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Note de rentrée saison culturelle 2020-2021

Le thème de la saison culturelle de cette année 2020-2021 est : « En vérités ».

Ce sont trois peintures, réalisées en 2015 par trois filles d’une même fratrie à l’attention de leurs éducateurs pour les remercier de la qualité de leur accompagnement. Trois maisons, chacune créée selon des couleurs, des traits, des espacements singuliers bien que le motif soit le même. Chaque enfant a choisi des chromatiques dont Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, détaille dans un livre prochainement à paraître les qualités respectives : « Le jaune solaire et chaleureux suscite la joie et l’optimisme, le bleu repose et convient aux sujets nerveusement épuisés, il calme et favorise la réflexion, le rouge revitalise et donne de l’énergie, il favorise l’action. »

Le dessin, la peinture sont autant de gestes artistiques spontanés dont sont coutumiers nos enfants, nos jeunes ; ils les réalisent souvent pour nouer un dialogue avec leurs éducateurs et éducatrices. Par ces graphismes, les enfants souhaitent nous exprimer quelque chose d’eux ; joie, énervement, inquiétude, aspiration à un monde idéal où il fait bon vivre, en sécurité. Ces motifs représentent souvent une maison ; il s’agit de savoir habiter, marquer sa présence et faire de l’espace et du temps des lieux et des moments à soi. Au-delà de la récurrence du thème de la domesticité, les esthétiques des dessins diffèrent d’un enfant à l’autre. L’expressivité, cette capacité à représenter le monde, et la singularité, celle de dire par ses choix de couleurs, de formes les traits distinctifs de son humeur, sont deux premières acceptions auxquelles nous pensons pour présenter « En vérités ».

Formuler ce que je suis (le « En » de notre thème), accueillir la diversité des manières d’être au monde (le pluriel du mot « vérités ») sont depuis 2011 et l’année de création de notre association deux valeurs cardinales du programme artistique et culturel « L’aventure de la vie ».

Faire part de son point de vue personnel, cette disposition à affirmer son être en société pour dire ce qui est vrai, fut au cœur des préoccupations du philosophe Michel Foucault (Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Editions Gallimard, 2001). Dans l’ouvrage précité, l’auteur réfléchit à ce qui nous constitue en tant qu’individu apte à se faire entendre, à se faire respecter, à s’épanouir dans de multiple systèmes régis par des contraintes, des obligations menant à l’autocensure – ce que Foucault a nommé dans ses travaux la tension problématique entre « le sujet et la vérité ». Pour être considérée dans sa prise de parole, pour être reconnue comme personne importante en tant que détentrice d’un savoir, d’une connaissance, d’une expérience vécue qu’il est nécessaire de prendre en compte nous dit le philosophe, il faut trouver des appuis, des alliés, des organisations humaines bienveillantes – ce que Foucault nomme les « régimes de véridiction ».

Comment ne pas penser à leur propos aux multiples réunions de nos équipes chaque semaine, aux réunions de concertation que nous organisons en présence des enfants, de leurs référents sociaux et de leur famille, aux audiences programmées par les Juges des Enfants ? Dans ces moments institutionnels réguliers où il s’agit de faire concorder les analyses, les points de vue des uns et des autres, se fabriquent collectivement des vérités, des énoncés normatifs, des manières de formuler la vie de l’enfant, ce à quoi il peut prétendre.

Expressivité, singularité ; la véridiction, cette fabrique collective du vrai, constitue une troisième acception de notre thème.

Savoir pouvoir s’appuyer sur des organisations humaines bienveillantes pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on souhaite, n’est pas suffisant. Toute personne, enfant, adulte, doit trouver en elle les ressources pour avoir le courage de dire sa vérité, car c’est au risque de ne pas être crue, d’être frustrée d’une décision insatisfaisante. Le philosophe Alain Badiou a réfléchi à cet effort que chacun doit consentir pour faire entendre sa vérité et à celui que la société doit accepter de réaliser pour garantir sa prise en compte. M. Badiou dit que ces efforts individuels, collectifs, sociétaux, sont considérables, rarement pérennes : l’avènement d’une vérité valable pour tous doit être considéré comme un « événement », c’est-à-dire un fait imprévisible, imprévu (L’Immanence des vérités. L’Être et l’Événement 3, Paris, Editions du Seuil, 1988). Il n’y a, autrement dit, pas de normalité, pas de facilité – bien au contraire, à ce qu’une prise de parole, à ce qu’un énoncé sur le monde, sur ce qu’il faudrait changer pour le rendre meilleur, soient considérés d’emblée comme vrai et valable pour tous. Etudiant l’Histoire au fil des siècles, M. Badiou conclut que l’acceptation durable par tous d’une prise de parole de quelqu’un se prétendant détenir la vérité absolue est au mieux un heureux hasard, au pire un accident qui aura de multiples conséquences douloureuses.

« En vérités », optant pour la mise au pluriel du mot vérité, et son articulation avec la préposition « En », valorise par conséquent cette idée d’une variété de paroles prétendant au vrai dont il faut faire l’analyse afin de convenir de la proposition la plus juste, la plus acceptable. Mener l’enquête sur sa vie, sur la vie : telle est l’une des conditions essentielles de l’épanouissement de nos enfants, telle est aussi la disposition requise pour une vie bonne en démocratie.

L’éthique professionnelle des métiers de l’éducation spécialisée nous semble de la sorte bien formulée par un chercheur anglo-saxon, John Dewey, qui n’avait pourtant jamais étudié notre champ professionnel : mener l’enquête, ce n’est pas faire l’éloge de la défiance, de la paranoïa, de l’incapacité à croire quiconque. Etre enquêteur de la vie, être méthodiquement en quête d’une vérité qui pourtant se dérobe, être curieux du moindre détail qui pourrait contredire ce qui est affirmé comme incontestable, c’est au contraire une disposition d’esprit permettant de bien vivre avec les autres, d’être en harmonie avec le monde (John Dewey (1993), Logique. La Théorie de l’enquête [1938], Paris, Presses Universitaires de France).

Permanence de l’encouragement à l’expressivité des enfants et des jeunes de notre association, prise en compte de leur singularité, acceptation d’une pluralité de point de vue y compris les plus différents, les plus éloignés de ce que l’on pense, quête du vrai vécue comme un travail quotidien, reconnaissance d’un accord valable pour tous fut-ce quand nous ne nous y attendons pas, quand nous ne nous y attendions plus : ce sont, en vérités, quelques idées clés auxquelles nous pensons pour inspirer cette année.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : annulation du Festival “Les Journées d’Enfance” (épisode 78)

Sur proposition de la direction tenant compte des directives gouvernementales en matière de gestes barrières, le Conseil d’administration de notre association a validé l’annulation de notre Festival annuel, qui devait avoir lieu du 28 juin au 3 juillet pour cette édition 2020.

Un grand merci à nos partenaires : BCK (organisation des joutes nautiques sur la Liane), Chant de rire et Instant théâtre (spectacle de fin d’année), équipe municipale de la ville d’Outreau (organisation du spectacle en la salle “Le Phenix”)… :

… intervenants de notre colloque, Lucie Legros (Chroniques de la saison culturelle), Maki Suzuki (supervision des rituels du 2 juillet à l’occasion du rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens de l’institution), Patrick Bourdet (parrain de notre association), professeurs des ateliers des Maisons, ULCO (organisation du colloque sur le site universitaire de Boulogne-sur-mer) pour leur compréhension et leur message de soutien renouvelé.

Rien n’est joué d’avance : rendez-vous en 2021.

La vie de foyer !! Comment ça se passe depuis le confinement ? : Deux nouvelles rubriques sur notre site (épisode 12)

Notre site Internet, accueillant les nombreux messages en ces périodes de confinement, a créé des nouvelles rubriques permanentes à l’attention des enfants et des jeunes de notre association :

Comment ça se passe depuis le confinement : Enfants, équipes, vous écrivent pour raconter leur quotidien ;

On rembobine l’aventure de la vie : En cette période de confinement, rien de mieux que de renouer avec notre Histoire, de 1835 à nos jours ;

Lettres de Shila : Itinérants, nous continuons à découvrir le monde, malgré tout ;

Dessins en soutien : Des familles, elles-mêmes confinées, nous envoient de belles créations à partager ;

Résidences à la Maison : les acteurs de notre programme artistique et culturel éveillent à la beauté du monde, malgré tout.

