logo-marianne

Compte-rendu de la réunion du Conseil de la Vie Sociale du 18 septembre 2018

Compte-rendu de la réunion du Conseil de la Vie Sociale
18 septembre 2018

Présents :

Souleymane Bayoko, représentant titulaire des enfants et des jeunes
Claire Beugnet, présidente du Conseil de la Vie Sociale
Sarah Couvelard, représentante titulaire du personnel
Mattéo Davril, représentant titulaire des enfants et des jeunes
Hylan Dutriau, représentant titulaire des enfants et des jeunes
Emmanuel Paris, secrétaire du Conseil de la Vie Sociale
Laure Vanden Bil, représentante suppléante des enfants et des jeunes

Absent excusé :
Corentin Dalibon, représentant titulaire des enfants et des jeunes

Ordre du Jour :

I. Informations à propos de la rentrée ;
II. Evaluations des modalités d’une politique en matière de valorisation des parcours d’enfants et de jeunes de notre association particulièrement méritants ;
III. Présentation de l’implication du Conseil dans la rédaction du projet d’établissement 2019-2024.

Madame la présidente ouvre la séance du 18 septembre 2018.

I. Informations à propos de la rentrée :

Monsieur le secrétaire distribue aux membres deux documents réalisés à l’occasion de cette rentrée. Le premier document publie les résultats du questionnaire proposé aux enfants et aux jeunes de l’association pour leur permettre d’exprimer leur point de vue sur la saison culturelle écoulée. On trouvera le contenu de cette étude, réalisée pour la quatrième année consécutive, ici.

Le deuxième document est le texte présentant le thème de la nouvelle saison culturelle de l’association, que l’on peut consulter sur notre site Internet ici.

II. Evaluations des modalités d’une politique en matière de valorisation des parcours d’enfants et de jeunes de notre association particulièrement méritants :

Monsieur le secrétaire informe les participants que Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes a sollicité le Conseil pour statuer sur ce thème, à l’occasion de la préparation de la réunion des Conseils et des comités de pilotage du programme culturel organisé le 5 juillet 2018. On trouvera ici le compte-rendu de cette réunion.

Monsieur le secrétaire précise que Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes avait fait mention de ce thème dans sa profession de foi, à l’occasion de la campagne électorale organisée auprès des enfants et des jeunes de l’association en décembre 2016 pour le renouvellement du collège de leurs représentants au Conseil.

Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes salue le Conseil et l’association, et présente sa réflexion à propos de cette proposition.

Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes dit que, de même qu’il existe un service minimum parmi les outils éducatifs de notre institution, il serait intéressant de mettre en place un service maximum. Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes précise qu’il s’agirait de récompenser les enfants et les jeunes de l’association au comportement le plus méritant. Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes cite quelques critères permettant aux équipes éducatives de définir ce mérite : respect des règles de vie, esprit de camaraderie, parcours scolaire exprimant des efforts soutenus. Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes propose que la récompense puisse consister au permis accordé par l’équipe de la Maison dans laquelle vit l’enfant ou le jeune honoré, de garder son téléphone tout le week-end, y compris dans la nuit du samedi au dimanche.

Madame la représentante du personnel demande à Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes s’il est convaincu que cette récompense puisse motiver les enfants et les jeunes.

Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes dit que ce serait le cas ; des électeurs et électrices lui avaient confirmé lors de la campagne électorale le bien-fondé d’une telle proposition, et dernièrement encore des enfants et des jeunes l’ont encouragé à formuler cette idée.

Madame la présidente explique aux membres du Conseil qu’une des deux associations fondatrices de notre institution : « La Maison des Enfants de la Marine », avait créé un dispositif récompensant les enfants et les jeunes les plus méritants, cérémoniel appelé « Les ancres d’or ». Madame la présidente précise les critères mobilisés à l’époque : respect des règles, esprit de bonne camaraderie. Madame la présidente dit que ce protocole était annualisé ; c’était an terme d’une saison, au mois de juillet, que cette cérémonie était organisée. La récompense consistait à proposer à l’enfant ou le jeune honoré, de passer une journée de son choix avec une personne de l’association de son choix. Madame la présidente relève que ce mode de distinction ne relève pas du même registre que celui proposé par Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes.

Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes convient que l’accord donné par une équipe pour que l’enfant ou le jeune particulièrement méritant puisse garder son téléphone tout le week-end est plus modeste. Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes précise que c’est le mode de distinction qui a été le plus mis en avant par les électeurs et électrices qu’il a pu consultés à ce sujet.

Madame la représentante du personnel confirme que c’est aussi la proposition le plus récurrente faite par les enfants et les jeunes de la Maison dans laquelle elle exerce.

Monsieur le deuxième représentant titulaire des enfants et des jeunes dit préférer le cérémoniel des ancres d’or inventé par la Maison des Enfants de la Marine ; Monsieur le deuxième représentant titulaire des enfants et des jeunes dit qu’un accord pour conserver le téléphone le week-end cantonne chacun dans son coin.

Madame la représentante suppléante des enfants et des jeunes dit qu’elle préfère l’option de la conservation du téléphone le week-end.

