a formé Alicia Gignet, Quentin Laplace et Emmanuel Paris au mois d’octobre au maniement du casque.

Cette formation, disent Alicia Gignet et Emmanuel Paris, a d’ores et déjà permis d’identifier des prérequis méthodologiques pour l’usage du casque avec des enfants et des jeunes – ce qui sera une première en France puisqu’aucune Maison d’enfants n’a pour l’instant expérimenté un tel outil.

Emmanuel Paris signale que des collègues de différentes Maisons ont signalé leur intérêt pour être formés à cet outil ; l’année à venir consistera à bien réfléchir avec les équipes sur la sélection d’un enfant, d’un jeune, selon les attendus du protocole et de lui proposer de s’y essayer.

Francis Rembotte insiste sur la nécessité que cet outil soit utilisé en coordination avec les équipes.

Philippe Richard dit que cet outil présente deux potentialités, l’une éducative, l’autre thérapeutique. Philippe Richard précise que sur ce second point, il sera nécessaire d’être vigilant sur les effets émotionnels créés par cet outil.

Claire Beugnet agréé ces observations et recommande de prendre le temps pour qu’un protocole précis puisse accompagner le recours à cet outil.

Alicia Gignet précise que la visée thérapeutique n’est pas l’objectif de cet outil ; son usage est éducatif.

Claude Jaouen dit que cet outil a un fort potentiel éducatif et que les questionnaires à l’attention des personnes avant et après les séances sont opérationnels. Claude Jaouen et Patrick Bourdet insistent sur la nécessité de bien former les équipes.

Claude Jaouen propose de consacrer l’année 1 de cet apprentissage de l’outil à un nombre restreint d’enfants et/ou de jeunes, et de se donner au total trois années pour routiniser l’emploi du casque de réalité virtuelle du FabLab des Maisons.

Les participants agréent cette proposition.

III. Formalisation du questionnaire évaluatif des capabilités des jeunes intégrant les studios de semi-autonomie de l’association :

Emmanuel Paris explique aux participants que, depuis la précédente réunion du Conseil le 8 novembre 2019, des échanges avec une Maison des Solidarités (MDS) cet Eté à propos d’un jeune des Maisons sur le point d’intégrer les studios de l’association, a permis de préciser les outils évaluatifs travaillés en séance voici un an (cf. partie V du compte-rendu ci-après, « Propositions pour le développement d’outils évaluatifs du parcours des jeunes résidant dans les studios de notre association » :

Emmanuel Paris a envoyé aux participants le document transmis par cette MDS, et intitulé « Grille de préparation à l’autonomie ». Les membres du Conseil débattent de l’opérationnalité de cet outil.

Francis Rembotte dit que cette grille peut en effet permettre d’objectiver l’appréciation des parties prenantes du suivi du jeune : jeune lui-même, équipe de la Maison au sein de laquelle il vit avant d’intégrer le studio, référent MDS, parents. Francis Rembotte trouve cependant trop détaillés les items de cette grille.

Loïc Rouge dit que cette grille a l’avantage de permettre au jeune de s’auto-évaluer, ainsi que de permettre une comparaison entre résultats des parties cochées par le jeune, et résultats cochés par l’éducateur. Loïc Rouge précise que ces éventuels écarts seront d’autant plus propices à nourrir une discussion rationnelle avec le jeune sur ce dont il est capable, ce dont il n’est pas encore, ce qu’il a, ce qui lui manque, etc.

Patrick Bourdet dit que cette grille est intéressante car elle permet de montrer au jeune des repères concrets pour construire un parcours autonomisant.

Henri Villeneuve dit que cette liste d’items est intéressante car elle permet d’éviter des appréciations évasives, par trop subjectives des requis de l’autonomisation.

Claire Beugnet dit que cet outil peut être utilisé par les équipes régulièrement, dès l’âge de 15 ans atteint par l’enfant résidant en Maison de l’association, et jusqu’au moins ses 18 ans, y compris bien entendu lorsqu’il a intégré un studio de l’institution.

Patrick Bourdet dit qu’il est en effet très important de considérer l’usage de cette grille dans un processus dynamique, pluriannuel, qui permet régulièrement des points d’étape. Jeune, équipe, référents sociaux, parents, peuvent ainsi dialoguer sur le chemin parcouru, et le chemin restant à accomplir, d’une manière organisée, méthodique.

Philippe Richard dit que par l’étendue des items, cette grille peut donner l’impression de traiter tous les attendus d’une vie sécure, accomplie, épanouie, mais observe que des dimensions existentielles telle que l’aptitude à créer en sont totalement exclues, se concentrant sur la culture matérielle. Philippe Richard dit que par cette configuration, la grille présente l’inconvénient de normer les représentations de ce qui fait l’autonomisation, une vie bonne et heureuse.

Claude Jaouen ne voit pas dans cette grille un outil normatif, la considérant comme un référentiel (idée du « guide d’emploi ») à utiliser régulièrement pendant trois, quatre années à partir de l’âge de 15 ans, et qui favorisent la discussion collective, la coordination des efforts à fournir pour l’autonomisation du jeune.

Claire Beugnet et Emmanuel Paris proposent que cette grille soit utilisée dans les Maisons pour les jeunes appelés à intégrer les studios de l’association dès l’âge de 17 ans.

Les participants agréent cette proposition.