 

Compte-rendu de la réunion du 13 mars 2020

Compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Présents :

Claire Beugnet, directrice de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, précédent coordinateur France Fondation SEED
François Roy, comédien, metteur en scène
Philippe Richard, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Anick Traguardi-Menet, représentante du personnel de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Excusés :

Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer
Jean-Paul Demoule, professeur des universités en archéologie, Université Paris 1
Fleur Guy, docteure en géographie, chercheuse associée à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société
Pierre Lemarquis, neurologue, attaché d’enseignement d’éthologie à l’université de Toulon-La Garde
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie, Université Paris Descartes
Patrick Miquel, précédemment directeur de l’Enfance et de la Famille, Conseil départemental du Pas-de-Calais
Claire Oger, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Est Créteil
Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Invitées :

Alicia Gignet, psychologue de l’association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”,
Caroline Mercier, éducatrice du service DMAD / DARF de l’association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”
Elodie Molaro, éducatrice de la Maison du Cirque, association “Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale”

Ouverture de la vingtième séance du Conseil scientifique par Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique.

I. Nomination pour le renouvellement de la présidence du Conseil :

Emmanuel Paris informe les participants que, conformément aux délibérations du Conseil scientifique lors de sa réunion organisée le 4 octobre 2019, le Conseil d’administration de l’association a approuvé la proposition de la direction ; proposer à Claire Oger la présidence du Conseil scientifique pour succéder à Eric Legros, qui a souhaité mettre fin à ce mandat.
Claire Oger a accepté cette nomination.

Les participants à la réunion du Conseil scientifique ce 13 mars 2020 approuvent à l’unanimité la nomination de Claire Oger ; Claire Oger est présidente du Conseil scientifique à compter de ce jour.

Emmanuel Paris remercie l’association au nom de Claire Oger. Claire Oger présentera au Conseil scientifique des axes de travail lors de la réunion de rentrée du Conseil, pour la saison 2020-2021.

II. Préparation du Colloque « Rien n’est joué d’avance », vendredi 3 juillet 2020 :

Emmanuel Paris remercie Alicia Gignet, Caroline Mercier, Elodie Molaro d’avoir accepté de participer à cette réunion en leur qualité de co-animatrices des ateliers programmés lors du Colloque « Rien n’est joué d’avance », le 3 juillet 2020.

Emmanuel Paris informe les participants que, conformément aux modalités organisationnelles adoptées voici trois ans, ces ateliers sont co-animés par une ou un membre du Conseil scientifique, et une ou un membre des équipes éducatives des Maisons. Chaque atelier propose aux auditrices et auditeurs du colloque, un espace de parole d’une heure trente pour penser et discuter quelques acceptions du thème de notre saison culturelle.

Emmanuel Paris précise la composition des trois ateliers : Claire Oger a accepté de co-animer l’atelier avec Alicia Gignet, Pierre Lemarquis a accepté de co-animer l’atelier avec Caroline Mercier, Eric Parot a accepté de co-animer l’atelier avec Elodie Molaro.

Caroline Mercier présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 1 :
– le rôle joué par la consommation d’écrans (TV, ordinateurs, smartphones) dans la capacité des enfants à prêter attention à une information au point d’accepter d’y réfléchir et d’en parler avec l’adulte ;
– le rôle joué par les émotions ressenties dans la capacité des enfants et des adultes à penser de manière irrationnelle ou rationnelle les informations qui leur parviennent ;
– le rôle joué par les conditions socio-économiques sur le parcours de vie des personnes.

Caroline Mercier explique qu’elle constate dans le quotidien du travail éducatif le rôle perturbateur des écrans, repérant que leur surconsommation distrait les enfants de l’attention qu’ils sont pourtant en droit de porter sur le monde, afin de repérer et de comprendre ce qui est important de ce qui l’est moins. Caroline Mercier observe que ceci est un phénomène de société, et aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Caroline Mercier dit par ailleurs avoir apprécié la conférence de Pierre Lemarquis, organisée par notre association le 19 janvier 2018 au Café-théâtre Michel Lafont de notre association. Pierre Lemarquis avait notamment montré le rôle important joué par les émotions dans l’atrophie ou au contraire le grandissement des capacités cognitives. Caroline Mercier observe que des enfants peuvent en effet montrer dans la durée de la mesure éducative des régressions, ou au contraire des épanouissements, qui ne sont pas nécessairement linéaires, continuellement progressifs. Caroline Mercier aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Caroline Mercier conclut sur cette présentation d’idées pour l’atelier 1 par l’intérêt porté au récit biographique de notre parrain d’association : Patrick Bourdet, dans son ouvrage « Rien n’est joué d’avance », lequel a notamment inspiré le thème de cette nouvelle saison culturelle de l’association. Le parcours de vie de Patrick Bourdet, observe Caroline Mercier, indique qu’il est possible de s’émanciper de ses origines socio-économiques. Caroline Mercier dit que c’est là une question de société, et aimerait y réfléchir avec Pierre Lemarquis et les participants de l’atelier.

Les membres du Conseil scientifique approuvent et valorisent ces thèmes.

François Roy informe les participants de la qualité des travaux de Pierre Lemarquis à propos des facteurs physiologiques concourant au ressenti émotionnel, à l’épanouissement des personnes.

François Roy cite les travaux réalisés par Pierre Lemarquis dans des orphelinats en Roumanie, sous Nicolae Ceausescu. Les enfants de ces orphelinats, bien qu’ayant fortement souffert de désocialisation le temps de leur enfermement dans ces structures – au point de ne plus grandir, de ne plus parler, de présenter des signes alarmants de développement physiologique, ont pour la plupart récupéré rapidement une courbe de croissance normale, dès qu’ils ont été de nouveau entourés d’affections par une communauté redevenue bienveillante. François Roy cite quelques exemples de ces enfants, qui, devenus adultes, sont devenus intellectuels, artistes reconnus.

Philippe Richard et François Roy recommandent le film réalisé à l’occasion de la formation proposée au premier trimestre 2016 aux équipes éducatives de l’association ; Pierre Lemarquis s’y exprime notamment sur l’état des connaissances neuroscientifiques à propos des capacités à ressentir, à penser. On trouvera ce film ici.

Alicia Gignet observe qu’un état d’excitation émotionnelle empêche souvent la personne ; enfant, adulte, d’être réceptif à l’écoute de soi et des autres. Alicia Gignet précise qu’y compris l’angoisse du vide, la peur de s’ennuyer – autrement dit, l’absence de stimuli extérieurs perturbant la compréhension de soi et l’attention aux autres, participent dans le quotidien des Maisons à l’effort des équipes pour que l’éveil, la socialisation, soient au cœur des moments vécus par les enfants.

Alicia Gignet présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 2.
Le thème de l’année est « Rien n’est joué d’avance ». A la première lecture, cette phrase, explique Alicia Gignet, lui a semblé pouvoir résonner au travers de la sphère scolaire. En effet, nous sommes de plus en plus fréquemment, si ce n’est quotidiennement, confrontés à des jeunes qui ne parviennent pas/plus à donner du sens au système scolaire actuel, à y trouver une accroche ou ne serait-ce qu’à y trouver une place. Ces jeunes peuvent poursuivre leur scolarité de manière linéaire, accumulant les exclusions et les mauvaises notes relatives à leurs difficultés d’apprentissage ou de compréhension, sans pour autant redoubler ou bénéficier d’une prise en charge scolaire adaptée. D’autres poursuivent leurs études sans grande difficulté notable mais ne parviennent pas à y accorder du sens pour leur avenir. D’autres encore s’inscrivent dans un décrochage scolaire, lent ou immédiat, et qu’ils soient âgés de plus ou moins de 16 ans ne fait aucune différence dans le fait qu’ils passent leurs journées dans le « Rien ».

Des journées dénuées de sens, où le temps s’écoule sans qu’aucun acte ne vienne lui donner consistance. Des jeunes qui, à l’heure actuelle, appréhendent l’école comme une sanction, le diplôme comme un prérequis immuable afin de trouver un travail, le travail comme une corvée dont chacun doit se saisir afin de pouvoir survivre une fois adulte.