Monsieur le troisième représentant titulaire des enfants et des jeunes dit qu’il trouve l’idée de proposer une journée de son choix avec une personne de son choix particulièrement intéressante.

Madame la représentante du personnel dit que la philosophie de cette démarche est d’honorer un parcours méritant et dépasse la seule question de la conservation du téléphone le week-end, matérialisation qui lui paraît anecdotique.

Madame la présidente se demande à partir de quel effort l’on devient méritant. Madame la présidente dit qu’elle présentera en réunion de direction auprès des chefs de service cette question, et à propos de la conservation du téléphone accordée par une équipe à l’enfant ou au jeune un week-end, quelle tranche d’âge concerner.
Monsieur le secrétaire dit que les chefs de service ont donné une première fois leur avis lors de la réunion de direction précédant cette réunion du Conseil. Monsieur le secrétaire précise que les chefs de service sont sceptiques sur le bienfait d’un tel dispositif, remarquant que lorsque « Les ancres d’or » étaient en activité, soit les discussions pour convenir du degré méritant de l’enfant ou du jeune prenaient plus de temps que de raison, soit les enfants et les jeunes récompensés se comportaient ensuite de manière problématique, soit les autres enfants et jeunes pouvaient nourrir de la jalousie à l’endroit des récompensés – ce qui pouvait dégrader la qualité du vivre-ensemble dans les unités.

Madame la présidente dit que les débats des équipes pour nominer les enfants ou les jeunes les plus méritants de leur point de vue s’annoncent compliqués, ne serait-ce que par l’incertitude sur les critères à mobiliser pour formuler le caractère remarquable du parcours.

Madame la représentante du personnel dit que la notion de « progression » d’un enfant ou d’un jeune peut être en effet relative.

Madame la présidente recommande qu’une règle claire pour tout le monde, enfants comme équipes, soit prononcée afin de dépasser ces possibles confusions.

Madame la représentante du personnel dit qu’une grille distribuée aux équipes pourrait faciliter cette activité. Madame la représentante du personnel donne pour exemple de critère mobilisé dans la grille le fait de ne pas avoir eu de règlements à copier durant le mois écoulé.

Madame la représentante suppléante des enfants et des jeunes dit que la récompense d’un enfant ou jeune du groupe pourrait être vécue comme injuste par les autres résidents de la Maison.

Madame la représentante du personnel se demande s’il faut finalement institutionnaliser le thème du mérite.

Monsieur le représentant titulaire des enfants et des jeunes cite d’autres exemples possibles de récompenses ; achats de livres permettant d’accompagner sa scolarité, organisation de séances de soutien scolaire si l’enfant ou le jeune a des défaillances dans telles ou telles matières.

Madame la présidente observe que l’association met en place d’ores et déjà des séances de soutien scolaire, moyennant financement ad hoc consenti par la direction.

Monsieur le secrétaire informe les participants qu’il a mené une recherche sur Internet au préalable de cette réunion pour voir si des Maisons d’Enfants faisaient part de l’existence de telles dispositifs de reconnaissance de parcours les plus méritants en leur sein.

Monsieur le secrétaire précise qu’il n’a repéré aucun site Internet en faisant mention. Monsieur le secrétaire dit que seuls quelques établissements scolaires publicisent l’existence de ce qui est appelé « parcours d’excellence », mais que cela relève de l’Education nationale.

Monsieur le secrétaire observe que la sociologie politique a beaucoup étudié les dispositifs de mise en visibilité des parcours dits exemplaires ; ces études montrent que cette politique génère quasi systématiquement des polémiques sur la légitimité de la personne, de la valeur ou de la chose mise en avant. Monsieur le secrétaire nomme « discrédit » le phénomène polémique associé étroitement à cette politique de l’exemplarité ; les personnes, valeurs ou choses mise en avant pour servir d’exemples à suivre tant elles manifestent l’idée d’intérêt général ou de bien commun, sont rapidement dénoncés comme illégitimes par l’opinion publique.

Madame la présidente observe que si le dépassement illicite des règles est souvent sanctionné par la Loi, il n’est pas prévu à l’inverse de récompenser leur respect.

Madame la présidente dit par ailleurs qu’il faut à veiller à ne pas culpabiliser par défaut l’enfant ou le jeune qui va mal, et dont le comportement ne sied pas aux règles de vie énoncées. La réussite récompensée par l’institution d’un enfant ou d’un jeune peut en effet renvoyer celui ou celle qui va mal à ses propres incapacités, aggravant le mal-être de la personne. Madame la présidente conclue que rarement les raisons du mal-être de l’enfant ou du jeune lui sont propres ; c’est un ensemble de causes dont l’enfant n’est pas responsable en totalité qui génère son mal-être.

Monsieur le secrétaire explique que dans la société, les politiques méritocratiques existent bel et bien ; existence de bourses octroyées par des Fondations pour reconnaître le parcours méritant d’un jeune, ordres républicains honorant les citoyens exemplaires (ex : la « légion d’honneur »), privilèges salariaux accordés par un employeur à ses salariés les plus productifs.

