Archives de catégorie : Conseil scientifique

Les Maisons invitées par la Fondation Daniel et Nina Carasso à statuer sur les candidatures de l’appel à projets “Médiations et démocratie culturelle”

Ce 27 novembre, notre association était invitée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à participer au jury désignant les lauréats de l’appel à projet Médiations et démocratie culturelle, dont on trouvera ci-après le paragraphe introductif :

Nous sommes ravis de vous annoncer l’ouverture de notre nouvel appel à projets « Médiations et démocratie culturelle », territorialisé sur les Hauts-de-France, qui s’inscrit dans notre axe Art Citoyen. Cet appel s’adresse à des collectifs formels ou informels qui porteront un projet artistique commun. Nous souhaitons contribuer à l’émergence et au développement de projets artistiques qui correspondent à la vision de la démocratie culturelle en créant les conditions d’une réelle participation citoyenne dès leur genèse et tout au long de leur réalisation.”

Deux cents cinquante candidatures, issues d’associations, de collectifs citoyens, de collectivités territoriales, d’établissements artistiques et culturels répartis sur les quatre départements de notre région ont répondu à cet appel.

Ce 27 novembre, vingt-deux candidatures étaient examinées lors de la phase finale de ce processus de sélection.

Douze dossiers ont été retenus ; les lauréats seront informés par la Fondation de leur dotation à la mi-décembre.

Un grand merci à la Fondation, fidèle soutien de notre programme artistique et culturel, pour cette nouvelle marque de confiance, bravo aux lauréats pour leur proposition permettant aux habitants des territoires des Hauts-de-France de créer avec des artistes, des artisans, des équipes municipales ou des services départementaux, régionaux ou de l’Etat, des établissements scolaires, des musées des actions collectives renforçant la vitalité de notre démocratie.

Publicisation des travaux des membres de notre Conseil scientifique (réactualisé au 10 octobre 2020)

Les travaux de Jean-Paul Demoule (Archéologie), Pierre Lemarquis (Neurologie), Olivier Martin (Sociologie),  membres de notre Conseil scientifique, sont valorisés par la communauté académique et les médias.

Nous réactualisons ce recensement au fil de la mise en ligne des communications permettant aux membres de notre Conseil scientifique d’exprimer leurs points de vue et analyses (par ordre alphabétique des auteurs) :

A propos de la façon dont le confinement s’inscrit dans l’histoire longue de l’humanité (Jean-Paul Demoule) : Emission “Concordance des temps”, France culture, 10 octobre 2020, ici.

A propos de ce que l’on voit, que nous trouvons beau, et qui nous fait du bien (Pierre Lemarquis) : “L’art qui guérit”, ouvrage à paraître au mois de novembre aux Editions Hazan, ici.

A propos de l’emprise du chiffrage pour la conduite des comportements (Olivier Martin) : “L’empire des chiffres”, paru aux Editions Armand Colin ce mois de septembre, ici.

Compte-rendu de la réunion du 2 octobre 2020

Compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Bruno Defachelle, chef de service du DMAD DARF et de la Maison de la Danse, association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Jean-Paul Demoule, professeur des universités émérite en archéologie, Université Paris 1

Olivier Martin, professeur des universités en sociologie, Université Paris Descartes

Patrick Miquel, précédemment directeur de l’Enfance et de la Famille, Conseil départemental du Pas-de-Calais

Claire Oger, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Est Créteil

Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Eric Parot, ingénieur physicien retraité Schlumberger Ltd, précédent coordinateur France Fondation SEED

Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Anick Traguardi-Menet, représentante du personnel de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Excusés :

Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer

Eric Legros, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Pierre Lemarquis, neurologue, attaché d’enseignement d’éthologie à l’université de Toulon-La Garde

Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

I. Nomination de Claire Oger pour le renouvellement de la présidence du Conseil :

Emmanuel Paris informe les participants que, conformément aux délibérations du Conseil scientifique lors de sa réunion organisée le 4 octobre 2019, le Conseil d’administration de l’association a approuvé la proposition de la direction ; proposer à Claire Oger la présidence du Conseil scientifique.

Claire Oger a accepté cette nomination et en remercie l’association.

Claire Oger propose de reconduire les années à venir les axes de travail du Conseil scientifique, et encourage les membres à proposer de nouvelles contributions à l’instar des lectures commentées d’ouvrages ou d’articles initiées depuis deux ans.

Emmanuel Paris dit que l’association continuera à soutenir les projets de publication issus des études et recherches menées par le Conseil scientifique, et appuie toutes propositions de nouvelles contributions exprimées par ses membres.

Ouverture de la vingt-et-unième séance du Conseil scientifique par Madame la présidente.

II. Présentation de la saison culturelle 2020-2021, préparation du colloque « En vérités », juillet 2021 :

Emmanuel Paris distribue aux participants la note de rentrée de la saison 2020-2021.

On trouvera le détail de ce document ci-après :

Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.

Emmanuel Paris dit que cette note repose sur trois idées-clé : l’expressivité/singularité, la fabrique collective du vrai, la rationalité (savoir « faire enquête »).

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Conseil.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2020-2021 :

– La Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France a accordé une dotation durant le confinement au mois d’avril, permettant l’acquisition d’un casque de réalité virtuelle ainsi que de contenus thérapeutiques développés par la société C2care. Dans séances avec des enfants présentant des phobies, troubles de l’attention et du comportement, comportements addictifs, seront régulièrement organisées par Alicia Gignet, psychologue de notre association ;

– La Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB) organise deux résidences d’artistes en Danse auxquelles les enfants de la Maison du Cirque (compagnie “La Ruse”) et les enfants de la Maison de la Danse (compagnie “Farid’o”) collaborent de ce mois de septembre au mois de décembre 2020. Les créations issues de la première rencontre artistique seront présentées sur scène à Lille en juin 2021, et, s’agissant de la seconde rencontre, au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution, le 13 novembre ;

– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une deuxième année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. Il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2021 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer, ainsi qu’une prestation musicale au Café-théâtre Michel Lafont, espace scénique de notre institution ;

– Le Château d’Hardelot propose aux Maisons d’assister aux prestations du cycle “Discoveries”, et pour commencer cette saison, aux répétitions du collectif “Les cris de Paris” en train de créer en musique et en bel canto un opéra ;

– La Fondation Saint-Gobain soutient l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Ces chantiers ont commencé cet Eté ;

– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, Hubert Loisel, océanographe, et l’équipe de la station océanographique de Wimereux pour développer des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux, et en s’appuyant pour cela sur les études et recherches scientifiques en cours. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant la période allant de novembre à avril 2021 (novembre-février : collaboration avec Nicolas Floc’h, mars-avril 2021 : sorties en mer des enfants à bord du navire océanographique de la station de Wimereux). Cette action est financée par la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France dans le cadre d’un plan triennal soutenant le développement du programme artistique et culturel de notre association. Autre action s’inscrivant dans ce partenariat, l’homme de théâtre et écrivain Rémy Boiron viendra de décembre à juin 2021 aux Maisons pour créer avec les enfants des prestations en public autour du thème “En vérités”, l’objectif étant d’instituer une “brigade poétique des Maisons”, allant dans l’espace public pour proposer aux passants des happenings éveillant au thème et ses considérations ;

– L’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en décembre une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour ont conçu des saynètes filmées permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Emmanuel Paris conclut cette présentation en informant les membres du Comité que l’association est en train de travailler avec Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer, pour contribuer à la réalisation du label “Cités éducatives” récemment obtenu par l’agglomération.

Deux contributions de l’association pour les trois années à venir sont proposées : le FabLab des Maisons, et un conservatoire botanique prochainement créé sur le site de la Ferme de Bertinghen, mobilisant notamment une intervention artistique en Land art. S’agissant du Conservatoire botanique, Emmanuel Paris informe les participants que l’association, sur les conseils d’Eric Parot, a candidaté, pour financement du projet, à l’appel à projets ci-après :

Emmanuel propose que la programmation du colloque « Rien n’est joué d’avance », initialement organisé le 3 juillet 2020 mais annulé en raison des mesures sanitaires dans le cadre de la lutte contre l’épidémie Codid-19, soit reconduite.