Il s’agit aujourd’hui d’aller à l’école, d’avoir un diplôme et de trouver un travail dont la rémunération permettra d’avoir un endroit où vivre et un réfrigérateur alimenté. La sphère scolaire en tant qu’instance d’apprentissage, de socialisation, de construction et d’éducation apparaît peu à peu comme une légende autrefois contée autour du feu. Quid de ce lieu d’exploration des capacités et des affinités de chacun permettant à l’individu de s’épanouir au sein d’un domaine qui le passionne, le rend utile (dans le sens où il apporte quelque chose de soi à l’extérieur) et lui permet de trouver une place au sein de la société, un sens à son existence et un projet pour son avenir ?

Alicia Gignet dit qu’elle n’envisage pas de débattre autour de : est-ce un refus de l’école par les jeunes ou un refus des jeunes par l’école ? Ou bien même : sont-ce les jeunes qui ne cherchent plus à s’adapter à l’école ou est-ce une défaillance du système scolaire qui ne s’adapte pas assez aux singularités ?

L’avenir scolaire ou professionnel ne dépend pas exclusivement du système scolaire ou des professeurs. Le fait d’échouer ou de rater un examen n’a jamais constitué une finalité en soit. Alors au-delà du fait d’être « fait » ou non pour l’école, de parvenir à s’inscrire dans une scolarité classique ou d’obtenir un diplôme, qu’en est-il ?

Alicia Gignet dit qu’elle envisage ce débat à la lumière du questionnement de savoir ce que les membres des équipes gravitant quotidiennement autour du jeune peuvent penser pour lui permettre d’apporter du sens et de la création dans son avenir. Comment amener le jeune à identifier ses capacités et potentiels ? Comment lui permettre de les exploiter ? Comment l’amener à donner du sens, une place et à se projeter vers un avenir ? Comment accompagner et porter les passions d’un jeune ?

L’importance de la transmission des passions de chacun, de ce qui anime l’individu et lui permet d’investir la collectivité. L’envie de transmettre ses motivations et passions afin de faire naître chez l’autre l’envie de trouver les siennes. L’importance de l’échange dans la relation avec le jeune : l’éducateur a autant à apprendre de l’enfant, de ses capacités, envies et talents que l’enfant de l’éducateur. Comment amener, accompagner et porter l’enfant à travers sa quête de construction et de création ? Qu’en est-il du domaine de prédilection propre à chacun, du domaine d’excellence, du dada qui anime ?

Les membres du Conseil scientifique approuvent et valorisent ces thèmes.

Alicia Gignet dit que la question problématique des situations stigmatisantes vécues parfois par les enfants de l’association dans l’espace scolaire – des enfants pouvant être rejetés par leurs pairs car différents, vivant en « foyer », amène aussi à réfléchir aux solutions que les équipes et les enfants peuvent s’autoriser à expérimenter pour la surmonter.

Anick Traguardi-Menet dit que ces problèmes sont souvent fonction de la qualité des relations entretenues par les équipes avec les établissements scolaires des enfants concernés par ces stigmatisations.

Emmanuel Paris agrée cette observation et informe les participants que le comité de direction travaille, pour ces raisons, à la mise en place de calendrier de réunions bimensuels avec les directions d’établissement scolaire. Emmanuel Paris précise qu’à ce jour l’Ecole Jean Macé (Outreau), le Collège Albert Camus (Outreau), le Lycée professionnel Cazin (Boulogne-sur-mer) ont accepté ces organisations partenariales.

Emmanuel Paris dit que l’association porte par ailleurs deux actions culturelles en développement, l’une depuis septembre 2019 et l’autre à venir, pour surmonter ces problèmes d’éveil aux apprentissages ainsi que de stigmatisation possible dans l’espace scolaire.
Emmanuel Paris précise que ces deux actions participent à l’action entreprise par les collectivités territoriales de Boulogne-sur-mer et de Saint-Martin Boulogne, dans le cadre de l’obtention du label « Les Cités éducatives » pour ces territoires. On trouvera ici plus d’informations sur cet engagement (compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique du 4 octobre 2019, en introduction).
Ces deux actions sont, pour l’une, le développement du FabLab des Maisons avec le soutien de la Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France (action en cours), et pour l’autre, la création d’un conservatoire botanique des Maisons sur le site de la Ferme de Bertinghen, avec le soutien de la Fondation SEED (Fondation « Schlumberger Excellence in Educational Development », Fondation de l’entreprise Schlumberger Ltd.).

Dans les deux cas, l’idée est d’ouvrir ces espaces artistiques, culturels et éducatifs aux publics scolaires et aux familles résidant dans le Boulonnais afin que nos raisons d’être et d’agir, enfants et équipes de notre association, puissent partager avec la collectivité le goût pour apprendre, créer, inventer.

Eric Parot dit qu’il sera très important que les nouveaux publics de ces espaces de notre association puissent comprendre l’identité de ces lieux, ce en quoi et pourquoi ils ont été créés, ce au nom de quoi ils existent et se développent.

Emmanuel Paris dit que, sur le modèle des livrets pédagogiques proposés par les Musées avant la venue des groupes scolaires et des visiteurs par ces institutions aux journalistes, familles, instituteurs, professeurs, l’association pourra développer des documents de communication ad hoc.

Elodie Molaro présente quelques idées qu’elle souhaite présenter aux participants de l’atelier 3, en co-animation avec Eric Parot.
L’atelier aura pour sujet de penser toutes pédagogies alternatives permettant aux enfants des Maisons de surmonter l’écueil des inégalités créées par les manières d’enseigner dans les établissements scolaires. Elodie Molaro explique que les méthodologies mobilisées par les instituteurs, les professeurs, pour faire cours à leur classe, peuvent en effet discriminer d’emblée les élèves qui ont les capacités de les comprendre, de les maîtriser, et ceux qui ne le peuvent.

Elodie Molaro dit que, de manière générale, placer l’enfant dans la conception de ces façons d’apprendre pourrait résoudre bien des problèmes d’acquisition des connaissances, mais constate que ce vœu se confronte à une rigidité forte des programmateurs définissant les contenus de l’Education nationale.

Emmanuel Paris demande à Eric Parot de revenir sur l’histoire de la création de la Fondation SEED.

Eric Parot explique que cette Fondation a été créée en 2005, pour faire réponse au fort sentiment d’exclusion exprimé par les habitants des banlieues. Des émeutes avaient alors sévèrement bouleversé le pays, et l’un des points que des employés de l’entreprise Schlumberger Ltd. Avaient identifiées parmi les raisons de cette crise, étant l’impossibilité pour beaucoup de jeunes vivant dans ces territoires de la République, d’accéder à des enseignements scientifiques et techniques, vecteurs possibles d’insertion professionnelle. Des bénévoles de la Fondation étaient alors intervenus dans les collèges et lycées classés en ZEP (« Zone d’Education Prioritaire »).

Eric Parot revient aussi sur le partenariat pluriannuel avec le Centre de Jour de notre association (septième année d’activités). La réussite de cette action, dit Eric Parot, fut notamment de bénéficier d’une haute coordination entre membres de l’équipe éducative, et intervenants de la Fondation.

Emmanuel Paris dit que la nouvelle sociologie des sciences et des techniques a ces dernières années insistées sur les distinctions nécessaires à formuler entre savoirs, connaissances et expériences vécues, entre culture dite ordinaire et culture dite savante. Jusque-là, observe Emmanuel Paris, les conceptions étaient peu démocratiques, privilégiant les savoirs et les connaissances, faisant l’impasse sur les expériences vécues comme corpus tout aussi intéressant pour comprendre et se représenter le monde.

Emmanuel Paris propose une classification de ces trois catégories :
– le savoir est ce qu’il est bon, du point de vue du développement de société, d’être su pour penser, agir sur le monde ;
– la connaissance est ce qu’il est bon, du point de vue d’un groupe social, d’être su pour penser, agir sur le monde ;
– l’expérience vécue est ce qu’il est bon, du point de vue de l’individu, d’être su pour penser, agir sur le monde.
Emmanuel Paris conclut sur le fait que, si l’on tient ces trois catégories ensemble, alors les façons de les partager donnent lieu elles-mêmes à des manières de se lier spécifiques :
– circulation : savoir, connaissance, expérience vécue, s’auto-entretiennent par des interlocutions entretenues sans cesse par la collectivité et les citoyens ;
– diffusion : une autorité dit à la collectivité ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances par l’émission de messages envoyés à grande échelle ;
– médiation : un citoyen, une autorité dit à un autre citoyen, une autre autorité son expérience vécue, les deux interlocuteurs réfléchissant aux concordances ou aux discordances entre leurs deux rapports au monde ;
– transmission : une autorité dit à la collectivité ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances par l’émission de messages personnalisés ;
– vulgarisation : une autorité dit à la collectivité, au citoyen, ce qu’il faut comprendre du monde en termes de savoirs, de connaissances, l’autorité recherchant la simplification des messages pour qu’ils concordent avec l’expérience vécue du citoyen.