Madame la présidente dit que cette politique de la reconnaissance du mérite doit être prise au sérieux ; cette réunion témoignant de l’intérêt de l’institution pour une telle question, mais qu’en aucun cas cela doit introduire un esprit de compétition dans les Maisons.

Madame la présidente rappelle que l’une des valeurs premières de l’association est en effet l’action solidaire, ce qui suppose le lien inaltérable de tous avec tous, sans jugement quant à la qualité de la personne avec laquelle on interagit.

Madame la représentante du personnel signale que, pour les mêmes raisons, le Foyer Educatif de la Côte d’Opale, l’une des deux associations fondatrices de notre institution, a renoncé à la mise en place d’une politique récompensant les parcours les plus méritants. Madame la représentante du personnel observe que si les enfants et les jeunes de l’association peuvent dans le quotidien nourrir jalousie entre eux et se désolidariser les uns des autres, le programme culturel parvient cependant à créer les conditions pratiques pour que toutes et tous se retrouvent autour de projets communs qui montrent au public le meilleur de chacun. Madame la représentante du personnel valorise par ailleurs les tournois inter-Maisons organisés chaque saison (Tournoi nautique durant le festival annuel « Les Journées d’Enfance » ou, comme dernièrement, tournoi de football sur la plage de Boulogne-sur-mer). Madame la représentante du personnel observe qu’à ces occasions, quand bien même l’esprit de compétition préside, les enfants et les jeunes des Maisons se mobilisent pour que le groupe puisse donner le meilleur de lui-même.

Reprenant l’ensemble de ces analyses et discussions, Madame la présidente informe les participants qu’elle décide qu’aucun cérémoniel dédié à la valorisation des enfants ou jeunes particulièrement méritants ne sera organisé par l’institution.
S’agissant de l’autorisation donnée par l’équipe d’une Maison à l’enfant ou au jeune de garder son téléphone le week-end tant son comportement a été, de leur point de vue, significativement positive, et après nouvelle concertation avec les chefs de services lors de la réunion de direction du 21 septembre 2018, décision est de ne pas donner suite à cette proposition. Les risques que cela puisse susciter de la jalousie dans le groupe, la possible mise en difficulté des veilleuses et veilleurs de nuit pour contenir d’éventuels débordements nocturnes dus à l’utilisation du téléphone, la mission de garantir la bonne santé des enfants et des jeunes (dormir est oh combien important) motivent cette décision.

Les actions honorifiques déjà existantes dans les Maisons : accorder à l’enfant ou au jeune la possibilité d’inviter à goûter une ou un ami ; accepter de financer des voyages scolaires au coût hors-norme, autoriser une sortie au-delà de l’heure réglementaire, autoriser des sorties libres en journée en accord avec l’emploi du temps scolaire, continueront évidemment à exister pour récompenser les comportements les plus satisfaisants.

III. Présentation de l’implication du Conseil dans la rédaction du projet d’établissement 2019-2024 :

Madame la présidente informe les participants que l’article L311-8 du Code de l’Action Sociale et des Familles, qui encadre légalement la certification des Maisons d’enfants, prévoit que, pour chaque établissement ou service social ou médico-social, il est élaboré un projet d’établissement ou de service, qui définit ses objectifs notamment en matière de coordination, de coopération et d’évaluation des activités et de la qualité des prestations, ainsi que ses modalités d’organisation et de fonctionnement. Madame la président explique que ce projet est établi pour une durée maximale de cinq ans après consultation du Conseil de Vie Sociale.

Madame la présidente dit que le projet d’établissement actuel a été rédigé en 2014 et qu’il faudra le réécrire en 2019 en respectant les préconisations issues de l’évaluation externe réalisée au premier semestre 2018.

Madame la présidente rappelle aux membres que la validation du projet d’établissement fut la première action du Conseil, lors de sa réunion inaugurale en juin 2014. On trouvera le compte-rendu de cette réunion sur notre site Internet ici.

Monsieur le secrétaire propose aux membres le calendrier de travail suivant : lors de la prochaine réunion du Conseil en Janvier 2019, examen des rubriques organisant un projet d’établissement en vue de repérer les contenus pour lesquels le Conseil pourrait interagir avec le comité de pilotage chargé de coordonner cette écriture ; lors de la réunion d’Avril 2019, enrichissement des parties repérées en Janvier de rédactions proposées par les membres du Conseil pour dire le quotidien des Maisons, et ce en quoi telles ou telles actions pourraient être entreprises entre 2019 et 2024 pour l’améliorer.
Madame la présidente explique aux membres du Conseil que ces rédactions peuvent n’être que de quelques lignes, mais qu’elles seront très importantes au nom du souci que porte l’institution à toutes les personnes qui la font vivre.

Les membres du Conseil agréent le calendrier de travail proposé.

Monsieur le secrétaire informe les participants des prochaines dates de réunion du Conseil : le mardi 8 janvier 2019 de 18h30 à 20h30, le 2 avril 2019 de 18h30 à 20h30 et le 4 juillet 2019 de 10h à 12h (assemblée plénière des Conseils et comités de pilotage du programme culturel).

Madame la présidente clôt cette réunion.