IV. Questions annexes :

Emmanuel Paris informe les participants que la Fondation Sopra Steria a demandé en mai 2020 si l’association serait intéressée par une contribution à la page « Dons en ligne » des sites internet des fondations de l’Institut de France.La Fondation Sopra Steria, précise Emmanuel Paris, demande si cela peut faire sens pour l’association de donner des exemples d’équivalence de don, en lien avec les financements/accompagnements de la Fondation, pour illustrer quelle serait l’utilisation du don pour le donateur et, si tel était le cas, s’il est possible de donner des exemples pour 10, 20, 50, 100 euros. Emmanuel Paris dit qu’il est possible d’illustrer différentes possibilités de dons par des équivalences. Emmanuel Paris cite l’exemple transmis par la Fondation Sopra Steria : 10 euros = 1 repas donné pour un sans-abri.

Claire Beugnet et Emmanuel Paris expliquent que cette proposition, si elle honore l’association, pose problème tant elle l’obligerait à communiquer aux internautes des actes du quotidien des enfants et jeunes vivant dans les Maisons, alors même que ces besoins sont déjà pris en charge par la dotation allouée par l’Aide Sociale à l’Enfance.

Les participants agréent cette analyse.

Francis Rembotte observe cependant qu’il est normal, pour un donateur, de savoir où et pour qui son don est employé.

Claude Jaouen recommande de citer des exemples neutres, tels que : « un enfant parcourt chaque jour en fourgon de l’association tant de kilomètres, ce qui coûte tant d’euros ».

Emmanuel Paris remercie les participants pour ces conseils.

La prochaine réunion du Conseil de la Culture d’entreprendre sera organisée le vendredi 19 février 2021, de 10h à 13h.

Patrick Bourdet clôt la neuvième réunion du Conseil.

Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

Des nouvelles des Fondations : un grand merci à la Fondation Saint-Gobain

La Fondation Saint-Gobain a retenu notre candidature pour la restauration de la Maison du Cirque, ainsi que des deux gîtes permettant l’accueil des intervenants de notre programme artistique et culturel L’aventure de la vie.

Les travaux commenceront dès cet Eté à la Maison du Cirque.

Un grand merci à la Fondation, et à ses parrains  Vincent et Jérôme, Jérôme étant membre actif de notre Conseil de la Culture d’entreprendre.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : annulation du Festival “Les Journées d’Enfance” (épisode 78)

Sur proposition de la direction tenant compte des directives gouvernementales en matière de gestes barrières, le Conseil d’administration de notre association a validé l’annulation de notre Festival annuel, qui devait avoir lieu du 28 juin au 3 juillet pour cette édition 2020.

Un grand merci à nos partenaires : BCK (organisation des joutes nautiques sur la Liane), Chant de rire et Instant théâtre (spectacle de fin d’année), équipe municipale de la ville d’Outreau (organisation du spectacle en la salle “Le Phenix”)… :

… intervenants de notre colloque, Lucie Legros (Chroniques de la saison culturelle), Maki Suzuki (supervision des rituels du 2 juillet à l’occasion du rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens de l’institution), Patrick Bourdet (parrain de notre association), professeurs des ateliers des Maisons, ULCO (organisation du colloque sur le site universitaire de Boulogne-sur-mer) pour leur compréhension et leur message de soutien renouvelé.

Rien n’est joué d’avance : rendez-vous en 2021.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : Deux nouvelles rubriques sur notre site (épisode 12)

Notre site Internet, accueillant les nombreux messages en ces périodes de confinement, a créé des nouvelles rubriques permanentes à l’attention des enfants et des jeunes de notre association :

Comment ça se passe depuis le confinement : Enfants, équipes, vous écrivent pour raconter leur quotidien ;

On rembobine l’aventure de la vie : En cette période de confinement, rien de mieux que de renouer avec notre Histoire, de 1835 à nos jours ;

Lettres de Shila : Itinérants, nous continuons à découvrir le monde, malgré tout ;

Dessins en soutien : Des familles, elles-mêmes confinées, nous envoient de belles créations à partager ;

Résidences à la Maison : les acteurs de notre programme artistique et culturel éveillent à la beauté du monde, malgré tout.

 

On rembobine l’aventure de la vie (des forces pour ces jours et à l’avenir)

En raison des mesures sanitaires, l’activité de notre programme artistique et culturel L’aventure de la vie est suspendue.

C’est le moment de nous remémorer des moments clés, témoignant de la vitalité de l’institution chaque jour passant depuis 1835 jusqu’à nos jours.

Inspirés de notre passé, agissant tous les jours et soucieux des devenirs, nous pensions ce qui a été, ce qui est et pourrait advenir.

Régulièrement sur cette page, nous publierons des articles nourris des récits en images et en paroles de notre communauté éducative, qui se souvient et agit chaque jour avec les enfants au temps présent pour des lendemains meilleurs.

Un grand merci à Paulo et au comité de pilotage patrimoine de notre association pour ce travail, ainsi qu’à Quentin, notre informaticien et Fabmanager de nos Maisons (pour découvrir l’activité des comités de pilotage ayant soutenu cette action culturelle, choisir la rubrique dédiée en cliquant sur le lien référencé ici).

Découvrez les articles, chroniquant la vie de l’institution du plus ancien moment au plus récent, en cliquant ici

Textes et images de l’intervention aux Journées d’études organisées par l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles a présenté les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire était programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes ont été travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.

Découvrez le texte de la communication dite par M. le directeur adjoint :

Découvrez le document distribué à l’auditoire à l’appui de cette communication :

La Fondation de France invite M. Bourdet à présenter le parrainage de nos Maisons

Mardi 10 mars, la Fondation de France – Nord organise une soirée au Musée des Beaux-arts de Lille consacrée aux raisons d’être et d’agir philanthropiques.

M. Patrick Bourdet, parrain de notre association, prendra la parole pour présenter quatre années d’engagement en faveur des Maisons.

Découvrez le programme de cette soirée :

Les Maisons invitées aux journées d’études de l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles présentera les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire est programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes seront travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.