Ce qui pose problème, dit Emmanuel Paris, c’est bien la méconnaissance des intérêts respectifs des trois types d’énoncés sur le monde, et des techniques communicationnelles particulières requises par les cinq registres précités. Emmanuel Paris insiste sur la question de l’appropriabilité des savoirs, des connaissances, des expériences vécues comme critère premier de la vie en démocratie.

François Roy observe combien la relation avec l’enfant fait appel à la remémoration : il s’agit pour l’adulte d’apprendre de l’enfant, en lui demandant de se rappeler ce qu’il sait déjà du monde. Dès lors, dit François Roy, un dialogue peut naître, l’adulte pouvant à partir de ces savoirs et connaissances déjà là, dites par l’enfant, d’enrichir avec lui les énoncés sur le monde. François Roy nomme cette interaction « la resouvenance de ce que l’on sait déjà ».

Philippe Richard dit que le sel du métier d’éducateur est d’être non pas spécialisé, mais généraliste : est professionnel celle ou celui qui comprend l’entièreté de la vie des personnes pour lesquelles le travail est réalisé.

Emmanuel Paris remercie les participants pour la richesse de ces échanges. Emmanuel Paris demande aux animateurs d’atelier de lui envoyer d’ici la fin du mois de mai par mail quatre à cinq lignes permettant aux auditrices et auditeurs du colloque de choisir son groupe de parole.

Emmanuel Paris présente les autres orateurs du colloque :

– entretien filmé Patrick Bourdet / Enfants des Maisons à propos du thème de la saison, et de celui de la prochaine saison ;
– intervention de Marie-Christine Briatte, membre de notre Conseil scientifique, sur les nouvelles politiques portées par le label « Les Cités éducatives » ;
– intervention de Jean-Marcel Kipfer, vice-président de l’association « Conservatoires de France » sur les nouvelles politiques portées par les conservatoires nationaux ;
– intervention de Cédric Routier, sociologue, sur les nouveaux outils collaboratifs avec les usagers des institutions du Handicap et de la Santé ;
– intervention de Pierre Lemarquis, membre de notre Conseil scientifique, sur les phénomènes physiologiques concourant à l’intégration ou à l’exclusion d’un individu par un groupe.

III. Lecture commentées :

Emmanuel Paris distribue aux participants les textes recommandés par Claire Oger et Francis Rembotte : Claire Oger et Francis Rembotte s’excusent de ne pouvoir participer à la réunion et proposent de faire une lecture commentée lors de la réunion de rentrée du Conseil.

On trouvera, recommandé par Claire Oger, le texte “Psychiatrie : gestion de la violence ou violence gestionnaire” de Yannis Gansel publié le 27 janvier 2020 ici.

Les textes recommandés par Francis Rembotte sont :
• Sophie Rahal (2019) (Mécénat : à qui profite la prime ? », Télérama, 3642, 30 octobre 2019, pp. 20-26 ;
• Francis Charhon (2016), Vive la philanthropie, Paris, Editions du Cherche Midi.

IV. Formalisation d’un questionnaire de satisfaction à l’attention des enfants et des jeunes dont la mesure éducative se termine aux Maisons :

Emmanuel Paris distribue aux participants un document de travail transmis à Claire Beugnet Par Madame Nathalie Leprêtre, directrice de la Maison d’enfants de Guizelin. Madame Leprête a accepté de partager ce document de travail, car notre association comme la Maison d’enfants de Guizelin souhaitent proposer systématiquement à la fin de leur mesure éducative aux enfants et aux jeunes des deux institutions respectives un questionnaire de satisfaction.

Les participants recommandent de cantonner ce questionnaire aux seules questions portant sur la qualité matérielle de l’accueil.

Alicia Gignet propose quelques formulations de phrases : « Est-ce que tu te souviens de ton arrivée chez nous ? » ; « Par qui as-tu été accueilli ? » ; « Qu’as-tu pensé en découvrant ta chambre ? » ; « Est-ce qu’il y a des améliorations possibles ? » ; « As-tu apprécié d’avoir une chambre individuelle ? ».

Claire Beugnet formule une question supplémentaire, permettant d’enrichir la réflexion nourrie par l’enfant et son éducateur référent lors de la rédaction des réponses au questionnaire : « Est-ce que tu penses que ta présence chez nous t’aide à préparer l’après ? ».

Eric Parot, Claire Beugnet, Emmanuel Paris recommandent de ne pas réserver le questionnaire au moment de la sortie de l’enfant, du jeune, des effectifs de notre association. Un meilleur emploi de ce document serait de la proposer plutôt chaque six mois, à l’occasion des DIPC. On trouvera sur notre site Internet un second outil évaluatif développé par le Conseil scientifique, et employé dans les Maisons depuis trois ans.

V. Questions annexes :

V.1. Présentation du thème de la saison culturelle prochaine ainsi que du programme du festival « Les journées d’enfance 2020 » :

La proposition du thème inspirant la prochaine saison du programme culturel de notre association est : « En vérités ».
Emmanuel Paris dit que, comme chaque année, le thème est inspiré se scènes du quotidien vécues avec les enfants des Maisons. Les enfants et les équipes ont très régulièrement à penser et décider en fonction d’une multitude d’énoncés, lesquels aussi différents soient-ils ont une influence certaine sur le cours de la vie. Paroles des parents, parole de la justice, parole de l’Education nationale, parole de l’Education spécialisée, parole des intervenants de notre programme artistique et culturel : à qui se vouer ?

Pour penser cette parole chorale au-delà des singularités des interprétants, le thème propose de réfléchir à ce qui fabrique le vrai, le véridique, le vraisemblable.

Emmanuel Paris cite plusieurs penseurs permettant, comme chaque saison, d’articuler le thème aux questions travaillées par l’humanité, en tout temps, en tout lieux.
Un texte sera proposé début septembre afin de présenter au mieux ce thème de la saison 2020-2021.

V.2. Présentation du Festival « Les Journées d’Enfance 2020 » :

A ce jour, et sous réserve de confirmation, le festival annuel de l’association se présente jour après jour de la façon suivante :

Le 26 juin 2020 de 18h à 20h, les enfants régateront sur la Liane dans le cadre de notre partenariat pluriannuel avec le BCK de Boulogne-sur-mer.

Le 28 juin 2020 de 10h30 à 12h, au café-théâtre Michel Lafont, espace scénique associatif, les enfants et les équipes visionneront les chroniques de la saison 2019-2020.

Le 1er juillet 2020, de 10h à 12h au café-théâtre de la Ferme de Bertinghen seront réunis le Conseil de la Culture d’entreprendre, le Conseil de la Vie Sociale, le Conseil scientifique et les comités de pilotages thématique du programme culturel.

Le 2 juillet 2019 de 12h à 15h, rassemblement annuel avec les anciennes et les anciens sur le site de la Ferme de Bertinghen,

Le 3 juillet 2020, colloque sur le site de l’Ulco Boulogne-sur-mer de 9h à 16h, puis spectacle à partir de 20h en salle « Le Phenix » d’Outreau.

Nous sommes bien évidemment dépendant des décisions prises en raison des mesures sanitaires, et ne pourrons confirmer cette manifestation dans cette présentation jour après jour d’ici la fin du mois de mai.

Emmanuel Paris remercie les participants et clôt la vingtième séance du Conseil scientifique.

On rembobine l’aventure de la vie (des forces pour ces jours et à l’avenir)

En raison des mesures sanitaires, l’activité de notre programme artistique et culturel L’aventure de la vie est suspendue.

C’est le moment de nous remémorer des moments clés, témoignant de la vitalité de l’institution chaque jour passant depuis 1835 jusqu’à nos jours.