On trouvera le contenu de la programmation, telle que travaillée lors de la réunion du Conseil scientifique le 13 mars 2020, à l’adresse suivante (cf. II. « II. Préparation du Colloque « Rien n’est joué d’avance », vendredi 3 juillet 2020 ») :

Les participants agréent cette proposition.

Emmanuel Paris dit qu’il va recontacter les orateurs pressentis pour s’assurer de la reconduction de leur participation au colloque 2021, et présentera au Conseil un état d’avancement lors de la prochaine réunion trimestrielle.

III. Lectures commentées :

Emmanuel Paris distribue aux participants les textes recommandés par Claire Oger et Francis Rembotte.

On trouvera, recommandé par Claire Oger, le texte « Psychiatrie : gestion de la violence ou violence gestionnaire » de Yannis Gansel publié le 27 janvier 2020 à l’adresse ci-après :

Les textes recommandés par Francis Rembotte sont :

• Sophie Rahal (2019) “Mécénat : à qui profite la prime ?”, Télérama, 3642, 30 octobre 2019, pp. 20-26 ;

• Francis Charhon (2016), Vive la philanthropie, Paris, Editions du Cherche Midi.

III. A. Lecture de l’ouvrage « Vive la philanthropie » par Francis Rembotte :

Francis Rembotte expose aux participants ses observations et analyses :

« Francis Charhon, l’un des fondateurs de MSF et ancien directeur général de la Fondation de France, rappelle dans son livre « Vive la philanthropie » que « La philanthropie est la philosophie qui met l’humanité au premier plan de ses priorités ».

Parmi les philanthropes, les particuliers qui donnent majoritairement à des associations (4 milliards en 2013 par 16% des foyers français). Mais aussi les fondations et les fonds de dotation.

Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale est certainement, dans notre champ professionnel, l’association qui a le plus recours au financement privé par l’intermédiaire de fondations.

Dès lors il n’est pas inutile de se pencher sur ce phénomène.

Pour le philosophe Pierre Henri Tavoillot, Maitre de conférences à la Sorbonne, auparavant « l’aumône faisait partie des commandements divins et constituait la voie pour obtenir la rémission des pêchers et, sinon le salut, du moins l’espoir du salut.

Aujourd’hui et considérant le recul de la religion, l’aumône a été remplacé par la solidarité mais, à la différence du généreux qui agit de manière désintéressée, le solidaire combine altruisme et égoïsme. Etre solidaire en effet, c’est agir en faveur de quelqu’un dont je partage les intérêts, de sorte qu’en défendant les siens, je protège les miens. »

En France, la solidarité est « imposée ».  On parle de solidarité « mécanique » qui s’exprime par une série de mesures redistributives et est financée par l’impôt. Cette forme de solidarité conduit parfois à un désintérêt de l’individu pour son prochain vulnérable – Il a délégué sa capacité d’empathie à des institutions publiques. Il paye des impôts pour ne plus entendre parler de la misère, pour qu’elle soit traitée ailleurs que sur le pas de sa porte, entre la boulangerie et le distributeur de billets.

Heureusement, beaucoup de nos concitoyens sont capables d’une vraie générosité qui, elle, est un acte volontaire. L’individu contemporain ne donne pas seulement pour payer moins d’impôts, car même moins cher, le don coûte toujours Il ne donne pas non plus pour frimer auprès de son voisin car le don est souvent discret. Il donne parce qu’il n’est guère possible d’être heureux en voyant les autres malheureux. Il donne pour donner un sens à sa vie. Signalons que l’Etat encourage ce type de don en permettant aux particuliers qui n’est soumis qu’à l’impôt sur le revenu d’en déduire 66% de son don (dans la limite de 20% de ses revenus imposables) et 75% s’il paie l’ISF (allégement limité à 50 000€), ce qui, entre parenthèse, fait de l’Etat le premier philanthrope de France…)

Quant aux plus riches de nos concitoyens, ils créent un fond de dotation ou une fondation.

Un fond de dotation est une structure souple et légère permettant une grande autonomie. Elle doit être dotée d’au moins 15 000€. Le philanthrope s’occupe lui-même de la gestion administrative (publication des comptes et du rapport d’activité). Il en existe 2500 en 2017.

Une fondation est une personne morale de droit privé à but non lucratif créée par un ou plusieurs donateurs, eux-mêmes pouvant être des personnes physiques ou morales, pour accomplir une œuvre d’intérêt général. Il en existe 2600 en 2017 qui emploient 130 000 salariés.

Pour une fondation d’utilité publique la dotation initiale doit être au moins de 1.5 millions. Elle peut recevoir des subventions, des dons et legs (630 Fondations d’Utilité Publique).

Une fondation abritée n’a pas le statut de personne morale, elle est assujettie à la fondation abritante sur le plan juridique et fiscal. Elle dispose d’une autonomie opérationnelle plus ou moins importante selon le capital et la fondation abritante. (Pour la Fondation de France par ex. 200 000 /an sur 5 ans.) 

Les « abritantes » (52 en France) sont la FdF (Près de 1000 fondations abritées), L’institut de France (L’Institut de France est une institution française créée en 1795. Il rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques de la nation afin qu’elles travaillent ensemble à perfectionner les sciences et les arts, à développer une réflexion indépendante et à conseiller les pouvoirs publics), CARITAS, etc.

Quelle est la différence entre une association et une fondation ?

Alors qu’une association est le regroupement de plusieurs personnes avec la volonté d’agir ensemble autour d’un objectif commun, une fondation existe par l’affectation irrévocable de biens à la réalisation d’une œuvre d’intérêt général. Une fondation, c’est de l’argent privé mis à disposition d’une cause publique.

La gouvernance est très différente : une association a par nature un fonctionnement démocratique. les décisions sont prises par l’assemblée générale de ses membres, qui peut déléguer tout ou partie de ses prérogatives à un conseil d’administration élu parmi ses membres, alors que la fondation a une gouvernance basée sur un conseil d’administration non élu mais choisi par le ou les fondateurs. Ce conseil prend seul les décisions.

Ce secteur philanthropique est en plein développement en France. Un tiers des 2600 fondations existantes dans le pays en 2019 a été créé depuis 2010. (+ 4% par an)

Le poids économique des fondations croît rapidement avec 27 milliards d’actifs et 11 milliards de dépenses annuelles pour l’intérêt général.

50% des fondations sont le fait de particuliers (34% – 35 à 55 ans. 31% – 55 à 65 ans -25% 65 ans et plus – 10% moins de 35ans.) qui ont été répartis en 4 catégories :

  1. Les héritiers, inscrits dans une histoire familiale. Ils prolongent la démarche initiée par leurs parents ou grands-parents ;
  2. Les militants, mobilisés par une cause. (Environnement, recherche médicale, cause animale…) ;
  3. Les enfants de la république qui pensent devoir leur réussite personnelle à l’ascenseur social et estime devoir restituer une partie de ce qu’ils ont reçu à leur pays ;
  4. Les entrepreneurs solidaires qui pensent que les affaires doivent intégrer une dimension sociale, culturelle ou environnementale, avec ou sans considération économique. C’est cette catégorie des entrepreneurs solidaires qui se développe le plus rapidement.
  5. 31% d’entreprises. Le reste par congrégations, les établissements de l’Enseignement et de la Recherche Publique.

Il s’agit de soutenir des projets qui aident les plus vulnérables (enfance maltraitée, personnes handicapées, personnes âgées, personnes exclues) ou qui favorisent l’accès à la culture.

La motivation peut s’arrêter là mais elle peut aussi et malheureusement trouver ses racines ailleurs.