Inspirés de notre passé, agissant tous les jours et soucieux des devenirs, nous pensions ce qui a été, ce qui est et pourrait advenir.

Régulièrement sur cette page, nous publierons des articles nourris des récits en images et en paroles de notre communauté éducative, qui se souvient et agit chaque jour avec les enfants au temps présent pour des lendemains meilleurs.

Un grand merci à Paulo et au comité de pilotage patrimoine de notre association pour ce travail, ainsi qu’à Quentin, notre informaticien et Fabmanager de nos Maisons (pour découvrir l’activité des comités de pilotage ayant soutenu cette action culturelle, choisir la rubrique dédiée en cliquant sur le lien référencé ici).

Découvrez les articles, chroniquant la vie de l’institution du plus ancien moment au plus récent, en cliquant ici

Textes et images de l’intervention aux Journées d’études organisées par l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles a présenté les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire était programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes ont été travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.

Découvrez le texte de la communication dite par M. le directeur adjoint :

Découvrez le document distribué à l’auditoire à l’appui de cette communication :

Les Maisons invitées aux journées d’études de l’Association des Conservatoires de France

Vendredi 7 février, M. Le directeur adjoint aux affaires culturelles présentera les outils évaluatifs du programme L’aventure de la vie lors des journées d’études Conservatoires et EAC : évaluer les dispositifs pour mieux construire les parcours organisées par l’Association des Conservatoires de France.

Ce séminaire est programmé à l’attention de l’ensemble des professionnels et usagers des Enseignements Artistiques et Culturels, intéressés par l’objectivation des effets de ces actions sur le grandissement et l’épanouissement des personnes.

Deux thèmes seront travaillés par M. le directeur adjoint lors de sa prise de parole :  l’histoire et la genèse de l’évaluation des activités éducatives et culturelles au cœur de la politique d’établissement de notre association, la capitalisation et la valorisation de ces outils co-construits avec la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France à partir de 2015.

Les Maisons invitées à la Journée territoriale sur la participation

Ce 11 décembre, les organisateurs des journées d’études consacrées à la démocratie participative ont conviées les Maisons à présenter leur programme éducatif et culturel L’aventure de la vie.

Monsieur le directeur adjoint aux affaires culturelles a décrit devant le public composé d’institutions agissant dans le champ de la santé et du handicap, ainsi que des élus départementaux et locaux, les outils d’évaluation développés pour apprécier et améliorer les modalités permettant aux enfants et aux jeunes de créer en Arts, Lettres, Sciences, Techniques, Technologies.

Évaluation du parcours des enfants et des jeunes depuis mai 2019

Ce mois de novembre 2019, les équipes des Maisons ont travaillé comme chaque six mois à la rédaction d’un document clé de notre champ professionnel, appelé le “Document Individuel de Prise en Charge” (DIPC). Ce document permet de faire un point sur le parcours de l’enfant ou du jeune accueilli ; notre association a érigé pour règle d’associer celui-ci à ce bilan semestriel.

A cette occasion, et sur proposition du Conseil scientifique (voir sous-partie “II.B. Présentation des résultats statistiques du questionnaire proposé aux enfants et aux jeunes”), l’association a expérimenté pour la cinquième fois l’outil évaluatif développé en interne, permettant de comparer chaque six mois les parcours des enfants et des jeunes selon les grandes rubriques organisant notre travail éducatif.

Une fiche a été distribuée aux équipes  du Centre de Jour, de la Maison du Cirque, de la Maison de la Danse, de la Maison des Découvreurs, de la Maison du Sport et de la Maison Vive :

Cette fiche a été remplie pour chaque enfant et jeune des Maisons précitées.

Les résultats, pour cette vague de novembre 2019, sont les suivants (77 fiches ont été traitées ; les enfants arrivés trop récemment dans nos effectifs, et les jeunes des studios et du service de maintien à domicile qui ne pratiquent pas systématiquement les activités culturelles de notre association, ne sont pas pris en compte).

I. Tendance générale ; les évaluations formulées par les équipes (en pourcentage) : 

(N.B : Nous surlignons le plus haut pourcentage obtenu).

“La situation s’est dégradée depuis 6 mois” : 17,1.

“La situation s’est améliorée depuis 6 mois, mais n’est pas encore satisfaisante” : 22,8.

“La situation s’est améliorée depuis 6 mois et donne satisfaction” : 25,2.

“La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (satisfaisant)” : 14,5.

“La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (insatisfaisant)” : 20,2.

II. Au cas par cas ; les thèmes, avec le plus haut pourcentage obtenu pour chacun d’eux  :

(N.B : Nous surlignons le plus haut pourcentage obtenu pour l’ensemble des thèmes).

“Le jeune et l’école” : La situation s’est dégradée depuis 6 mois (28,8).

“Le jeune et les liens familiaux” : La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (insatisfaisant) (38,4).

“Le jeune et les soins” : La situation n’a pas évolué depuis 6 mois (satisfaisant) (28,5).

“Le jeune et l’éducation” : La situation s’est améliorée depuis 6 mois, mais n’est pas encore satisfaisante (27,2).

“Le jeune et l’activité culturelle” : La situation s’est améliorée depuis 6 mois et donne satisfaction (29,9).

Nous mobilisons cette fiche chaque six mois, à l’occasion des DIPC, afin d’être en mesure de dégager des tendances quant à la qualité des parcours des enfants et des jeunes de notre association, ainsi que des corrélations statistiques entre les différents thèmes de notre travail au quotidien avec eux : école, liens familiaux, soins, éducation (au sens de l’apprentissage du comportement en société), activité culturelle.

Compte-rendu de la réunion du 4 octobre 2019

Compte-rendu de la réunion du Conseil scientifique de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »

Présents :

Jean-Paul Demoule, professeur des universités émérite en archéologie, Université Paris 1
Patrick Miquel, précédent directeur de l’Enfance et de la Famille, Conseil départemental du Pas-de-Calais
Fleur Guy, docteure en géographie, chercheuse associée à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société
Claire Oger, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Est Créteil
Emmanuel Paris, directeur adjoint aux affaires culturelles de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Parot, ingénieur physicien Schlumberger Ltd, précédent coordinateur France Fondation SEED
Francis Rembotte, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
François Roy, artiste dramatique, metteur en scène
Anick Traguardi-Menet, représentante du personnel de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Henri Villeneuve, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Excusés :
Claire Beugnet, directrice de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Eric Legros, membre du Conseil d’administration de l’association « Les Maisons des Enfants de la Côte d’Opale »
Pierre Lemarquis, neurologue, attaché d’enseignement d’éthologie à l’université de Toulon-La Garde
Olivier Martin, professeur des universités en sociologie, Université Paris Descartes

Invitée :

Marie-Christine Briatte, directrice du Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives à la Mairie de Boulogne-sur-mer

Ouverture de la dix-neuvième séance du Conseil scientifique par Emmanuel Paris, coordinateur du Conseil scientifique.

Emmanuel Paris informe les participants qu’Eric Legros met fin à son mandat de président du Conseil. Emmanuel Paris propose que le Conseil statue sur la personnalité succédant à Eric Legros, lors de la prochaine réunion du Conseil le 10 janvier 2019.

Les membres du Conseil agréent cette proposition.

Emmanuel Paris remercie Marie-Christine Briatte de sa participation à cette réunion. Marie-Christine Briatte et Emmanuel Paris ont travaillé au sein du comité de pilotage préparant la journée territoriale des droits de l’enfant. A cette occasion, et pour honorer la trentième année d’existence cette année de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, la Mairie de Boulogne-sur-mer organise une semaine dédiée à la parentalité, durant laquelle s’inclut la journée territoriale le 20 novembre 2019, ainsi qu’une manifestation le 23 novembre au Palais des Sports de Boulogne-sur-mer pour laquelle les Maisons présenteront sur scène des créations issues de leurs ateliers.