Ainsi, une entreprise très connue de vente de vêtements fabriqués au Bangladesh dans des conditions très déplorables par de très jeunes filles sous-payées, a-t-elle créée une fondation qui ne finance que des projets d’associations locales, projets présentés par les directeurs de ses magasins. De cette manière, ces cadres peuvent, s’ils en ressentent le besoin, se déculpabiliser de participer indirectement à cette exploitation, en soutenant une association locale à caractère social.

On le voit, dans ce cas, qui n’est pas rare, ce n’est donc plus seulement la générosité ni l’incitation fiscale qui motive le don, c’est un ressort plus complexe qui est propre à chaque entreprise mais dans lequel l’économie, sinon le profit, a toujours sa place… Aucune enquête d’envergure ne confirme ce propos mais lorsqu’on sait que toutes les entreprises du CAC 40, sans exception, ont créé leur fondation, on peut légitimement penser qu’il en est ainsi pour nombre d’entre elles.

Ces fondations agissent dans plusieurs domaines :

–              24% interviennent dans le domaine de l’action sociale

–              17% dans le domaine de la santé et la recherche médicale.

–              17% dans le domaine des arts et de la culture

–              Puis… Education, Environnement, cause animale, intervention à l’étranger….

Cette philanthropie en plein essor est-elle appelée à remplacer le service publique ?

Une espérance pour certains qui considèrent que l’Etat et les collectivités locales ne sont pas assez réactifs, pas assez agiles, que leur administration est trop lourde, tandis que d’autres pensent qu’en outre, ils ne font pas les bons choix. Ils n’interviennent pas sur les besoins réels de la population parce que déconnectés de la vraie vie. Signalons que ceux-là, que l’on trouve dans le camp des partisans du libéralisme économique, le camp de ceux qui voudraient cantonner l’Etat à ses missions régaliennes, acceptent néanmoins que les pouvoirs publics financent à 60% leurs actions philanthropiques (Allègement limité à 5/1000 du chiffre d’affaire) mais leur dénient tout droit de regard, considérant qu’eux seuls ont le monopole de la définition des besoins collectifs et qu’ils doivent pouvoir disposer librement de leurs capitaux.

Mais dans une démocratie, c’est par la délibération collective, les débats parlementaires et la levée d’impôts, que cette question est tranchée. Le principe de base, c’est que la collectivité sait mieux qu’un petit groupe fortuné ce qui est bon pour l’ensemble du pays. Sinon on vit dans une oligarchie.

C’est ce que révèle une enquête de la Cour des comptes, de novembre 2018 qui rappelle que « les réductions d’impôts accordées par la loi Aillagon de 2003 a un coût, car c’est de l’argent qui n’entre pas dans les caisses de l’Etat (90 millions en 2004, 900 millions en 2017) alors même que depuis 17 ans, aucun organisme n’a été chargé d’estimer où de contrôler le coût réel de ces mesures et d’évaluer leur impact sur la société ».

Aujourd’hui et devant l’ampleur du phénomène, beaucoup d’observateurs s’accordent sur la nécessité d’encourager la philanthropie, mais en prenant toute disposition pour que son développement ne se fasse pas au détriment de l’action publique ni ne soit prétexte à une réduction de l’engagement des Pouvoirs Publics. Le risque existe. On sait en effet que bon nombre d’associations ont pu observer ces dernières années, une baisse de leurs subventions et se sont tournées vers les fondations pour tenter d’équilibrer leur budget. La question reste posée de savoir si, pour les collectivités publiques, il s’agit d’une réelle recherche d’économie ou si ce mouvement participe de la mise en œuvre d’une approche libérale de l’action sociale et culturelle.

Par exemple, en montant leurs propres collections d’art contemporain et leurs expositions, ces fondations concurrencent directement les collections des institutions publiques qui se trouvent privées des ressources financières autrefois apportées par ces grands mécènes.

Le champ de la philanthropie devrait être principalement celui de l’innovation, de l’expérimentation, de l’action dans des champs non couverts par la puissance publique, de l’intervention en situation d’urgence comme lors de catastrophes naturelles.

On le voit, la philanthropie a une dimension éminemment politique. Cette dimension est souvent discrète voire cachée mais réelle.

Notre association, qui vient d’affirmer son attachement à des valeurs fortes comme la démocratie et la solidarité, ne peut rester indifférente à ce phénomène et à ses implications.

Elle ne doit pas renoncer à cette possibilité de soutien qui lui donne des marges de manœuvre financières et un pouvoir d’agir accru mais elle doit le faire en pleine conscience, soucieuse d’éviter les ambigüités. Elle doit, en toutes circonstances, vérifier que ces partenaires occasionnels, par leur histoire et leur action, ne sont pas en contradiction avec ce qu’elle défend et fonde sa légitimité. »

Les participants remercient Francis Rembotte pour cette lecture précise et pleine d’enseignements.

Jean-Paul Demoule demande à Francis Rembotte si cette montée en puissance de la philanthropie dans le soutien aux champs de l’environnement, de la culture, du soin, de la santé peut s’expliquer par la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite « loi Aillagon » qui a largement réformé la fiscalité du mécénat.

Francis Rembotte répond qu’il y voit plutôt un mouvement de société plus profond, agréant à l’action philanthropique ce qui par le passé était considéré comme pré-carré de l’action publique.

Olivier Martin observe que cette période 2000-2020 a été pour l’Université française celle de la recommandation à développer des levées de fonds via fondations ad hoc au nom de l’amélioration de la qualité d’accueil et de suivi des étudiantes et étudiants, mais que cela s’est accompagné d’une baisse de l’investissement public avec aujourd’hui de gros problèmes quotidiens pour l’organisation des parcours de formation dans les meilleures conditions.

Emmanuel Paris demande à Jean-Paul Demoule si la tension entre acteurs philanthropiques et pouvoir central n’est pas à l’œuvre depuis des siècles, et si par conséquent la question de savoir si elle est une manifestation de l’actuelle évolution néolibérale de la société peut être relativisée.

Jean-Paul Demoule pense plutôt qu’une lecture historique des relations entre philanthropes et pouvoir central doit être pensée en terme de systèmes de croyance religieuse ; il y a un modèle philanthropique protestant qui n’équivaut pas au modèle catholique. L’intervention directe de l’individu dans les affaires du monde pour les améliorer et ainsi créer les conditions de son salut personnel (modèle protestant) semble prendre le dessus sur le modèle de la gestion des actions caritatives par une administration (la curie romaine).

Francis Rembotte observe que les tensions les plus palpables entre acteurs philanthropiques et puissance publique sont surtout cantonnées dans le champ de l’action humanitaire. Francis Rembotte rappelle qu’aussi puissantes aujourd’hui soient les fondations, leurs investissements sont encore largement en-deçà de ceux de la puissance publique.

Claire Oger et Francis Rembotte disent que la suppression de l’impôt sur la fortune a contribué à l’affaiblissement des dons de particuliers, et impacte sans aucun doute la marge budgétaire des fondations.

Eric Parot dit que la Fondation SEED (Schlumberger Excellence in Education Development) est l’une des premières instances de l’entreprise à voir ses budgets réduits quand la santé financière de Schlumberger Ltd. est moins bonne. Eric Parot précise cependant que les actions de la fondation permettant à l’entreprise de développer ses activités industrielles sont priorisées. Eric Parot conclue sur le fait que s’il n’est pas possible de considérer la fondation comme un outil de l’entreprise en matière de gestion et de valorisation de ses ressources humaines, il reste que la fondation permet à Schlumberger Ltd d’entretenir des liens avec des zones géographiques dont l’économie lui profite.

Francis Rembotte insiste sur la nécessité d’examiner au cas par cas les valeurs portées par telle ou telle fondation ; sont-elles en adéquation avec celles de l’association qui pense à concourir à leur appel à projets ?

Les membres du Conseil agréent cette mise en garde et remercient Francis Rembotte pour cette contribution éclairante.

III. B. Lecture de l’article « Psychiatrie : gestion de la violence ou violence gestionnaire » par Claire Oger :

Claire Oger expose aux participants ses observations et analyses :

« L’article de Yannick Gansel s’efforce d’éclairer les paradoxes relevés dans les pratiques de structures psychiatriques, mais aussi plus généralement du champ médico-social. A l’origine de la réflexion, l’apparente contradiction entre deux événements touchant une même structure (l’Hôpital psychiatrique du Rouvray) à quelques mois d’écart : une condamnation par le Contrôleur des lieux de privation de liberté d’une part (pour violation des droits fondamentaux des usagers) et d’autre part une grève de la faim, entamée par les personnels de la structure, pour protester contre les conditions de prise en charge des patients. Comment comprendre cette apparente incohérence dans le souci du bien être des patients ?

L’éclairage apporté par Y. Gansel repose sur une approche diachronique qui revient aux années 1960 : à cette époque les tenants de la « psychothérapie institutionnelle » adoptent une approche critique, analysant les formes de la violence institutionnelle dans les lieux fermés, et valorisant, contre les formes de la répression ou du contrôle qui y dominent des notions comme la « désinstitutionalisation » ou la « contenance » : cette dernière notion se comprend alors comme la capacité (d’une mère) à procurer à un enfant un environnement bienveillant où il puisse se développer harmonieusement.

Dans les institutions contemporaines, ce vocabulaire peut être encore d’actualité (comme le montrent par exemple le dernier rapport sur les droits des enfants, ou les injonctions à la « contenance » dans les institutions éducatives). Pourtant les mots ont changé de sens, compte tenu de l’évolution du contexte social et des infléchissements des politiques publiques : sont pointés plus particulièrement les injonctions croissantes à « l’autonomie » et à l’empowerment, ou encore le « virage          ambulatoire », qui conduisent à soustraire en grande partie les usagers sinon à l’action, du moins à l’environnement et à l’accompagnement autrefois procurés par les institutions.

Dans un contexte néolibéral de recul de l’État social, la désinstitutionalisation est davantage, désormais, le retrait de l’institution, et la « contenance » de plus en plus vouée à contrôler les « cas difficiles » dont le nombre en augmentation préoccupe les institutions éducatives.

Il convient donc pour Y. Gansel, non seulement de prendre en considération ces évolutions mais de plaider pour la défense d’un certain nombre de valeurs et de pratiques, qui prennent acte des droits fondamentaux des usagers tout en continuant à assumer pleinement leur prise en charge : réflexivité, maintien des savoirs cliniques, pratiques délibératives et participation des usagers y figurent en bonne place.

La lecture de Y. Gansel peut ainsi conduire à la conclusion que la violence n’est plus aujourd’hui à chercher uniquement du côté de l’emprise des institutions sur les individus, mais aussi, pour les usagers, dans les formes moins structurées de prise en charge dont ils font l’objet, et pour les personnels dans les contraintes contradictoires dans lesquelles ils se trouvent placés.

La discussion qui suit entre les participants fait apparaître différents niveaux de contradiction : entre la nécessaire individualisation des parcours et le risque de dispersion ou d’éclatement du collectif, entre l’autonomisation des individus et le maintien de règles collectives, entre les avantages du maintien en famille et les apports souvent décisifs du placement, etc. ».

Les membres du Conseil discutent des mots-clés relevés par Claire Oger, et qui sont effectivement importants à étudier pour saisir l’évolution du champ professionnel de la protection de l’enfance ; on voit à nouveau la notion de « violence institutionnelle » régir des modalités de contrôle des institutions, ceci s’accompagnant d’une transformation de l’idée de « contenance » au nom d’un mouvement de « désinstitutionnalisation » présenté comme progressiste.

Francis Rembotte observe que le recours à l’accompagnement « déambulatoire » (i.e le suivi en dehors de l’espace physique de l’institution, par exemple au domicile parental) peut être incompatible avec la restructuration d’un enfant particulièrement malmené, et ayant grandement perdu ses repères. Francis Rembotte dit que cette externalisation de l’intervention sociale, avec une prédilection pour l’aide à la parentalité, peut sur-responsabiliser les membres d’une cellule familiale pourtant affaiblie par des pratiques éducatives défaillantes. Francis Rembotte conclue que ces manières de faire manifestent un changement de paradigme qu’il nomme comme relevant de « l’injonction à l’autonomie » ; au principe de responsabilité incarné par les institutions (elles sont responsables au nom de la société de la protection des enfants) se substitue le principe de culpabilité (s’ils arrivent ces problèmes, c’est que les enfants ne savent pas se protéger et doivent l’apprendre par eux-mêmes, c’est aussi que les adultes ne savent pas protéger les enfants et doivent l’apprendre par eux-mêmes).

Claire Beugnet observe que si le mouvement de désinstitutionnalisation fut en effet manifeste ces vingt dernières années, celui-ci aujourd’hui s’atténue ; on assiste par exemple par les jugements des tribunaux pour enfants à beaucoup plus de décision de mesures de placement que de dispositifs de maintien à domicile avec intervention du travailleur social.

Claire Beugnet dit que l’aspiration à externaliser l’intervention sociale peut aussi se comprendre si l’on se réfère à la parole des enfants vivant en Maison d’enfants ; des enfants peuvent nous dire avec raison qu’il leur est difficile de vivre au quotidien avec douze autres enfants de leur groupe. La vie en collectivité, si elle peut être une dynamique permettant de reprendre confiance en soi, de se socialiser, peut être pesante et motiver les demandes de plus de moments à soi, à l’écart du groupe, avec des amis, avec sa famille.

Emmanuel Paris observe que l’idée de « violence institutionnelle » fut particulièrement mobilisée par le Défenseur des droits, à l’occasion de la parution du rapport publié en 2019.

Claire Oger et Francis Rembotte analysent cette sévérité du rapport envers les institutions publiques de la protection de l’enfance comme prise de position au moment même où la précarité augmente dans la société française, avec des budgets qui peinent à la traiter.

Henri Villeneuve voit dans cette sévérité accrue une crise de confiance entre la République et ses institutions, à l’image de la défiance accrue des citoyens envers leurs représentants élus.

Olivier Martin dit que l’idée néolibérale mériterait d’être étudiée et débattue dans le cadre d’une réunion du Conseil, car son acception selon laquelle « l’individu est entrepreneur de lui-même » (injonction à sa voir construire sa vie par soi-même) sur-responsabilise l’individu, le culpabilise, et minore le rôle des institutions dans leur capacité à aider les personnes dans l’accomplissement de leurs droits.

Olivier Martin cite l’ouvrage de Barbara Stiegler : Il faut s’adapter, et dit qu’il offrirait au Conseil une référence intéressante pour étayer cette discussion.

Claire Oger cite un autre ouvrage ressource : L’appel des appels.

Anick Traguardi-Menet et Francis Rembotte observent que les budgets alloués à la dépendance des publics dits « vulnérables » sont devenus si conséquents que les collectivités peinent à les constituer, à les développer en fonction de la demande.

Eric Parot dit que la violence institutionnelle peut, à l’image du milieu hospitalier » être générée par une rationalité gestionnaire privant les personnels des moyens nécessaires pour accompagner avec humanité les patients.

Les membres du Conseil remercient Claire Oger pour cette lecture et conviennent de consacrer une discussion à propos du néolibéralisme et ses effets sur les développements de société.

IV. Formalisation d’un questionnaire de satisfaction à l’attention des enfants et des jeunes dont la mesure éducative se termine aux Maisons :

Emmanuel Paris distribue aux participants un document de travail transmis à Claire Beugnet Par Madame Nathalie Leprêtre, directrice de la Maison d’enfants de Guizelin. Madame Leprête a accepté de partager ce document de travail, car notre association comme la Maison d’enfants de Guizelin souhaitent proposer systématiquement à la fin de leur mesure éducative aux enfants et aux jeunes des deux institutions respectives un questionnaire de satisfaction.

Le comité de direction a réfléchi à une adaptation de cet outil aux besoins de l’association, à savoir ces moments où il s’agit de dire au revoir à l’enfant, au jeune, dont la mesure éducative aux Maisons d’achève.