Marie-Christine Briatte explique que des conversations avec Emmanuel Paris ont permis d’identifier des approches communes quant à l’action culturelle dans le territoire. Marie-Christine Briatte précise que le Pôle d’Action Municipale Solidarités et Réussites Educatives dont elle est directrice est chargé de mettre en œuvre de nouvelles politiques de développement à la croisée entre action éducative, action sociale et solidaire, action culturelle. Cette innovation territoriale est soutenue par l’Etat, lequel a labellisé cet Eté Boulogne-sur-mer « Cité éducative », bénéficiant d’une aide ad hoc afin de permettre de nouveaux dispositifs d’accompagnement des enfants, des jeunes adultes et des familles rencontrant des difficultés économiques, éducatives et sociales. Le programme d’actions sur lequel Marie-Christine Briatte et son équipe travaillent mobilisera des acteurs de la société civile du territoire (associations, établissements culturels, établissements scolaires) pour développer ensemble des projets communs permettant aux enfants et aux familles de bénéficier de nouveaux accès aux espaces artistiques, éducatifs et culturels de l’agglomération.

On trouvera une présentation du label national « Les Cités éducatives » ici.

Emmanuel Paris informe les participants que l’association souhaite participer à ce programme pluriannuel, considérant l’homonymie de cette initiative avec les axes de développement du programme culturel des Maisons (développement des capabilités des enfants et des jeunes accueillis, reconnaissance des enfants et des jeunes en tant qu’acteurs culturels du territoire, centralité du thème de l’Enfance dans la vie de la Cité).

Emmanuel Paris informe les participants qu’il a proposé à Marie-Christine Briatte d’intégrer le Conseil en qualité de membre statutaire. Les membres du Conseil approuvent cette proposition. Marie-Christine Briatte accepte cette nouvelle responsabilité et en remercie l’association.

I. Présentation des résultats statistiques du questionnaire proposé aux enfants et aux jeunes, ainsi que du bilan final de la saison 2018-2019 :

Emmanuel Paris distribue aux participants des sorties papier de deux documents, l’un présentant les résultats au questionnaire, l’autre celui du bilan final de la saison passée.

Emmanuel Paris présente d’abord les résultats du traitement statistique des réponses formulées par les enfants et les jeunes de l’association au questionnaire portant sur le programme culturel « L’aventure de la vie ».

On trouvera le détail de ces résultats sur notre site Internet ici.

Emmanuel Paris souligne deux résultats marquant cette livrée 2019 :

– La baisse du taux de participation des enfants et des jeunes pour répondre à ce questionnaire, considérant le taux de participation l’année précédente – lequel était déjà moindre que celui de la saison précédente. Emmanuel Paris observe que cette chute (de 54 % la saison précédente à 50.7 % cette saison) est certes remarquable, mais dit que le taux de participation au-dessus de 50 % maintient l’exercice dans un étiage significatif pour l’interprétation des réponses. Emmanuel Paris explique cet écart négatif entre le taux de participation cette saison, et celui de la vague précédente, par des droits d’hébergement accordés à des enfants et des jeunes des maisons dès la fin de l’année scolaire, le 5 juillet 2019 (retour en famille, en famille d’accueil ou dans une autre Maison d’enfants si le répondant est externe au Centre de Jour ou à la Maison Vive et accueilli par une autre institution que la nôtre). Une fraction importante des répondants potentiels à ce questionnaire n’était, autrement dit, pas présente sur les lieux de vie de l’association pour éventuellement participer, selon leur bon vouloir, à cet exercice ;

– Pour la première année depuis la mise en place de cet outil évaluatif (proposé aux enfants et aux jeunes depuis cinq ans), toutes les rubriques du questionnaire génère des appréciations positives de la part des répondants.

Francis Rembotte demande si, pour surmonter l’écueil de la non-participation d’enfants à cet exercice en raison de leur indisponibilité, il serait possible de proposer le questionnaire durant le mois de juin précédant la fin de la saison culturelle.

François Roy explique l’importance du spectacle organisé au terme du festival annuel « Les Journées d’Enfance » pour la pertinence des réponses formulées par les enfants et les jeunes aux questionnaires. Cette date du calendrier (chaque saison, le spectacle est programmé à la fin de la première semaine du mois de juillet) est en effet déterminante tant sur scène les enfants et les jeunes présentent une synthèse créative de l’ensemble des activités artistiques et culturelles réalisées durant la saison écoulée.

François Roy précise que ce moment privilégié est notamment caractérisé par une effervescence collective, et l’acceptation par les enfants et les jeunes d’intégrer dans leurs expressions créatives des influences issues d’autres contenus d’ateliers – soient autant d’items composant le questionnaire.

Francis Rembotte propose que le questionnaire soit dès lors diffusé à la rentrée, au mois de septembre.

Emmanuel Paris, se référant à l’étude statistique réalisée pour le bilan final de la saison, indique le problème du grand renouvellement des effectifs, constatés depuis plusieurs années. Emmanuel Paris précise que chaque début de saison culturelle, au moins de septembre, près de 30 % des enfants et des jeunes découvrent le contenu des ateliers proposés par leur Maison. Emmanuel Paris se demande dès lors si ce renouvellement n’introduirait pas un biais significatif dans l’interprétation des résultats du questionnaire.

Les membres du Conseil décident de conserver la périodicité de la diffusion du questionnaire, chaque année au terme du Festival de fin de saison, et recommandent que le questionnaire soit mis à disposition des enfants et des jeunes jusqu’à la reprise de l’année scolaire.

Fleur Guy demande s’il serait possible d’étudier en particulier le phénomène d’abstention ; enfants et jeunes présents dans les Maisons au moment de la diffusion du questionnaire, mais qui se refusent à le remplir.

Emmanuel Paris répond qu’il fera au Conseil une proposition d’addendum lors de la prochaine réunion, permettant d’objectiver ce phénomène.

Emmanuel Paris présente les résultats du second outil évaluatif ; le bilan final de la saison 2018-2019. On trouvera le détail de ce bilan ici.

Emmanuel Paris souligne le caractère singulier de cette saison ; elle a permis à l’association d’expérimenter de nouveaux protocoles d’actions culturelles (format annuel de la résidence art / science ; mise en place d’un partenariat avec le Château d’Hardelot – Centre départemental de l’Entente Cordiale bien après le lancement de la saison ; organisation d’un cycle d’ateliers et programmation d’une création théâtrale au café-théâtre de l’association en collaboration avec la Direction des Affaires Culturelles du Conseil départemental).
Emmanuel Paris voit dans ces expérimentations réussies la capacité de l’institution à pouvoir désormais accepter et développer toutes configurations de projets aussi bien portés avec des institutions partenaires, qu’en interne, sur proposition des enfants et des équipes.

II. Présentation de la saison culturelle 2019-2020 :

Emmanuel Paris distribue aux participants deux documents ; la note de rentrée de la saison 2019-2020 et le programme de la saison, mois après mois.
On trouvera le détail de ces deux documents ici et ici.

S’agissant de la note de rentrée, Emmanuel Paris précise que ce document n’a pas vocation à diriger les acteurs du programme culturel dans la manière de s’approprier le thème de la saison, mais de proposer quelques inspirations susceptibles de mettre en mouvement les dynamiques créatives de la communauté.
Emmanuel Paris précise que cette note repose sur trois idées-clé : l’intranquillité, le discernement, la créativité.

François Roy insiste sur l’importance du discernement.

Emmanuel Paris présente le programme de la saison, telle qu’il s’annonce au moment de l’organisation de la présente réunion du Conseil. Emmanuel Paris insiste sur le fait que des actions artistiques et culturelles pourront probablement se manifester après l’édition de ce document, diffusé comme chaque année au mois de septembre.

A ce jour, explique Emmanuel Paris, plusieurs établissements culturels et Fondations proposent le développement de projets en cette saison 2019-2020 :

– La Fondation Sopra Steria sous l’égide de l’Institut de France doit examiner le second versement de la dotation, permettant de compléter en 2020 l’équipement du FabLab des Maisons. On trouvera l’article le plus récent chroniquant le programme d’activités du FabLab ici ;
– La Fondation Crédit Mutuel Nord Europe finance pour une première année la réalisation d’ateliers à la Maison de la Musique destinés aux anciennes et aux anciens de l’institution. La première séance d’atelier a eu lieu au studio de la Maison de la Musique le 21 septembre, il y aura tout au long de l’année une séance chaque deux semaines. L’objectif du collectif artiste (trois anciennes/anciens et le professeur de musique de la Maison de la Musique) est de produire un disque qui sera commercialisé en juin 2020 dans les espaces culturels des Centres commerciaux de Boulogne-sur-mer ;
– Le Château d’Hardelot propose à l’association une action artistique avec « Le Concert d’Astrée », orchestre de musiques baroques. Les enfants et les jeunes des Maisons participeront à partir de janvier 2020 au cycle consacré à la découverte et à la création à partir de l’œuvre « Les quatre saisons » de Vivaldi, ateliers avec nos professeurs et le collectif « Le Concert d’Astrée ». Ce projet déclinera de nombreuses thématiques autour des saisons. Chacune d’entre elles sera le prétexte à des ateliers créatifs avec les enfants et les jeunes : les transformations du vivant, le dérèglement climatique, le passage du temps, les saisons de la vie…. Il y aura aussi des ateliers temps musical en structure sur la thématique que les enfants auront retenue, assurés par les musiciens et l’équipe du Concert d’Astrée ; temps d’échange avec les enfants autour de leur expérience d’ateliers et leur thématique. Une restitution des ateliers et une représentation des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi par le Concert d’Astrée seront programmées au théâtre Elisabéthain du Château d’Hardelot en juin 2020 ;
– Le FRAC Grand Large Hauts-de-France, le Musée de Boulogne-sur-mer, notre association, portent un projet d’exposition créant pour la première fois la venue d’œuvres en art contemporain prêtées au Musée par le FRAC, et permettant aux enfants des ateliers arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive de présenter des modélisations de ces œuvres à l’issue de leur travail au FabLab des Maisons. Nous attendons de la part du Conseil d’administration du Musée de Boulogne-sur-mer validation de cette action partenariale ;
– Les entreprises « Auchan Saint-Martin Boulogne », « Les Carrières du Boulonnais » « Sopra Steria Boulogne-sur-mer » ont accepté de contribuer à l’activité du réseau de parrainage d’enfants et de jeunes de l’association sur la voie du premier emploi. Le développement de ce nouvel outil institutionnel est assuré par le Conseil de la Culture d’entreprendre de l’association. Sous son égide sera aussi mis en place cette année un partenariat avec les Compagnons du devoir, permettant de réaliser les roues de la charrette médiévale au cœur des contenus d’ateliers patrimoniaux de l’association depuis deux ans ;
– La Fondation Saint-Gobain souhaite soutenir l’association dans la restauration de bâtiments (Maison du Cirque et gîtes accueillant les invités artistes et scientifiques du programme culturel). Le projet sera présenté le 17 octobre au Conseil d’administration pour validation ;
– La Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France a agréé le projet « La couleur de l’eau » porté par le Cabinet de médiation en art contemporain Artconnexion et pour lequel les enfants des ateliers en arts plastiques du Centre de Jour et de la Maison Vive sont invités à réaliser avec Nicolas Floc’h, artiste plasticien, et Hubert Loisel, océanographe, des représentations de la couleur de l’eau marine au fil des saisons et des lieux. Les ateliers seront organisés par Sylvie Mestre, professeur en arts plastiques, durant le premier semestre 2020. Cette action s’étalera sur deux années. Par ailleurs, la Fondation Daniel et Nina Carasso souhaite soutenir l’association pour le développement de son programme culturel dans les trois prochaines années. Graziella Niang, chargée de mission, a rencontré les acteurs et partenaires du programme ; le dossier rédigé par ses soins sera présenté au jury de la Fondation à la mi-novembre ;
– L’association socio-éducative du Tribunal Pour Enfants de Boulogne-sur-mer organisera en juin une journée d’animation territoriale sur le thème des addictions. Différentes parties prenantes du champ de la protection de l’enfance contribueront à la programmation de cette journée. Les enfants et les jeunes de l’atelier théâtre du Centre de Jour écrivent une pièce originale ce deuxième semestre 2019, pour une captation audiovisuelle en janvier 2020 permettant la diffusion de ce film sur scène lors de la journée d’animation.

Eric Parot présente aux participants une proposition de la Fondation SEED (« Schlumberger Excellence in Educational Development ») :

« Paris, le 1er Octobre 2019.
A l’attention du Comité Scientifique des Maisons des Enfants de la Côte d’Opale (MECOP).
Document de présentation du projet préparatoire.
Projet présenté par le Product Group Testing de Schlumberger et SEED France :
Massi Silya Faid Yoann Nicolas Jaffré
Testing Communications Manager SEED Coordinator France
Schlumberger Testing Services

Schlumberger s’investit depuis 2012 auprès des MECOP à travers SEED. Nous souhaiterions poursuivre cette aventure humaine avec le centre de jour en proposant aujourd’hui un nouveau projet.

Un projet avec Testing Schlumberger ?

Le Product Group Testing de Schlumberger opère dans le monde entier pour explorer de nouveaux champs pétroliers. Depuis près de 20 ans, cette branche de l’entreprise fabrique des outils qui permettent à nos clients de réduire l’impact environnemental (réduction du temps des opérations, réduction et contrôle des émissions, amélioration de la connaissance du réservoir pour optimiser la production, …). L’environnement est donc au cœur des préoccupations de Testing et devient aussi une nécessité pour les clients de Schlumberger. Le marketing de Testing a labellisé ces préoccupations : future is clear.
Pour démontrer son implication, Testing a lancé une campagne visant à planter plus de 3000 arbres partout dans le monde, représentant 1 arbre par employé de ce groupe.

Nos objectifs ?

Nous pensons qu’avec les MECOP, nous pouvons faire davantage que de planter des arbres. Nous souhaiterions collaborer pour créer un espace paysager, qui s’intégrerait dans l’écosystème des MECOP et plus largement dans l’écosystème du boulonnais qui présente une biodiversité exceptionnelle, avec ses coteaux calcaires, son système de bocage (haies, vergers, prairies…), ses milieux humides et ses forêts.
Nous envisageons également, dans un contexte de land-art, que l’aménagement du paysage soit conçu comme une œuvre d’art.
Nos premières discussions avec les membres des MECOP ont permis d’identifier des convergences fortes dans nos objectifs :
– Utiliser un espace qui nécessite un reboisement
– Choisir des espèces pour majorité endémiques ou indigènes
– Favoriser les espèces menacées
– Orchestrer les espèces : comprendre le sol et ses cycles de régénération
– Orchestrer les espèces : comprendre l’exposition du terrain et ses contraintes
– Favoriser la production de compost naturel pour être réutilisé dans le potager
– Architecturer l’espace : rendre l’espace propice à la ballade, l’introspection et à l’observation
– Sensibiliser les enfants aux démarches environnementales et à l’écocitoyenneté.
Ces objectifs doivent encore évoluer mais permettent déjà d’identifier de forts challenges techniques et artistiques.

L’engagement ?

Schlumberger propose de participer à la résolution de certaines problématiques au travers des séances SEED et de pourvoir financièrement à l’achat de matériel et des végétaux à travers Testing.
La contribution de Schlumberger serait dans un premier temps de l’ordre de 20 k€ selon le projet qui sera validé par les MECOP et le Product Group de Testing.

Les contreparties attendues pour Schlumberger sont de l’ordre de pouvoir organiser des visites des MECOP pour des employés, de les faire participer au projet en plantant des arbres avec les enfants, de participer aux transmissions scientifiques avec SEED et de bénéficier des photos et vidéos que les MECOP pourront produire autour de ce projet, sans notion d’exclusivité.
Nous souhaiterions également avoir une signature végétale, visible du ciel avec un drone, identifiant les sponsors (Testing, SEED).

Nos attentes ?

Nous espérons que le Comité Scientifique accueillera favorablement ce projet. Nous espérons ainsi ouvrir le dialogue et recevoir les propositions et recommandations du Comité pour compléter ce projet et le rendre réalisable.
Nous attendons donc en ce sens votre retour pour que nous puissions commencer ce projet au plus tôt.
Cordialement,
Silya pour Testing et Yoann pour SEED. »

Francis Rembotte et Henri Villeneuve signalent que les propositions de développement d’actions adressées à la Fondation Daniel et Nina Carasso rejoignent la proposition de la Fondation SEED, insistant sur l’importance de l’éducation des enfants et des jeunes aux thématiques environnementales.

Eric Parot précise que si le projet est accepté, les enfants penseront avec l’architecte paysagiste, le botaniste, la composition de ce nouvel espace éducatif.

Henri Villeneuve informe les participants d’un possible partenariat avec le Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale afin d’expertiser avec les enfants les semences locales les plus pertinentes pour vivre et se développer au sein de ce nouvel espace paysager des Maisons.