Emmanuel Paris distribue aux participants cette maquette de questionnaire, en précisant qu’elle privilégie les questions ouvertes afin de favoriser le dialogue entre l’enfant et l’adulte. Cette maquette se présente de la façon suivante :

« Questionnaire de fin d’accompagnement

Date :

Nom :

Prénom :

Unités ou service :

Bonjour, ceci est un questionnaire que nous proposons au moment où tu quittes nos effectifs, et dont les réponses pourront nous aider à améliorer notre accompagnement avec les enfants qui sont dans nos Maisons, ou qui y arriveront après toi. Pour chacune de ces questions, n’hésite pas à dialoguer avec ton éducateur référent, ton chef de service. N’oublie pas que chaque 2 juillet, l’association organise une fête pour se retrouver, nous espérons ta présence. N’hésite pas à nous donner de tes nouvelles.

I. Combien de temps a duré ton séjour au sein de l’établissement ?

II. Est-ce que tu te souviens de ton arrivée chez nous ?

III. Est-ce que tu te souviens de la personne qui t’a accueillie ?

IV. Quels sont les moments qui t’ont marqué au sein de l’établissement ?

V. Qu’as-tu pensé en découvrant ta chambre ?

VI. As-tu apprécié d’avoir une chambre individuelle ?

VII. Qu’as-tu pensé en découvrant la vie dans une Maison d’enfants ?

VIII. Est-ce que tu penses que ta présence chez nous t’aidera dans ta nouvelle vie ?

IX. D’une manière générale, que penses-tu de l’accompagnement au sein de la Maison d’enfants ?

Signatures :

Jeune                                                                                                                                 Educateur / Chef de service »

Olivier Martin et Claire Oger recommandent que le paragraphe introductif soit un tiré à part ; un feuillet joint au questionnaire, lequel serait une matrice d’entretien et non pas un questionnaire dont les résultats nourrissent un dispositif évaluatif.

Les membres agréent cette recommandation.

Olivier Martin dit que l’acte de signature suppose une co-écriture des réponses inscrites et se demande si cela est possible pour des enfants de bas âge. Emmanuel Paris recommande que ce moment de dialogue mémoriel rétrospectif soit mené par le chef de service et l’éducateur référent afin de solenniser son importance ; il s’agit par cette conversation en quête des souvenirs du placement de dire à l’enfant que ces souvenirs sont importants aussi bien pour l’institution que pour lui, quand plus tard il souhaitera renouer avec différents âges de sa vie.

Francis Rembotte recommande le remplacement du mot « présence » par le mot « passage » (question VIII.), Claire Oger recommande de symétriser la question IX., permettant à l’enfant de s’exprimer aussi bien d’une manière critique que positive à propos de l’accompagnement vécu durant son passage au sein des Maisons.

Les membres du Conseil agréent ces recommandations.

Emmanuel Paris remercie les participants et dit qu’il mettra à disposition des équipes ce nouveau document. Emmanuel Paris précise que ce nouveau document intégrera aussi les fiches qualité articulées au nouveau projet d’établissement.

V. Questions annexes :

Emmanuel Paris demande aux participants s’ils souhaitent des thèmes à travailler pour les prochaines réunions du Conseil scientifique.

Olivier Martin confirme l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine réunion une lecture commentée de l’ouvrage de Barbara Stiegler : « Savoir s’adapter », et dit aussi se rendre disponible pour la troisième réunion trimestrielle du Conseil, afin de présenter son ouvrage récemment paru ; « L’empire des chiffres ».

Emmanuel Paris signale aux participants que Pierre Lemarquis est d’accord pour présenter lors de la prochaine réunion une présentation de son ouvrage à paraître : « L’art qui guérit ! ».

Emmanuel Paris demande aux participants si la rédaction d’un Programme Scientifique et Culturel des Maisons, document stratégique définissant les attendus d’une politique culturelle d’établissement et valable pour les cinq années à venir, est toujours à l’ordre du jour des activités à venir du Conseil.

Claire Oger recommande qu’au préalable soit transmis aux membres le projet associatif des Maisons, ainsi que le projet d’établissement en cours de rédaction.

Emmanuel Paris dit que ces documents seront transmis d’ici la prochaine réunion. La prochaine réunion du Conseil scientifique aura lieu le vendredi 8 janvier 2021, de 10h à 13h.

Madame la présidente du Conseil scientifique clôt la réunion.

Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : annulation du Festival “Les Journées d’Enfance” (épisode 78)

Sur proposition de la direction tenant compte des directives gouvernementales en matière de gestes barrières, le Conseil d’administration de notre association a validé l’annulation de notre Festival annuel, qui devait avoir lieu du 28 juin au 3 juillet pour cette édition 2020.

Un grand merci à nos partenaires : BCK (organisation des joutes nautiques sur la Liane), Chant de rire et Instant théâtre (spectacle de fin d’année), équipe municipale de la ville d’Outreau (organisation du spectacle en la salle “Le Phenix”)… :

… intervenants de notre colloque, Lucie Legros (Chroniques de la saison culturelle), Maki Suzuki (supervision des rituels du 2 juillet à l’occasion du rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens de l’institution), Patrick Bourdet (parrain de notre association), professeurs des ateliers des Maisons, ULCO (organisation du colloque sur le site universitaire de Boulogne-sur-mer) pour leur compréhension et leur message de soutien renouvelé.

Rien n’est joué d’avance : rendez-vous en 2021.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : Deux nouvelles rubriques sur notre site (épisode 12)

Notre site Internet, accueillant les nombreux messages en ces périodes de confinement, a créé des nouvelles rubriques permanentes à l’attention des enfants et des jeunes de notre association :

Comment ça se passe depuis le confinement : Enfants, équipes, vous écrivent pour raconter leur quotidien ;

On rembobine l’aventure de la vie : En cette période de confinement, rien de mieux que de renouer avec notre Histoire, de 1835 à nos jours ;

Lettres de Shila : Itinérants, nous continuons à découvrir le monde, malgré tout ;

Dessins en soutien : Des familles, elles-mêmes confinées, nous envoient de belles créations à partager ;

Résidences à la Maison : les acteurs de notre programme artistique et culturel éveillent à la beauté du monde, malgré tout.

 

Compte-rendu de la réunion du 13 mars 2020

Compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, précédent coordinateur France Fondation SEED
François Roy, comédien, metteur en scène
Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Anick Traguardi-Menet, représentante du personnel de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Excusés :

Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer
Jean-Paul Demoule, professeur des universités en archéologie, Université Paris 1
Fleur Guy, docteure en géographie, chercheuse associée à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société
Pierre Lemarquis, neurologue, attaché d’enseignement d’éthologie à l’université de Toulon-La Garde
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie, Université Paris Descartes
Patrick Miquel, précédemment directeur de l’Enfance et de la Famille, Conseil départemental du Pas-de-Calais
Claire Oger, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Est Créteil
Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Invitées :

Alicia Gignet, psychologue de l’association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”,
Caroline Mercier, éducatrice du service DMAD / DARF de l’association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”
Elodie Molaro, éducatrice de la Maison du Cirque, association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”

Ouverture de la vingtième séance du Conseil scientifique par Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique.

I. Nomination pour le renouvellement de la présidence du Conseil :

Emmanuel Paris informe les participants que, conformément aux délibérations du Conseil scientifique lors de sa réunion organisée le 4 octobre 2019, le Conseil d’administration de l’association a approuvé la proposition de la direction ; proposer à Claire Oger la présidence du Conseil scientifique pour succéder à Eric Legros, qui a souhaité mettre fin à ce mandat.
Claire Oger a accepté cette nomination.

Les participants à la réunion du Conseil scientifique ce 13 mars 2020 approuvent à l’unanimité la nomination de Claire Oger ; Claire Oger est présidente du Conseil scientifique à compter de ce jour.