François Roy dit qu’il serait intéressant de combiner la création de cette infrastructure écologique, avec le recours aux savoir-faire avancés de la Fondation Saint-Gobain en la matière et à l’occasion de la restauration des bâtiments. François Roy voit dans cette politique d’aménagement la possibilité d’introniser les Maisons en tant que « Maisons à énergie positive ».

Emmanuel Paris dit qu’il présentera cette suggestion le 8 novembre à Jérôme Carion, qui représentera cette Fondation en tant que membre permanent du Conseil de la Culture d’entreprendre.

Les membres du Conseil scientifique approuvent à l’unanimité cette proposition de projet ; celui-ci sera examiné par le Conseil d’administration de l’association lors de sa réunion du 17 octobre 2019.

III. Contribution du Conseil au chapitre VII. Les objectifs d’évolution, de progression, et de développement du document “Projet d’établissement 2019-2024” :

Emmanuel Paris distribue aux participants l’extrait du document mis en ligne par la Haute Autorité de Santé pour aider à la rédaction du document « Projet d’établissement ».

On trouvera le contenu des recommandations concernant le chapitre VII. ici.

Emmanuel Paris informe les participants que le Conseil de Vie Sociale a consacré sa réunion de rentrée, voici deux semaines, à l’enrichissement de ce chapitre. On trouvera le contenu de cette réunion ici.

Emmanuel Paris précise que, parmi les propositions des enfants et jeunes représentants élus par leurs pairs au Conseil, l’augmentation de manifestations artistiques et culturelles inter-Maisons est récurrente.

Anick Traguardi-Menet dit qu’à cette proposition devrait être aussi articulée l’aménagement dans chaque Maison ainsi qu’en un espace associatif partagé par toutes les Maisons, de lieux destinés à la consultation au calme d’ouvrages. Anick Traguardi-Menet rappelle que le programme culturel, lors de sa saison 2017-2018 avait bénéficié pour cultiver le goût de la lecture des enfants et des jeunes d’un don de 4000 ouvrages en juin 2017 de la part de l’association « Ammareal. Le Livre solidaire ». Anick Traguardi-Menet recommande que l’association consacre les prochaines années à l’aménagement de ces nouveaux espaces de lecture, tant l’association « Ammareal » se rend disponible pour de nouveaux dons.

Les membres du Conseil agréent cette proposition.

Francis Rembotte présente la version de travail du document « Projet associatif », rédigé par le groupe de travail constitué de lui-même, d’Eric Legros et de Philippe Richard. Ce document est au cœur du « projet d’établissement » ; le projet d’établissement décline en pratiques les valeurs et principes formulés par le projet associatif. Francis Rembotte informe les participants que la version finale du projet associatif sera validée lors de la réunion du Conseil d’administration, le 17 octobre.

Francis Rembotte dit que les valeurs portées par cette version de travail sont : l’humanisme, le refus de tout déterminisme social, le respect porté à chacun, adulte comme enfant, la solidarité, la citoyenneté, la laïcité, la démocratie, le travail.

Chacun, dit Francis Rembotte, doit être capable de comprendre les difficultés de l’Autre et de reconnaitre ses propres difficultés (ou faiblesses). Capable aussi de repérer les compétences de l’Autre pour s’en enrichir et de proposer ses propres potentialités. En quelque sorte, chacun est invité à se mettre au travail pour aller vers l’Autre. Cette « valeur travail » qui est ici recherchée, n’est pas entendue exclusivement au travers l’emploi, non pas comme un sacrifice en attente de contrepartie, mais comme volonté d’expérimenter un pouvoir de transformation, de développer une capacité d’expression et de lien avec l’Autre en inscrivant un effort dans le temps.

Francis Rembotte précise que cette armature conceptuelle s’adresse aussi bien aux enfants et jeunes de l’association, qu’à leur famille et aux personnels.

Francis Rembotte conclut sur le fait que cette version de travail engage l’association à renforcer l’existant et à répondre de manière toujours plus pertinente aux besoins des jeunes aux problématiques variées, complexes et mouvantes.

Les membres du Conseil agréent cette orientation, et proposent par conséquent qu’un renforcement des actions du programme culturel avec le monde académique (Education nationale, système public d’enseignement supérieur et de recherche, laboratoires d’études et de recherches d’entreprises publiques et privées) soit engagé dans les cinq prochaines années.

IV. Lecture commentée de l’article « La réforme des rythmes à l’école : une appropriation socialement différenciée des activités culturelles » :

Claire Oger présente le texte, dont on trouvera le contenu ici.

Claire Oger commence par résumer la démarche de Julien Netter, auteur d’une thèse dont cet article reprend les principaux résultats : les données sont issues de l’observation ethnographique menée dans sept écoles parisiennes, après la réforme des rythmes scolaires. Il apparaît tout d’abord que cette réforme avait conduit à une très grande fragmentation des activités, et Julien Netter rappelle que trois grandes catégories d’intervenants se succèdent auprès des enfants : les enseignants, mais aussi des animateurs (groupe assez hétérogène et inégalement professionnalisé), et des intervenants associatifs (généralement peu habitués aux jeunes publics). Or cette division du temps éducatif conduit à une forme de cloisonnement entre les activités, tant les conceptions éducatives et pédagogiques s’avèrent irréductibles les unes aux autres (les enseignants se centrant sur l’acquisition des savoirs, les animateurs se réclamant davantage de l’éducation populaire selon une approche qui se veut plus ludique et moins formelle, les intervenants associatifs restant souvent centrés sur la pratique spécifique qui fait l’objet de leurs ateliers). Les entretiens menés par Julien Netter dessinent un monde fortement compartimenté à cet égard, parfois conflictuel. Mais le point le plus important réside dans les inégalités que ce dispositif vient renforcer, car cette fragmentation est très diversement appropriée par les enfants selon leur origine sociale. Si les enfants des milieux les plus favorisés parviennent à donner un sens global à leurs diverses pratiques, ainsi qu’à transformer l’ensemble des activités en autant d’occasions d’apprendre, les enfants issus des milieux les plus modestes peinent à trouver cette unité, et ne convertissent que rarement les activités ludiques en « jeu sérieux ».

A la suite de ce résumé, une discussion s’ouvre entre les participants.
Marie-Christine Briatte observe que cette organisation du temps scolaire est désormais caduque.
Pour Marie-Christine Briatte comme les membres du Conseil scientifique, l’intérêt de l’article de Julien Netter reste entier cependant pour une réflexion au sein des Maisons, dans la mesure où ce travail attire l’intérêt sur l’importance d’aider les enfants à s’approprier les nombreuses activités dans lesquelles ils sont engagés tout au long de l’année. Ce travail qui est assuré à la fois au Centre de jour pour les enfants concernés, et pour tous les enfants accueillis, par les éducateurs, notamment les référents, doit continuer à faire l’objet d’une vigilance particulière. Dans le même esprit, Anick Traguardi-Menet rappelle les efforts qui sont faits quotidiennement pour assurer les relations entre l’établissement scolaire, les Maisons, et les autres intervenants éventuels auprès du jeune placé.

Claire Oger propose d’inviter Julien Netter au colloque, et recommande la lecture du livre « Enfances de classe. De l’inégalité parmi les enfants » paru cette année aux Editions du Seuil, ouvrage collectif sous la direction du sociologue Bernard Lahire.

François Roy dit que cette étude montre que l’accès à la culture, à lui seul ne suffit pas ; il est constamment nécessaire de veiller à ce que ces contenus artistiques et culturels soient appropriables des enfants et des jeunes.

François Roy précise qu’outre le phénomène de fragmentation des rythmes à l’école, c’est bien et aussi le phénomène de dispersion (diminution de la capacité d’attention des enfants et des jeunes) qui pose problème.

Anick Traguardi-Menet agréée l’observation de François Roy, et dit que les enfants et les jeunes de l’association sont particulièrement déstabilisés par l’intensité des communications interpersonnelles, médiatiques dans leur quotidien ; ils peinent à se concentrer sur des activités ou réflexions à mener dans le cadre de leurs apprentissages aussi bien dans le domaine scolaire, qu’à propos de leur propre expérience vécue.

La prochaine réunion du Conseil scientifique aura lieu le vendredi 10 janvier 2020, de 10h à 13h.

Emmanuel Paris clôt la dix-neuvième séance du Conseil scientifique.