Emmanuel Paris remercie l’association au nom de Claire Oger. Claire Oger présentera au Conseil scientifique des axes de travail lors de la réunion de rentrée du Conseil, pour la saison 2020-2021.

II. Préparation du Colloque « Rien n’est joué d’avance », vendredi 3 juillet 2020 :

Emmanuel Paris remercie Alicia Gignet, Caroline Mercier, Elodie Molaro d’avoir accepté de participer à cette réunion en leur qualité de co-animatrices des ateliers programmés lors du Colloque « Rien n’est joué d’avance », le 3 juillet 2020.

Emmanuel Paris informe les participants que, conformément aux modalités organisationnelles adoptées voici trois ans, ces ateliers sont co-animés par une ou un membre du Conseil scientifique, et une ou un membre des équipes éducatives des Maisons. Chaque atelier propose aux auditrices et auditeurs du colloque, un espace de parole d’une heure trente pour penser et discuter quelques acceptions du thème de notre saison culturelle.

Emmanuel Paris précise la composition des trois ateliers : Claire Oger a accepté de co-animer l’atelier avec Alicia Gignet, Pierre Lemarquis a accepté de co-animer l’atelier avec Caroline Mercier, Eric Parot a accepté de co-animer l’atelier avec Elodie Molaro.

Caroline Mercier présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 1 :
– le rôle joué par la consommation d’écrans (TV, ordinateurs, smartphones) dans la capacité des enfants à prêter attention à une information au point d’accepter d’y réfléchir et d’en parler avec l’adulte ;
– le rôle joué par les émotions ressenties dans la capacité des enfants et des adultes à penser de manière irrationnelle ou rationnelle les informations qui leur parviennent ;
– le rôle joué par les conditions socio-économiques sur le parcours de vie des personnes.

Caroline Mercier explique qu’elle constate dans le quotidien du travail éducatif le rôle perturbateur des écrans, repérant que leur surconsommation distrait les enfants de l’attention qu’ils sont pourtant en droit de porter sur le monde, afin de repérer et de comprendre ce qui est important de ce qui l’est moins. Caroline Mercier observe que ceci est un phénomène de société, et aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Caroline Mercier dit par ailleurs avoir apprécié la conférence de Pierre Lemarquis, organisée par notre association le 19 janvier 2018 au Café-théâtre Michel Lafont de notre association. Pierre Lemarquis avait notamment montré le rôle important joué par les émotions dans l’atrophie ou au contraire le grandissement des capacités cognitives. Caroline Mercier observe que des enfants peuvent en effet montrer dans la durée de la mesure éducative des régressions, ou au contraire des épanouissements, qui ne sont pas nécessairement linéaires, continuellement progressifs. Caroline Mercier aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Caroline Mercier conclut sur cette présentation d’idées pour l’atelier 1 par l’intérêt porté au récit biographique de notre parrain d’association : Patrick Bourdet, dans son ouvrage « Rien n’est joué d’avance », lequel a notamment inspiré le thème de cette nouvelle saison culturelle de l’association. Le parcours de vie de Patrick Bourdet, observe Caroline Mercier, indique qu’il est possible de s’émanciper de ses origines socio-économiques. Caroline Mercier dit que c’est là une question de société, et aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Les membres du Conseil scientifique approuvent et valorisent ces thèmes.

François Roy informe les participants de la qualité des travaux de Pierre Lemarquis à propos des facteurs physiologiques concourant au ressenti émotionnel, à l’épanouissement des personnes.

François Roy cite les travaux réalisés par Pierre Lemarquis dans des orphelinats en Roumanie, sous Nicolae Ceausescu. Les enfants de ces orphelinats, bien qu’ayant fortement souffert de désocialisation le temps de leur enfermement dans ces structures – au point de ne plus grandir, de ne plus parler, de présenter des signes alarmants de développement physiologique, ont pour la plupart récupéré rapidement une courbe de croissance normale, dès qu’ils ont été de nouveau entourés d’affections par une communauté redevenue bienveillante. François Roy cite quelques exemples de ces enfants, qui, devenus adultes, sont devenus intellectuels, artistes reconnus.

Philippe Richard et François Roy recommandent le film réalisé à l’occasion de la formation proposée au premier trimestre 2016 aux équipes éducatives de l’association ; Pierre Lemarquis s’y exprime notamment sur l’état des connaissances neuroscientifiques à propos des capacités à ressentir, à penser. On trouvera ce film ici.

Alicia Gignet observe qu’un état d’excitation émotionnelle empêche souvent la personne ; enfant, adulte, d’être réceptif à l’écoute de soi et des autres. Alicia Gignet précise qu’y compris l’angoisse du vide, la peur de s’ennuyer – autrement dit, l’absence de stimuli extérieurs perturbant la compréhension de soi et l’attention aux autres, participent dans le quotidien des Maisons à l’effort des équipes pour que l’éveil, la socialisation, soient au cœur des moments vécus par les enfants.

Alicia Gignet présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 2.
Le thème de l’année est « Rien n’est joué d’avance ». A la première lecture, cette phrase, explique Alicia Gignet, lui a semblé pouvoir résonner au travers de la sphère scolaire. En effet, nous sommes de plus en plus fréquemment, si ce n’est quotidiennement, confrontés à des jeunes qui ne parviennent pas/plus à donner du sens au système scolaire actuel, à y trouver une accroche ou ne serait-ce qu’à y trouver une place. Ces jeunes peuvent poursuivre leur scolarité de manière linéaire, accumulant les exclusions et les mauvaises notes relatives à leurs difficultés d’apprentissage ou de compréhension, sans pour autant redoubler ou bénéficier d’une prise en charge scolaire adaptée. D’autres poursuivent leurs études sans grande difficulté notable mais ne parviennent pas à y accorder du sens pour leur avenir. D’autres encore s’inscrivent dans un décrochage scolaire, lent ou immédiat, et qu’ils soient âgés de plus ou moins de 16 ans ne fait aucune différence dans le fait qu’ils passent leurs journées dans le « Rien ».

Des journées dénuées de sens, où le temps s’écoule sans qu’aucun acte ne vienne lui donner consistance. Des jeunes qui, à l’heure actuelle, appréhendent l’école comme une sanction, le diplôme comme un prérequis immuable afin de trouver un travail, le travail comme une corvée dont chacun doit se saisir afin de pouvoir survivre une fois adulte.

Il s’agit aujourd’hui d’aller à l’école, d’avoir un diplôme et de trouver un travail dont la rémunération permettra d’avoir un endroit où vivre et un réfrigérateur alimenté. La sphère scolaire en tant qu’instance d’apprentissage, de socialisation, de construction et d’éducation apparaît peu à peu comme une légende autrefois contée autour du feu. Quid de ce lieu d’exploration des capacités et des affinités de chacun permettant à l’individu de s’épanouir au sein d’un domaine qui le passionne, le rend utile (dans le sens où il apporte quelque chose de soi à l’extérieur) et lui permet de trouver une place au sein de la société, un sens à son existence et un projet pour son avenir ?

Alicia Gignet dit qu’elle n’envisage pas de débattre autour de : est-ce un refus de l’école par les jeunes ou un refus des jeunes par l’école ? Ou bien même : sont-ce les jeunes qui ne cherchent plus à s’adapter à l’école ou est-ce une défaillance du système scolaire qui ne s’adapte pas assez aux singularités ?

L’avenir scolaire ou professionnel ne dépend pas exclusivement du système scolaire ou des professeurs. Le fait d’échouer ou de rater un examen n’a jamais constitué une finalité en soit. Alors au-delà du fait d’être « fait » ou non pour l’école, de parvenir à s’inscrire dans une scolarité classique ou d’obtenir un diplôme, qu’en est-il ?

Alicia Gignet dit qu’elle envisage ce débat à la lumière du questionnement de savoir ce que les membres des équipes gravitant quotidiennement autour du jeune peuvent penser pour lui permettre d’apporter du sens et de la création dans son avenir. Comment amener le jeune à identifier ses capacités et potentiels ? Comment lui permettre de les exploiter ? Comment l’amener à donner du sens, une place et à se projeter vers un avenir ? Comment accompagner et porter les passions d’un jeune ?

L’importance de la transmission des passions de chacun, de ce qui anime l’individu et lui permet d’investir la collectivité. L’envie de transmettre ses motivations et passions afin de faire naître chez l’autre l’envie de trouver les siennes. L’importance de l’échange dans la relation avec le jeune : l’éducateur a autant à apprendre de l’enfant, de ses capacités, envies et talents que l’enfant de l’éducateur. Comment amener, accompagner et porter l’enfant à travers sa quête de construction et de création ? Qu’en est-il du domaine de prédilection propre à chacun, du domaine d’excellence, du dada qui anime ?

Les membres du Conseil scientifique approuvent et valorisent ces thèmes.

Alicia Gignet dit que la question problématique des situations stigmatisantes vécues parfois par les enfants de l’association dans l’espace scolaire – des enfants pouvant être rejetés par leurs pairs car différents, vivant en « foyer », amène aussi à réfléchir aux solutions que les équipes et les enfants peuvent s’autoriser à expérimenter pour la surmonter.

Anick Traguardi-Menet dit que ces problèmes sont souvent fonction de la qualité des relations entretenues par les équipes avec les établissements scolaires des enfants concernés par ces stigmatisations.

Emmanuel Paris agrée cette observation et informe les participants que le comité de direction travaille, pour ces raisons, à la mise en place de calendrier de réunions bimensuels avec les directions d’établissement scolaire. Emmanuel Paris précise qu’à ce jour l’Ecole Jean Macé (Outreau), le Collège Albert Camus (Outreau), le Lycée professionnel Cazin (Boulogne-sur-mer) ont accepté ces organisations partenariales.

Emmanuel Paris dit que l’association porte par ailleurs deux actions culturelles en développement, l’une depuis septembre 2019 et l’autre à venir, pour surmonter ces problèmes d’éveil aux apprentissages ainsi que de stigmatisation possible dans l’espace scolaire.
Emmanuel Paris précise que ces deux actions participent à l’action entreprise par les collectivités territoriales de Boulogne-sur-mer et de Saint-Martin Boulogne, dans le cadre de l’obtention du label « Les Cités éducatives » pour ces territoires. On trouvera ici plus d’informations sur cet engagement (compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique du 4 octobre 2019, en introduction).
Ces deux actions sont, pour l’une, le développement du FabLab des Maisons avec le soutien de la Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France (action en cours), et pour l’autre, la création d’un conservatoire botanique des Maisons sur le site de la Ferme de Bertinghen, avec le soutien de la Fondation SEED (Fondation « Schlumberger Excellence in Educational Development », Fondation de l’entreprise Schlumberger Ltd.).

Dans les deux cas, l’idée est d’ouvrir ces espaces artistiques, culturels et éducatifs aux publics scolaires et aux familles résidant dans le Boulonnais afin que nos raisons d’être et d’agir, enfants et équipes de notre association, puissent partager avec la collectivité le goût pour apprendre, créer, inventer.

Eric Parot dit qu’il sera très important que les nouveaux publics de ces espaces de notre association puissent comprendre l’identité de ces lieux, ce en quoi et pourquoi ils ont été créés, ce au nom de quoi ils existent et se développent.

Emmanuel Paris dit que, sur le modèle des livrets pédagogiques proposés par les Musées avant la venue des groupes scolaires et des visiteurs par ces institutions aux journalistes, familles, instituteurs, professeurs, l’association pourra développer des documents de communication ad hoc.

Elodie Molaro présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 3, en co-animation avec Eric Parot.
L’atelier aura pour sujet de penser toutes pédagogies alternatives permettant aux enfants des Maisons de surmonter l’écueil des inégalités créées par les manières d’enseigner dans les établissements scolaires. Elodie Molaro explique que les méthodologies mobilisées par les instituteurs, les professeurs, pour faire cours à leur classe, peuvent en effet discriminer d’emblée les élèves qui ont les capacités de les comprendre, de les maîtriser, et ceux qui ne le peuvent.

Elodie Molaro dit que, de manière générale, placer l’enfant dans la conception de ces façons d’apprendre pourrait résoudre bien des problèmes d’acquisition des connaissances, mais constate que ce vœu se confronte à une rigidité forte des programmateurs définissant les contenus de l’Education nationale.

Emmanuel Paris demande à Eric Parot de revenir sur l’histoire de la création de la Fondation SEED.

Eric Parot explique que cette Fondation a été créée en 2005, pour faire réponse au fort sentiment d’exclusion exprimé par les habitants des banlieues. Des émeutes avaient alors sévèrement bouleversé le pays, et l’un des points que des employés de l’entreprise Schlumberger Ltd. Avaient identifiées parmi les raisons de cette crise, étant l’impossibilité pour beaucoup de jeunes vivant dans ces territoires de la République, d’accéder à des enseignements scientifiques et techniques, vecteurs possibles d’insertion professionnelle. Des bénévoles de la Fondation étaient alors intervenus dans les collèges et lycées classés en ZEP (« Zone d’Education Prioritaire »).

Eric Parot revient aussi sur le partenariat pluriannuel avec le Centre de Jour de notre association (septième année d’activités). La réussite de cette action, dit Eric Parot, fut notamment de bénéficier d’une haute coordination entre membres de l’équipe éducative, et intervenants de la Fondation.

Emmanuel Paris dit que la nouvelle sociologie des sciences et des techniques a ces dernières années insistées sur les distinctions nécessaires à formuler entre savoirs, connaissances et expériences vécues, entre culture dite ordinaire et culture dite savante. Jusque-là, observe Emmanuel Paris, les conceptions étaient peu démocratiques, privilégiant les savoirs et les connaissances, faisant l’impasse sur les expériences vécues comme corpus tout aussi intéressant pour comprendre et se représenter le monde.

Emmanuel Paris propose une classification de ces trois catégories :
– le savoir est ce qu’il est bon, du point de vue du développement de société, d’être su pour penser, agir sur le monde ;
– la connaissance est ce qu’il est bon, du point de vue d’un groupe social, d’être su pour penser, agir sur le monde ;
– l’expérience vécue est ce qu’il est bon, du point de vue de l’individu, d’être su pour penser, agir sur le monde.
Emmanuel Paris conclut sur le fait que, si l’on tient ces trois catégories ensemble, alors les façons de les partager donnent lieu elles-mêmes à des manières de se lier spécifiques :
– circulation : savoir, connaissance, expérience vécue, s’auto-entretiennent par des interlocutions entretenues sans cesse par la collectivité et les citoyens ;
– diffusion : une autorité dit à la collectivité ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances par l’émission de messages envoyés à grande échelle ;
– médiation : un citoyen, une autorité dit à un autre citoyen, une autre autorité son expérience vécue, les deux interlocuteurs réfléchissant aux concordances ou aux discordances entre leurs deux rapports au monde ;
– transmission : une autorité dit à la collectivité ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances par l’émission de messages personnalisés ;
– vulgarisation : une autorité dit à la collectivité, au citoyen, ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances, l’autorité recherchant la simplification des messages pour qu’ils concordent avec l’expérience vécue du citoyen.

Ce qui pose problème, dit Emmanuel Paris, c’est bien la méconnaissance des intérêts respectifs des trois types d’énoncés sur le monde, et des techniques communicationnelles particulières requises par les cinq registres précités. Emmanuel Paris insiste sur la question de l’appropriabilité des savoirs, des connaissances, des expériences vécues comme critère premier de la vie en démocratie.

François Roy observe combien la relation avec l’enfant fait appel à la remémoration : il s’agit pour l’adulte d’apprendre de l’enfant, en lui demandant de se rappeler ce qu’il sait déjà du monde. Dès lors, dit François Roy, un dialogue peut naître, l’adulte pouvant à partir de ces savoirs et connaissances déjà là, dites par l’enfant, d’enrichir avec lui les énoncés sur le monde. François Roy nomme cette interaction « la resouvenance de ce que l’on sait déjà ».

Philippe Richard dit que le sel du métier d’éducateur est d’être non pas spécialisé, mais généraliste : est professionnel celle ou celui qui comprend l’entièreté de la vie des personnes pour lesquelles le travail est réalisé.

Emmanuel Paris remercie les participants pour la richesse de ces échanges. Emmanuel Paris demande aux animateurs d’atelier de lui envoyer d’ici la fin du mois de mai par mail quatre à cinq lignes permettant aux auditrices et auditeurs du colloque de choisir son groupe de parole.

Emmanuel Paris présente les autres orateurs du colloque :

– entretien filmé Patrick Bourdet / Enfants des Maisons à propos du thème de la saison, et de celui de la prochaine saison ;
– intervention de Marie-Christine Briatte, membre de notre Conseil scientifique, sur les nouvelles politiques portées par le label « Les Cités éducatives » ;
– intervention de Jean-Marcel Kipfer, vice-président de l’association « Conservatoires de France » sur les nouvelles politiques portées par les conservatoires nationaux ;
– intervention de Cédric Routier, sociologue, sur les nouveaux outils collaboratifs avec les usagers des institutions du Handicap et de la Santé ;
– intervention de Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, sur les phénomènes physiologiques concourant à l’intégration ou à l’exclusion d’un individu par un groupe.

III. Lecture commentées :

Emmanuel Paris distribue aux participants les textes recommandés par Claire Oger et Francis Rembotte : Claire Oger et Francis Rembotte s’excusent de ne pouvoir participer à la réunion et proposent de faire une lecture commentée lors de la réunion de rentrée du Conseil.

On trouvera, recommandé par Claire Oger, le texte “Psychiatrie : gestion de la violence ou violence gestionnaire” de Yannis Gansel publié le 27 janvier 2020 ici.

Les textes recommandés par Francis Rembotte sont :
• Sophie Rahal (2019) (Mécénat : à qui profite la prime ? », Télérama, 3642, 30 octobre 2019, pp. 20-26 ;
• Francis Charhon (2016), Vive la philanthropie, Paris, Editions du Cherche Midi.

IV. Formalisation d’un questionnaire de satisfaction à l’attention des enfants et des jeunes dont la mesure éducative se termine aux Maisons :

Emmanuel Paris distribue aux participants un document de travail transmis à Claire Beugnet Par Madame Nathalie Leprêtre, directrice de la Maison d’enfants de Guizelin. Madame Leprête a accepté de partager ce document de travail, car notre association comme la Maison d’enfants de Guizelin souhaitent proposer systématiquement à la fin de leur mesure éducative aux enfants et aux jeunes des deux institutions respectives un questionnaire de satisfaction.

Les participants recommandent de cantonner ce questionnaire aux seules questions portant sur la qualité matérielle de l’accueil.

Alicia Gignet propose quelques formulations de phrases : « Est-ce que tu te souviens de ton arrivée chez nous ? » ; « Par qui as-tu été accueilli ? » ; « Qu’as-tu pensé en découvrant ta chambre ? » ; « Est-ce qu’il y a des améliorations possibles ? » ; « As-tu apprécié d’avoir une chambre individuelle ? ».

Claire Beugnet formule une question supplémentaire, permettant d’enrichir la réflexion nourrie par l’enfant et son éducateur référent lors de la rédaction des réponses au questionnaire : « Est-ce que tu penses que ta présence chez nous t’aide à préparer l’après ? ».

Eric Parot, Claire Beugnet, Emmanuel Paris recommandent de ne pas réserver le questionnaire au moment de la sortie de l’enfant, du jeune, des effectifs de notre association. Un meilleur emploi de ce document serait de la proposer plutôt chaque six mois, à l’occasion des DIPC. On trouvera sur notre site Internet un second outil évaluatif développé par le Conseil scientifique, et employé dans les Maisons depuis trois ans.

V. Questions annexes :

V.1. Présentation du thème de la saison culturelle prochaine ainsi que du programme du festival « Les journées d’enfance 2020 » :

La proposition du thème inspirant la prochaine saison du programme culturel de notre association est : « En vérités ».
Emmanuel Paris dit que, comme chaque année, le thème est inspiré se scènes du quotidien vécues avec les enfants des Maisons. Les enfants et les équipes ont très régulièrement à penser et décider en fonction d’une multitude d’énoncés, lesquels aussi différents soient-ils ont une influence certaine sur le cours de la vie. Paroles des parents, parole de la justice, parole de l’Education nationale, parole de l’Education spécialisée, parole des intervenants de notre programme artistique et culturel : à qui se vouer ?

Pour penser cette parole chorale au-delà des singularités des interprétants, le thème propose de réfléchir à ce qui fabrique le vrai, le véridique, le vraisemblable.

Emmanuel Paris cite plusieurs penseurs permettant, comme chaque saison, d’articuler le thème aux questions travaillées par l’humanité, en tout temps, en tout lieux.
Un texte sera proposé début septembre afin de présenter au mieux ce thème de la saison 2020-2021.

V.2. Présentation du Festival « Les Journées d’Enfance 2020 » :

A ce jour, et sous réserve de confirmation, le festival annuel de l’association se présente jour après jour de la façon suivante :

Le 26 juin 2020 de 18h à 20h, les enfants régateront sur la Liane dans le cadre de notre partenariat pluriannuel avec le BCK de Boulogne-sur-mer.

Le 28 juin 2020 de 10h30 à 12h, au café-théâtre Michel Lafont, espace scénique associatif, les enfants et les équipes visionneront les chroniques de la saison 2019-2020.

Le 1er juillet 2020, de 10h à 12h au café-théâtre de la Ferme de Bertinghen seront réunis le Conseil de la Culture d’entreprendre, le Conseil de la Vie Sociale, le Conseil scientifique et les comités de pilotages thématique du programme culturel.

Le 2 juillet 2019 de 12h à 15h, rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens sur le site de la Ferme de Bertinghen,

Le 3 juillet 2020, colloque sur le site de l’Ulco Boulogne-sur-mer de 9h à 16h, puis spectacle à partir de 20h en salle « Le Phenix » d’Outreau.

Nous sommes bien évidemment dépendant des décisions prises en raison des mesures sanitaires, et ne pourrons confirmer cette manifestation dans cette présentation jour après jour d’ici la fin du mois de mai.

Emmanuel Paris remercie les participants et clôt la vingtième séance du Conseil scientifique.

On rembobine l’aventure de la vie (des forces pour ces jours et à l’avenir)

En raison des mesures sanitaires, l’activité de notre programme artistique et culturel L’aventure de la vie est suspendue.

C’est le moment de nous remémorer des moments clés, témoignant de la vitalité de l’institution chaque jour passant depuis 1835 jusqu’à nos jours.

Inspirés de notre passé, agissant tous les jours et soucieux des devenirs, nous pensions ce qui a été, ce qui est et pourrait advenir.

Régulièrement sur cette page, nous publierons des articles nourris des récits en images et en paroles de notre communauté éducative, qui se souvient et agit chaque jour avec les enfants au temps présent pour des lendemains meilleurs.

Un grand merci à Paulo et au comité de pilotage patrimoine de notre association pour ce travail, ainsi qu’à Quentin, notre informaticien et Fabmanager de nos Maisons (pour découvrir l’activité des comités de pilotage ayant soutenu cette action culturelle, choisir la rubrique dédiée en cliquant sur le lien référencé ici).

Découvrez les articles, chroniquant la vie de l’institution du plus ancien moment au plus récent, en cliquant ici

Textes et images de l’intervention aux Journées d’études organisées par l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles a présenté les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire était programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes ont été travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.

Découvrez le texte de la communication dite par M. le directeur adjoint :

Découvrez le document distribué à l’auditoire à l’appui de cette communication :

Les Maisons invitées aux journées d’études de l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles présentera les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire est programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes seront travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.